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Perdre le nord

Drapeau du Québec radioactif

Marie-Geneviève Chabot a utilisé la close sur les contribubeurs de ptaff.ca qui stipule que ptaff.ca encourage les auteurs à joindre ses rangs; il suffit d'une idée originale et d'un appétit pour le travail bien fait.

Je recopie son texte ici. Les hyperliens sont de l'éditeur.

Lac Cavan, 8 octobre 2010

On a beaucoup parlé de la lutte des gens de Sept-Îles contre le projet de mine d’uranium sur leur territoire. On parle actuellement beaucoup du débat entourant l’exploitation des gaz de schiste. Pendant ce temps, à quelques 975 km de là, dans la région du Nord-du-Québec, la première mine d’uranium au Québec est en train de se frayer un chemin parmi les épinettes, sans faire de bruit.

Ressources Strateco, une jeune compagnie uranifère basée à Boucherville, mais dont les deux principaux actionnaires sont à Toronto et New York, met le paquet pour que le Projet Matoush devienne la première mine d’uranium au Québec, à l’aube de 2014. Le projet est actuellement à l’étape de l’obtention du permis d’exploration, mais les forages de surface ont commencé depuis 2009.

Qu’est-ce que quelques petits trous dans la terre et quelques tonnes de pierre remuées pourraient bien déranger dans ce coin perdu, de toute façon?

Ce coin perdu, situé à 275 km au nord de la ville mythique de Chibougamau, est aussi le territoire traditionnel de chasse des Cris. Il se trouve également à 15 km du futur parc national Albanel-Témiscamie-Otish et à une centaine de kilomètres du Lac Mistassini, le plus grand lac d’eau douce du Québec. Le site est aussi et surtout en plein cœur des monts Otish, “là d’où originent les eaux”, comme disent les Cris.

Carte illustrant où se trouve le projet Matoush au Québec

C’est que les eaux provenant des monts Otish alimentent la baie James et le fleuve Saint-Laurent. « En effet, c’est au coeur de ces montagnes que prennent source plusieurs de nos plus grandes rivières, soit les rivières Rupert, Eastmain, La Grande, Péribonka, aux Outardes et Manicouagan. »

Donc, Ressources Strateco projette d’installer sa première mine d’uranium sur rien de moins que le « pivot hydrographique du Québec ». Je dis première, car si cette mine voit le jour, elle ouvre la porte aux autres mines d’uranium potentielles dans le secteur.

Comme d’autres résidents du coin, je suis inquiète. Pour me rassurer, les membres de la Conférence régionale des élus de la Baie-James (CREBJ) ont pris la responsabilité d’informer leur population en organisant des séances d’information dites « objectives ». Pour ce faire, ils ont entre autres invité des experts de Genivar, une firme d’ingénieurs-conseils, qui compte notamment Ressources Strateco au nombre de ses clients.

M.Rhéaume, physicien et directeur de la division nucléaire chez Genivar, nous a expliqué la question des résidus miniers de la façon suivante: « Après avoir extrait l’uranium pur, ce qu’on retourne dans les résidus [les radioéléments], c’est exactement ce qui était dans la nature. On les retourne, après avoir été traités chimiquement dans l’usine de concentration. » Quasiment écologique. Selon M.Rhéaume, « les risques ne sont pas là », en ce qui a trait à l’exploration de l’uranium.

Je suis ressortie de cette séance d’information avec l’impression que l’uranium était un produit naturel comme les autres, au même rayon que le magnésium, le calcium et les baies de goji. Dans le fond, l’uranium n’est pas plus toxique que d’autres substances. Selon le Dr Plante, médecin et directeur de la santé et sécurité à la centrale nucléaire de Gentilly-2, tout est une question de dose. Si on contrôle la dose de radiation qu’on absorbe, tout est tiguidou.

Peu satisfaits de cette séance d’information à laquelle il manquait vraisemblablement une partie, quelques-uns d’entre nous ont formulé le souhait de recevoir la visite d’intervenants critiques et indépendants capables de nous présenter l’envers de la médaille.

