d640 Hors des lieux communs
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Fagstein, le Devoir et Wikipédia

En réponse à un article signé Stéphane Baillargeon digne de 2004 dans le Devoir qui décrit les déficiences de la couverture du Québec sur wikipédia, Fagstein fait une remarque judicieuse à ce propos:

The problem isn’t Wikipedia, it’s that people have been taught to believe everything they read without question.

N'est-ce pas.

Si vous voulez vous crainquer encore plus, vous pouvez lire Christian Rioux dans son tout aussi obsolète texte nommé La société des blogues où il affirme:

Si, grâce aux idéologues d'Internet, le premier élève venu peut se prendre pour d'Alembert ou Diderot, il n'est pas besoin de chercher longtemps les causes du décrochage scolaire.

Rien de moins.

Ne faites plus d'hyperlien vers Cyberpresse

Cyberpresse, c'est le site web qui regroupe les journaux de Gesca, l'organe de presse de Power Corporation. Les journaux du Québec appartenant à Gesca sont:

  • La Presse
  • Le Soleil
  • La Voix de l'Est
  • La Tribune
  • Le Nouvelliste
  • Le Droit
  • Le Quotidien

Selon des chiffres qui sont sujets à débat, Gesca contrôlerait 70% de la presse écrite québécoise.

On peut peut-être se tromper sur le 70%, mais on peut aisément convenir que les journaux de Gesca représentent une portion très importante de ce qui est publiée au Québec et donc des idées qui y sont échangées.

Alors, pourquoi suggérer de ne plus faire d'hyperlien vers cette ressource fantastique?
Réponse: parce qu'ils font disparaître les articles après 5 mois.

Vous écrivez un billet, un article, que sais-je?, et vous désirez faire un hyperlien vers un des articles des nombreux journaux de Gesca? Dites-vous que, 5 mois après la publication de l'article, vous aurez une belle erreur 404 vous indiquant que ce que vous cherchez n'existe plus. Si vous avez une autre source, plus pérenne, je vous suggère fortement de l'utiliser pour vos hyperliens.

Personnellement, je vais me tourner vers Le Devoir pour ce qui concerne le Québec en général. Mais lorsqu'il est question du Saguenay en particulier, j'ai un sérieux problème. Les publications de ma région natale sont toutes deux (le Progrès-dimanche et le Quotidien) une propriété de Gesca. La prochaine fois que j'ai besoin d'une source pour l'actualité du Saguenay, je vais être dans le trouble.

Pourquoi est-ce que Gesca procède de la sorte? C'est le combat des archives en ligne qui est sûrement à l'origine de cette disparition. Le raisonnement est qu'une partie des gens qui veulent avoir accès à ces articles seront prêts à payer pour ce faire. Le hic, c'est que même si une partie paye pour le contenu, il est quand même disparu de la toile. On ne peut plus y faire d'hyperliens et le texte n'est plus indexé par les moteurs de recherche.

Ce qui est curieux, c'est qu'il y a une théorie qui veut que les journaux de Gesca, ou à tout le moins La Presse, soit déficitaire et que Paul Desmarais les utiliserait pour fins de propagande. La disparition des archives en ligne de Gesca est en opposition avec cette philosophie. Soit Gesca ne cherche pas à avoir le maximum de visibilité possible, ce qui correspond à leur agissement, ou bien le grand patron ne comprend pas ce que peut représenter le rayonnement sur la toile.

Y a quelqu'un qui a l'adresse courriel à Paul?

Trouvez l'erreur

Près de 33% de la population en est atteinte et principalement les femmes; soit une sur quatre.

De quelle manière une veine devient-elle une varice?, Journal le 24 heures, Montréal, 11 novembre 2008, p. 28

HDLC dans le National Post

Marianne White de canwest a publié un article, dans le National Post cette fois-ci (également disponible sur canada.com), à propos du billet de ce blogue où l'on peut télécharger le rapport de Santé Canada sur les changements climatiques.

Mise à jour: il semble que l'article n'est pas dans la version papier du journal.
Mise à jour 2: Le même article, dans l'Ottawa Citizen.

HDLC dans Le Devoir

Fabien Deglise publie un article dans Le Devoir de ce matin qui parle du billet de ce blogue où l'on peut télécharger le rapport de Santé Canada sur les Changements climatiques.

