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Les erreurs de La Presse et du Journal de Montréal

Au cours du printemps 2012, La Presse et le Journal de Montréal ont chacun commis une bourde monumentale pouvant être associée à de la propagande, se discréditant aux yeux de la population supportant les étudiants dans leur lutte.

L'erreur du Journal de Montréal

Le premier à avoir commis une faute est le Journal de Montréal. Au lendemain de la manifestation monstre du 22 avril, probablement plus de 200 000 manifestants, le Journal n’en parlait pas en une.

Une du Journal de Montréal le 23 avril 2012

Il faut dire qu’ils s’étaient déjà pratiqués avec la manifestation du 22 mars, entre 100 000 et 200 000 manifestants, où ils avaient réussi à titrer que le mouvement perdait des appuis avec en arrière-plan une photo de la foule.

Une du Journal de Montréal le 23 mars 2012

Quelques jours plus tard, au lendemain du congrès du PLQ à Victoriaville, une photo de mauvaise qualité apparaît à la une du Journal. Aussitôt, une rumeur de traitement Photoshop, par laquelle le Journal aurait ajouté une brique dans les mains de l'émeutier, se répand sur les réseaux sociaux. Rumeur démentie le lendemain.

Une du Journal de Montréal le 5 mai 2012

L'erreur du La Presse

La faute de La Presse est d’avoir fait sa une avec les résultats d’un sondage indiquant que les Québécois appuyaient massivement la loi 78, loi spéciale jugée par plusieurs comme violant à la fois la charte québécoise et la charte canadienne des droits. Or, ce sondage a une méthodologie des plus douteuses.

Cela a soulevé l’ire sur la Toile. On ne badine pas avec les libertés civiles. Christian Bégin a signé un texte, assez représentatif de la colère ambiante, appelant une campagne de désabonnements de La Presse. Celle-ci a été diffusée et appuyée sur les réseaux sociaux.

Le lendemain de cette erreur, La Presse a fait une autre bévue, pouvant confirmer la mauvaise foi qui aurait causée la première. Lors de la 26e nuit de manifestation à Montréal, la journaliste de La Presse Gabrielle Duchaine a été arrêtée et un de ses gazouillis a alors été repris sur Twitter : « Toujours avec @fatrudel du JdeM en état d'arrestation. Le policier m'a dit se "calisser" du fait que je suis journaliste #manifencours #ggi » . Le lendemain, une partie de ce texte apparaît sur l’article en ligne de la journaliste, pour être ensuite retirée sans explication.

Cette modification a probablement été faite pour des raisons éditoriales, le style du commentaire jurant sensiblement avec le niveau de texte que l’on retrouve habituellement dans La Presse. Mais encore une fois, il n’en fallait pas plus pour que la rumeur de censure à des fins de propagande se répande dans les réseaux sociaux.

Pour chacun de ses deux journaux, la première erreur a créé un contexte favorable à la propagation d’une rumeur par la suite. Une lecture possible de cette propagation est de confirmer le manque de crédibilité des réseaux sociaux. Il faut plutôt y voir une mesure de la méfiance qui s’est installée chez ceux qui prennent leurs informations sur ceux-ci: ils croient que ces journaux manipulent leur information pour soutenir le gouvernement et n'hésitent pas à faire circuler des nouvelles confirmant cette opinion.

Malheureusement, ces grands médias s'adonnent peu à l’autocritique. Lorsque des journalistes se font molester par les manifestants, cela est déplorée, avec raison, par beaucoup d’entre eux. Cependant, il serait bien qu’ils poussent la réflexion jusqu’à se demander comment les manifestants ont pu en arriver là.

Mot du jour: inique

Inique : adj. (Du latin iniquus, inégal). Qui n'est pas juste, pas égal ; qui manque d’équité.
Source: Wiktionnaire

Exemple: La loi qui vient d'être adoptée est inique, ignoble, duplessiste. Françoise David à propos de la loi 78 adoptée par le gouvernement du Québec le 18 mai 2012.

