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Un vaccin pour la maladie de Lyme?

Pays touchés par la maladie de Lyme
Pays touchés par la maladie de Lyme.

Dans son bulletin de nouvelles du 14 août 2014 à 7h du matin, Radio-Canada annonce que « l'absence d'un vaccin contre la maladie de Lyme sème l'inquiétude », comme si, d'une part, cette maladie était une nouveauté sur la planète et, d'autre part, qu'il suffisait d'un peu d'effort pour trouver un vaccin.

La maladie de Lyme affecte 65 pays à travers le monde et est une préoccupation dans plusieurs pays d'Europe depuis de nombreuses années. En Belgique, lors des sorties en camps scouts, les enfants sont inspectés tous les soirs pour identifier la présence de tiques, et cela depuis plus de 10 ans. Aux É.-U., elle est la 7e maladie la plus déclarée au pays, et elle a touché plus de 3 millions de personnes depuis 1970. Tous ces pays sont déjà préoccupés par la maladie de Lyme et doivent sûrement se pencher sur la question du vaccin depuis des décennies.

D'autre part, avec 114 cas déclarés au Québec en 2013, il faudrait qu'un vaccin ait un taux d'innocuité inférieur à 0,04% pour ne pas que le nombre de personnes touchées par des effets secondaires dépasse les gens protégés (j'ai estimé à 3 millions la population vivant au sud du St-Laurent et pouvant être affectée au cours des prochaines années).

Bref, bien que la maladie de Lyme soit une préoccupation importante, et sans diminuer l'impact majeur dans la qualité de vie de ceux qui en sont atteints, cette préoccupation est surtout celle des autres pays, et ce n'est pas parce que le Québec est touché que, tout à coup, l'absence d'un vaccin est inquiétant, et encore moins à porter de main.

Soyons humbles et prenons conscience que cette maladie affecte surtout les autres pays et que cette rumeur de vaccin sert surtout à nous assurer que les autorités prennent les choses en main, et ne recele dans les faits aucune information nouvelle.

Une rue « Léo Major » à Montréal?

Rue Léo Major

La Ville de Montréal peut maintenant nommer une rue en l'honneur du héros de guerre Léo Major. En effet, suite à la démarche entreprise par M. Christian Élie Fournier, le Comité de toponymie de Montréal a accepté le 12 juin 2014 d'ajouter le nom de Léo Major dans la banque prévisionnelle de toponymie. Cependant, cela ne garantit pas son emploi pour la dénomination d'un lieu de la Ville de Montréal.

Ayant grandi sur la rue Frontenac dans le quartier du Centre-Sud à Montréal, Léo Major a joint les rangs du régiment de la Chaudière, a participé au débarquement de Normandie, à la bataille de la Normandie, ainsi qu’à la libération de la Belgique et de la Hollande. Ses faits d’armes incluent la libération à lui seul de la ville de Zwolle aux Pays-Bas pendant une nuit d'avril en 1945, la capture de 93 prisonniers de guerre pendant une patrouille à la bataille de l'Escaut (1944) et le maintient avec 18 hommes de la colline 355 contre des centaines de Chinois durant la guerre de Corée (1950-53).

Avenue de la ville de Zwolle nommée en l

Léo Major est l'un des trois seuls soldats du Commonwealth britannique, et le seul Canadien à avoir reçu deux Médailles de conduite distinguée (Distinguished Conduct Medal) et le seul soldat à les avoir reçues dans deux guerres différentes. Une avenue importante de la ville de Zwolle a été nommée en son honneur : « Avenue Léo Major - Premier libérateur canadien de Zwolle (1921-2008) » .

En ce 100e anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale et ce 70e anniversaire du débarquement de Normandie, voilà une occasion parfaite pour le maire de Montréal et de l'arrondissement Ville-Marie de rendre hommage à tous ces héros de guerre québécois qui, comme Léo Major, sont honorés en Europe, mais méconnus sur leur terre natale.

Bientôt une rue Léo Major à Montréal?

