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Du désintérêt politique: La fragmentation des médias

Des filles et des garçons

Ce billet est le quatrième de la série Du désintérêt politique. Cette série présente des hypothèses expliquant le désintérêt de la population pour la politique dans les démocraties occidentales. Vous pouvez consulter toute la série en vous rendant sur le billet d’introduction.

Si on compare le paysage médiatique de 2010 avec celui d’il y a 30 ans, on constate que le nombre de canaux par lesquels il est possible de recevoir de l’information a été multiplié. Le nombre de chaînes de radio et de télévision n’a cessé de croître et, quelque part au milieu des années ‘90, internet est apparu dans la sphère publique, devenant rapidement une source importante d’informations dans les démocraties du monde.

Cette augmentation de canaux nécessite un accroissement des ressources consacrer à son alimentation en contenu. Bien qu’il y ait eu un gain de productivité dans les 30 dernières années, notamment grâce à l’informatique, ce gain n’est pas assez important pour combler l’espace créé par l’apparition des nouveaux canaux.

Les secteurs d’information, jadis couverts par des journalistes, sont maintenant oscultés par des spécialistes venant de divers horizons. Nombre d’animateurs et de chroniqueurs ont les formations les plus diverses, abordant l’actualité avec un bagage et un langage ne visant pas nécessairement la neutralité journalistique. Il est entendu que la neutralité journalistique est une utopie, mais c’est tout de même un idéal que cherchent à atteindre la majorité des journalistes, alors qu’un animateur d’émission de variétés ne se sentira probablement pas soumis à cette éthique.

Puisque les partis politiques visent maintenant la population en général (cf. deuxième billet de cette série), leurs communications doivent passer par les canaux touchant leur public cible. Encore une fois, ce sont les sondages qui relient les messages au canal idéal. Tous les canaux ne sont pas aptes à bien recevoir un message d’intérêt public ou politique.

Les entrevues ou performances des politiciens prennent alors diverses formes, de sérieuse à légère, en fonction de la nature du canal par lequel le politicien veut passer. Ce faisant, la frontière démarquant les canaux de diffusion sérieux des autres est effacée: tout est bon pour passer un message.

De plus, les ressources, autant financières qu’humaines, disponibles pour chacun des canaux ont diminué. Cette diminution a pour conséquence, dans un contexte de lutte pour les cotes d’écoute, que l’intérêt du public doit être capté à faible coût. L’autoroute pour arriver à ces fins c’est la rumeur, l’anecdote et le scandale. Toutes des attitudes qui, lorsqu’appliqué à la politique, incitent la population à déconsidérer ce sujet.

Nous remarquerons aussi que l’élite économique, suite à cette fragmentation, a diminué au minimum ses apparitions dans les médias, préfèrant engager des firmes de communication ou de relation publique qui contrôlent le message à diffuser. Autre point positif de ce retrait pour l’élite économique, ce sont les spécialistes de la communication qui sont vus par la population. Les membres de cette élite limitent leur exposition personnelle et, indirectement, leur implication officielle dans les débats. Ce sont les corporations qui engagent les firmes de communication, par les présidents ou les dirigeants des entreprises. Sauf exception lors d’immense castrophe telle que BP dans le golfe du Mexique, ce sont les êtres moraux qui sont par la suite blâmés, pas les dirigeants. Ils peuvent donc par la suite être engagés par une autre corporation, sans crainte de trainer une image entachée de scandales.

Ajoutons à cela, tel que vue dans le troisième billet de cette série, que les valeurs promues par les médias et la population en générale favorise les valeurs économiques, ils ont ainsi tout intérêt à se tenir loin des débats.

Au Québec

Au Québec, le nombre de chaînes disponibles sur le câble a explosé depuis 10 ans. En faire le décompte relève du défi. Chose certaine, on est des années-lumières des 3 chaînes qui formaient jadis l’essentiel du paysage télévisuel: Radio-Canada, Télé-Métropole et Télé-Québec (on pourrait aussi ajouter TQS).