Les deux agoras

Si le conflit sur la hausse de frais de scolarité perdure, c'est notamment parce que chaque camp a son agora. Dans chacun de ces lieux, les auditeurs entendent les opinions qui les confortent dans leurs positions, chaque orateur croit qu'il a la bonne stratégie puisque son public cible l'appuie.

Le gouvernement et les 55 ans et plus ont comme lieu de rencontre les médias de la seconde moitié du XXe siècle: radio, journaux et télévision. Les gens prenant essentiellement leurs informations à ces endroits appuient la hausse plus que la moyenne de la population. Émetteur et récepteur sont en phases.

Les étudiants et la génération Y ont comme lieu de rencontre les médias sociaux (Facebook, Twitter et blogues). Les gens prenant essentiellement leurs informations à ces endroits sont contre la hausse, plus que la moyenne de la population. Émetteur-récepteur, ils se confondent dans ce cas, sont en phases.

Line Beauchamp se cherche un emploi dans le nord

La nouveauté de ce conflit, c'est le second agora: les réseaux sociaux. Le rôle qu'il faut en retenir dans ce conflit n'est pas celui d'un outil pour convaincre, mais bien celui de lieu de rassemblement pour les opposants à la hausse, ce que ne leur permet pas les médias traditionnels. Et dans ce lieu, une culture est née.

On pourrait penser que le gouvernement réalisera bientôt l'importance des réseaux sociaux et investira ce milieu. Or, ce n'est pas aussi simple. La communication à sens unique d'un organisme ne passe pas dans ce milieu. Pour apprivoiser les réseaux sociaux, il faut vraiment jouer le jeu, être sincère dans sa démarche d'échange, respecter les interlocuteurs et accepter de modifier son discours en fonction des échanges. Ce n'est pas un déversoir à propagande. Les partis politiques traditionnels du Québec se sont formés avec la communication à sens unique. Changer cette façon de voir les choses risque d'être difficile pour ces partis, et on peut légitimement se demander s'ils en seront un jour capables.

À l'inverse, il est tout aussi improbable de voir les boomers se diriger en masse vers les réseaux sociaux. Certes, on trouvera toujours des exemples de sexagénaires branchées qui font exceptions à la règle, mais l'immense majorité restera branchée sur la planète télé.

Les jeunes ne retourneront pas plus en arrière, après avoir connu ce nouvel espace qui n'est pas balisé par ceux qui ont construit l'environnement dans lequel ils baignent depuis leur naissance, que ce soit la famille ou l'école. Cet espace en est un de liberté pour eux, ils l'ont expérimenté et ils vont y rester.

Bref, la situation semble être dans un cul-de-sac. Personne ne sait comment cela va se terminer, jusqu'où iront les opposants. Et c'est peut-être un peu cette situation, cette sensation de vide que les plus jeunes n'ont jamais connu, qui soulève tant leur passion.

Lettre aux Saguenéens

Je parlais à ma mère au téléphone jeudi dernier. Suite aux bombes fumigènes lancées dans le métro de Montréal, elle m'a dit sur un ton survolté que « Montréal était pris en otage » par les étudiants.

Une couple de semaines plus tôt, suivant une publication de mon frère sur Facebook, un des ses amis Saguenéens a écrit que « Ouin c`est le pas le temp d`aller a mtl ,c`est le chaos ».

J'aimerais rassurer famille et amis au Saguenay: la grève étudiante ne change rien pour 99% des Montréalais, 99% de temps. La ville n'est pas en état de siège.

Pourquoi ma mère était-elle aussi effrayée? Probablement parce qu'elle a écouté la télévision pendant la journée, et qu'une meute de journalistes traitait le sujet comme une guerre civile. Il est certain que si on mitraille la rue à coup de vox pop pendant des semaines à la recherche d'automobilistes offusqués contre les étudiants qui font perdre de précieuses minutes aux honnêtes payeurs de taxe se rendant au travail, ils vont finir par en trouver.

Mais ces journalistes pourraient également faire des vox pop lorsqu'une voiture tombe en panne, ce qui survient quotidiennement, et cause un bouchon à un des principaux points d'entrée de l'île de Montréal. Ils pourraient s'acharner et demander aux automobilistes « que pensez-vous des personnes irresponsables qui n'entretiennent pas leur voiture et vous met en retard ce matin ? ». Les réponses seraient sensiblement les mêmes que pour la grève étudiante. Non, les gens n'aiment pas être retardés.

