636 billets et 920 commentaires jusqu'à maintenant

DGLF: Le campe

Dans la série des mots du dictionnaire général de la langue française (DGLF) au Canada:

Dessin d'un campe en bois ronde avec un tois de bardeaux en avant d'arbres
campe n.m. Fleur de lys stylisée Cabane construite dans la forêt et servant à loger les bûcherons pendant la coupe du bois. Étoile en forme de losange Cabane faite de troncs d'arbres, habitation temporaire des colons nouvellement arrivés.

Le Dictionnaire général de la langue française au Canada

J'ai acheté, il y a de cela déjà quelques années, le Dictionnaire Général de la Langue Française au Canada pour la ridicule somme de 25$. Ce dictionnaire, aussi appelé dictionnaire Bélisle du nom de son auteur Louis-Alexandre Bélisle, fut publié pour la primière fois en 1957.

C'est en fait « une oeuvre unique en ce qu'il donne non seulement tous les mots de la langue française […] mais, en plus, on y trouve tous les mots du langage populaire canadien avec leurs équivalents en français littéraire. Sa compilation a duré 22 ans. […] On y trouve près de 55,000 articles, quelques 4,500 canadianisme, plus de 3,000 illustrations très modernes et très "nord-américaines". »

Les définitions des canadianismes, indiqués par la fleur de lys Fleur de lys stylisée, sont souvent savoureuses et les illustrations ne le sont pas moins. Je vous propose une série qui nous permettra de les découvrir.

Commençons cette série par

Le gauleur

Image dessinée d'un gauleur de hockey devant un filet

gauleur (angl. goaler) n.m. Fleur de lys styliséeGardien de buts: le gauleur a laissé entrer cinq points.

La Soirée du hockey à Radio-Canada

Suite à la lecture d'une nouvelle sur le site web de Radio-Canada, je m'étais mis à mon clavier pour écrire un courriel à Mme. Liza Frulla, alors ministre du Patrimoine canadien et ministre responsable de la condition féminine.

Date: Ven, 25 Nov 2005 09:52:38 -0500 (EST)
De: Miguel Tremblay
À: liza_frulla(à)pch.gc.ca
Sujet: La Soirée du hockey à Radio-Canada

Bonjour Mme. Frulla,

Suite à votre déclaration
(http://www.radio-canada.ca/sports/hockey/2005/11/24/001-SoireeHockeyFrulla.shtml)
, je vous écris pour vous faire connaître ma profonde désolation de ne pouvoir suivre les parties de hockey des Canadiens de Montréal à la télévision, pour la simple raison que je ne suis pas abonné au cable.

Le hockey est un intérêt commun à tous les Canadiens et, alors que les Canadiens du Canada anglais peuvent suivre les performances de leurs équipes locales, ceci est refusé aux Québécois.

Pourriez-vous rétablir l'équilibre à l'échelle canadienne svp ?

Je vous remercie,

Miguel Tremblay
7560 De Gaspé #3
Montréal, Québec

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je reçu hier (16 janvier 2006) une lettre, et en papier svp, de Patrimoine Canada.

Patrimoine Canada

Monsieur Miguel Tremblay
7560 De Gaspé, app. 3
Montréal (Québec)
H2R 2A2

[La date « 11 JAN. 2006 » est étampée à gauche de mon adresse]

Monsieur,

Je donne suite à vos commentaires adressés à l'honorable Liza Frulla, ministre du Patrimoine canadien et ministre responsable de la Condition féminine, concernant le retour de l'émission La Soirée du hockey sur les ondes de la Société Radio-Canada (SRC).