La radicale clarté

L'étiquette « radicale » est semblable à celle de « terroriste », en ceci qu'elle est toujours utilisée pour désigner l'autre, habituellement l'adversaire, mais n'est jamais utilisée par les personnes ou les groupes pour se désigner eux-mêmes. Cet étiquetage est en fait un outil de propagande redoutable, permettant avec un seul mot de réduire l'adversaire à un extrémiste, tout en positionnant l'émetteur comme un modéré.

C'est le sort qu'a connu Mario Beaulieu après son élection à la tête du Bloc québécois. Michel David avait déjà préparé le terrain deux jours auparavant en le qualifiant d'homme « pur et dur ». Dès lors, la table était mise pour qu'il soit identifié par la suite comme un « radical ». À preuve, cette entrevue de Radio-Canada où les journalistes traitent à cinq reprises Mario Beaulieu de « radical ». Quelle idée les journalistes ont-ils mise de l'avant? Mario Beaulieu est un radical.

Qu'a bien pu faire Mario Beaulieu pour mériter pareil épithète? C'est que l'homme a un message clair sur l'indépendance du Québec. Le Bloc doit servir à promouvoir l'indépendance du Québec, avant, pendant et après les élections.

Mais après plus d'une décennie de « stratégies » du Parti québécois et du Bloc pour séduire l'électorat, la clarté d'un message est maintenant considérée comme étant radicale. Voilà où nous en sommes. Or, proposer clairement un projet à une population ce n'est pas être radical, cela s'appelle simplement faire de la politique.

Cette course à la chefferie du Bloc est une répétition générale pour celle du PQ. La clarté sera taxée de « radicalité », de « ceinture fléchée », de « caribous » et d'une foule d'autres étiquettes visant à réduire le message, et le messager par le fait même, à une option déraisonnable. Cela fait près de 20 ans que le PQ a institutionnalisé le louvoiement comme stratégie vers l'indépendance, refusant aux Québécois de voter clairement pour prendre leur avenir en main. Près de 20 ans à tergiverser, cela laisse des traces. Il ne faut pas se surprendre que ceux qui ont le courage d'incarner un virage pour réaliser sans biais l'indépendance du Québec soient vus comme « radicaux ». C'est pour amorcer ce virage que Mario Beaulieu a été élu, notamment avec l'aide des jeunes à la tête du Bloc.

Nous en avons soupé de la stratégie, place à la clarté.

Déterminisme: de Laplace à Power Corporation

Les scientifiques du 19e siècle ont particulièrement été marqués par la théorie du « déterminisme classique ». Dans sa forme la plus pure, énoncée par le physicien et mathématicien Pierre-Simon de Laplace, cette théorie veut que l'état d'un système à un instant donné dépende de ses états précédents. Ou dit autrement, l'avenir comme le passé sont prévisibles si l'on connaît le moment présent.

Bien que populaire pendant près d'un siècle, cette théorie s'est vue contredite au 20e siècle par deux découvertes. D'abord par l'effet papillon, qui démontre qu'une perturbation infime des conditions initiales peut avoir des conséquences imprévisibles à long terme. Puis par la mécanique quantique, qui implique que le hasard, ou l'inconnu, fait partie intégrante de la nature. On ne peut donc parfaitement prédire l'avenir, peu importe la connaissance que nous avons sur le moment présent. C'est d'ailleurs pour cela qu'il sera toujours impossible d'avoir une prévision météo parfaite!

Le déterminisme est toujours populaire au 21e siècle. Il a quitté le milieu de la physique pour le domaine de la politique. Beaucoup de gens œuvrant dans ce milieu prennent en effet pour acquis que si on connaît avec assez de précision une population, essentiellement grâce aux résultats d'élections, aux sondages et à la démographie, il est possible de prévoir son comportement politique, ou encore mieux, de l'influencer à partir de cette information.

Lorsque Power Corporation utilise sa branche médiatique en qualifiant abusivement de « grand sondage » un sondage non scientifique indiquant que les jeunes ne sont plus indépendantistes, ce n'est pas une mesure de la population. C'est une tentative pour que les déterministes politiques de tout acabit concluent que l'avenir du Québec est joué, qu'il se déroulera dans le cadre fédéral canadien. C'est cette vision de l'avenir que promeut Power Corporation et la publication de ce sondage ne fait que renforcer sa ligne éditoriale.