Oui, l'interruption de toutes les lignes de métro a causé des problèmes à des centaines de milliers de personnes. Mais l'impossibilité d'emprunter les transports en commun pour se rendre à son travail se produit toujours une ou deux fois par année. Là où cet événement revêt un caractère exceptionnel, c'est que toutes les lignes étaient touchées. Sans vouloir justifier le geste, on parle d'un arrêt de service de 200 minutes du métro, pas d'un acte de « terrorisme ». Aux deux stations que j'ai visitées ce matin-là, personne n'était effrayé. Certains ont même souri lorsque la possibilité que les étudiants en grève puissent être à l'origine de cette panne a été évoquée. C'est grave, oui, mais remettons les choses en perspective, le chaos ne s'est pas emparé de la ville.

Il est vrai que la grève étudiante a un certain impact économique sur la ville. On n'a qu'à voir le maire de Montréal gesticuler dans une sortie paternaliste pour s'en convaincre. Mais les coûts de ces émeutes ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan d'argent qui se brasse à Montréal. Les sommes dépensées jusqu'ici représentent 15 minutes du PIB de la ville (sources: 1, 2). Bref, ces sommes sont importantes dans l'absolu, plusieurs millions, mais une fois mises en perspective, on constate que ce n'est pas tant d'argent que ça.

Cela dit, amis Saguenéens, mon intention n'est pas diminuer l'importance des événements qui se déroulent en ce moment. Le Québec vit une crise sociale majeure, potentiellement la plus importante depuis des décennies. Mais les Montréalais n'en sont pratiquement pas affectés. Je me hasarderais même à avancer que la population en général n'est pas concrètement affectée. Ceux qui subissent directement les effets de cette crise, ce sont les protagonistes. D'abord les étudiants en grève, qui risquent de perdre une session, et d'autre part l'ordre établi. C'est surtout ça qu'on voit lorsque l'on ouvre la télévision, c'est l'ordre établi qui se défend. Pas le chaos, ni des Montréalais pris en otages.

Rendez-vous le 22 avril pour un printemps québécois

Logo de l

Le 22 avril prochain, jour de la Terre, une manifestation « pour un printemps québécois » se tiendra au centre-ville de Montréal.

Dominic Champagne, impliqué notamment dans la lutte contre l'exploitation des gaz de schistes, explique quel est l'objectif de cette manifestation (de 2:02 à 10:14):

Une série de vidéos à été produite pour mousser la participation du 22 avril. Les gens de partout au Québec y seront:

Tout indique que cette manifestation sera plus populaire que celle du 22 mars, peut-être même la plus importante de l'histoire du Québec. Les Québécois en ont marre, et ils prendront la rue pour le faire comprendre aux gouvernements.

Si vous faites parti de ce nombre, et que vous pouvez vous rendre à Montréal le 22 avril, joignez-vous au mouvement. Vous trouverez les renseignements sur le site web du 22 avril:
http://22avril.org/

Pour ma part, je serai présent à la manifestation sous la bannière d'Option nationale, qui propose un programme extraordinaire pour les ressources naturelles. C'est notamment une des raisons de mon affiliation à ce parti. Si vous vous y reconnaissez et désirez appuyer ce parti, joignez-vous à nous, à 13h30 devant le Bar F. Vous pouvez aussi consulter notre événement Facebook.

Soyez du nombre, pour un printemps québécois, pour un avenir qui nous appartient.

La tentative de colonisation française à l'île de Sable en 1599

Le pire de tous ces désastres fut la colonie française de l'île de Sable aux abords des bancs de pêche. Après le traité de Vervins, Henri IV parraina les entreprises de colonisation d'un personnage excentrique au nom exotique de Troilus de Mesgouez, marquis de La Roche-Helgomarche. En 1597, La Roche envoya à l'île de Sable une expédition de pêche qui parut être de bon rapport. L'année suivante, Henri IV accordait à La Roche des lettres patentes pour implanter une colonie en Amérique du Nord. Le roi investit plus tard douze mille écus dans l'entreprise.

