697 billets et 983 commentaires jusqu'à maintenant

Mon amoureux

amoureux.jpg

Le mot « amoureux » est aujourd'hui utilisé comme l'équivalent du mot « conjoint ». Cette substitution est un artifice tentant de prolonger l'amplitude initiale des sentiments reliant 2 personnes. On n'a pas un conjoint, terme plutôt neutre il faut en convenir, on a un amoureux, ce qui est une tout autre chose.

Pour moi, l'expression « amoureux » reflète plutôt un sentiment exalté, que ce soit à la suite d'un coup de foudre, au début d'une relation amoureuse, d'un rapprochement d'un couple, etc. C'est dans la famille des mots que l'on glisse dans une conversation intime, en tête à tête avec des amis proches, pas lors d'une banale conversation de cafétéria pour désigner son conjoint.

Bref, lorsque j'entends ce mot pour désigner un conjoint, j'ai toujours un petit malaise. Le malaise est d'autant plus grand si je crois que lesdites personnes, bien que conjoints, ne le sont plus, amoureuses.

Afin de me familiariser avec la nouvelle signification de ce mot, je me suis un jour hasardé à l'utiliser avec un camarade pour désigner, innocemment, sa nouvelle conjointe. Erreur. Pour lui aussi, le mot était porteur de son sens original: il n'était pas au courant, ou habitué, à la permutation de ces deux termes. Il m'a vite fait comprendre, avec un « Wô » bien senti, que ce n'était pas son « amoureuse ». Je m'étais ainsi aventuré sur un terrain sur lequel je n'avais aucune intention d'aller.

À la suite de cette expérience, j'ai revu ma politique de vocabulaire et j'utilise ces mots uniquement dans leur sens propres. J'essaye aussi de ne pas trop m'étonner lorsque je l'entends dans les conversations mondaines, mais ça, c'est un exercice plus difficile.

2 commentaires à « Mon amoureux »

  1. Benoit St-André
    28 octobre 2011 | 8:07

    C'est pas pour ça qu'on a signé le manifeste du premier degré (dont tu es d'ailleurs l'auteur ?) http://ptaff.ca/premierdegre/

    Ça devrait peut-être être une signature qui vient à échéance ? héhéhé….

  2. 5 juillet 2025 | 3:13

    Miguel, je cherchais un qualificatif pour m'adresser à la femme aimée dans une pièce de théâtre en France sur le rapprochement d'un couple. Je tape "Mon amoureuse" et tombe sur ton blog… d'il y a 14 ans… au Canada…

    "Sentiment exalté", "conversation intime" : je suis tout à fait d'accord.
    Le temps et la distance n'y changent rien.
    Je pense que je vais utiliser "mon amoureuse" pour le slogan de mon seul-en-scène "VARIATIONS SUR LES CORPS CAVERNEUX" :

    « Toi, mon amoureuse, cette intime étrangère dont je n’ai pas fini d’apprendre la langue »

    - Pitch : La relation tendue et intense entre un psy cartésien caustique et le quinqua sentimental qui cherche à renouer avec son ex mais fuit l’analyse en dansant et en chantant au lieu de parler.
    - Contexte : Avec les exigences du « dégagisme » affectif et la redistribution des rôles masculins/féminins, s’engager et durer en amour à l’âge mûr est de nos jours un véritable défi. Pour dépasser les non-dits, les attentes décalées et éviter que chacun ne parte se retrancher dans sa caverne, inventer un langage commun est devenu vital.
    - Thèmes abordés : l’amour à l’âge mûr, la communication au sein d’un couple cishet, la psychothérapie psychanalytique, ces langues qui nous sont étrangères, le féminisme, la déconstruction masculine, le harcèlement, l’andropause.
    - Auteur-interprète : Panache

    P.S. Pas sûr que ton manifeste évite tous les malentendus, mais quand on arrive à en discuter de nos jours, c'est déjà ça ! Au plaisir d'échanger avec toi :))

Réagissez