L’émission Tout le monde en parle reçoit depuis ses débuts des politiciens en entrevue. Animé par un humoriste/acteur, les propos des invités sont souvent coupés par les interventions du fou du roi, empêchant la conversation de poursuivre son cours vers un propos qui serait considéré comme trop sérieux. Parfois hors propos, parfois juste, les présences des politiciens à cette émission ont des résultats hasardeux. Comme les contours de l’émission sont mal définis, on y reçoit des invités mais on n’indique pas toujours à quelle fin si ce n’est, comme le titre le laisse à penser, que tout le monde en parle… Cette émission illustre bien le flou qui existe dans le style des médias: est-ce de l’information, du divertissement? On ne sait trop.

Pour ce qui est du retrait des compagnies privées de la scène médiatique, les exemples sont nombreux au Québec, notamment dans le domaine des ressources naturelles. Dans le domaine minier, plus précisément de l’uranium, ces compagnies ont engagé via la firme de relations publiques National l’ex-député du Bloc Québécois Yvan Loubier. Les compagnies minières se cachent derrière ce porte-parole qui connaît les rouages de la politique québécoise, qui est bien branché auprès de l’opposition, il fait partie de la famille souverainiste, et qui n’est pas en lien direct avec ses véritables employeurs. Le parti au pouvoir est bien sûr sensible aux arguments économiques mis de l’avant par monsieur Loubier justifier l’exploitation des mines d’uranium en sol québécois.

André Caillé dans le dossier des gaz de schistes supporte aussi cette hypothèse du retrait de l’élite économique.

Du désintérêt politique: médias et valeurs

Des filles et des garçons

Ce billet est le troisième de la série Du désintérêt politique. Cette série présente des hypothèses expliquant le désintérêt de la population pour la politique dans les démocraties occidentales. Vous pouvez consulter toute la série en vous rendant sur le billet d’introduction.

La concentration de la presse, à travers les acquisitions d’entreprises et la consolidation des marchés, a mené à une uniformisation du traitement de l’information. Les conglomérats qui possèdent ces médias tendent à influencer le point de vue des publications. Cette influence ne se fait pas nécessairement par un contrôle direct du contenu, mais bien par une influence globale sur la direction adoptée par les médias. En particulier, le contenu n’est pas contrôlé, mais en moyenne il s’oriente certainement vers une direction qui ne doit pas déplaire aux propriétaires.

Peut-être sous cette influence, la portion représentée par les secteurs de la finance et de l’économie occupe une place de plus en en plus importante dans les médias d’information, alors que celle réservée à la pauvreté, au chômage et aux autres problèmes sociaux tend à diminuer (source Democracy and the News).

Cette exposition tend à favoriser l’adoption des valeurs propres aux secteurs de la finance et de l’économie, comme la rentabilité à court terme et les mesures d’efficacité, comme valeurs de la société en général, puisqu’elles sont prépondérantes dans les médias. À long terme, ceci incite le lectorat à adopter ces valeurs dans leur analyse de la société et des gouvernements.

Le discours emprunté par les partis politiques doit par la suite faire la promotion de ces valeurs, puisque tel que démontré dans le billet sur la cible des partis politiques, ce sont ces valeurs qui ressortent dans les sondages d’opinion.

Dans ce contexte, les individus qui ont une vision différente des positions que devrait défendre l’État dans les orientations de la société ne se reconnaissent pas dans l’attitude adoptée par les élus et les candidats, car la place accordée à l’économie et à la réussite financière du gouvernement occupe toujours la première place dans les initiatives.

De plus, l’influence des grandes industries semble disproportionnée dans ce contexte, leurs suggestions semblent avoir une oreille attentive dans les gouvernements en place.

On peut aussi penser que la primauté de ces valeurs rapproche les grands financiers des représentants de l’État, des députés aux hauts fonctionnaires, tant au niveau idéologique que sur le terrain. Cela tend à favoriser la participation politique des représentants de ces domaines, puisqu’ils y retrouvent leurs valeurs.