Ce à quoi les élus, parmi lesquels le député Luc Ferland, ont répondu en chœur qu’ils n’inviteraient pas d’opposants au nucléaire, mais seulement des scientifiques neutres. La neutralité, c’est aussi ce qu’a évoquée Gary James, directeur du Centre d’études collégiales de Chibougamau, en refusant la venue dans son établissement de médecins critiques s’étant impliqués à Sept-Îles, dont le Dr Isabelle Gingras et le Dr Eric Notebaert, pour participer à un débat sur l’uranium organisé par les enseignants. Neutre, M.James peut difficilement l’être, en tant que président du conseil d’administration de la Table jamésienne de concertation minière (TJCM), dont la mission est de soutenir le développement de l’industrie minière dans la région.

Donc, si j’ai bien compris, dans le débat sur le projet Matoush, on est soit neutre ou contre. Dans le Nord-du-Québec, on ne veut pas entendre les spécialistes en défaveur de l’industrie nucléaire. Même s’il s’agit de docteurs en physique nucléaire renommés comme le Dr Michel Duguay ou le Dr Gordon Edwards, qui donne des conférences dans le monde entier sur les risques du nucléaire. Pas de danger qu’on les invite. Dans le Nord-du-Québec, on veut pas se faire gâcher notre party.

Malgré leur déguisement de neutralité, les élus sont favorables au projet. Soit. Qu’ils trouvent que la création de tout au plus 300 emplois pendant environ 12 ans (la durée projetée d’exploration et d’exploitation de la mine) et des redevances de 2% à l’État valent les risques pour la santé des populations cries et jamésienne et la contamination potentielle et irréversible d’un site avec les résidus miniers radioactifs pour des centaines de milliers d’années, c’est leur opinion. Mais qu’ils censurent les intervenants ayant un avis divergent en leur refusant une tribune sur leur territoire, c’est qu’ils ont oublié que c’est par la démocratie qu’ils ont été élus.

Lors de la consultation pour le projet de loi 79, modifiant la loi sur les mines, le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la faune, Serge Simard, a demandé aux membres de la CREBJ s’ils envisageaient de tenir un forum sur l’uranium dans le Nord-du-Québec, pour maximiser l’information à la population. Ce à quoi la mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, a répondu que « nous, dans le fond, ce qu’on a fait, c’est un forum perpétuel ».

À part les trois articles à saveur d’infopub sur l’uranium qui prenaient deux pages pleines du journal local, et ce, le jour même de la première phase des audiences publiques sur le projet Matoush à Chibougamau, je n’ai pas vu de forum. Encore moins perpétuel.

La mairesse de Chibougamau scande à tous les vents qu’ils ont fait leur job et que la population de la région est très bien informée. Si madame la mairesse, qui siège également sur le conseil d’administration de la TJCM, s’est chargée de la neutralité de l’information que nous avons reçue, je ne suis pas rassurée. Comme elle l’a exprimé devant la commission sur le projet de loi 79, « si vous mettez un moratoire demain matin sur le développement de l’uranium, nous on est déçus. »

Moi, quand je suis déçue, je ne suis pas neutre.

J’aimerais que les élus pensent le développement de la région en visionnaires plutôt qu’en opportunistes, qu’ils admettent qu’il y a beaucoup d’incertitudes scientifiques entourant l’exploitation de l’uranium, et qu’ils reconnaissent le droit de la population d’avoir accès à cette information. S’ils ont si peur d’un débat ouvert sur la question, c’est peut-être justement parce qu’il y a de bonnes raisons de ne pas rester neutre.

Marie-Geneviève Chabot
Résidente du Nord-du-Québec

Liens et sources

Ce texte a aussi été publié sur Cyberpresse.

15 commentaires à « Perdre le nord »

  1. Danny Garant
    23 octobre 2010 | 12:57

    Je suis déçu dommage qu'il n'y ait pas de zone "commentaires" pour la version publié sur Cyberpresse. Alors je vais commenter ici.

    L'appel de Marie-Geneviève Chabot me déçoit. Son texte laisse fortement sous-entendre que tous les intervenants de la séance d'information on des intérêts dans le projets et que par conséquent ils maquillent les faits sur les danger de l'uranium.

    Il y a notamment ce passage qui m'a fait grincé des dents :
    "ils ont entre autres invité des experts de Genivar, une firme d’ingénieurs-conseils, qui compte notamment Ressources Strateco au nombre de ses clients."