Je peux vous assurer que la ministre a pris note de votre point de vue. Permettez-moi cependant de vous apporter les précisions suivantes. Bien que le ministère du Patrimoine canadien soit responsable de l'ensemble de la loi et de la politique sur la radiodiffusion, la SRC jouit, en verte de la Loi sur la radiodiffusion, d'une indépendance en matière de programmation. C'est donc à la direction et aux membres du conseil d'administration de la SRC que revient la responsabilité ultime des opérations quotidiennes de la Société. Par conséquent, si vous ne l'avez pas déjà fait, je vous invite à acheminer vos observations directement à M. Robert Rabinovitch, président-directeur général de la SRC, aux adresses ou aux numéros indéqués en annexe.

Je vous signale par ailleurs que la Loi confie à la SRC le mandat d'offrir une très large programmation qui renseigne, éclaire et divertit, mais sans toutefois préciser un type d'émissions en particulier comme les sports.

Enfin, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), chargé d'attribuer les licneces, de réglementer et de superviser le système canadien de radiodiffusion, n'a imposé aucune condition de licence de radiodiffusion à la SRC en ce qui à trait aux émissions sportives. Vous pourriez cependant faire part de vos préoccupations à Mme Diane Rhéaume, secrétaire générale du CRTC, dont vous trouverez les coordonnées ci-jointes. En effet, le CRTC maintient un dossier des plaintes déposées contre les radiodiffuseurs et celles-ci sont prises en considération lors du processus de renouvellement des licences.

Espérant que ces renseignements vous seront utiles, je vous prie d'aggréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Le directeur du Secrétariat
de la correspondance ministérielle,
[NDLR:Signature qui a l'air vraiment vrai et non imprimée.]
Luc Rouleau

Sur une autre page, l'annexe contenant les coordonnées des responsables dont il a été fait mention dans la lettre:

Annexe
Monsieur Robert Rabinovitch
Président-directeur général
Société Radio-Canada
Case postale 3220, succursale C
Ottawa (Ontario)
K1Z 6R5

Téléphone: (613) 288-6000 ou 1 800 306-4636
Courriel: commho(à)ottawa.cbc.ca
Site Web: www.cbc.radio-canada.ca

Madame Diane Rhéaume
Secrétaire générale
Conseil de la radiodiffusion
et des télécommunications
Ottawa (Ontario)
K1A 0N2

Téléphone: (819) 997-0313 ou 1 877 249-2782
Télécopieur: (819) 994-0218
Site Web: www.crtc.gc.ca

Curieux que la Secrétaire générale n'ait pas d'adresse courriel.

Je vais faire suivre mon commentaire à tout ce beau monde, on verra bien ce qui va se passer.

Et si l'on utilisait seulement l'énergie solaire ?

On parle beaucoup présentement, surtout dans le cadre du protocole de Kyoto, d'énergie renouvelable. Si nous voulions n'utiliser que l'énergie produite par des capteurs solaire, quelle surface faudrait-il recouvrir pour pouvoir subvenir à nos besoins actuels ? La surface de la Terre serait-elle suffisante? Quel est l'ordre de grandeur de cette surface?

Disposant d'une connexion internet, d'une calculatrice et d'une solide formation secondaire où j'appris la règle de 3, j'ai tous les outils en main pour faire ce calcul.

Remplaçons toute l'énergie du monde par de l'énergie solaire

Selon l'Agence internationale de l'énergie (2004), l'offre total d'énergie primaire est de 425 exajoules (1 exajoule = 1 x 1018 joules) par année. L'énergie primaire est définie par l'énergie produite par la combustion (pétrole, gaz naturel, charbon et déchets pour 91 %), par la fission nucléaire (7%), par l'énergie hydroélectrique (2,2 %) et les autres énergies renouvelables (0,5 %).

L'efficacité d'une cellule photovoltaïque est d'au mieux 16% [1], c'est-à-dire que de tous les photons qui frappent la cellule, seulement 16% sont convertis en électricité (énergie).

En Amérique du Nord, en moyenne, la puissance du soleil est entre 125 et 375 W/m2 dans une journée [2]. Puisque nous sommes au nord de l'Amérique, prenons la borne inférieure soit 125 W/m2, ce qui donne 1,08 MJ (MJ = mégajoule = 1 x 10 6 joules) d'énergie pour une journée pour un mètre carré.

