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Deux solitudes

Couverture du livre Two Solitudes

Les « deux solitudes », c'est une histoire d'amour. Tiré d'un roman de Hugh MacLennan publié en 1945, Two Solitudes ne contient qu'une seule phrase avec cette expression:
Two solitudes in the infinite waste of loneliness under the sun.

Les solitudes sont celles de Paul Tallard, moitié Canadiens français moitié Irlandais, et de Heather Methuen, Anglo-Canadienne issue d'une riche famille montréalaise. Amis d'enfance, ils ont grandi dans des milieux très différents, chacun étant au sein de sa classe sociale fortement conditionné par ses origines distinctes. Lorsque se déclare leur amour, la mère d'Heather et son entourage s'opposent à cette union.

Cette expression est aujourd'hui utilisée pour qualifier l'isolement des relations entre les Canadiens anglais et les Canadiens français. C'est d'ailleurs ce qui a attiré ma curiosité et qui m'a incité à lire ce livre.

Il n'est pas intuitif de comprendre pourquoi cette histoire a donné naissance à une expression aussi populaire de nos jours. Peut-être est-ce parce qu'elle porte un sens romantique et qu'elle est assez précise, même en ignorant l'origine exacte?

Histoire populaire du Québec: le peuplement sous Jean Talon

Couverture l’histoire du Québec, tome 1

Afin de compléter mes connaissances sur l'histoire du Québec, j'ai entrepris la lecture de l'Histoire populaire du Québec, des origines à 1791 de Jacques Lacoursière. (Vous pouvez consulter la première partie portant sur Jacques Cartier, trappe et pêche.)

Je recopie ici les extraits qui m'ont marqué.

Le peuplement sous Jean Talon

Entre la découverte de l'Amérique par Cartier et le premier établissement permanent en Nouvelle-France par Samuel de Champlain, il s'écoule 74 ans (de 1534 à 1608).

Entre 1608 et 1660, seulement 20 colons par année en moyenne s'établissent en Nouvelle-France. C'est à cette période (1647) que l'ancêtre de tous les Tremblay d'Amérique, Pierre Tremblay, arriva en Nouvelle-France.

En 1665, le régiment de Carignan-Salières est envoyé en Nouvelle-France afin de prêter main-forte à la colonie. Ce régiment, après avoir guerroyé contre les Amérindiens, retourna en France en 1667 et 1668. De ces soldats, 400 décident de demeurer en Nouvelle-France pour s'y établir. Aucun n'a plus de 40 ans.

Nombre de ces soldats donneront les noms à des villages, aujourd'hui devenus villes. Il s'agit de Jacques de Chambly, Antoine Pécaudy de Contrecoeur, Michel-Sidrac Dugué de Boisbriand, Pierre de Saurel, Pierre de Saint-Ours, Louis de Niort de Lanoraye, Alexandre Berthier, Francois Provost, René Gaultier de Varennes, Séraphin Margane de Lavaltrie, François Jarret de Verchères et Thomas-Xavier Tarieu de Lanaudière et de la Pérade.

De 1663 à 1673, 800 Filles du roi vinrent s'établir en Nouvelle-France afin de compenser le déséquilibre démographique causé par l'établissement des soldats de Carignan et des nombreux colons célibataires. Une prime de 50 livres est offerte par le roi à ceux qui les épousent. Plusieurs descriptions ont été faites de ces Filles du roi, dont celle de Louis Armand de Lom d'Arce, qui écrit à leur propos que

Ces vestales étaient pour ainsi dire entassées les unes sur les autres en trois différentes salles, où les époux choisissaient leurs épousent de la manière que le boucher va choisir les moutons au milieu d'un troupeau. Il y a avait de quoi contenter les fantasques dans la diversité des filles de ces trois sérails, car on en voyait de grandes, de petites, de blondes, de brunes, de grasses et de maigres; enfin chacun y trouvait chaussure à son pied. Il n'en resta pas une au bout de quinze jours. On m'a dit que les plus grasses furent plus tôt enlevées que les autres, parce qu'on s'imaginait qu'étant moins actives elles auraient plus de peine à quitter leur ménage et qu'elles résisteraient mieux au grand froid de l'hiver, mais ce principe a trompé bien des gens.

En 1673, l'envoi des Filles du roi cesse, d'une part parce que ces mariages coûtaient cher à la couronne, d'autre part parce que l'équilibre démographique est rétabli. Ceci permet aux filles du pays de trouver mari, car celles-ci étaient désavantagées face aux Filles du roi, leur potentiel mari ne recevant pas de prime pour les épouser.