Mise à jour: Jason Prince m'a fait parvenir la version anglaise du rapport que j'ai ajoutée sur le billet en question.

Pour comprendre le conflit en Ossétie du Sud

Carte de la Géorgie avec identification de l’Ossétie du Sud

Il est difficile, à l'aide de reportage de 30 secondes ou de 1 minute et demi, de bien comprendre le récent conflit en Ossétie du Sud. Voulant saisir le mieux possible ce conflit et son contexte, je me suis donc tourné vers internet, là où le format souffre de moins de contraintes.

Je retranscris mon florilège de liens qui mènent à des articles qui m'ont semblé les plus pertinents. Si vous voulez vous limitez au minimum, je vous suggère l'article du Monde.fr.

Résumé du conflit

Un article du Monde intitulé « Ossétie du Sud : un confetti de l'empire devenu une enclave séparatiste pro-russe en Géorgie ».

L'article de wikipédia sur la guerre d'Ossétie du Sud en 2008.

La Presse Canadienne: La position de Stephen Harper.

Couverture médiatique

La couverture médiatique occidentale me semble biaisée envers une position pro-géorgienne. J'ai donc séparé les articles selon les positions pro-russe et pro-géorgienne. C'est un classement tout à fait subjectif de ma part, le lecteur est invité à faire preuve de sens critique et de juger par lui-même si la couverture est biaisée, dans un premier temps, et envers mon classement, dans un deuxième temps.

Articles pro-russe

Agence russe d'information internationale:
* UE: la diaspora russe pointe la couverture du conflit osséto-géorgien par les médias européens;
* Conflit osséto-géorgien: la couverture des événements en Occident est choquante (journaliste russe);
* Conflit en Ossétie: la Russie mal engagée dans la bataille de l'information (Vedomosti);

Dans le dernier article, on dit que

Pour gagner la guerre de l'information, aussitôt après les premiers tirs sur Tskhinvali, Moscou aurait dû constituer et envoyer dans la région un groupe le plus représentatif possible de journalistes étrangers, sous une escorte russe.

C'est justement ce que l'armée russe a fait en invitant Frédérick Lavoie du journal La Presse. Vous pouvez lire ses textes, La Russie et la Géorgie acceptent un plan de paix et Rage et détresse en Ossétie-du-Sud.

Agence France-Presse:
* Géorgie: Gorbatchev s'en mêle

Articles pro-géorgien

Le figaro: Moscou cherche à mettre au pas un ancien satellite

Agence France-Presse:
* Washington montre Moscou du doigt;
* Cinq chefs d’État disent non à la «domination» russe
* Russie: mises en garde de la communauté internationale

Nouvelles de la planète lisse

Steve Proulx dans un billet sur le site du Voir où il est question de l'essai Flat Earth News:

L’essence du journalisme moderne serait désormais la « mise en forme rapide de contenus de seconde main, conçus pour servir les intérêts politiques et commerciaux de ceux qui le fournissent. »

Paradoxalement, ou plutôt juste à propos, il ne fait que citer ce qu'il a lu sur un autre billet dans la blogosphère. Sans ajout d'information ou réflexion. Le titre du billet est Lu et vu cette semaine, peut-être que ceci explique cela.

Ce traitement de l'information, où les journalistes ne servent essentiellement que de courroie de transmission, me rappelle un billet écrit l'an dernier: La caisse de résonance médiatique.

Les élections primaires américaines: showbizz à la SRC

La couverture des élections primaires des États-Unis à la radio de Radio-Canada est, selon moi, vraiment trop grande pour l'importance qu'elle a pour nous, Canadiens.

Nous n'avons aucune influence sur le résultat de la course aux primaires américaines.

Et si le but est vraiment d'informer les gens sur les enjeux de la future présidence de nos voisins du sud, il faudrait que la SRC ait au moins l'honnêteté d'accorder autant d'importance aux Républicains qu'aux Démocrates dans leur couverture.

Gil et TQS

Dimanche matin, je lis la chronique de Gil Courtemanche: Pour en finir avec TQS.

Sourire en coin et satisfaction.