Or, bien que le contexte présent puisse expliquer une partie de l'avenir d'un peuple, il ne le détermine pas. Les changements dans une société peuvent survenir de façon imprévisible, comme le printemps érable, et être au départ invisible pour la société, invisible pour les sondages, invisibles pour les analystes et autres mesureurs de population.

Il faut briser cette habitude d'analyser les chiffres comme s'ils déterminaient l'avenir du peuple québécois. Nous retirons ainsi un pouvoir des mains de toutes les Power Corporation de ce monde qui désirent maintenir le statu quo. Un peuple conscient de son potentiel est un peuple qui réclame sa liberté. Or, c'est en bridant l'éveil de nos capacités que nous demeurons un peuple conquis et satisfait. Ceux qui traitent les Québécois de faibles, de BS, de quêteux sont dans leur majorité des défenseurs de l'ordre établi, du fédéralisme. Écoutons plutôt ceux qui nous disent grands, ceux qui nous disent forts. Le jour où nous aurons réalisé notre propre valeur, celle de notre grandeur en tant que peuple, ce jour-là nous serons libres. Et dès le lendemain nous le ferons, ce pays qui n'attend que nous.

Observations d'un (nouveau) cycliste montréalais

Depuis la fin avril, j'utilise le vélo comme moyen de transport pour me rendre au travail. De Villeray au centre-ville de Montréal, le parcours me prend trente minutes, tant à l'aller qu'au retour. C'est une première, car auparavant, la distance entre mon lieu de travail et ma résidence était trop grande pour ce moyen de transport.

Moi qui n'étais qu'un cycliste de fin de semaine, j'ai rapidement constaté que ce n'était pas la même chose d'aller à l'épicerie un samedi après-midi que de se rendre au centre-ville à l'heure de pointe.

La principale différence, c'est le respect de la signalisation.

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Pour les courts trajets hors période de pointe, le respect de la signalisation routière (arrêts, feu rouge) m'était optionnel et n'entraînait que rarement des problèmes. Or, le nombre de cyclistes sur la route du travail est si important qu'un certain ordre est nécessaire, notamment celui imposé par la signalisation. Les cyclistes sont donc nombreux à s'y conformer, même si cela ne les empêche pas de faire n'importe quoi à certains endroits précis.


Troisième différence, ce sont toutes les situations routières auxquelles je n'ai jamais été confronté auparavant et pour lesquelles je ne sais pas quelle conduite adopter. Exemple de questions auxquelles j'ai dû trouver une réponse:

  • Une brigadière fait traverser les gamins à une intersection, ai-je le droit de passer? Non.
  • Un autobus scolaire s'arrête et fait débarquer des gamins, puis-je continuer? Oui
  • Puis-je circuler dans la voie réservée aux taxis et aux autobus ? Non, mais il y a actuellement un projet pilote qui le permet sur la rue Viau.
  • Puis-je vraiment circuler sur les trottoirs? Non, sauf à quelques endroits à Montréal.
  • Puis-je passer à la lumière rouge si la traverse pour piéton est permise? Non.

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Étant cycliste du dimanche, j'ignorais ces règles et à voir le nombre de cyclistes qui les bafouent, par ignorance ou sciemment, je suis loin d'être le seul.

Ces observations, ajoutées aux nombres d'accidents impliquant des cyclistes à Montréal, me laissent croire que la game a changé sur les routes de Montréal: les usagers doivent changer leur conduite pour mieux partager la route.

Il y a bien sûr les cyclistes qui, comme je l'ai décrit, doivent apprendre à réagir aux nouvelles situations. Le code de la sécurité routière devra également être mis à jour pour tenir compte de la nouvelle popularité et les cyclistes devront surtout apprendre à le respecter. Il serait bien qu'une éthique entre cyclistes voit le jour, ne serait-ce que pour souligner les comportements délinquants. Un commentaire d'un cycliste est toujours mieux reçu que celui d'un automobiliste.

Les automobilistes et camionneurs devront accepter que la route serve au transport des biens et des personnes, et non pas à un type de véhicule en particulier. Le vélo a sa pleine et entière place, au même titre que les automobiles et camions. Et finalement, les piétons ont aussi leur bout de chemin à faire, ce sont les usagers les plus délinquants, traversant la rue n'importe où, à tout moment, et négligeant de prendre en compte les vélos.

