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Luc Ferrandez

Luc Ferrandez est aujourd'hui un homme qu'une partie de la population québécoise se plaît à détester. La faute de ce politicien? D'abord, il est maire de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal, ce qui autorise les médias, surtout ceux à l'extérieur de Montréal, à déverser leur fiel sur une personne associée géographiquement à une gauche utopiste et dépensière. Deuxièmement, et c'est là son immense faute, Ferrandez s'est attaqué à une valeur cardinale de la société occidentale: la migration pendulaire motorisée. Ou en termes plus crus, aux chars.

Qu'un seul homme soulève l'ire d'autant de gens simplement en inversant le sens du trafic sur quelques rues - ce qui relève d'ailleurs des pouvoirs qu'il possède - est paradoxal. Un politicien s'attaque dans un quartier à notre représentation de la société contemporaine, et on assiste à une mobilisation grégaire des survivants du XXe siècle pour s'opposer à ce comportement hérétique. Le Québec désire des politiciens qui feront « de la politique autrement », mais attention! il faut que cela se fasse sans toucher notre mode de vie. Du changement, mais sans que ça change.

L'humanité sera confrontée à moyen terme à des défis qui nécessiteront des changements beaucoup plus radicaux que d'inverser le trafic d'une rue sur 1000 mètres. Or, la réaction contre Ferrandez laisse songeur quant à la capacité des Québécois d'entreprendre les actions qui seront nécessaires dans un futur pas très lointain. Il ne sert à rien d'avoir des politiciens visionnaires si la population refuse de voir les choses autrement. Accepter qu'un maire de quartier puisse prendre des décisions sur le sens de trafic me semble un point de départ accessible.

6 commentaires à « Luc Ferrandez »

  1. Richard Côté
    4 septembre 2011 | 10:16

    M. Tremblay, vous avez probablement raison et, d'ailleurs, il est fort probable également que plusieurs opposants à Luc Ferrandez et, plus largement, à Projet Montréal, ne sont pas en désaccord avec ce que vous avancez. Seulement, comme l'affirme avec justesse François Cardinal, éditorialiste de la gauche écolo au journal La Presse, dans son article publié le 2 septembre dernier ( http://www.cyberpresse.ca/place-publique/editorialistes/francois-cardinal/201109/02/01-4431061-le-grand-derangement.php ), "à vouloir trop bien faire, on finit par en faire trop. Ce qui conduit à des résultats diamétralement opposés à ceux que l'on poursuit". L'échec de Projet Montréal, s'il se réalise, tiendra en bonne partie à cela. C'est malheureux, mais je comprends que cela puisse arriver. Richard Côté

  2. Hannah
    4 septembre 2011 | 17:10

    Plusieurs quartiers ont fait des changements de sens sur des rues résidentielles afin de donner un minimum de qualité de vie aux résidents - je pense notamment aux rues dans Côte des Neiges aux abords de l'Université de Montréal, et d'autres quartiers s'assurent de maintenir des entraves physiques (dos d'âne, multiples feux, chaussée rétrécie) comme Outremont et Westmount afin de s'assurer que la circulation de transit demeure raisonnable. Pourtant personne ne s'est mis à crier sur les toits à ce sujet. Il faut croire que ça n'a pas affecté le quotidien des journalistes. Le Plateau semble être le quartier qui attire tous les regards, et que tout le monde critique dès qu'une mini intervention est faite sur quoi que ce soit. En revanche beaucoup de résidents du Plateau sont extrêmement contents d'enfin avoir une personne honnête et intègre comme Luc Ferrandez qui implante justement les mesures pour lesquelles il et son équipe a été élue. Les changements qu'ils font sont des pas dans le bon sens, mais ça reste des mesures très locales, et je suis tout à fait en accord avec Miguel qu'il va falloir s'habituer à des changements plus drastiques dans nos modes de vie. Espérons que les instances à des niveaux plus élevés (ville, province) vont réaliser les investissements en transport en commun qui s'imposent le plus tôt possible. Il faut néanmoins garder en tête que les gens contents crient moins forts que les mécontents.
    Un petit commentaire au sujet de la perception de la gauche utopiste et dépensière. L'administration de Projet Montréal dans le Plateau a réussi à combler le gros déficit de 4 Millions (sur un budget d'environ 50 Millions ça fait beaucoup) laissé par l'administration précédente d'Union, donc ils sont loin d'être dépensier et font justement vivre les projets malgré des moyens financiers extrêmement limités.

  3. André Boulanger
    5 septembre 2011 | 13:34

    Agir localement pour faire réagir globalement.

    Voilà ce que Ferrandez est en train de réussir.

    F_Cardinal a manqué une belle occasion pour mettre en valeur le cocktail-transport tel que proposé par Michel Labrecque, président de la STM.

    Si on suit la proposition de Cardinal à savoir qu'il y a encore beaucoup de places pour les dos d'âne et les trottoirs en saillie. Il ne mentionne pas que ça veut dire de mettre en place de multiples nano-chantiers d'une semaine dans l'arrondissement et la ville. Alors la solution est toujours dans la diminution du nombre de voitures.

    Les automobilistes, en déniant qu'ils font partie du problème de la circulation dénie tout autant qu'ils font partie de la solution. Mais qui veut avoir quelqu'un d'autre dans son char ?

  4. Alexandre
    11 septembre 2011 | 17:11

    Je ne suis pas un fan de Luc Ferrandez. Mais ses problèmes en disent beaucoup plus long sur le mauvais travail des médias que sur quoi que ce soit d'autre.

    Quand on lit sur son blogue sa réflexion dans les deux dossiers couverts très négativement par les médias (le déneigement et la circulation), c'est vraiment difficile de ne pas être d'accord avec lui. Le premier papier objectif à son sujet dans La Presse date… d'hier. Ferrandez est maire depuis deux ans.

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/201109/10/01-4433365-10-questions-1-avec-luc-ferrandez.php

  5. Chantal Liard
    19 octobre 2011 | 20:37

    Monsieur Ferrandez,

    Toute l'Amérique se mobilise pour lutter contre l'obésité par le sport, et que faîtes-vous? Pas besoin de répondre, n'est-ce-pas?

    Je ne peux pas faire beaucoup d'activité physique pour des raisons d'ordre médical, mais il me reste quand même la natation.

    Et comme bonus à votre quartier, après ma session de baignade, je fais mes courses sur le boulevard St-Laurent. Comme plusieurs autres nageurs, d'ailleurs.

    Alors, si vous maintenez votre décision de fermer la piscine Shubert, j'irai plutôt faire mes achats au centre-ville. C'est un mauvais calcul pour le Plateau.

    Pensez à nous, à vous.

    Merci,

    Chantal

  6. 20 octobre 2011 | 22:27

    Bonjour Chantal,

    J'ignore si votre commentaire sur ce blogue y est pour quelque chose, mais vous serez ravie en lisant ceci:
    http://www.lucferrandez.com/lerreur-la-crise

    Bonne baignade,

    Miguel Tremblay

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