    J'aimerais rappelé que la profession d'ingénieur, qui est aussi la mienne, est régie par un ordre professionnel et que la mission première des ordres professionnel est de protégé les citoyens. Ceci en exigeant diligence et rigueur dans l'exercice de la profession. Bref, on n'a pas droit à l'erreur qui peut mettre le citoyen en danger.

    Je suis lié à cette mission par mon code de déontologie et mon intérêt premier est en tout temps le citoyen et non mon client. Et j'ai l'obligation d'avertir formellement mon client lorsque que dénote une pratique qui présente un risque contre les travailleurs et le citoyen.

    De plus, du moment que projet comporte des matières dangereuse, nous sommes tenues de respect au minimum les règles de l'art et les normes en vigueurs plus sévère les unes que les autres. Que ce soit avec le Bérylium, l'amiante, l'uranium, le brin de scie (et oui!), l'essence diesel, des acides, de l'amoniaques, etc.

    Nous avons l'expertise au Canada, au Québec et dans les régions du nord pour conduire ce genre de projet. Nous avons des valeurs dans ma profession pour les conduire de façon sécuritaire et l'obligation d'effectuer les analyses de risques nécessaires.

    Assurez-vous que ces expertises on été faîtes et cessez d'attaquer notre bonne foi.

    P.S. Je remercie Miguel pour ce blogue, d'avoir publié cet article et surtout pour avoir mis des liens en références au contexte. J'aimerais qu'il y a ait plus d'auteur avec ce sens de la rigueur.

  2. Joël
    25 octobre 2010 | 12:10

    En réponse au commentaire de M. Garant sur la profession d'ingénieur, j'aimerais souligner au passage que l'ordre professionnel des ingénieurs, aussi vertueux soit-il, ne peut servir de couverture à l'apparence de conflit d'intérêt entre une firme de génie conseil et son client.

    Il semble, M. Garant, que vous ayez senti le propos de Mme. Chabot comme une charge envers votre profession. Malgré les bons sentiments que vous portez à votre métier, ce qui est souhaitable, et les vertus que vous attribuez à votre ordre professionnel, il n'en demeure pas moins, et l'histoire le prouve, que "l'ingénieur" ne travaille pas toujours pour le bien de la population. À titre d'exemple, j'aimerais vous rappeller que SNC-Lavallin a donné dans la fabrication de mines antipersonnelles des années durant; mines nécessairement conçues par un corps d'ingénieurs.

    D'après les propos que vous tenez, j'en comprends que vous être intègre et diligent dans votre travail. Je m'en réjouit. Toutefois, quelque soit le titre de votre profession, il ne vous permet pas de vous draper de blanc et tous ont droit de douter de la bonne foi des parties intéressés dans un projet où l'apparence de conflit d'intérêt est entretenue.

    SOURCE: http://www.international.gc.ca/mines/background-apercu/making-mines-fabrication.aspx?lang=fra

  3. Danny Garant
    25 octobre 2010 | 13:02

    Merci Joël de nous rappeler que malgré tous nos bonnes intentions, nous restons humains. Ce pourquoi l'ordre est doté d'un processus de plainte disponible à tous.

    Le propos de Mme. Chabot, je l'ai pris comme une charge contre tous les experts qui ne sont pas qualifié d'indépendant. Or, de mon point de vue, en tant que consultant, je suis quelqu'un qui produit une expertise indépendante tout comme Génivar en tant que firme de consultant. On est mandaté par le client pour le faire.

    Or, ce que je déduis de l'intervention de Mme. Chabot, c'est qu'elle voudrait une expertise mandaté par un organisme autre que Strateco qui a des intérêts dans le projet. Le problème c'est que si ce n'est pas un organisme publique, il ne reste que les ONG qui ont les reins assez solides financièrement pour être le mandataire. Souvent, ce sera une ONG qui a déjà un biais sur le sujet, qui est donc en conflit d'intérêt.

    Là est la véritable problématique. Peu importe l'expert, il sera en apparence de conflit d'intérêt pour un parti ou pour un autre. Si tous on droit de douter, on a le devoir de douter de tous les partis intéressé qu'il soit en faveur ou contre le projet.

    Dans le contexte de Mme. Chabot, si elle veut un avis indépendant, elle devra compiler toutes les informations fournis lors de la séance d'information et mandaté elle même un expert pour qu'il détermine leur véracité et savoir si elle est complète.

