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Billet winnipégois: pourquoi n'y a-t-il aucun arbre dans les plaines?

Une route dans les plaines

Depuis que je suis arrivé à Winnipeg, une question me tarabuste: pourquoi n'y a-t-il aucun arbre dans les plaines?

Lorsque l'on sort de Winnipeg et que l'on se dirige vers l'ouest, il n'y a que des plaines à perte de vue. Aucun arbre, hormis ceux entourant les maisons des cultivateurs et ceux qui l'on retrouve isolé çà et là. Ces plaines ne sont pas le fait des colons européens qui auraient défriché la terre pour la cultiver. Lorsque ces colons sont arrivés, la plaine y était déjà. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle ils s'y sont rendus: il n'y avait pas à défricher pour cultiver la terre, il n'y avait qu'à labourer et semer le grain. Si on compare cet effort à ceux que les colons abitibiens ont dû déployer, on peut comprendre que ce soit tentant.

On peut aussi puiser des images dans notre imaginaire pour visualiser la plaine précolombienne. Les fameux Indiens qui faisaient la guerre à la cavalerie (Lucky Luke, Il danse avec les loups), parés de plumes d'aigles et vivant dans des tipis, ce sont des Indiens des Plaines. Comme leur nom l'indique, ils vivaient dans la plaine au moment où ils en ont été délogés.

Métis sur un cheval avec un fusil chassant le bison

Trottoir de Winnipeg bordé d’arbres

D'autre part, à Winnipeg est parsemé d'arbres. Il semblerait même que la forêt urbaine de Winnipeg soit reconnue à travers le monde. Alors pourquoi les arbres n'ont-ils pas envahi la plaine? Si le sol est bon pour faire pousser le blé, il doit l'être pour les arbres aussi, non?

La réponse à cette énigme débute il y a 10 000 ans, à la fin de la dernière glaciation, le Pléistocène, («C'est hier!», s'exclamait mon professeur de géologie au CÉGEP). Lors du retrait des glaces, plusieurs espèces ont remonté vers le nord pour peupler les terres libérées des glaces. Parmi celle-ci, le bison, le wapiti et le cerf de Virginie. Ces animaux mangent les pousses d'arbres, qui n'ont ainsi pas la chance de grandir. Première raison.

Mais, un autre animal a suivi ces herbivores: l'homme. Une ressource abondante de nourriture pour ces hommes était le bison. Or, le bison est fort gros et malaisé à tuer avec des armes primitives telles qu'ils avaient à l'époque. Pour les abattre, les Amérindiens utilisaient une technique qui consistait à les diriger vers leur mort: soit vers une falaise, d'où ils mourraient lorsqu'ils s'écrasaient au sol, ou encore en les dirigeant vers en enclos en forme de "V", d'où il était plus aisé de les tuer. Mais comment les diriger vers ces endroits? Avec l'aide d'un feu d'herbes, un feu de plaines.

Petit feu de prairie sur le bord de la route au Manitoba

Grâce à ces feux, les bisons étaient dirigés vers leur mort, tout comme les pousses d'arbres qui ainsi brûlées ne pouvaient croître. Par contre, les herbes elles, s'accommodent fort bien des ces feux, leurs racines étant très profondes, elles repoussent rapidement par la suite. Il y a encore, de nos jours, des feux volontairement allumés par les hommes dans les plaines pour cette raison: elle préserve le rôle de la terre pour la culture.

En conclusion, on savait que sans vie il n'y a pas de feu, maintenant on sait que sans feu, il n'y a pas de plaine.

Billet winnipégois: musique québécoise disponible au HMV

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Je cherchais un album de Karkwa pour offrir en cadeau à une collègue Winnipégoise. Je me rends au HMV près de mon travail avec l'espoir d'y trouver Le volume du vent. Déception, ils n'ont pas d'album de ce groupe en magasin, le caissier ignorait aussi qui était ce groupe.

Cependant, il m'a désigné une section de musique Québécoise, située dans l'étagère consacrée à la musique du monde.

C'est toujours intéressant de voir comment, ou par quoi, le monde extérieur nous perçoit. Voici donc la liste des CD de musique québécoise tels que sélectionnés par le HMV de Winnipeg:

  • Isabelle Boulay
  • Xavier Caféïne (celui avec le plus d'albums)
  • Coeur de pirate
  • Catherine Major
  • Daniel Lavoie (techniquement, il est Manitobain)
  • Jean Leloup
  • Garou
  • Malajube
  • Les trois accords
  • Roch Voisine (Mise à jour: Roch est né au Nouveau-Brunswick)

Quoi qu'on pense de la sélection, et de son emplacement, c'est quand même bien qu'une telle section existe. Je serais curieux de savoir s'il existe une section pour la musique des autres provinces canadiennes au HMV à Montréal. Et si elle se trouve dans la section «musique du monde».

Billet winnipégois: Rencontre de Noël russo-tunisienne

Autobus de Winnipeg avec des lumières de Noël

Hier soir dans l'autobus, dès que nous nous sommes assis, un ti-gars de 6-7 ans nous reconnut en tant que francophones, il a ce don il paraît, et nous a désigné en tant que tels à la dame qui l'accompagnait.

Nous engageâmes la discussion, en français, pour apprendre que cette dite dame est Russe d'origine et qu'elle a émigré à Winnipeg à partir de… la Tunisie. Le ti-gars avec qui elle était (son fils?) avec le teint visiblement tunisien, nous a raconté qu'ils revenaient du défilé du Père Noël au centre-ville.

Elle nous a donné des cannes de Noël offertes par le Père Noël lui-même, un faux Père Noël aux dires du ti-gars, le vrai étant dans le ciel. La fée des étoiles était absente au défilé. Ils ignoraient même tout de son existence (une recherche sur le web m'amène à penser que son existence aux côtés du Père Noël est un fait typiquement québécois), mais la plus belle femme du Manitoba y était (Miss Manitoba je crois).

On a aussi discuté de l'unique restaurant tunisien de Winnipeg, et des étoiles se sont allumées dans les yeux du ti-gars. Il a dit que ça goûtait pareil comme en Tunisie. Informations prisent, il s'agit d'un restaurant plutôt moyen, les propriétaires étant des Tunisiens d'origines n'ayant aucune formation dans ce domaine mais, en hommes d'affaires avisés, ils ont identifié une niche à combler dans ce domaine à Winnipeg. Ils ont par la suite appris leur art directement à Winnipeg. On peut comprendre que le goût des mets de leur terre natale s'y retrouve plus ou moins.

La Russo-tunisienne-winnipégoise nous a raconté que, lorsqu'elle a vu pour la première fois des légumes à Winnipeg, elle était très impressionnée par leur allure, combien ils étaient beaux. Mais, une fois en main, ils ne sentent rien, ils n'ont pas de goût.

Elle nous a aussi dit qu'en débarquant au Manitoba, elle a vu la devise Friendly Manitoba sur toutes les plaques de voitures et qu'elle était très très contente de voir ça, parce que c'est important pour les immigrants de savoir ça.

Tout ça en 20 minutes d'autobus. C'est effectivement très amical, le Manitoba. Je m'en rends compte à chacune de mes visites.