Pour fournir 425 exajoules en 1 an à l'aide de cellules photovoltaïque d'une efficacité de 16%, il nous faudrait donc 674 000 km2 recouvert de capteurs solaire! Cette surface représente 0,1 % de la surface de la Terre (510 065 285 km2) ou encore 0,4 % des terres émergées (148 939 063 km2). Ce ne vous donne pas encore une bonne idée de la surface? Disons que c'est l'équivalent de la superficie de la Birmanie (678 500 km2) ou encore de la France (675 418 km2) [3].

Remplaçons toute l'énergie produite par Hydro-Québec par de l'énergie solaire

Mêmes calculs, mais cette fois pour remplacer toute la production d'électricité d'Hydro-Québec, soit 35 190 MW [4].

Il faudrait une surface de 1760 km2 recouvert de cellules photovoltaïque pour remplacer toute l'électricité produite par Hydro-Québec. À quoi se compare cette superficie ? L'île de Montréal ayant une superficie de 514 km2 [11], il faudrait donc en recouvrir l'équivalent de 3,5 fois l'Île de Montréal pour pouvoir remplacer Hydro-Québec!

Remplaçons toute l'énergie du pétrole brûlé par les Québecois par de l'hydrogène (H2)

Puisque nous voulons être vert, nous produirons bien sûr notre hydrogène avec… de l'énergie solaire!

L'électrolyse de l'eau est un des procédés existant pour produire du H2 et c'est celui pour lequel nous optons ici. L'efficacité de la production de H2 varie entre 50 % et 90 %, c'est-à-dire qu'il en nécessite entre 1,1 et 2 fois plus d'énergie pour le produire que la quantité d'énergie qui sera libérée lors de sa combustion [5].

Selon la Régie de l'énergie du gouvernement du Québec, la consommation totale du Québec est de 8,3 milliards de litres d'essence par année [6]. Or, 1 litre d'essence fournit 29 MJ alors que 1 kilogramme de H2 fournit 120 MJ [7,8]. Il nous faudra donc brûler 2 milliards de kg de H2 pour fournir la même énergie que le pétrole (en supposant qu'un moteur à hydrogène est aussi performant qu'un moteur à essence traditionnel).

Quelle quantité d'énergie est nécessaire pour produire cette quantité de H2 ? Environ 1,1 à 2 fois plus qu'elle n'en produira, c'est-à-dire entre 287 et 516 milliards de MJ, ce qui représente une surface de 947 à 1720 km2.

Étonnament, la borne supérieure de la surface nécessaire, 1720 km2, est très près de la surface qui faudrait pour remplacer Hydro-Québec, 1760 km2.

Quelle superficie de cellules photovoltaïque pour remplacer la consommation d'une voiture ?

Selon Transport Canada, la distance moyenne parcourue par un véhicule léger au Québec est de 16 633 km par année. Au Canada, la consommation moyenne d'un véhicule est de 11,42 litres d'essence pour 100 km. Un véhicule consomme donc, en moyenne, 1889 litres d'essences par année.

Toujours en utilisant les mêmes hypothèses (efficacité de la cellule photovoltaïque, utilisation du l'hydrogène au lieu de l'essence, efficacité de l'electrolyse de l'eau), il faudrait une surface de 95 m2 pour fournir la quantité d'énergie suffisante pour la consommation d'un véhicule. Cette surface est environ la même qu'un terrain de football (soccer) [9].

On voit qu'il serait très difficile, à moins que tout le monde habite à la campagne et ait un champ à lui à côté, que chaque propriétaire de voiture produise lui-même son hydrogène à la maison pour son véhicule.

On peut se demander, par exemple, quelle superficie serait nécessaire pour tous les véhicules sur l'Île de Montréal.