    P.S. L'automobile est plus mortelle que les mines anti-personnelles et est aussi de conception d'ingénieur. On protège l'usager contre les mauvaises conceptions, pas de la façon dont il l'utilise quand il ne respecte pas le manuel.

  4. Joël
    25 octobre 2010 | 14:13

    M. Garant, je comprends votre raisonnement et il est vrai, dans cette optique, que Strateco devient le client de toute firme qu'il aura mandaté et que cela n'entraîne pas nécessairement un biais dans les analyses qui seront produites. Du moment qu'une firme en mandate une autre, nous pourrions y voir apparence de conflit d'intérêt et le problème demeure.

    Selon ce que rapporte Mme. Chabot, je crois que le problème émerge des propos que le physicien de Génivar aurait utilisé, qui sont des raccourcis intellectuels, teintés de demi-vérités.

    –M.Rhéaume, physicien et directeur de la division nucléaire chez Genivar, nous a expliqué la question des résidus miniers de la façon suivante: « Après avoir extrait l’uranium pur, ce qu’on retourne dans les résidus [les radioéléments], c’est exactement ce qui était dans la nature. On les retourne, après avoir été traités chimiquement dans l’usine de concentration. » Quasiment écologique. Selon M.Rhéaume, « les risques ne sont pas là », en ce qui a trait à l’exploration de l’uranium.–

    Il est possible que ces propos ait laissé une impression de partialité dans l'assistance. Bien sûr, il faudrait avoir l'intégralité du procès-verbal pour en juger.

    P.s.(!) Il faut avouer que la conception de la mine anti-personnelle est exceptionnelle en considérant sa fonction; avec ou sans manuel d'instructions, l'usager de la mine n'est pas à l'abri de sa mauvaise (ou bonne) conception.

  5. 25 octobre 2010 | 14:31

    Le probleme ici, ce n'est pas les ingénieurs, c'est plutôt les industries, les gouvernement régionaux et les politiciens qui utilisent des spécialiste pour arriver a l'acceptabilité sociale positive pour un projet. Sans vraiement informer ou questionner les citoyens!

  6. Pierre
    27 octobre 2010 | 9:07

    Comme le dit M. Garant, le sens critique est de devoir de douter des dires des deux bords de la médaille.L'uranium n'est pas un élément comme l'oxygene, en effet. Mais il est aussi naturel car il se retrouve dans la nature. Mme Chabot mets en doute les dire du Dr Plante concernant la question des doses. Elle doute du fait que pour l'uranium, c'est une question de doses. Pourtant, elle oublie de mentionner que nous sommes soumis à des radiations en tout temps, ce qu'on appelle le bruit ambiant. Il s'agit de radiations qui proviennent du cosmos, du radon que nous avons dans nos maisons. Si je pousse son argumentaire au bout, si ce n'est pas une question de dose, comment ce fait-il que nous ne soyons pas déjà tous morts? Car si la dose ne compte pas, dès que nous sommes exposé à un rayonnement, nous devrions développer des cancers. Comment se fait-il que nous utilisions du rayonnement dans nos hopitaux si cela est mortel? Alors il doit bien y avoir un seuil quelque part qui fait qu'à partir d'une certaine dose, cela devient dangereux?

    Pour le commentaire de M. Fafard, pour l'industrie, entièrement d'accord avec lui, son but est de faire des $$$ (En passant, nous avons pas mal tous des $$$ investis dans l'industrie des ressources naturelles avec nos REER, CELI, Caisse de dépôt, Fonds FTQ, etc). Par contre, si on ne peut plus se fier à ceux qu'on a élus démocratiquements en mettant un X sur un bulletin de vote, que devrions-nous faire pour diriger nos communautés? Sans gouvernements élus, ça devient une dictature me semble? Notre système est imparfait, mais on ne met personne en prison pour ses opinions et il y a bien pire corruption ailleur dans le monde.

  7. Simon
    1 août 2011 | 14:12

    J'ai fait des études de géologie, et je me suis orienté vers l'environnement plutôt que vers la mine parce que ce n'est pas l'argent qui m'intéresse. Pour ce genre de projets, bien réalisés, je ne vois pas de problème, mais dans une région reculée où personne n'ira protester si les exploitants font n'importe quoi, c'est un peu plus discutable.