Vue de l

Le projet se buta aussitôt à des difficultés. Peu de gens s'étaient portés volontaires, problème récurrent dans l'histoire de la colonisation française. La Roche se vit obligé de conscrire des gueux et des vagabonds. Il persuada aussi les autorités royales de lui vendre des criminels condamnés à mort et à qui on avait donné le choix entre la potence ou l'Amérique.

La Roche recruta un capitaine du nom de Thomas Chefdostel et lui ordonna de débarquer les colons à l'île de Sable. On n'aurait pu imaginer pire emplacement: une dune de sable désolée sur les confins du Grand Banc, à cent soixante kilomètres de la côte, battue par d'âpres vents et enveloppée des brumes épaisses de l'Atlantique. En 1599, les soixante colons de La Roche mirent pied à terre avec leur chef, le commandant Querbonyer, qu'accompagnait un petit détachement de soldats chargé de maintenir l'ordre. La Roche leur laissa des matériaux pour se bâtir des abris et un magasin, resta quelque temps et rentra en France. Il avait promis d'envoyer des navires de ravitaillement chaque année, et il tint parole en 1600 et en 1601. Les navires revenaient au moment convenu, mais la colonie ne put prendre racine, et La Roche perdit son crédit en métropole. En 1602, les colons se mutinèrent, assassinèrent les officiers dans leur sommeil et pillèrent le magasin. La Roche apprit ce qui s'était passé de pêcheurs qui étaient passés par là et retint le navire de ravitaillement. Les colons réussirent `tirer une maigre subsistance du poisson, des loups marins et du bétail ensauvagé qui avait été abandonné sur l'île par un navire espagnol. Il n'y avait pas de bois ou de pierre sur l'île, et les colons se mirent bientôt à vivre « comme des renards dans la terre ». Les vivres venant à manquer, ils s'étaient mis à s'entre-tuer. Au bout de quelques années, la plupart des colons étaient morts. Un navire retrouva onze survivants aux visages émaciés, aux cheveux emmêlés et vêtus de peaux de loups marins et les ramena en France.

Extrait du livre « Le rêve de Champlain » de David Hackett Fisher, Boréal, p. 137, ISBN-13 : 9782764620939

Le timbre permanent comme valeur refuge

Logo des timbres PERMANENT de Postes Canada

Le timbre permanent de Postes Canada est un timbre valide à vie, valant le tarif en vigueur au moment où il est utilisé. Voici 5 raisons pour lesquels investir dans ces timbres est un placement sécuritaire, voire une valeur refuge1.

1- Le timbre n'a jamais perdu de valeur

Historiquement, depuis 1868, le prix du timbre n'a jamais diminué. Certes, il peut conserver plus ou moins longtemps le même prix, mais il n'a jamais eu de valeur moindre.

Si jamais le coût de l'énergie et de la main d'oeuvre diminuait, le prix du timbre demeurerait le même, donc sa valeur augmenterait face au marché.

2- Le timbre permanent est à l'abri des spéculateurs

Le prix du timbre n'est pas influencé par la demande. Que l'on envoie plus ou moins de lettres par année n'influencera pas le prix d'un timbre, ce qui le met à l'abri des spéculateurs qui n'auraient aucun gain à revendre ou à acheter des timbres permanents en grande quantité.

3- Le timbre permanent a une valeur réelle

Contrairement aux devises nationales, le prix du timbre est basé sur la valeur d'un service concret et non pas sur la confiance des porteurs: une crise de confiance ne pourra faire descendre sa valeur.

4- Le timbre permanent est garanti par le gouvernement du Canada

Le gouvernement du Canada contrôle la livraison du courrier depuis 1851. Ce service sera nécessaire pendant encore très longtemps et il est suffisamment important, ne serait-ce qu'économiquement, pour que le gouvernement s'assure qu'il soit maintenu. Pendant toute cette période, le timbre permanent conservera une valeur.