Prévision pour la nouvelle loi sur le droit d'auteur au Canada

Le 17 août 2007, l'association américaine des auteurs de science-fiction (Science Fiction Writers of America) a envoyé une mise en demeure au site web Scribd, les sommant de retirer une liste d'ouvrages de leur site sous prétexte qu'ils violaient le droit d'auteur.

Or, il s'avère que même si certains ouvrages violaient bel et bien le droit d'auteur, ce n'était pas le cas de tous les ouvrages. Mais, selon la loi américaine du DMCA, un fournisseur internet est tenu de retirer immédiatement tout contenu sur des demandes des "ayant droits". Le fardeau de la preuve, c'est-à-dire que lesdits ouvrages ne violent pas le droit d'auteur, revient à la personne qui est accusé. Ceci est un précédent. Dans le système anglais, auquel nous sommes soumis au Canada, il en revient à la personne qui fait l'accusation de faire la preuve de la culpabilité. Avec une loi comme celle-ci, on ouvre la porte à la censure puisqu'il suffit de prétendre qu'un texte viole un droit d'auteur pour qu'il soit retiré, sans autre forme de procès.

On pourrait croire que cette loi est un fait américain, que nous sommes à l'abri d'une telle dérive. Et bien non. La loi C-47, approuvé à l'unanimité par le parlement du Canada, qui porte sur les marques de commerce pour les Olympiques de Vancouver contient une telle exception. Juste pour se mettre en forme, voici une petite liste des mots tirés de l'annexe 3 du texte de la loi et qui sont des marques de commerce du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver («COVAN»):

*Jeux
*2010
*XXIe
*Xe
*Médailles
*Hiver

Vous ignoriez que le mot "Hiver" était une marque de commerce? Mal vous en prenne, parce que si le COVAN vous accuse de violer leur marque de commerce en utilisant ce mot sur un produit ou un service, quel qu'il soit, les autorités peuvent, et se doivent, de saisir immédiatement tout ces produits ou interrompre le service, sans aucun recourt de votre part. Le COVAN, selon la loi C47, « n'est pas tenu de prouver qu'il subira un préjudice irréparable » (article 6). C'est à vous de prouver par la suite que vous êtes innocents. Vous avez des pertes financières dû à ce retrait de vos produits ou service? Il vous sera toujours par la suite possible de poursuivre le COVAN, mais ce sera à vous de faire la preuve qu'il y a eu nuisance. Asymétrie de la justice.

D'autre part, les démarcheurs Américains ont réussi à faire adopter une loi en moins de 6 mois, encore une fois adoptée à l'unanimité par le Parlement canadien, qui interdit le caméoscopage dans les salles de cinéma du Canada. Quel effet sur notre vie de tous les jours me direz-vous? Et bien on se fait maintenant fouiller lorsque l'on va au cinéma. Imaginez qu'il soit possible de faire passer une loi qui a comme conséquence que des milliers de gens se font fouiller quotidiennement partout à travers le Canada. Et que cette loi passe à l'unanimité. C'est exactement ce qui s'est passé cet été. Tous les gens qui vont dans les cinémas Guzzo avec un sac, j'ai appelé pour vérifier, doivent l'ouvrir pour montrer qu'ils n'ont pas de caméra à l'intérieur.

Je me demande si Maka Kotto avait pensé à cet effet lorsqu'il a déclaré « Qu'attend le gouvernement pour légiférer, pour mâter cette industrie du piratage et pour traduire les trafiquants devant les tribunaux afin de faire cesser ce marché illégal de produits piratés? ». Ben c'est fait, basé sur des faux chiffres, il y a une belle loi qui est maintenant en vigueur et qui font en sorte que des milliers de gens se font fouiller quotidiennement.

En conclusion, puisqu'il existe déjà une loi canadienne qui reporte le fardeau de la preuve sur celui qui est accusé, puisque les démarcheurs américains sont capables de faire passer une loi avec ce genre d'effets sans que personne ne bronche, je prédis que le gouvernement nouveau du Canada va faire passer, dans sa nouvelle loi sur le droit d'auteur, des clauses très semblables à celle du DMCA américain. Les anciens médias n'auront que des bons mots pour cette loi plus musclée qui donnera de la poigne pour mâter les méchants pirates (à qui appartiennent les grands groupes de presse déjà?). Tiens, je pousse même jusqu'à prédire que ça va être adopté à l'unanimité.

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