    Toutefois, je voulais surtout réagir aux propos que vous avez entendu et qui ne sont pas faux. Posez un morceau d'uranium naturel (238) sur votre bureau, vous ne risquez pas grand chose, pour ne pas dire rien du tout. Ce n'est pas pour rien que pour être utilisé dans les centrales nucléaires, l'uranium est enrichi en isotope 235. Il est également vrai que les résidus ne seront pas plus radioactifs avant extraction qu'après. Le minerai subit en fait sur place un traitement avec de l'acide ou une base pour précipiter l'uranium et en obtenir un concentré qui devient rentable à transporter (ça ne vaut pas le coup de transporter une tonne de roches pour en extraire un kg d'uranium), donc rien à voir avec un traitement sur la radioactivité. Ce qui est le plus dangereux pour l'environnement à mon avis, c'est plutôt le devenir de ces acides ou bases que la radioactivité.

  8. Marie-Geneviève Chabot
    31 août 2011 | 15:52

    Merci beaucoup Simon pour vos précisions. Je ne suis pas fermée à entendre les faits scientifiques favorables à l'exploitation de l'uranium. Ce que j'ai surtout dénoncé, c'était la maigreur de ces explications (un commentaire plus haut parle avec justesse de "raccourcis intellectuels") et l'évidente partialité des scientifiques choisis pour nous informer localement. Il aurait été bien d'avoir quelqu'un comme vous pour nous dresser un portrait véritablement neutre de la situation, en n'essayant pas de camoufler les risques et en ne sous-estimant pas notre capacité à comprendre.

    Note: depuis cet article, les élus se sont prononcés publiquement en faveur du projet, eux qui nous rassuraient jusqu'alors de leur neutralité dans la campagne d'information qu'ils ont orchestrée. Au pays des épinettes, on se fait passer plusieurs sapins…

  9. Pierre
    31 août 2011 | 16:18

    Il semble que la seule opinion neutre qui soit possible selon Mme Chabot soit d'être contre le projet. Au chapitre des spécialistes, qui est le mieux placé, par exemple, pour discuter d'effet du rayonnement sur les humains qu'un médecin qui est régit par le collège des médecins en passant, qui a travaillé dans une centrale nucléaire à s,assurer que les travailleurs ne sont pas exposés de façon à mettre leur dsanté en danger? J'ai discuté aussi avec les médecins spécialisés en médecine nucléaire, oui ceux qui utilisent les radiations dans les hopitaux. Bien ils disent la même chose que le Dr Plante ainsi que le Dc Dessaut, de la santé publique du Québec. le spécialiste du gaz radon. Le Dr Gingras de Sept-îles n'a aucune spécialité en radiation et oeuvre depuis longtemps dans les milieux écologistes. Alors elle aussi pourrait peut-être avoir un certain biais sur cette question.

    Dernier point, si vous avez mal aux dents, allez-vous voir un dentiste? Pourtant, selon votre définition du conflit d'intérêt, il serait la pire personne à consulter car malgré sa connaissance scientifique, il veuT vous soutirer le maximum de $… Pourtant, je lui fait confiance moi malgré que je sais qu'il peut me voler. Pourquoi? Je fait confiance en sa déonthologie. Comme les ingnieurs, comme les radiologistes… Merci.

  10. Simon H.
    1 septembre 2011 | 10:20

    Que l'on soit pour ou contre, cela importe peu au regard de ce que Mme Chabot demande tout à fait légitimement, soit d'être informée adéquatement sur les risques associés à l'extraction de l'uranium et d'être informée des mesures de minimisation du risque qui devraient être prise si l'exploitation devait aller de l'avant.

    Il s'agit d'un délicat exercice qui doit se vouloir scientifique, mais aussi sensible au niveau de la communication. Prenez le meilleur expert et enfoncez dans la gorge du public ses dires comme on gave un canard et constatez le gâchis. Refusez de gommer les apparences de conflits d'intérêts et demandez-vous ensuite pourquoi le public n'a pas confiance en vous.