5- La valeur du timbre permanent est proportionnelle à celui de l'énergie et des salaires

Au moment où le timbre est acquis, sa valeur est calculée à partir du coût du transport et de main d'oeuvre. Lorsque ces coûts augmentent, celui du timbre augmente. Au moment où il est utilisé, il possède une valeur qui correspond aux ressources nécessaires pour accomplir une action, peu importe comment aura fluctué le coût de ces ressources.


Valeur refuge: Titre que l'on considère comme sécurisant en cas de crise financière. L'or est souvent défini comme une valeur refuge, c'est à dire un titre qui ne baissera pas pendant les krachs et crises. Source Edubourse.

Le symbole Richard Martineau

Richard Martineau avec un nez de clown

Richard Martineau, fort probablement à son corps défendant, est le porte étandard des aversaires du printemps érable. Comment a-t-il pu en arriver là?

Richard Martineau, c'est l'omniprésence médiatique de l'opinion

Tout d'abord chroniqueur estimé dans le journal Voir, un hebdomadaire culturel indépendant, il publie aujourd'hui dans un quotidien de l'empire Québécor, le Journal de Montréal, au rythme époustouflant de 6 fois par semaine. Décupler ainsi le débit de ses opinions n'est pas sans risque, la pertinence risquant fort d'être diminuée. Pour citer Dany Laferrière, Richard Martineau n'a pas suffisamment de ressources intellectuelles pour combler toutes ces pages avec pertinence, ses textes finissant par incarner la vacuité et la superficialité de l'information en continu qui pourrit notre paysage médiatique. Il effleure tous les sujets, il a été qualifié d'omnichroniqueur dans son ancien journal, le coup de gueule demeurant son principal outil.

Richard Martineau, c'est l'opinion qui peut être achetée

En changeant de journal, l'orientation de ses opinions a convergé vers celle de son patron, comme cela a été démontré avec éloquence dans le cas des frais de scolarité. Il rétorquera à cela que ses opinions ont évolué, et nous devons lui accorder le bénéfice du doute. Mais cela n'a au fond que peu d'importance. Que ses opinions aient évolué ou non, les apparences sont contre lui, ce qui dans le paysage médiatique actuel fait de lui un chroniqueur de plus promouvant les intérêts du propriétaire de son journal.

On peut dès lors supposer que Richard Martineau a bradé son opinion pour de l'argent, l'argent d'une mégacorporation tentant d'influencer le gouvernement pour qu'il suive son idéologie.

Richard Martineau, c'est le sophisme à l'oeuvre

Ce qui a fait lever le gâteau, c'est le gazouillis concernant la belle vie des étudiants au iPhone et à la sangria sur une terrasse à Outremont. Cette affirmation est si poreuse qu'elle donna une cible parfaite au feu convergent des adversaires de la hausse. Il a trouvé son vis-à-vis: à son opinion tirée quotidiennement à plus de 200 000 exemplaires, il a eu face à lui 200 000 manifestants qui ont répondu par leurs pancartes et leurs textes.

Le capharnaüm des idées de Richard Martineau et son arsenal de sophismes ont fait ici oeuvre utile: il a poussé ses adversaires à organiser leurs idées, à reposer leur argumentation sur des faits et à les diffuser pour contrer la présence de Québécor, ce qui n'est pas une mince tâche. Ça a donné de bons textes expliquant en quoi son affirmation était un tissu de sophismes (voir ici, , et cette parodie de Wikipédia).

Richard Martineau, c'est un symbole

On l'a vu sur des affiches à la manifestation du 22 mars, il est utilisé dans les discours des chefs étudiants, on l'invite pour se justifier à TLMEP (partie 1, partie 2). Richard Martineau est maintenant l'homme, à tort ou à raison, qui incarne le raisonnement facile, l'opinion tous azimuts et le pouvoir qui utilise toutes les plateformes pour mousser les positions qui l'avantagent. Qu'il soit d'accord ou non n'a maintenant plus d'importance; Richard Martineau est un symbole qu'il a lui-même créé et qu'il nourrit quotidiennement depuis des années.

