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WeLoveWords

WeLoveWords, c'est le nom d'une plateforme communautaire destinée aux auteurs. Et cette plateforme se destine aux auteurs… francophones.

Ça ne s'invente pas, ces choses-là. Un site web sur les écrits français qui a un nom anglais. Sans espace. Avec des lettres majuscules au début de chaque mot.

Curieusement, le vocabulaire dans le Trailer long de welovewords est dans un français impeccable:

Dans la description de la page de la vidéo, on peut lire que:

Auriez vous pensé que la francophonie comptait plus de 50.000 slameurs, 200.000 paroliers, 30.000 scénaristes, 50.000 poètes, 15.000 humoristes?

50.000, pour moi, c'est 50 avec 3 chiffres significatifs après la virgule. Pas 50 000. C'est une utilisation du point qui n'existe pas en français.

Si on continue la description, on peut lire une autre utilisation de la sorte:

Mais nous leur offrons également un service de dépôt légal de leurs textes en ligne avec notre solution innovante: WORDSPROTECT

Comprenez-moi, je ne suis pas de ceux qui déchirent leur chemise pour une question d'accent sur une poignée de mots de la langue française, ou qui s'indignent lorsqu'ils entendent week-end. Cependant, je grince des dents chaque fois que je visite un site web chez nos cousins français. La « Boîte à news » sur le site de L'Express culture par exemple. Ou encore le Figaro qui annonce qu'« Environ 10.000 soldats britanniques sont déployés en Afghanistan. » Non, ce n'est pas 10 soldats avec 3 chiffres de précision qui ont été déployés. Ça ne ferait pas une grande troupe…

C'est que, voyez-vous, cette utilisation frauduleuse de la langue se transmet par la suite des médias de masse français à la langue écrite des auteurs, blogueurs, édimestres et rédacteurs de courriels.

Arrive par la suite un schisme entre la langue française utilisée par les Québécois, notamment à l'écrit, et celle des Français qui intègre sans gêne les termes anglophones reliés aux technologies, tels des cailloux dans un pouding.

Et la preuve la plus éloquente de cette voie rocailleuse suivie par les cousins, c'est le nom d'un site destiné aux auteurs de langue française.

9 commentaires à « WeLoveWords »

  1. Gus
    17 mai 2010 | 5:35

    Et pourtant… nous parlons toujours français, quotidiennement, contrairement à vous! Qu'est ce qu'il vaut mieux faire? Adapter la langue aux nécessités de son époque ou la laisser archaïque, intouchable et intouchée, afin de la regarder lentement mourir?

    Je vous laisse là dessus…

  2. 17 mai 2010 | 6:27

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre billet et pour la modération de votre discours. Nous ne pouvons pas, hélas, en dire autant de vos compatriotes qui semblent comprendre très mal la présence de mots anglais (mais pas seulement) dans notre langage quotidien, allant jusqu'aux insultes le plus souvent.

    Vous êtes très attaché au Français, tant mieux. Nous aussi. Cependant, il y a une énorme confusion sur l'utilisation et l'évolution que nous en faisons. Les Québecois y voient une "abdication" devant l'amérique. Je cite "l'union européenne est dans les mains des américains".

    Non, nous sommes européens, la France à une frontière commune avec 5 pays qui ont tous plusieurs langues chacun. La France elle même en a une multitude: le ch'ti, le corse, le breton, les patois lorrain, alsacien et provençal, l'occitan, le basque, l'argot et le verlan, etc… Vous ne comprenez pas que nous faisons évoluer notre langue parce que vous êtes un ilôt de francophonie cerné par des anglos. Dès que vous utilisez un mot anglais, vous vous sentez en danger. je le comprend tout à fait et je vous demande de faire l'effort également de comprendre notre position. Pour dialoguer quotidiennement avec nos voisins italiens, espagnols, portugais, allemand, anglais, hollandais, etc, nous utilisons l'anglais. le vocable professionnel anglais a naturellement fait son entrée dans notre vocabulaire, ce qui nous permet de le maintenir à niveau et de rester compétitif en Europe. L'anglais que nous utilisons vient… d'Angleterre. Aucun rapport avec l'amérique. De plus, je suppose que chaque Québecois connait les sentiments des Français envers les américains, et vice versa.

    D'ailleurs, il y a de nombreux mots empruntés à nos voisins et nos communautés nationales qui sont rentrés dans le langage courant parce que la France est une terre de métissage. Il est donc naturel que la langue se métisse également. C'est cela une langue vivante.

    Quelques exemples:
    - Yalla (arabe): on y va!
    - Basta (espagnol): ça suffit!
    - Ciao (italien): bonjour/au revoir
    - Andiamo (italien): en avant!
    - Raüs (allemand): on s'en va!
    - Toubib (arabe): médecin
    - Latin: de facto, vice versa…

    etc… et j'en passe un maximum!

    En terme de marque, WeLoveWords est avant tout un LOGO. Le web (la toile) est, par essence, internationale et sa langue officielle, que ça nous plaise ou non, est l'anglais, c'est comme ça et on y peut rien, on s'adapte.

    Nous avons fait une erreur de communication en disant que nous nous adressons aux auteurs francophones. La vérité, c'est que nous nous adressons à un public francophone… dans un 1er temps. Mais nous comptons bien demain, ouvrir la plate forme à d'autres territoires. Sur ce point, vous avez raison.