Il est essentiel de mettre les moyens en place pour faciliter la transition vers un meilleur partage de la route. L'augmentation de la popularité du vélo fait partie d'un développement urbain durable, c'est la voie à suivre.

Lutter contre l'agrile du frêne à Montréal

Agrile du frêne

L’agrile du frêne est un insecte qui menace l’existence d’un arbre sur cinq sur l’île de Montréal. Si rien n’est fait, les 200 000 frênes de Montréal disparaîtront d’ici 10 ans.

Nous ne sommes pas la première ville d’Amérique du Nord à vivre ce phénomène. L’agrile a déjà tué des dizaines de millions de frênes aux États-Unis, sa progression est connue et documentée. Il n’existe à ce jour qu’un seul traitement pour protéger les frênes de cet insecte. Il s’agit d’un bio-pesticide nommé TreeAzin. Le traitement d’un frêne au TreeAzin coûte en moyenne 100$/année et il doit être appliqué avant l’arrivée de l’agrile pour être efficace.

Détection de l

Que font les autorités de la Ville de Montréal contre l’agrile du frêne? Pour le moment, des sommes d’argent sont prévues pour traiter 10 % des frênes, les autres n’étant pas protégés pour des raisons de « contraintes budgétaires ». Or, le temps presse, puisque les dommages causés par l'agrile sont exponentiels. Il ne reste probablement que deux ans pour traiter les frênes avant que l’agrile n’ait fait ses ravages partout sur l’île.

Il est clair que l’administration de la Ville de Montréal ne suffira pas à la tâche pour sauver tous les arbres en si peu de temps avec si peu de moyens. Que faire?

Trou causé par un insecte dans un frêne

Si vous détectez l'agrile du frêne sur un arbre de votre voisinage, vous pouvez appeler le 3-1-1 pour indiquer à quel endroit se trouve ce frêne.

Il faut faire pression dès maintenant sur les élus municipaux pour que plus de ressources soient consacrées à la lutte à l’agrile du frêne. Il est possible de le faire en se présentant au conseil d’arrondissement (liste ici) pour manifester son inquiétude (pour Villeray-St-Michel-Parc-Extension, joignez-vous à notre délégation mardi prochain le 6 mai à 19h).

Finalement, il faut offrir la possibilité aux citoyens de payer directement le traitement des arbres de leur rue, de leur quartier. Un flou légal existe pour cette solution, mais une fois cet aspect réglé, un site web pour amasser les contributions monétaires des citoyens pour traiter les frênes sur la voie publique devra être mis en place. Nous explorons présentement la possibilité de déployer un tel site web. Si vous êtes intéressés, une bonne avenue serait de commencer par adopter un frêne.

Il faut voir l’agrile du frêne comme un test pour notre collectivité. Ce problème est aisé à gérer :

  • La biologie, l’impact de l’agrile du frêne, la solution et le coût sont connus;
  • Il n’y a pas de puissant lobbys à affronter pour déployer la solution;
  • La période et les coûts de remplacement des frênes sont prévisibles;
  • Les décideurs vivent dans les quartiers affectés;
  • Un petit nombre de citoyens peut influencer les élus.

Si nous nous voulons être en mesure de lutter contre les changements climatiques, un problème plus complexe à tous les niveaux, nous devons régler haut la main les problèmes environnementaux simples comme celui posé par l’agrile du frêne. C’est un défi qui nous devons relever d’abord pour notre quartier, mais aussi pour se donner confiance en nos moyens lorsque viendra le moment d’affronter les grands problèmes.

Liens utiles

L'environnement: un enjeu indépendantiste (bis)

À la suite de la publication de mon texte sur l'environnement et l'indépendance, un ami et collègue m'a fait parvenir des objections à mon analyse. Comme les arguments qu'il avance reviennent souvent dans les discours portant sur l'indépendance du Québec, je publie ici mes réponses dans l'espoir qu'elles puissent servir ou en inspirer d'autres.

1. Un Québec indépendant ne changerait pas la situation mondiale désastreuse de l'environnement. Le Québec comme exemple? Je n'admets pas cet argument. Il y a de nombreux pays qui sont des exemples environnementaux et le reste du monde s'en moque.

