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Réponse à une journaliste Facebook

Il y a quelques jours, j'ai reçu une demande d'amitié Facebook de la part d'une journaliste dont je n'avais jamais entendu parler et avec qui je n'avais aucun ami commun. Naïvement, j'ai accepté sa demande d'amitié. Quelques jours plus tard, elle m'envoie des questions en tant que journaliste dans un message Facebook.

Me demandant jusqu'à quel point ceci est une intrusion dans ma vie privée, je conçois que tout ce qui est publié sur Facebook est de nature publique, je n'ai trop su comment réagir. J'ai d'abord répondu laconiquement, et elle est par la suite revenue à la charge.

Ayant depuis eu le temps de réfléchir, je publie ici ma réponse.

Chère Madame X,

Après réflexion, je trouve plutôt maladroite votre utilisation de Facebook pour me contacter en tant que journaliste. Une simple recherche sur le web vous aurait suffi pour trouver mon adresse courriel, vous donnant ainsi un moyen plus approprié selon moi pour me contacter.

En effet, pourquoi me demander d'être votre ami afin de me poser des questions d'intérêt journalistique? Votre vie amoureuse, vos photos de familles ou votre intérêt pour Watatatow ne me sont d'aucuns intérêt dans ce contexte. La réciproque est également vraie. M'y donner accès en premier lieu, attendre quelques jours et me contacter pour me poser des questions plante un décor que je trouve inconvenant pour le type de relation qui devrait nous relier.

J'ignore si vous avez réfléchi à ces considérations, toutes récentes j'en conviens, ou si vous avez tout simplement opté pour le moyen le plus aisé ou le plus naturel pour me contacter. À voir l'explosion de votre nombre d'amis sur Facebook dans les derniers jours, on pourrait penser que vous avez utilisé une technique tous azimuts pour augmenter votre nombre de contacts. J'ai crainte que ce ne soit pas là une stratégie gagnante.

Dans tous les cas, je vous invite à réfléchir à la question du médium pour poser des questions dans votre pratique journalistique. Cela vous permettra peut-être d'obtenir plus aisément des réponses à vos questions, et ce sera surtout dans un contexte plus approprié. Cela aura peut-être aussi le mérite de vous obliger à utiliser les conventions usuelles d'une correspondance écrite, telle que la mise en page et les formules de salutations. Soyez certaine que votre qualité de journaliste n'y perdra rien au change, bien au contraire, et peut-être que la qualité du travail d'information de votre employeur s'en trouvera lui aussi rehaussée, ce dont il aurait bien besoin, vous en conviendrez.

Cordialement,

Miguel Tremblay

Mon amoureux

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Le mot « amoureux » est aujourd'hui utilisé comme l'équivalent du mot « conjoint ». Cette substitution est un artifice tentant de prolonger l'amplitude initiale des sentiments reliant 2 personnes. On n'a pas un conjoint, terme plutôt neutre il faut en convenir, on a un amoureux, ce qui est une tout autre chose.

Pour moi, l'expression « amoureux » reflète plutôt un sentiment exalté, que ce soit à la suite d'un coup de foudre, au début d'une relation amoureuse, d'un rapprochement d'un couple, etc. C'est dans la famille des mots que l'on glisse dans une conversation intime, en tête à tête avec des amis proches, pas lors d'une banale conversation de cafétéria pour désigner son conjoint.

Bref, lorsque j'entends ce mot pour désigner un conjoint, j'ai toujours un petit malaise. Le malaise est d'autant plus grand si je crois que lesdites personnes, bien que conjoints, ne le sont plus, amoureuses.

Afin de me familiariser avec la nouvelle signification de ce mot, je me suis un jour hasardé à l'utiliser avec un camarade pour désigner, innocemment, sa nouvelle conjointe. Erreur. Pour lui aussi, le mot était porteur de son sens original: il n'était pas au courant, ou habitué, à la permutation de ces deux termes. Il m'a vite fait comprendre, avec un « Wô » bien senti, que ce n'était pas son « amoureuse ». Je m'étais ainsi aventuré sur un terrain sur lequel je n'avais aucune intention d'aller.

À la suite de cette expérience, j'ai revu ma politique de vocabulaire et j'utilise ces mots uniquement dans leur sens propres. J'essaye aussi de ne pas trop m'étonner lorsque je l'entends dans les conversations mondaines, mais ça, c'est un exercice plus difficile.

Copulation reproductive au Québec

Comme on a accès au nombre de naissances par mois au Québec, on dispose aussi du nombre de copulations ayant mené à la reproduction: suffit de soustraire 9 mois.

Voici ce que ça donne sous forme graphique:

Nombre de copulations reproductives par jour au Québec

Première surprise, c'est au printemps (février à mai) que la copulation reproductive est la moins grande au Québec. Or, chez la plupart des mammifères, la période de rut a lieu au printemps alors que pour le Québécois, ce serait plutôt à l'automne (octobre à décembre).

Le creux du printemps pourrait être expliqué parce que les futurs parents ne veulent pas de naissance à Noël (ceux qui ont leur anniversaire trop proche de Noël ne la fête jamais, c'est du trouble pour aller visiter la parenté, etc.) ou encore parce que le printemps est une période de chasse active ce qui, paradoxalement, ne mènerait pas à la reproduction.

On peut aussi mettre en relation le cycle de la copulation reproductive avec le cycle des ruptures de couples. Quand on se sépare, on se reproduit moins. Corollaire: puisque l'automne les couples se séparent moins, ils se reproduisent plus.

Le pic du mois de décembre peut être expliqué par deux facteurs qui s'additionneraient pour compenser le grand nombre de séparations. D'une part, les vacances et les voyages qui ont souvent lieux à cette période relâchent le stress, favorisant la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde, et d'autre part, la consommation abondante de boisson alcoolisée dégêne garçons et filles, favorisant les rapprochements des gamètes.

Quoi qu'il en soit, le Québec semble être un endroit unique au monde pour son cycle de copulation, les autres pays du Commonwealth mettant ces nombres disponibles (Australie, Royaume-Uni, Canada, Nouvelle-Zélande) sur internet ne montrent pas de cycle selon les saisons. Le Québec est bel et bien une société distincte!

Notes:

  • Comme les mois n'ont pas tous le même nombre de jours, le nombre de copulations a été divisé par le nombre de jours par mois. Février n'est ainsi pas désavantagé à décembre.
  • Le temps de gestation chez l'humain n'est pas exactement de 9 mois. On suppose que la tendance dans les copulations reproductives ne sera pas masquée par cette différence.
  • L'écart type entre les mois des différentes années varie entre 7% et 10%, pour une moyenne de 7,84%.
  • La variation entre le nombre de copulations maximal et minimal est de 35,17 copulations reproductive par jour, soit 16% de la valeur de la moyenne et plus de 3 fois l'écart-type (10,48). Nous considérons cette différence comme étant statistiquement significative.