Le retour de Mario Dumont en politique active
Prenons-nous à rêver, comment le retour de Mario Dumont sur la scène politique serait-il possible?
Le retour de Mario Dumont sur la scène politique québécoise surviendra au printemps suivant la prochaine élection provinciale. À ces élections, le Parti Libéral du Québec (PLQ) subira une raclée, le pouvoir revenant au Parti Québécois (PQ).
La défaite sera due non seulement à la mauvaise gestion, mais surtout à cause des avantages que les proches du PLQ se seront offerts dans les dernières années du mandat. Ces avantages prendront la forme de hauts postes dans les sociétés d'État et par une flexibilité douteuse face aux demandes des groupes de pression près du PLQ. Comme cette gabegie se fera à l'intérieur du cadre éthique tel que modifié par le PLQ, tout se fera au su et au vu de la population. Ajoutons à cela les révélations faites pendant la Commission d’enquête publique sur la construction au Québec lancée par Nathalie Normandeau suite à sa succession à Jean Charest, et la coupe est pleine.
La population du Québec ne laissera pas passer un tel affront et votera en masse contre le PLQ.
Suite à cette défaite, plusieurs députés de qualité du PLQ quitteront le navire: ils ne se sont pas lancés en politique pour faire partie de l'opposition pendant 4 ans, à plus forte raison après une débâcle.
La caisse électorale sera vide et il sera difficile de la remplir. D'une part parce que le PLQ ne sera pas au pouvoir, il reçoit historiquement 2 fois moins de financement que lorsqu'il forme le gouvernement, d'autre part parce qu'à la suite des scandales de financement dans le domaine de la construction, la population sera plus frileuse que jamais à faire des dons à des partis politiques, a fortiori au PLQ.
À droite, l'Action démocratique du Québec (ADQ) sera rayée de la carte électorale. Il y aura alors un immense trou du côté de la droite politique au Québec. Ce vide est appelé à être comblé, une fraction de la population ne sentant plus représentée par un parti politique. Comme le parti le plus à droite après l'ADQ est le PLQ, il est naturel que ce rôle soit rempli par celui-ci.
Après les prochaines élections, le PLQ sera sans chef, sans argent et aura un trou béant à sa droite idéologique. La personne tout indiquée pour être le nouveau chef, faire revenir les investisseurs et combler le vide laissé à droite sur le champ politique du Québec? Mario Dumont.
Mario Dumont est issu du PLQ. Il a été président de la Commission jeunesse lors des négociations de Charlottetown (1991-1992). Il ne lui sera donc pas trop difficile d'expliquer qu'il revient dans un PLQ qu'il connaît bien, mais qu'il attire cependant un peu vers la droite. (Le mot droite ne sera pas utilisé explicitement. Ce sera probablement une variante joignant les concepts de lucidité et de réalisme économique.)
Mario Dumont n'aura plus comme principal défaut celui qu'il avait à l'ADQ: l'absence d'une équipe qualifiée. Il sera mieux entouré et conseillé au PLQ qu'il ne l'était à l'ADQ.
En allant chercher Mario Dumont, le PLQ pourra se distancier des années Charest. Ils ont siégé pendant des années l'un contre l'autre après tout. Ça pourrait être vu comme un avantage.
Mario Dumont est resté sur la scène publique, mais loin de la scène partisane, grâce à son émission quotidienne sur la chaîne de télévision V. Il est toujours bien connu de la population et n'a pas laissé de vide dans sa pratique. Il s'intéresse toujours à ce que devient le Québec et peut-être rêve-t-il toujours de devenir premier ministre.
Mario Dumont est donc connu, et sommes toute assez estimé, de la population. En l'accueillant comme chef, le PLQ s'épargne l'insécurité reliée à l'arrivée d'une nouvelle personne sur la scène électorale. Le PLQ est un parti qui n'aime pas l'inconnu.
Mario Dumont pourra aussi amener de nouveau fonds au PLQ, les personnes qui donnaient aux ADQ dans un premier temps, mais aussi de tous ceux pourraient profiter d'un gouvernement résolument plus à droite, ce qui serait plus sûrement le cas d'un PLQ avec Mario Dumont à se tête.
Mario Dumont voudra-t-il encore patienter dans l'opposition, même s'il a plus de chance de prendre le pouvoir? Chose certaine, la pression sera forte.
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