Ceci fait en sorte que l’individu considère son pouvoir d’influence comme étant insignifiant auprès du gouvernement. Son opinion ne semble pas faire le poids devant la force des grandes entreprises qui ont leurs entrées directes auprès des gouvernements et qui partagent leur philosophie.

S’ensuit donc une désaffection des processus démocratiques, puisque ce sont les entreprises qui ont du pouvoir, pas les individus.

Au Québec

On ne peut bien sûr évoquer les médias au Québec sans évoquer les 2 corporations qui possèdent plus 95% de la presse écrite: Québécor et Power Corporation (via Gesca). Une société où le relais d’information entre le gouvernement et la population, chaînon essentiel dans une démocratie saine, est assuré par seulement 2 canaux a assurément une diversité de points de vue anémique.

La loi sur le déficit zéro adoptée par le gouvernement Bouchard en 1996 entre en droite ligne avec ces valeurs économiques. On peut aussi voir dans le slogan du PLQ pour les élections de 2008 l’importance accordée à ces valeurs: L’économie d’abord, Oui.

La gestion par le gouvernement québécois du récent débat sur l’exploitation des gaz de schistes tend aussi à corroborer cette explication. Cette exploitation pour le Québec est « synonyme d’enrichissement collectif et de création d’emplois », aux dires d’André Caillé, président de l’Association pétrolière et gazière du Québec. Avant même que des débats sur les impacts environnementaux aient lieu, et sans consultation de la population habitant à proximité des lieux d’exploitation, les chiffres annoncés par les sociétés qui profiteraient de ces retombées sont repris directement par les représentants de l’État semble obtenir l’aval de l’État québécois.

Épidémie de mouche à fruits à Montréal

Montréal, 19 juillet 2010

(La presse montréalaise) Une épidémie de mouche à fruits s’est déclarée à Montréal. Les chaleurs excessives qui sévissent sur la région depuis le début de l’été combiné à un intérêt pour l’alimentation saine, essentiellement moussé par les émissions de télévision culinaire, seraient à l’origine de cette recrudescence de l’insecte indésirable.

La mouche à fruits, de son nom scientifique Drosophila melanogaster, est reconnue pour se retrouver dans la cuisine, non seulement autour des fruits, mais aussi autour de toute flaque d’eau croupissante (plat trempant dans l’évier, fond de bière, etc.).

La coalition des mangeurs de viande du Québec (LMVQ) profite de cette épidémie pour faire la promotion de leur campagne « un menu 100% viande », qui propose une diète sans fruit et sans légume: un steak avec un oeuf est proposé pour le déjeuner. La ligue de végétariens unis du grand Montréal (LVUGM) a d’ailleurs dénoncé l’opportuniste de ceux qu’ils qualifient de « carnivores du Québec », faisant même un rapprochement entre cette crise et celle du H1N1, comparant la réaction de la LMVQ à celle de GlaxoSmithKline pendant la période.

Bien que plusieurs individus prétendent connaître des recettes pour s’en débarrasser, les autorités sanitaires reconnaissent que le meilleur moyen d’éradiquer la mouche à fruits se nomme le mois de novembre. Il s’agirait simplement d’attendre le mois le plus sombre de l’année et de laver toutes les pièces à grande eau.

L’homme le plus important du Québec

Logo du Canadien de Montréal

L’homme le plus important du Québec, c’est le gardien de but du Canadien de Montréal.

En effet, si on regarde la couverture médiatique accordée à chaque sujet, celle accordée au Canadien de Montréal bat tous les autres, et ce depuis que ce genre de mesure est effectuée (voir les bilans d’Influence Communication).

Et le joueur du Canadien dont on discute le plus, ne serait-ce que par le temps qu’il passe sur la glace par rapport aux autres joueurs, c’est le gardien de but. C’est aussi le joueur dont la performance a une influence directe sur pointage d’un match: il peut faire perdre ou gagner un match à lui seul, à tous les matchs.

La personne la plus importante du sujet le plus couvert, c’est le gardien de but du Canadien de Montréal.

