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Découvrez la couverture médiatique électorale en anglais

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Il existe au Québec deux couvertures médiatiques fort différentes, selon que l'on consulte des médias de langue française ou anglaise. Chaque culture étant exposée, et sensible, à des enjeux différents, les médias reflètent cette différence. Inversement, la différence dans les couvertures médiatiques se reflète dans chaque culture.

Afin d'avoir une meilleure connaissance des médias dans l'autre langue, mon ami anglophone Tom Robinson et moi-même avons pris prétexte de la campagne électorale fédérale de 2015 pour procéder à un échange d'articles dans notre langue maternelle respective. Quotidiennement, nous sélectionnerons chacun un lien vers un article d'un média s'exprimant dans notre langue maternelle portant sur l'élection fédérale 2015. Notre objectif est de construire un panorama de points de vue qui permettra à chacune des deux solitudes d'avoir un aperçu médiatique de l'autre langue. Ces liens seront publiés sur un compte Twitter et une page Facebook créés à cet effet. Parce que nous n'avons pas les ressources pour les traduire, les articles seront publiés dans leur langue d'origine. Il faut donc être bilingue pour pouvoir consulter les articles dans l'autre langue.

Deux articles par jour, dans la mesure du possible, y seront donc publiés. Ces deux articles ne couvriront pas nécessairement le même aspect de la campagne électorale. Ils pourraient aussi avoir été publiés il y a plus de 24 heures (nous ne visons pas de faire un fil de presse). Nous les sélectionnerons parce que nous estimons pertinent de porter à l'attention ce traitement, ou ce point du vue, aux lecteurs des médias de l'autre langue. Nous ne visons pas à faire une sélection d'articles reflétant notre opinion politique, ni à promouvoir un parti ou une option politique particulière. Les liens viseront principalement les actualités québécoises, parce que nous y vivons et sommes plus exposés à ces médias, mais nous nous ne restreindrons pas à cette géographie, tant pour l'origine des sources que pour les sujets couverts.

Bien que ce projet ait pris naissance en ayant en tête le format papier, nous n'avons aucune contrainte de médium pour ce que nous nommons "article". Toutes les publications numériques librement accessibles dans un navigateur (vidéo, gazouillis, blogue, etc.) pourrait être sujet à notre échange de liens. De même, le terme "lecteur" devrait être compris comme une personne étant exposée au média, peu importe le support ou le format de celui-ci.

Nous nous réservons la possibilité de modifier ces critères de sélection pendant la campagne afin de la rendre plus attrayante. Chaque lien sera diffusé sur un compte Twitter et une page Facebook créés à cet effet:
https://twitter.com/Elxn42Solitudes
https://facebook.com/Elxn42Solitudes

Les articles en français auront le mot-clic « #Elxn42FR » et ceux en anglais « #Elxn42EN ».

N'hésitez pas à interagir avec nous via ce médium pour commenter notre choix, ou encore pour proposer le vôtre!

Après les élections, notre sélection de lien sera disponible dans un tableau sur la page web:
//ptaff.ca/elections2015

Lutter contre l'harmonie universelle

Billet originalement publié sur le Huffington Post.

Dans un texte publié dans Le Devoir du 17 novembre 2014, Fabien Deglise se désole de l'augmentation du nombre de langues sur le web. L'abandon de l'anglais comme langue universelle sur la toile pourrait, selon le journaliste, « exacerber les risques de confusion, d'incompréhension et même de repli ».

Les universitaires cités présentent la diversité linguistique comme un mur, en indiquant que les langues sont « les nouvelles frontières du web à surmonter », qu'utiliser une autre langue que l'anglais équivaut à « se protéger des idées venant d'ailleurs » ou encore, que cette diversification n'est en fait qu'un instrument pour « mieux contrôler ce qui se passe dans sa langue ».

La thèse développée par Deglise et ces universitaires est claire. La langue internationale étant l'anglais, les idées circulent entre les cultures dans cette langue. Corolaire : tout changement contre cette uniformisation vers l'anglais est un obstacle à la circulation des idées, à la compréhension entre les peuples, à l'harmonie universelle. Utiliser une autre langue que l'anglais mène de « la peur au repli », mène à s'emmurer pour se protéger de l'Autre.

C'est l'application du concept de « citoyen du monde » à la technologie. Les communautés humaines devraient, selon cette théorie, se fondre dans une culture et une langue communes. Il faudrait que tous apprennent cette culture, et donc renie ou oublie la sienne, afin de participer à cette utopie collective. Tout geste allant dans une direction inverse est alors vu comme un refus de l'autre, une fermeture d'esprit. C'est d'ailleurs pour cela que Deglise fait appel à la mythologie de l'Ancien Testament. La diversité linguistique n'est rien de moins qu'une « babélisation du monde », menant vers le chaos et l'incompréhension.

Or, l'augmentation de la diversité des langues sur le web est la conséquence de l'abaissement de la barrière technologique. Monsieur et Madame tout le monde pouvant maintenant publier du contenu, il le fait le plus simplement du monde: dans sa langue. C'est en fait une bonne nouvelle, la technologie calquant simplement la diversité linguistique de l'humanité.

La défense du français au Québec, du catalan en Catalogne ou du slovène en Slovénie, est un acte de préservation de la diversité culturelle de l'humanité. Cette diversité est consubstantielle aux sociétés humaines. Elle fait partie de ce que nos ancêtres ont été, de ce que nous sommes et de ce que nous serons à l'avenir. Il faut cesser d'assimiler la préservation linguistique, tant sur le web que dans les pays à travers le monde, comme une lutte contre l'harmonie universelle.

La diversité linguistique est une richesse qu'il faut préserver.