En 1669, Jean Talon prend en main l'accroissement de la population. Tous les garçons de plus de 20 ans, et toutes les filles de plus de 16 ans qui ne sont pas mariés reçoivent une amende, au rythme d'une à tous les 6 mois. De même, les garçons de moins de 20 ans et les filles de moins de 16 ans qui se marient reçoivent une prime nommée le « présent du roi ».

En avril 1669, une prime est offerte aux familles nombreuses: 300 livres pour le 10ème enfant vivant, 400 livres pour le 12ème.

Le 20 octobre 1670, les hommes célibataires de plus de 20 ans reçoivent une mise en demeure les enjoignant à se marier à une Fille du roi, au plus tard 15 jours après l'arrivé du navire au port. S'ils optent de rester célibataire, ils seront condamnés à « être privés de la liberté de toute sorte de chasse et de pêche et de traite avec les Sauvages, et de plus grandes peines si nécessaire ». Un des objectifs est de forcer la sédentarisation des coureurs des bois.

En 6 ans (de 1667 à 1673), ces mesures font augmenter la population de la Nouvelle-France de plus de 65%, passant de 4000 à 6700 habitants.

Histoire populaire du Québec: Jacques Cartier, trappe et pêche

Couverture l’histoire du Québec, tome 1

Afin de parfaire mes connaissances sur l'histoire du Québec, j'ai entrepris la lecture de l'Histoire populaire du Québec, des origines à 1791 de Jacques Lacoursière. (Vous pouvez consulter la seconde partie portant sur le peuplement sous Jean Talon.)

Je recopie ici les extraits qui m'ont marqué.

Jacques Cartier

Jacques Cartier n'a pas vraiment découvert le Canada. Outre les Amérindiens et John Cabot, il y avait notamment les Basques qui venaient régulièrement pêcher dans le golfe du St-Laurent. Il en aperçoit d'ailleurs sur la Côte-Nord lors de son premier voyage, près de ce qui est connu aujourd'hui sous le nom de Baie des homards. Jacques Cartier est celui qui est reconnu comme le découvreur du Canada, probablement à cause de ses écrits sur la région, les premiers, et parce qu'il a été mandaté par le roi pour prendre possession des terres en son nom.

Les noms des bateaux de Jacques Cartier, lors de son premier voyage, sont inconnus. La Grande Hermine, la Petite Hermine et l'Émérillon sont les noms des bateaux de son deuxième voyage.

Trappe et pêche

Les coureurs des bois étaient un fait français. Les Anglais préféraient transiger directement avec les Amérindiens plutôt que d'aller eux-mêmes faire de la trappe.

On estime à 25 millions le nombre de castors tués entre 1660 et 1760. Ces castors étaient tués pour leurs peaux, destinées à une seule chose: fabriquer des chapeaux pour les Européens.

Les coureurs des bois sont considérés comme « illégaux, amant de liberté et de débauches ». Ils sont très mal vus des autorités qui les considèrent comme une perte pour la colonie puisqu'ils ne cultivent pas la terre, en plus d'inciter les jeunes à suivre leur exemple et à partir dans les bois. De nombreuses lois sont émises afin de les forcer à se sédentariser, notamment une loi de 1673 qui interdisait aux hommes d'être plus de 24 heures consécutives à l'extérieur de leur domicile.

En 1618, Champlain estime à 1 million le nombre de morues pêchées en Nouvelle-France. La morue est pêchée à la ligne, pas au filet. Un bon pêcheur peut en prendre environ 300 par jour, mais « cela lasse beaucoup les bras ».

La pêche en Nouvelle-France se fait uniquement au profit de la France.

La morue n'était pas vidée de la même façon par les Anglais et les Français. Les Anglais les ouvraient en entier, alors que les Français les ouvraient seulement jusqu'à l'anus. Dans le premier cas, nous avons la morue ronde, dans le second, la morue plate.

Divers

En 1610, alors qu'il est âgé d'environ 40 ans, Samuel de Champlain épouse lors d'un séjour en France Hélène Boullé, elle-même âgée de… 12 ans. L'année suivante, Champlain découvre une île qu'il nomme en l'honneur de sa nouvelle épouse: il s'agit de l'île Ste-Hélène.

Friponné est un mot de vieux français qui signifie voler. De ce mot provient celui de fripon.