On peut aussi s’en convaincre par le nombre de Québécois qui regarde les matchs du Canadien de Montréal diffusé à la télévision (5,7 millions pour la saison 2008-09). Et qui donc est permanence sur la glace lors de tous ces matchs? Le gardien de but.

Toujours pas convaincu? Le nombre de pages web consacrées à “Carey Price” est d’environ 299 000, alors que le nombre consacré à “Jean Charest” est d’environ 374 000. Certes, Jean Charest bat Carey Price à ce chapitre, mais Jean Charest a été premier ministre pendant 7 ans, alors que Carey Price s’approche de ce nombre avec… 3 saisons pour le Canadien de Montréal (et il n’est pas le gardien numéro 1!).

Y a-t-il un ancien premier ministre du Québec qui soit plus connu que Patrick Roy? Probablement René Levesque. Mais depuis, je doute qu’aucun ne soit parvenu à le surpasser.

Ceci me porte à croire que seul un homme, ou une femme, politique faisant accéder le Québec à la souveraineté pourrait battre en notoriété un gardien de but menant le Canadien de Montréal à la coupe Stanley.

Logiciel privé et public

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir aujourd’hui, Réal Gingras propose au gouvernement du Québec d’utiliser des logiciels publics au lieu de logiciels privés.

Dans le monde informatique, on fait plutôt référence au logiciel libre et au logiciel propriétaire pour représenter ces concepts.

Mais là n’est pas l’important. Qu’un monsieur ne possédant pas le vocabulaire admis pour traiter de ce sujet, mais comprenant intuitivement les concepts qui les sous-tendent, prenne la peine d’écrire une lettre à la présidente du Conseil du trésor à ce sujet, ça, c’est notable.

Le débat sur les logiciels libres au gouvernement du Québec va peut-être arriver par la grande porte, celle sur la collusion lors des appels d’offres. Étonnant.

HDLC dans Le Devoir (2)

Le billet intitulé Où est passée la glace du golfe du Saint-Laurent? est cité par Louis-Gilles Francoeur dans l’article intitulé La dérive de la banquise, publié dans l’édition du 5 mars 2010 du journal Le Devoir.

Je recopie ici, avec l’aimable permission de l’auteur, l’intégrale de l’article en question. Toute autre reproduction est interdite.

Logo du Devoir
Le Devoir, NATURE, vendredi 5 mars 2010, p. b8

La dérive de la banquise

Louis-Gilles Francoeur

Animalistes, écologistes et conservationnistes partagent pour une fois une même inquiétude: où les phoques du Groenland vont-ils se reproduire cette année en l’absence de glaces dans le golfe du Saint-Laurent et quel sera l’impact à long terme d’une pareille situation si le phénomène s’installe à demeure?

Selon le Service des glaces du Canada, l’espace central entre Terre-Neuve et les côtes du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse était au centre totalement libre de glaces, et en bordure des côtes, la superficie couverte était d’un dixième alors qu’elle est généralement de neuf à dix fois plus dense.

En clair, la quasi-totalité des zones du golfe du Saint-Laurent et du versant nord du Québec est «présentement libre de glaces alors qu’elle devrait en être recouverte en entier».

Un blogueur, Michel Tremblay, a réuni sur son site (www.ptaff.ca/blogue/) plusieurs des caractéristiques de cet hiver pour le moins anormal. Par exemple, il note que les villes de l’est du Québec ont connu un relèvement surprenant de leurs températures. Ainsi, à Natashquan, la température moyenne de janvier est passée de -13,5 °C à -8,1 °C, une différence énorme, alors que celle de Gaspé passait de -11,9 °C à -8 °C. À Natashquan, on a même vu le sol dénudé de neige en février!

