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Les autocollants sur les fruits

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi servent les autocollants que l'on retrouve sur tous les fruits à l'épicerie ? Moi oui.

Photo d'une banane sur laquelle on distingue un autocollant sur lequel est inscrit le nombre 94011

En fait, il s'agit d'un price look up ou encore PLU. Ce nombre est unique pour chaque espèce de fruit identifié par un consortium, le Produce Electronic Information Board (PEIB ). Voyant le nombre de produits offert au supermarché exploser, les entreprises se sont réunis pour trouver des solutions, donnant naissance au PEIB en 1988. Une de ces solution est incarnée par les PLU. Le PEIB se réunit annuellement et identifie les nouveaux fruits et leur assigne un PLU. Ces PLU sont utilisés dans plus de 100 pays.

En juillet 2004, le PEIB avait assigné plus de 1370 PLU. Bien évidemment il est possible de retrouver la liste des PLU sur internet. Cette liste est diffusée par un individu, Jim Culbert, et non par le PEIB lui-même. Il y a bien sûr des consignes pour la dimension de l'autocollant et du type de font à utiliser.

Ces nombres sont utilisés pour éviter au caissier à avoir à faire la différence entre un pomme Macintosh et une pomme Gala et aussi pour tenir l'inventaire des quantités de fruit vendus et ceux en stock. On pourrait sans trop forcer y voir une manifestation du taylorisme.

Un PLU est composé de 4 ou 5 chiffres. Les fruits organiques biologiques sont identifiés en ajoutant un 9 avant les 4 autres chiffres, pour un total de 5. Par exemple, une banane a pour code 4011, je vous invite à vérifier, ce qui fait qu'une banane biologique sera identifié par le code 94011. Une plante transgénique sera identifiée par l'ajout d'un 8 au lieu d'un 9. Personnellement, et je jette toujours un coup d'oeil attentif, je n'ai jamais rencontré de fruit transgénique. À quand le premier 8 sur un PLU sur notre table?

Un retour [dans le temps] sur les droits d'auteur et l'internet

Je suis profondément mal à l'aise par la position du Québec sur les droits d'auteurs sur internet.

Premièrement, répondre avec cette solution (les redevances) à l'affirmation que « la position des provinces occulte le fait qu'un grand nombre d'oeuvres protégées sont mises en circulation sur Internet à l'insu des ayants droit », est faire fausse route. Le problème doit être réglé à la source et les solutions existent, ce n'est pas via une autre loi/réglementation qu'il faut passer pour le régler.

De plus, certains aspects très importants me semblent avoir été négligés. On suppose que toutes les personnes ayant publiées du contenu sur internet peuvent être rejoignables (pour leur verser des redevances). Que faire dans le cas où une personne veut utiliser du matériel étant sur un site russe ? S'empêchera-t-on d'utiliser du contenu parce qu'on ne peut pas trouver, avec certitude, à qui l'on devrait donner des redevances ?

À qui ira les redevances, comment seront-elles établies et surtout qui décidera ce qu'est une juste rémunération pour les utilisations qui sont faites de leurs oeuvres ? De plus, on considère internet comme un dépositaire d'informations statiques, il n'en est rien. Comment pondérer la valeur d'une page dynamique, un correcteur de conjugaison par exemple, alors que l'information de base est du domaine public ? Qu'arrive-t-il dans le cas de contenu libre, comme wikipédia, où c'est la communauté qui offre à tous de réutiliser le contenu moyennant le respect de la licence ? Une foule de problèmes techniques se bouscoulent dans ma tête, problèmes auxquels une approche de ce type ne peut en aucun cas répondre.

Cette manière de redistribuer des redevances à l'utilisation correspond au monde matériel, pas au monde virtuel où tout peut être reproduit et diffusé à l'infini sans presque aucun coût. Il faut saisir cette réalité et utiliser les nouvelles possibilités qu'elle permet, pas se renfermer dans un étaut de réglementation. Cette solution fait preuve d'un manque de vision des possibilités que permet internet, spécialement dans le monde de l'éducation.

On veut prévenir un problème en le créant nous-même. S'il y avait eu une prise de conscience à avoir de la part des auteurs publiant du contenu sur internet, menant à une restriction à leur accès, elle aurait déjà eue lieu. Toute personne publiant sur internet est consciente de la vitrine qu'elle utilise, c'est d'ailleurs ce qui en fait sa force et non sa faiblesse.

La position des autres provinces me semblent tout à fait sensée et surtout elle correspond à l'utilisation que nous avons tous d'internet, comme des autres médiums par lequel nous nous procurons de l'information par ailleurs. Une utilisation libre et respectueuse des droits d'auteurs.

Mise à jour (27-09-2005 21h HAE): Je n'avais pas réalisé que ce que propose les autres provinces, c'est un non respect des droits d'auteurs pour le réseau de l'éducation. On forme des citoyens dans les écoles, on n'y modifie pas la législation.