    Non, un tel exercice se doit d'être ouvert et inclusif. Inclusif également de parties prenantes qui ne représentent pas que l'orthodoxie scientifique (et même l'orthodoxie d'affaires et l'orthodoxie écologiste, puisqu'il en est). Ce que je veux dire par là est que nous (les profanes, le public) pouvons toujours douter
    raisonnablement de ce que les experts disent. La science, par définition, doute toujours d'elle-même quand elle progresse. Les scientifiques et les experts, de même, ne sont pas sans faille, ni insoumis à de grandes pressions, courants et modes. D'où le besoin, pour réduire le doute, de multiplier les parties prenantes et de travailler vers un consensus.

    C'est ce à quoi s'attend un citoyen qui veut œuvrer pour le mieux-être global de son petit coin de pays, j'imagine. C'est pas simple, je vous entends.

    Alors, à la blague, je dirais que, non, ma confiance n'est pas gratuite pour mon dentiste qui m'a élevé sur le brossage intensif et qui aujourd'hui me fait des greffes de gencives pour combattre le déchaussement; ma confiance n'est pas aveugle pour mon médecin qui me recommandait chaudement le vaccin contre le H1N1 (qui se questionne probablement aujourd'hui), mais qui recommandera probablement le vaccin contre le VPH à votre fille de 9 ans; ma confiance n'est pas aveugle pour les ingénieurs et leurs firmes qui aujourd'hui, à Montréal, recommencent à charger le gros prix "pré-scandale" de la corruption (oui, c'est fini les rabais).

    Un plaisir de vous lire tous.

  11. Louis
    31 août 2012 | 13:05

    Petit vidéo de l'ONF fort intéressant sur la situation d'autres mines d'uranium au canada.
    Le vidéo est un peu vieux mais je suis persuadé que leur méthodes n'ont guère changé.

    http://www.onf.ca/selections/la-force-de-la-paix/visionnez/uranium/

  12. Marie-Geneviève
    4 septembre 2012 | 9:17

    Merci pour le lien, j'avais déjà visionné ce documentaire très intéressant. Certains extraits d'entrevues sont d'ailleurs fascinants quant à leur ressemblance (pratiquement mot pour mot) avec le discours qu'on entend aujourd'hui par les promoteurs de projets uranifères, notamment sur la sécurité de leur technologie moderne.

  13. Jonathan
    6 novembre 2012 | 17:06

    Quelques commentaires:

    "Donc, Ressources Strateco projette d’installer sa première mine d’uranium sur rien de moins que le « pivot hydrographique du Québec »".

    Négatif: le gisement est clairement et uniquement localisé dans le bassin de drainage du Lac Mistassini - aucun autre bassin de drainage ne sera affecté de quelconque façon que ce soit. La phrase est une grossière exagération écrite pour stimuler des craintes (de façon consciente ou non).

    "Je dis première, car si cette mine voit le jour, elle ouvre la porte aux autres mines d’uranium potentielles dans le secteur."

    Négatif: le gisement ne garantit d'aucune façon que ce soit le développement uranifère sur d'autres projets. De plus, chaque possible projet doit passer par les mêmes étapes de développement que le projet de Strateco - aucun raccourci du processus de permis pour aucun autre projet, même un projet secondaire de Strateco dans le même secteur.

    "qu’ils admettent qu’il y a beaucoup d’incertitudes scientifiques entourant l’exploitation de l’uranium"

    Modération: Il y a des incertitudes sur certaines choses tels que le régime hydrologique sous terre à l'endroit précis du projet, mais il n'y a aucun doute sur les méthodes et manières de protéger les travailleurs adéquatement de la radiation et il n'y a aucun dilemme sur les meilleurs pratiques du traitement des résidus miniers. Il n'y a aucun doute sur l'étendue mesurable de radon qui entoure les mines uranifères actives (moins de 1km). L'exploitation uranifère est bien faite ailleurs, de façon responsable. Il n'y a AUCUNE raison qu'elle ne peut être bien faite sur le projet Matoush.

    Dernier item de réflexion - mettons les vrais chiffres sur les vrais items…

    Danger imminent: 10 000 mSv

    Limite inférieure reconnue pour les risques accrus du cancer: 100 mSv

    Maximums pour des rayons X abdominaux de femmes enceintes: 5-10 mSv

    Moyenne Canadienne annuelle (civile) 1-5 mSv
    Moyenne Annuelle du travailleur minier d'uranium: 1-2 mSv de PLUS que la civil (donc total variant entre 2 et 7 mSv).