Une conjonction de facteurs semble expliquer ce portrait inusité, dont profitent par contre en milieux terrestres plusieurs autres espèces, dont les cerfs et les orignaux, mais aussi leurs prédateurs, parce que le faible couvert de neige facilite les déplacements et l’accès à la nourriture. D’ailleurs, on mesure mal l’importance des changements qui vont toucher la faune en raison du changement climatique. Il suffit de se remémorer que des chercheurs de Laval ont récemment établi que la ligne de démarcation du pergélisol avait régressé vers le nord sur 130 km en quelques décennies pour mesurer à quel point la végétation et les espèces animales vont modifier leurs aires de distribution dans les prochaines années.

Le réchauffement du climat apparaît comme le moteur principal de cette tendance à l’amenuisement des glaces dans le golfe, un phénomène tout aussi visible dans un fleuve qu’on peut de moins en moins traverser sur la glace, que ça plaise ou non aux climato-sceptiques.

Mais l’année en cours est aussi une année El Nino, ce qui suscite une température plus douce partout en Amérique, et de façon de plus en plus importante jusque dans nos régions nordiques et de l’est. L’année prochaine, qui devrait être une année

El Niña, devrait par contre nous apporter plus de froid et de précipitations neigeuses.

Deux impacts majeurs résultent de ce phénomène. L’érosion des rives tout autour du golfe va s’accentuer, car les glaces en rive ne sont plus là pour les protéger contre les puissantes tempêtes hivernales. Dans certains secteurs, on peut perdre jusqu’à 20 mètres par année!

Mais un impact non moins important est sans contredit l’impossibilité dans un tel contexte pour les phoques femelles de se reproduire sur les glaces, comme elles ont l’habitude de le faire. Plusieurs questions se posent désormais. Est-ce que les phoques vont migrer comme d’habitude vers les Îles-de-la-Madeleine et le sud de Terre-Neuve comme par le passé pour se rendre compte à la dernière minute que leur rendez-vous annuel avec les glaces est raté? Les femelles n’auront alors d’autre choix que d’accoucher dans l’eau, ce qui va noyer en quelques minutes les nouveaux nés. On imagine qu’un nombre indéterminé de phoques pourraient tenter d’accoucher sur des îlots rocheux près des côtes, voire sur les plages où ils seront plus vulnérables aux prédateurs.

Mais avec un troupeau de près de six millions de têtes, ce n’est pas la perte d’une année de reproduction qui va justifier l’inscription des phoques sur la liste des espèces menacées! Pour avoir un troupeau en santé, selon les biologistes de Pêches et Océans Canada, il faudrait d’ailleurs ramener ce troupeau à 4,1 millions de têtes, ce qui laisse une ample marge de manoeuvre aux autorités fédérales qui définissent annuellement le quota de prises.

Mais à court terme, il est particulièrement intéressant d’observer le discours des acteurs principaux de ce dossier. Par exemple, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), un puissant groupe animaliste, dit s’inquiéter énormément de cette situation sans précédent depuis 30 ans. Il demande du même souffle au gouvernement fédéral de mettre fin à cette chasse «cruelle et inutile» pour aider le cheptel à se maintenir. Assez curieusement, le groupe animaliste met l’accent sur la chasse, alors qu’avec un quota de capture autour de 300 000 têtes par année, le troupeau ne court aucun risque à court terme. Par contre, l’IFAW n’engage pas ses immenses ressources financières contre la cause principale du problème qu’elle pointe, soit le réchauffement du climat et ses causes, la surconsommation de biens et services, la production d’énergies fossiles, l’usage immodéré des transports individuels, la consommation de viande, etc. Elle préfère continuer d’émouvoir le grand public avec de véritables campagnes de désinformation qui misent toujours sur l’image de blanchons attendrissants alors que leur abattage est strictement interdit depuis 20 ans au Canada.

À l’opposé, la sénatrice Céline Hervieux-Payette demandait en décembre au gouvernement Harper d’assurer aux chasseurs terre-neuviens et des Îles le revenu minimum qu’ils tiraient de cette chasse en 2005, soit 15,4 millions, pour contrer l’impact du boycottage institué l’an dernier par l’Union européenne.