Il est certain que le poids du Québec pays, dans les relations internationales ne serait pas celui des États-Unis, nous devons demeurer humbles concernant l'influence que nous aurions sur la scène internationale. Cela dit, elle ne serait pas nulle.

Il faut se mettre dans le contexte de la création d'un pays du Québec, émergeant d'un pays du G8, et qui aurait alors l'attention mondiale dirigée sur lui. Il serait alors possible d'avoir une certaine influence, notamment en environnement. Ce serait également vrai par la suite, puisque le Québec aurait un siège dans les instances internationales, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.

Pour se convaincre de notre potentiel, pensons aux pays scandinaves dont on parle sans cesse lorsque vient le temps de comparer les indices de développement. Ces pays ne sont pas si importants, économiquement ou militairement, sur le plan mondial, pourtant ils sont très souvent pris comme modèles. Encore cette semaine dans le journal, on se demandait si Philippe Couillard allait s'inspirer «de l'Alberta et du Dakota du Nord ou de la Suède et du Danemark».

Le Québec pays peut avoir une influence comparable à la Norvège ou à la Suède, ce n'est pas une proposition extravagante.

2. Un Québec indépendant, dirigé par un gouvernement d'Option nationale s'opposerait sans doute au pipeline, mais qu'en serait-il d'un gouvernement libéral dans un Québec indépendant? Ou d'un autre gouvernement moins sensible à l'environnement? Ces partis existeront toujours après une éventuelle accession à l'indépendance. Et ils obtiendront probablement le pouvoir. Supposons que le Québec était indépendant le mois dernier. Le PQ aurait quand même été en faveur de l'inversion du pipeline…

Tout à fait d'accord.
Il est d'ailleurs important de souligner ce fait : le Québec pays est le début des revendications, non pas la fin. À ce moment, le Québec aura accès à tous les leviers pour décider de son avenir, ce sont là des questions de pays que nous aurons à nous poser.

J'ajouterais aussi qu'il ne faut pas mettre de conditions à l'indépendance : la liberté est une valeur en soi. Elle n'a pas à s'accorder aux autres valeurs des libérateurs (partis politiques, institutions, dirigeant[es], etc.). Le Québec sera un État démocratique dans lequel tous les partis politiques, toutes les voies politiques démocratiques, pourront s'exprimer et ce sera au peuple en fin de compte à faire son choix, pas aux fondateurs du pays.

Je dis d'ailleurs dans l'article que :
« Cela ne veut pas dire que le Québec pays serait nécessairement un exemple, le mouvement indépendantiste a aussi ses dinosaures, mais il aura au moins la chance de faire les choses différemment. »

3. Le Québec, quittant la fédération canadienne, aura sans doute comme principal effet de faire accélérer le développement des sables bitumineux (et non pas le contraire). Exemple : Les grands partis fédéraux du Canada n'auront plus à jongler avec le dilemme de faire plaisir aux environnementalistes de l'est du Canada. Le PLC est dans ce dilemme, il veut faire plaisir à deux bases électorales différentes. Sans le Québec, les intérêts de l'Ouest gagneront facilement dans un Canada amputé du Québec.

Le Canada a déjà la politique étrangère d'un pétro-État. La présence du Québec ne change présentement rien à cet état de fait.

Est-ce qu'un futur gouvernement, élu avec l'aide des Québécois, pourrait changer cela? Peut-être, mais il reste à prouver d'une part que cela peut se faire, et d'autre part ce gouvernement serait lui aussi temporaire, un changement pouvant toujours survenir par la suite sans l'apport du Québec (les conservateurs seront encore là).

Quelle différence entre le Canada et le Québec alors, puisqu'un parti politique pourra toujours prendre des décisions négligeant l'environnement ou un autre sujet critique? Ou comme je l'ai souvent entendu : « À quoi sert-il d'être indépendant si c'est pour être un mini-Canada »?

La différence, c'est que ce sera aux Québécois de faire des choix pour les Québécois. En ce moment, plusieurs décisions sur notre territoire nous sont imposées par un gouvernement qui est élu en majorité par un peuple qui n'est pas le nôtre.