    Francophone aujourd'hui, international demain: WeLoveWords. En France, en Afrique, en Belgique, en Suisse, dans les territoires et départements d'outre mer, personne, PERSONNE n'a été choqué par l'anglicisme du logo. Aucun commentaire haineux, aucune remarque, aucun débat… Il n'y a QUE le Québec que ça dérange… Moi je me poserais des questions sur mon engagement envers le français en sachant ça… "Est ce que je m'y prend de la bonne façon"? Malgré cette défense acharnée, votre français disparait alors que le nôtre s'enrichit. Êtes vous sûr à ce point d'avoir raison? Comment se fait il que vos efforts ne portent pas leurs fruits dans ce cas? Faut il mettre le français dans un musée, ou le laisser grandir librement? Faut il entraver l'évolution naturelle de la langue ou la laisser respirer?

    Cordialement,

  3. Vincent
    17 mai 2010 | 8:36

    Je ne vois pas en quoi utiliser des mots anglais dans un discours français, là où les mots français existent, consiste une "évolution"?

    Même choisir un terme anglais dans l'absence de terme français me semble une erreur. À mon avis, il est beaucoup plus intéressant d'adopter des néologismes issu de notre baguage linguistique français. Ceci donne naissance à des mots comme: cybercafé, courriel, téléchargement/téléversement.

    Je n’ai rien contre l’anglais, c’est une belle langue est elle est efficace, mais moi je veux parler français, c’est tout.

  4. 17 mai 2010 | 8:42

    « votre français disparait alors que le nôtre s’enrichit. »

    Absurde. Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit pas de refuser d'admettre l'addition de mots étrangers sans contrepartie francophone — ce qui enrichirait —, mais de décrier une pure substitution, ce qui appauvrit. Comment notre langue peut-elle disparaître si de notre côté de l'océan nous nous refusons à employer des expressions anglophones parfaitement exprimables en français?

    Qu'un médium de publication francophone tombe dans le piège — il ne s'agit même pas d'une expression consacrée, « We Love Words » ne ressemble à rien — indique un problème criant.

    « Faut il entraver l’évolution naturelle de la langue ou la laisser respirer? »

    Évolution naturelle de la langue? Si je vous jase de mon ordinateur et de ses deux coeurs 64-bits, de ses périphériques et de sa carte ethernet qui me permettent de baladodiffuser, j'emploie de mots qui n'existaient pas voilà cent ans et qui manifestent l'évolution de la langue; certains termes empruntés, certains adaptés. Je ne vois pas comment employer « news » au lieu de « nouvelles » sur un site web ou « live » plutôt qu'« en direct » enrichit la langue.

    Les langues se pollinisent entre elles depuis la nuit des temps, mais il semble que de votre côté de l'océan, depuis quelques générations, ça se passe « one way ». « So what? » « Bite ».

  5. Patrice Ricard
    17 mai 2010 | 14:20

    Encore un exemple d'incompréhension de ce qu'il se passe ici (Québec) et en France.

    Guillaume l'a bien expliqué : ceci est un logo. Et le fait qu'il ait pris le temps de répondre à un blogue qui n'est pas vraiment "connu" prouve qu'on a encore beaucoup de choses à se dire.

    Ca n'a pas été décrié du côté européen probablement parce que nous sommes habitués à l'anglais lorsqu'il sert à la publicité.
    C'est un fait depuis des lustres. L'anglais vend mieux.
    N'en déplaise aux pourfendeurs du "français total" (qui, soit dit en passant, utilisent bien plus des mots anglais lorsqu'il s'agit de parler de tout ce qui touche à l'industrie. Placez dans une conversation, ou même écrivez, le mot "pot d'échappement" à vos amis et/ou lecteurs québécois et vous aurez droit au sempiternel "Mais qu'est-ce qui dit ?" )

    L'utilisation du français des deux côtés de l'Atlantique est l'ultime roman-fleuve. Toujours les mêmes personnages qui se déchirent au fil des ans.

    Et je ne m'attarderai pas sur la mauvaise foi de ce Mr Levesque qui me semble a réagit impulsivement aux propos maladroits de Guillaume.

  6. 18 mai 2010 | 10:41

    Bon j'ai revu la vidéo et j'ai bien vu 50 000 non pas 50.000 !!!

    A part le titre weloveword qui est anglais tout est en français. Et le format des chiffre fait il parti de la langue. Je dirais non ! En suisse on écrit pas les chiffre comme en France même dans la partie francophone.

    bon je dirais que le nom weloveword est choisis pour faire un peu de provocation et c'est gagné ! lol

  7. Catherine Bélanger
    18 mai 2010 | 16:38

    En effet, ils ont enlevé les points dans les chiffres.
    Petite victoire.
    Mais ils ont oublié deux fautes dans cette phrase:
    Ou pouvez vous faire tout cela sur Internet quand vous êtes auteur?

    Mais au moins ça, ce n'est pas parce que c'est copié de l'anglais. Alors je fais comme si je n'avais pas vu.

  8. Catherine Bélanger
    18 mai 2010 | 16:49

    J'ai oublié de mentionner une chose: Bravo d'avoir créé cette plateforme communautaire, c'est une bonne idée.

  9. 19 mai 2010 | 22:54

    @chris

    Précision: L'erreur dans le traitement des nombres est dans le texte de la description de la vidéo, pas dans la vidéo elle-même.

    Quant à savoir si les chiffres font parties de la langue, j'y repenserais comme il faut, deux fois plutôt qu'une.

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