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La bière St-Urbain: authenticité simulée

Ce n'est pas que je veuille me faire une spécialité des bières sans site web (cf: La bière Gros Cochon: billet 1, billet 2), mais je me dois de parler de la bière St-Urbain.

La bière St-Urbain, nouvellement arrivée sur les tablettes des dépanneurs québécois, essaie d'avoir une apparence de bière de microbrasserie. Or, si vous cherchez une adresse, que ce soit sur la caisse ou sur les bouteilles, vous ne trouverez rien.

Une caisse et une bouteille de bière St-Urbain

Le paragraphe de texte sur le côté de la caisse est recopié ici:

St-Urbain est une bière de chez nous, fabriquée à partir des meilleurs ingrédients et dans le respect de nos plus belles traditions. Brassée sans compromis en petites quantités, cette lager des plus désaltérantes propose des saveurs et des arômes riches et distinctifs, un collet généreux et une texture veloutée.

C'est vide de sens en svp. Une bière de chez nous: où ça, chez nous? On ne peut même pas savoir où elle est fabriquée! C'est quoi en petite quantité?

Informations prisent (La gousse craintive, Le Monde des Bières), la St-Urbain est brassée par Labatt. Pourquoi ne pas l'écrire à quelque part, si ce n'est dans le but de dissimuler la méga-entreprise derrière une apparence de micro-brasserie?

Note: Parions que d'ici une semaine, une petite recherche sur la bière St-Urbain mènera directement ici.

3 commentaires à « La bière St-Urbain: authenticité simulée »

  1. Ives
    3 novembre 2007 | 10:14

    Bonjour Miguel,

    Bon billet - merci!

    Étant amateur de bière comme toi, je me plais toujours à en apprendre sur les rouages du monde des brasseurs. Comme tu le sais, j'habite la rue Saint-Urbain, et quelle fut ma surprise de voir, dans un dépanneur du coin, une nouvelle bière nommée d'après ma rue! J'aime bien boire "localement", et je voyais là une belle addition potentielle à ma liste de choix. Heille, je bois une bière qui porte le nom de ma rue!

    Mais elle était louche, cette Saint-Urbain. D'abord, elle fit son apparition dans un grand dépanneur, ceux du genre ou on place des caisses de bière pas chère près de l'entrée, pour attirer l'oeil. Ensuite, je n'avais pas entendu parler d'une nouvelle brasserie dans le coin - mais bon, le Mile End ce n'est qu'un tout petit bout de la rue Saint-Urbain… Enfin, en inspectant la boîte, pas moyen d'apprendre le lieu d'origine de la bière, sauf les noms "Oland" et "InBev".

    Scandale! C'est pas de la microbrasserie ça.

    Oland, dans les Maritimes, est un nom connu. La famille Oland brassait de la bière en Nouvelle-Écosse il y a longtemps. Encore aujourd'hui, on peut se procurer des bières comme la Oland Export et la Oland Red là-bas. (La brasserie Moosehead de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, appartient également à une famille Oland, mais j'ignore si il y a un lien de parenté. Sûrement, c'est tellement petit, les Maritimes!)

    Avec le temps, la brasserie Oland fut amalgamée avec la brasserie Alexander Keith’s (peut-être pour répondre à la compétition des Labatt et Molson?) - mais j'ignore à quelle époque. Puis, la brasserie Keith’s est devenu une propriété de la Labatt. Enfin, Interbrew (Belgique) a acheté Labatt. Aujourd'hui, comme on peut lire dans tes sources, le nom Oland est donné à la division des bières de spécialité de Labatt, pour la plupart importées, et dont le fleuron est la Stella Artois, bien sûr.

    Parenthèse: Il y quelques années, j'ai eu la chance d'aller faire une "visite de brasserie" chez "Oland", plus précisement à l'Institut de la Bière de Montréal, sur la rue Saint-Jacques, en face du métro Lionel-Groulx. C'est en dégustant les Boddington’s, Keith’s, Stella Artois et compagnie que j'avais appris ces faits au sujet de la brasserie Labatt et de ses divisions.

    Mais InBev, c'est quoi? "Inbev est le plus grand brasseur au monde de par le volume de bière brassée." (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/InBev). Il s'agit du résultat de la fusion d'Interbrew et AmBev, une compagnie brésilienne. D'ailleurs, ne vous posez plus de questions au sujet de pourquoi la "Brahma" (un produit de AmBev, à l'origine) a supplanté la "A Marca Bavaria" (un produit qui appartient à Molson-Coors) comme bière brésilienne numéro 1 sur les panneaux publicitaires de Montréal!

    Donc, on peut se douter que la Saint-Urbain est une bière "de chez nous"… peu importe si on se trouve à Montréal ou à Rimouski. Et comme Inbev est le plus gros brasseur du monde (190 millions d'hectolitres), on peut deviner qu'en "petite quantité" se mesure sûrement en milliers d'hectolitres…

    Peter McAuslan (de la brasserie du même nom a fait une montée de lait dans les médias pour dénoncer le coup, en plus de la campagne publicitaire des "faux saints". Je crois même qu'il y ait rumeur de recours légal.

    En terminant, il est de mise de d'ajouter que Labatt ne sont pas les premiers à tenter le coup de la "fausse microbrasserie". Molson s'était déjà essayé avec la Rickard’s, en la brassant dans les années 1980 "sur le site de l'ancienne Capilano Brewery" à Vancouver, une brasserie que Molson avait acheté… en 1959! (source: http://www.cbc.ca/consumers/market/files/food/beer_challenge/marketing.html)

    À la tienne!

  2. 3 novembre 2007 | 14:48

    Je me suis fait avoir aussi… Un autre Rickard’s, Mick’s , Alexander'… dans le panier des bières "fencées" (d'où ça vient ça, le mot fencé ?) de grandes brasseries.

    J'ajoute pour référence, la référence déjà mentionnée dans le premier article de blogue dont tu parles, source relativement fiable qu'est La Presse
    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/article/20070608/LAINFORMER/706080639/5891/LAINFORMER01

  3. François
    22 novembre 2007 | 23:37

    C'est pas « fencées », c'est « fancy » ;)

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