Les décisions du Canada sont prises en majorité par un autre peuple qui a des valeurs et des intérêts qui divergent des nôtres - sans vouloir qualifier ce peuple de meilleur ou de pire - et ce pouvoir s'accentuera dans l'avenir, en raison du déclin démographique du Québec par rapport aux autres provinces. Assumer et faire des choix qui concernent notre territoire, tant pour les humains que pour l'environnement, sont des raisons suffisantes pour faire du Québec un pays.

Les indépendantistes écossais ont une approche particulièrement intéressante concernant les partis politiques et l'indépendance. Leur Guide pour l'indépendance de l'Écosse présente «Les avantages de l'indépendance de l'Écosse - peu importe le parti au pouvoir» (p. xiv). Dans l'introduction, il est expliqué qu'en cas de création du pays, «le futur de l'Écosse sera dans les mains des Écossais», et qu'à l'inverse, les «décisions concernant l'Écosse resteront dans les mains des autres» (p. i). En remplaçant le mot «Écosse» par «Québec», nous avons là un excellent préambule pour un document semblable pour l'indépendance du Québec. La liberté des peuples reposant en effet sur des principes universels.

L'environnement: un enjeu indépendantiste

En lisant les résumés du dernier rapport du GIEC cette semaine, il m'est venu un certain découragement. Ce que le rapport dit, en gros, c'est qu'au cours des dernières décennies, beaucoup de discussions ont eu lieu sur la scène internationale, mais aucune mesure réellement concrète n'a été mise en place pour lutter contre le réchauffement climatique. Si rien n'est fait, il y aura des famines, des réfugiés climatiques et des morts par millions dans les prochaines années.

Étant porte-parole d'Option nationale pour l'environnement lors de la dernière campagne électorale au Québec, il m'est apparu essentiel d'expliquer, sur les trop rares tribunes qui m'ont été offertes, les problèmes que causera le réchauffement climatique. Il m'est également apparu fondamental de faire comprendre que pour jouer son rôle dans cette lutte, le Québec devait refuser toute politique favorisant l'exploitation du pétrole de schiste ou des sables bitumineux, incluant l'exploitation d'Anticosti et les pipelines d'Enbridge et de Trans-Canada, puisque cette exploitation émet de 25 % à 75 % plus de CO2 que le pétrole conventionnel. Enfin, j'ai expliqué qu'aucune loi votée par les hommes ne peut avoir préséance sur une loi de la physique et que de ne pas faire de l'environnement une priorité revient à prétendre que la gravité n'existe pas. Que pour négocier, le peuple québécois serait mieux représenté sur la scène internationale s'il avait, devant lui, un petit carton avec le mot «Québec», plutôt que celui du «Canada».

Le Canada est en effet parmi les pires États au monde en ce qui a trait à la lutte contre le réchauffement climatique : il a renié sa signature du protocole de Kyoto, a revu à la baisse ses objectifs de réductions d'émissions de CO2 à deux reprises et n'a pris aucune mesure concrète pour les atteindre. C'est donc sans surprise qu'il ne les atteindra pas.

Cela ne veut pas dire que le Québec pays serait nécessairement un exemple, le mouvement indépendantiste a aussi ses dinosaures, mais il aura au moins la chance de faire les choses différemment.

Le Canada ayant 30 % de son PIB issu du pétrole albertain, il protège l'exploitation du pétrole sur la scène internationale. Le Québec a la chance de ne pas avoir une économie basée sur ses ressources en hydrocarbures. Cela lui permettra de faire des choix différents de ceux du Canada et de prendre des mesures réelles afin de lutter contre le réchauffement climatique.

Malheureusement, lors de la dernière élection, les principaux partis politiques ont mis ce débat de côté. Ils ont préféré suivre les conseils de leurs analystes politiques, brandissant la peur comme élément de rassemblement des Québécois : la peur des turbans, la peur des référendums, la peur de la dette.

Les résultats de cette élection ont donné lieu à un foisonnement d'analyses, mais peu importe l'opinion, ils constituent un électrochoc pour une grande partie de l'électorat, surtout celle qui prenait pour acquis la progression historique de l'émancipation du peuple québécois. Il est souhaitable que ce séisme donne lieu à un réalignement des forces politiques du Québec d'ici les élections de 2018 et que l'environnement ait sa juste part au sein de cette renaissance.