    Moyenne d'un travailleur d'exploration uranifère: 0,0 à 0,2 mSv (tout dépendant de son succès).

    ————–

    suretenucleaire.gc.ca pour découvrir une plénitude d'information fiable

    http://xkcd.com/radiation/ pour voir cela plus visuellement

    ————–

  14. Marie-Geneviève
    9 novembre 2012 | 16:58

    Merci Jonathan pour les précisions bien documentées et pour votre apport d'informations sur le sujet. Le débat d'idées est toujours fertile pour une société.

    Il est vrai que la question ne peut être simplifiée, ni d'un côté ni de l'autre. Et il ne faut pas oublier que la science, comme l'Homme, est toujours faillible. Ainsi, quand vous avancez qu'il n'y a "aucun doute" sur certaines des méthodes employées, vous me semblez oublier que la remise en question est justement un des moteurs de la science. Comment pouvez-vous affirmer qu"aucun autre bassin de drainage ne sera affecté de quelconque façon que ce soit" alors que vous admettez aussi qu"il y a des incertitudes sur certaines choses tels que le régime hydrologique sous terre à l'endroit précis du projet" ??

    Je n'ai certes pas toutes les connaissances scientifiques sur le sujet, mais après les recherches que j'ai faites depuis plusieurs années et les séances d'information sur le projet Matoush auxquelles j'ai assistées, j'ai consciemment choisi de m'y opposer.

    Comme des milliers de citoyens et de municipalités au Québec et ailleurs dans le monde, qui ont eux aussi choisi de questionner le développement de l'industrie uranifère, par prudence, par manque de connaissance vous direz peut-être. Comme les Cris de Mistissini, appuyés par le Grand conseil cri, qui ont commandé des études indépendantes et qui en sont venus à rejeter le projet Matoush sur leur territoire.

    Bien sûr, nous ne sommes pas des scientifiques. Nous manquons peut-être tous de connaissances.
    Merci de nous éclairer.

    Mais est-ce que c'est le citoyen qui se préoccupe du bien commun qui écrit ici, ou c'est le géologue en chef à l'emploi de Ressources Strateco, le promoteur du projet en question, et qui a déjà travaillé aussi pour Areva?

    Il est difficile de mettre en doute vos calculs et vos mesures. Je ne suis pas géologue.
    Mais il y a d'autres choses que les chiffres pour lesquelles il vaut la peine de se battre.

  15. Jonathan
    16 janvier 2013 | 21:28

    Marie-Geneviève Chabot,

    Je reprends une de vos phrases d’ouvertures : « Le débat d'idées est toujours fertile pour une société ». Êtes-vous certaine de vouloir faire un débat d’idées ? Vous semblez particulièrement préoccupée par mon identité à la fin de votre commentaire. Si vous voulez débouler une série de sophismes ad hominem et ad hominem tu quoque, on peut freiner notre dialogue courtois et je rebrousse chemin – cela ne m’intéresse guère. Peu importe mon identité, c’est à mes idées que vous faîtes face. Mais si vous êtes sincèrement intéressée par un débat d’idées (tout comme je le suis), je vous émets quelques éléments de réflexion :

    « Comment pouvez-vous affirmer qu"aucun autre bassin de drainage ne sera affecté de quelconque façon que ce soit" alors que vous admettez aussi qu"il y a des incertitudes sur certaines choses tels que le régime hydrologique sous terre à l'endroit précis du projet" ?? »

    Simple. Le site exact du projet se trouve sur un plateau à une altitude de plusieurs centaines de mètres au dessus de la topographie régionale – ce plateau et les basses terres qui l’entourent de façon immédiate drainent entièrement dans le lac Mistassini. Pour que l’eau saute de Matoush à un autre bassin de drainage, il faudrait qu’elle descende de son haut plateau suivant le drainage naturel mais qu’elle remonte – à contre sens de la gravité sur plusieurs centaines de mètres d’altitude – sur le prochain haut-plateau, pour enfin passer par-dessus une limite hydrographique pour enfin drainer (sans remonter à contre-sens gravitationnel cette fois-ci) dans un autre bassin. Pour ce qui est du régime sous-terre, ne suffit-il de spécifier que le gradient hydrologique est tel que l’eau, comme plusieurs fluides, ne remonte pas contre la gravité à moins que les pressions soient excessivement particulières - conditions qui n'existent pas dans la région. Il existe parfois des doutes sur certaines choses comme la direction (N S E O) que prends le régime hydraulique, mais la gravité est incontournable et le bassin de drainage est connu. Est-ce que cela adresse votre inconfort vis-à-vis mes remarques ?