Remplaçons toute l'énergie du pétrole brûlé par les résidents de l'Île de Montréal par de l'hydrogène (H2)

Selon la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ), le nombre de véhicules sur l'Île de Montréal, en 2004, était de 667 383 [11]. Toujours pour une distance moyenne parcoure par année de 16 633 km, on obtient un total de 11 milliards de km pour l'ensemble de véhicules légers sur l'Île de Montréal, ce qui nécessite 1,26 milliards de litres d'essence.

Pour obtenir l'équivalent de cet énergie avec de l'hydrogène, il faudrait recouvrir une surface de 6 080 km2 de cellules photovoltaïques, soit environ 12 fois la superficie de l'Île de Montréal !

Références

  1. Wikipedia: photovoltaic cell (anglais)
  2. Solar Maps, National Renewable Energy Laboratory, carte (anglais)
  3. Wikipédia: Liste des pays par superficie
  4. Tableau synthèse des centrales d'Hydro-Québec
  5. Wikipedia: Electrolysis of water (anglais)
  6. Bulletin d'information sur les prix des produits pétroliers au Québec, Régie de l'énergie du gouvernement du Québec (document pdf)
  7. Wikipedia: Gazoline, Energy content (anglais)
  8. Departement of physics & Astronomy, Georgia State University, Efficacité énergétique de l'électrolyse (anglais)
  9. Wipédia, Loi 1 du football, le terrain de jeu
  10. Atlas montréalais, Portrait des terrains vacants à vocation économique
  11. Dossier statistique, bilan 2004, Société de l'assurance automobile du Québec (document pdf)

Contribution du CO2 au réchauffement global

Le graphique ci-dessous est connu sous le nom de hockey stick. Il s'agit de l'élévation de température observée entre l'an 1000 et l'an 2000, les pointillés représentant la projection de l'élévation de température jusqu'à l'an 2100.

Le climat des 10 derniers siècles et projection pour le 21e siècle

Ce qu'il y a de spécial dans ce graphique, c'est que l'élévation de température qui y est représentée est seulement due aux gaz à effets de serre. On a retiré la contribution des variations de l'activité solaire ainsi que le refroidissement causé par les poussières d'origines volcaniques et anthropogéniques.

Les lignes pointillés horizontales représentent la variabilité de la température observée de l'ère dite pré-industrielle, c'est-à-dire avant 1850. Cette variation naturelle pourrait expliquer le réchauffement que nous avons vécu au XXe siècle.

Il existe plusieurs séries de mesure (carotte glacière, dendroclimatologie) pour reconstituer la température moyenne de la Terre au cours du dernier millénaire. Ce sont ces différentes séries de mesures qui sont représentées par les lignes de couleurs; les contribution des poussières et du flux solaire ont été enlevées de chacune des séries de façon à mettre en évidence la contribution du CO2.

Ce graphique, publié en 2000 dans la revue Science aurait marqué un point tournant dans le ralliement des scientifiques de toutes les displines au concensus qui a entouré la troisième série de rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

Sources:

  • T.J. Crowley et M.E. Mann, « Causes of climate change over the past 1000 years », Science, n° 289, 2000, p.270-277
  • Claude Villeneuve et François Richard, « Vivre les changements climatiques: Quoi de neuf ? », Éditions MultiMondes, 2005, p. 109-110, ISBN 2-89544-074-3

Qui à le droit de savoir comment fonctionne le vote électronique ?

11e billet d'une série de 11 concernant le vote électronique. Vous pouvez avoir accès au résumé des 11 billets ou encore à la liste de tous les billets concernant le vote électronique.

Je trouvais que le fil de mes billets sur le vote électronique était plutôt difficile à suivre sur ce blogue. J'ai donc écris une page qui fait le résumé de tous les billets et qui contient des hyperliens vers les documents que j'ai recueilli. J'ai aussi ajouté l'entête que vous voyez en haut ici sur chacun des billets.

Une nouvelle page sur ptaff.ca intitulée Vote électronique qui a le droit de savoir ?

  •  

    Voir tous les tags
  • Nous suivre

  • Meta