Et c'est pour lutter contre le découragement, cet abandon consumériste, que nous devons militer, entre autres, pour un engagement plus concret et réaliste des partis politiques envers l'environnement.

Le mouvement indépendantiste doit s'approprier cet enjeu incontournable, mais il ne doit pas le faire à des fins électoralistes. Il doit se l'approprier afin de démontrer au peuple québécois que la création d'un État lui permettra non seulement de contrôler sa destinée culturelle et économique, mais aussi environnementale. L'environnement est l'ensemble des éléments naturels et culturels qui entourent un être vivant. Il est donc intimement lié à notre émancipation.

Le refroidissement éolien n'est pas en degré Celsius

La vague de froid de l'hiver 2013-14 a donné lieu à de nombreux articles où le refroidissement éolien est utilisé. Or, le refroidissement éolien est très souvent utilisé avec des « degrés Celsius » en tant qu'unité.

Ceci est une erreur.

En effet, comme il est indiqué sur la page web d'Environnement Canada consacrée à la question:

Comme l’indice de refroidissement éolien n’est pas la véritable température, mais représente la sensation de froid sur la peau, il est indiqué sans le signe du degré.

Par exemple, « Aujourd’hui, la température est de -10°C et le refroidissement éolien est de -20 ».

Il suffit de rechercher le mot "éolien" dans les moteurs de recherche de journaux québécois pour tomber sur des exemples dans les derniers jours.

  • Le Devoir: « Ces derniers jours, la Saskatchewan et le Manitoba ont enregistré des températures de -30 °C qui atteignaient les -50 °C en tenant compte du facteur de refroidissement éolien.» Le temps froid se remet de la partie, 7 janvier 2014
  • La Presse: « Le premier vol du FTV2, hier, a été beaucoup plus discret. Avec une température de 21 degrés au-dessous de zéro, ou - 31 degrés avec le refroidissement éolien. », CSeries: décollage du deuxième avion d'essai, 4 janvier 2014
  • Le Soleil: « alors que le mercure affichait - 42 degrés en incluant le refroidissement éolien », Le froid glacial n'arrête pas les canotiers, 4 janvier 2014
  • Le Droit: « Un avertissement de refroidissement éolien est en vigueur : les températures ressenties avoisineront les -35 °C ce matin, notamment à cause des rafales de vent.  », L'hiver fait un retour remarqué, 7 janvier 2014
  • Le Quotidien: « Avec des températures ressenties frôlant les -50 degrés Celsius (avec refroidissement éolien), ce type de blessure survient en seulement quelques minutes. », Nouveau record de froid, 4 janvier 2014
  • Associated Press: « Records also fell in Oklahoma and Texas, and wind chills across the region were 40 below (-40 C) and colder. » Dangerously cold temps spread from U.S. Midwest to South and East, 7 janvier 2014

J'ai transmis cette précision à ces journalistes afin qu'ils puissent ajuster le tir dans leurs prochains articles.

Pour plus d'information sur mon opinion sur le refroidissement éolien, je vous invite à consulter ma page web consacrée à la critique de cet indice.

Réduire les permissions de l'application Facebook sur Android

Lors d'une mise à jour de l'application Facebook pour Android sur mon téléphone à poche, j'ai jeté un oeil aux permissions supplémentaires que je devais accorder à l'application pour bénéficier de la mise à jour.

Changement de permissions pour la mise à jour de l

En lisant les autres permissions de l'application, je constate qu'elle a autant de droits que moi-même sur mon téléphone. Sauf erreur, cette application est la seule autorisée par Facebook, et j'en suis donc réduit à accepter ces conditions ou simplement me passer de l'application. Dilemme.

Or, il est possible de contrôler les permissions des applications grâce à une fonctionnalité cachée sur Android. Il suffit d'installer App Ops Starter, qui elle ne requiert aucun permission spéciale, pour accéder au menu permettant de retirer des permissions aux applications.

App Ops Starter et Facebook

Je vous invite, tant qu'à faire, à étrangler les permissions d'autres applications invasives telles que Services Google Play et autres applications propriétaires.

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