    « Et il ne faut pas oublier que la science, comme l'Homme, est toujours faillible. »

    Deux sous points.

    Premier sous point. Les propos scientifiques sont parfois erronés, mais la méthode scientifique par contre, est continuellement à la recherche de perfectionnement, d’amélioration, et de rehaussements. Il faut donc distinguer ce dont vous voulez parler quand vous dites que la science est faillible. Si vous avez des informations pertinentes et scientifiques qui identifient des lacunes par exemple dans les données que j’ai émises, je suis de toute oreille ! Et la science aura raison sur moi - en ce sens, elle n'est pas faillible. J’admets la possibilité que j’ai tord. Par exemple : que je lis les données de dosimétrie provenant de la CNSC ou des données dosimétriques qui sont dans des lettres du Dr. Notebaert, toutes les données semblent bel et bien rentrer dans l’échelle de doses que j’ai énoncé dans mon commentaire plus haut. Il est possible que moi, la CNSC, le Dr. Notebaert ayons tous tord, mais en revanche il faudra beaucoup d’explications à savoir pourquoi nous tous eu des résultats sur la même échelle. Dr. Notebaert a des doutes quand au seuil de danger d'exposition à long terme - et c'est cool. Mais il n'a pas convaincu des pers en radiologie (notons que M Notebaert est urgentologue) qui eux, comme communauté, ne semblent pas d'accord sur les propositions de modifications du Dr. Notebaert. (Méthode scientifique: convaincre ses pers de sa méthode et de ses résultats!)

    Deuxième sous point. Si nous acceptons tous que l’homme est faillible (sans doute), acceptez-vous qu’il est possible que les Cris ont également fait des erreurs ? Si vous acceptez par principe qu’une compagnie peut faire des erreurs techniques et que vous faites des recherches pour détecter des faussetés, pour être intellectuellement honnête, ne faudrait-il pas également faire le même exercice pour les dires de ceux qui s’opposent au projet ? Que vous le fassiez ou non dans la vraie vie ne m’importe peu. Mais pour être intellectuellement honnête, une personne doit être critique de toute supercherie, peu importe la provenance, n’êtes-vous pas d’accord ?

    « Nous manquons peut-être tous de connaissances. »

    Si vous parlez de connaissances techniques, personne n’a toute connaissance infuse – et j’aimerais suggérer qu’une lacune de connaissances techniques sur un sujet donné n’enlève en rien la capacité de raisonner ou d’émettre un questionnement. Malgré que plus de connaissances techniques permet parfois de cibler plus rapidement ce qu’on doit questionner et comment. Prenez note que malgré que vous insinuez que vous avez une lacune de connaissance, je n’ai jamais osé vous reprocher une lacune de raisonnement, non ?

    « Mais il y a d'autres choses que les chiffres pour lesquelles il vaut la peine de se battre. »

    Les chiffres sont utiles pour aider à mettre en perspective des choses qui ne sont pas facilement comparables en mots. Les chiffres empiriques sont le point de départ. Tant que nous nous entendons sur les chiffres, la discussion et les solutions suivent donc un discours raisonné et raisonnable. Lorsque deux données sont contradictoires, il ne s’agit pas de se demander laquelle est vrai, il s’agit de déterminer comment deux mesures sont aussi différentes. Nous pouvons toujours revenir et débattre de la façon que les chiffres nous proviennent, comment les mesures sont prises, ce que les chiffres représentent, mais sans les chiffres, sans ordre de grandeur, sans mettre les choses en perspective, on ne fait que de la spéculation, ne croyez-vous pas ?

    ———
    Quelques autres références très intéressantes:

    http://web.mit.edu/nuclearpower/

    http://www.nrc.gov/

    Je vous invite à les fureter et de les critiquer à votre guise - mais tâcher de critiquer leurs méthodes et non leurs résultats, comme ferait toute personne intellectuellement honnête.

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