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De Miami à Québec: Montréal, QC

Vu d’une entrée de tente avec une roue arrière de vélo, du gazon et une canette de boisson énergétique

De Miami à Québec est une série de 10 courriels écrits par Lino Tremblay lors de son périple en vélo entre ces 2 villes. Vous pouvez consulter la série complète des billets.

Montréal, QC est le neuvième billet de la série.

Date: Mardi 5 mai 2009 20:29:32 -0400
Sujet: Montréal, Qc

Bonjour tous,

Ce matin, je suis passé sur Jay Peak, qui a été ma plus grande montée et ma plus grande descente. C'était le matin, alors je suis monté lentement, i.e. 8-9 km/h. Ç'a été tellement long arriver en haut que j'ai eu le temps de manger cinq biscuits maison (achetés la veille dans un dépanneur).

Mis à part le paysage, le Vermont profond fait vraiment dur. Pendant longtemps, j'ai eu l'impression de rouler dans un chemin du Lac à Poche/St-Gabriel/La Durantaye de 150 km. J'imagine que le reste de l'état est plus beau.

Après avoir visité mon dernier dépanneur américain (en calculant 4-5 dépanneurs par jours tous les jours que j'ai roulé, j'ai dû en faire pas loin d'une centaine) à Richford, j'ai traversé la frontière. Contrairement à hier, j'ai eu la chance d'avoir le vent avec moi une bonne partie de la journée, ce qui fait que les 183 km d'aujourd'hui ont été faciles. J'ai même eu droit à la traversée du vieux Longueuil, quel bonheur.

Je reviendrai peut-être là-dessus un jour, mais je déteste les ponts, tous les ponts. Le pont Jacques-Cartier ne fait pas exception. Histoire de me défouler un peu, je suis arrêté en plein milieu du pont pour soulager ma vessie dans les bouillons du St-Laurent. Je suis finalement arrivé à destination (chez mon frère) vers 5h. C'était le temps car mon vélo commençait à faire divers bruits indésirables (je parle du vélo, pas de moi, là, hein).

Passons maintenant aux accotements et à la ligne blanche. Je suis content de ne pas avoir parlé des accotements avant aujourd'hui, car cet après-midi, je me suis rendu compte que le Québec en arrache d'aplomb de ce côté. De grands bouts de la supposée Route verte sont remplis de sable, de roches et de craques. Le pire tronçon que j'ai jamais vu est celui entre St-Siméon et Baie-Ste-Catherine. Je vous entends me répondre "oui, mais au Québec, il y a l'hiver…". J'ai vu de la neige dans le New Hampshire pas plus tard qu'hier, et pourtant, ils ont des accotements merveilleux. Inversement, les routes du sud du Rhode Island sont remplies de sable qu'on sait pas d'où il vient.

Un accotement digne de ce nom est propre, assez large (au moins deux pieds) et asphalté en même temps que le reste. Une chose qui se fait beaucoup au Québec lorsque les routes sont renovées est de mettre de l'asphalte neuve uniquement sur la partie utilisée par les autos: ça coûte moins cher (sûrement que le maire d'une certaine capitale nationale s'est inspiré de cette idée quand il a décidé de déneiger juste un côté des rues de sa ville).

Parfois, il y a des "rumble strips", ces espèces de trous qui vous réveillent lorsque vous êtes en train de prendre le champ, et un pied d'accotement a côté. Il n'y a rien de pire que ça, car si on roule sur l'accotement, on est obligé de passer dans ces trous pour éviter les déchets et autres obstacles. C'est donc plus confortable de rouler de l'autre côté des trous - dans le chemin, oui -, ce qui nous amène à la ligne blanche.

Rouler sur une belle ligne blanche permet de gagner 1-2 km/h sans fournir d'effort supplémentaire, surtout lorsque l'asphalte est rugueuse. Étrangement, beaucoup de cyclistes semblent l'ignorer. Dans le sud de la Georgie, ils ont trouvé un moyen d'économiser la peinture et d'éviter de faire des "rumble strips": ils font une ligne pointillée, comme un tie-wrap. Je trouve le compromis intéressant.

Bref, si jamais vous voyez un cycliste sur (ou à gauche de) la ligne alors qu'il y a un accotement potable, c'est parce qu'il a calculé que le gain en efficacité et/ou en confort était plus grand que le danger de rouler près des voitures. Ne le klaxonnez donc pas (on ne klaxonne JAMAIS un cycliste). Si vous considèrez que son comportement est dangereux (ce qui peut bien arriver), arrêtez pour le lui expliquer. J'ai trouvé le gars qui m'a escorté jusqu'à une route moins dangereuse (en entrant à Boston) beaucoup plus brillant que l'autre qui m'a klaxonné en me
pointant du doigt un accotement surélevé rempli de cochonneries.

Je concluerai demain avec quelques statistiques.

L.

P.S. Désolé d'avoir été si long, et merci de m'avoir lu jusqu'au bout, si jamais c'est le cas!

Pièces jointes:

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