Pour toutes ces raisons, c'est une aubaine pour le Québec d'avoir une personne telle que Richard Martineau: il incarne de façon caricaturale les raccourcis intellectuels d'une certain classe dominante. Et un adversaire est d'autant plus facile à combattre lorsqu'il a un visage!

C'est pour ces raisons que Richard Martineau est maintenant un symbole. Et paradoxalement, ce symbole est surtout utile à son adversaire.

Un beau matin

Ce n'est pas lors d'un « grand soir » que se décidera l'indépendance du Québec. C'est par un beau matin, lorsqu'au réveil, les Québécois se diront: « Bon là, c'est assez ».

Les moyens techniques pour accéder à la souveraineté sont importants et il faut en parler, il faut avoir un plan. Mais ce n'est ni avec un référendum, ni avec une assemblée constituante, ni avec une élection référendaire que l'on gagne les coeurs.

Il faut cibler les raisons qui font du pays du Québec un meilleur endroit pour vivre et identifier celles qui font du Canada un endroit de moins en moins respirable. C'est cette prise de conscience qui est la première étape pour avoir notre pays.

Le grand soir suivra alors, bien sûr, mais avant le crépuscule, prélude de la fête, il y aura tout d'abord l'aube de notre réveil. C'est ce matin-là qui fait rêver.

Vivre avec le VIH

En occident, être atteint du VIH n'est plus aussi dévastateur. Cela demeure un drame, mais si un de vos proches en est atteint, il ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Il restera bien en vie et aura besoin que ses proches comprennent la maladie qui l'affecte.

« Soigné, le VIH est une maladie chronique. On n'en meurt pas, mais on n'en guérit jamais. » Lorsqu'un ami m'a appris qu'il avait contracté le VIH, c'est avec ces paroles qu'il m'a ensuite rassuré.

Avant que cette maladie ne touche un proche, pour moi le VIH et le SIDA c'était du pareil au même. Le VIH est le nom du virus (virus d'immunodéficience humaine) alors que le SIDA (syndrome d'immunodéficience acquise) regroupe l'ensemble des symptômes (syndrome) qui apparaissent quand le système immunitaire du malade est affecté. Ce dernier stade de la maladie apparaît généralement quand le VIH n'est pas traité. On peut donc être atteint du VIH sans jamais pour autant devenir sidatique. Avant que cette maladie ne touche un de mes proches, je croyais que ceux qui en étaient atteints allaient mourir dans d'affreuses souffrances en quelques années. Le film Philadelphia, sorti en 1993, illustre bien ce qu'était pour moi le VIH/SIDA.

Or ces dernières années, d'énormes progrès ont été accomplis pour traiter les patients séropositifs. Diagnostiqué tôt et avec un traitement adéquat, il est possible de vivre normalement tout en étant porteur du VIH (séropositif). Les personnes atteintes le resteront toute leur vie, mais elles pourront continuer, sauf exceptions, les mêmes activités qu'avant ce diagnostic. Grâce aux médicaments antirétroviraux (la trithérapie), on considère désormais que leur espérance de vie et leur santé à long terme est la même que s'ils n'avaient pas contracté le virus. Après quelques mois de traitement, le virus devient indétectable dans leur sang.

Il est important de ne pas banaliser cette maladie pour autant. Les mesures de protection contre les infections transmissibles sexuellement (ITS) demeurent un enjeu de santé publique qu'il faut promouvoir et cette maladie est toujours un fléau planétaire à éradiquer. Les médicaments antirétroviraux sont très chers (plus de 1000$ par mois) de sorte que la maladie continue de faire des ravages là où ils ne sont pas suffisamment disponibles, en particulier sur le continent africain. Néanmoins, le VIH/SIDA a beaucoup évolué depuis les décès de Rock Hudson et Freddy Mercury et je crois qu'il est important de changer nos références catastrophiques lorsqu'il est question de cette maladie.

Pour de l'information complémentaire sur le VIH/SIDA, vous pouvez consulter les liens suivants:
* Ce que vous devez savoir après avoir reçu un diagnostic du VIH
* Bien vieillir avec le VIH?
* Life expectancy in HIV

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