«Si le gouvernement conservateur s’est empressé de trouver 4 milliards pour sauver l’industrie automobile américaine, peut-être pourrait-il sauver l’emploi de milliers de travailleurs canadiens» qui tirent un revenu de la chasse au phoque! Le budget fédéral d’hier devrait nous fournir la réponse de Stephen Harper.

***

Lecture: L’Énergie de l’eau, une richesse à exploiter dans le respect de l’environnement, par Maylis Gaillard, éditions Le Cherche midi, Paris, 2009, 117 pages. Une apologie assez peu critique mais intéressante sur le plan technique de la production hydroélectrique dans les eaux douces et salées. On part du principe discutable selon lequel «toute eau est bonne à turbiner» (p. 22) en se fiant, cependant, au contexte législatif de France où, contrairement à ici, les passes migratoires pour les poissons sont obligatoires pour la plupart des projets. On ne fait par contre aucune mention des conclusions du rapport très critique de la Commission mondiale des barrages, publié en 2000.La dérive de la banquise

© 2010 Le Devoir. Tous droits réservés.

Numéro de document : news·20100305·LE·284336
Date d’émission : 2010-03-06
Le présent document est protégé par les lois et conventions internationales sur le droit d’auteur et son utilisation est régie par ces lois et conventions.
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Fagstein, le Devoir et Wikipédia

En réponse à un article signé Stéphane Baillargeon digne de 2004 dans le Devoir qui décrit les déficiences de la couverture du Québec sur wikipédia, Fagstein fait une remarque judicieuse à ce propos:

The problem isn’t Wikipedia, it’s that people have been taught to believe everything they read without question.

N’est-ce pas.

Si vous voulez vous crainquer encore plus, vous pouvez lire Christian Rioux dans son tout aussi obsolète texte nommé La société des blogues où il affirme:

Si, grâce aux idéologues d’Internet, le premier élève venu peut se prendre pour d’Alembert ou Diderot, il n’est pas besoin de chercher longtemps les causes du décrochage scolaire.

Rien de moins.

Ne faites plus d’hyperlien vers Cyberpresse

Cyberpresse, c’est le site web qui regroupe les journaux de Gesca, l’organe de presse de Power Corporation. Les journaux du Québec appartenant à Gesca sont:

  • La Presse
  • Le Soleil
  • La Voix de l’Est
  • La Tribune
  • Le Nouvelliste
  • Le Droit
  • Le Quotidien

Selon des chiffres qui sont sujets à débat, Gesca contrôlerait 70% de la presse écrite québécoise.

On peut peut-être se tromper sur le 70%, mais on peut aisément convenir que les journaux de Gesca représentent une portion très importante de ce qui est publiée au Québec et donc des idées qui y sont échangées.

Alors, pourquoi suggérer de ne plus faire d’hyperlien vers cette ressource fantastique?
Réponse: parce qu’ils font disparaître les articles après 5 mois.

Vous écrivez un billet, un article, que sais-je?, et vous désirez faire un hyperlien vers un des articles des nombreux journaux de Gesca? Dites-vous que, 5 mois après la publication de l’article, vous aurez une belle erreur 404 vous indiquant que ce que vous cherchez n’existe plus. Si vous avez une autre source, plus pérenne, je vous suggère fortement de l’utiliser pour vos hyperliens.

Personnellement, je vais me tourner vers Le Devoir pour ce qui concerne le Québec en général. Mais lorsqu’il est question du Saguenay en particulier, j’ai un sérieux problème. Les publications de ma région natale sont toutes deux (le Progrès-dimanche et le Quotidien) une propriété de Gesca. La prochaine fois que j’ai besoin d’une source pour l’actualité du Saguenay, je vais être dans le trouble.

Pourquoi est-ce que Gesca procède de la sorte? C’est le combat des archives en ligne qui est sûrement à l’origine de cette disparition. Le raisonnement est qu’une partie des gens qui veulent avoir accès à ces articles seront prêts à payer pour ce faire. Le hic, c’est que même si une partie paye pour le contenu, il est quand même disparu de la toile. On ne peut plus y faire d’hyperliens et le texte n’est plus indexé par les moteurs de recherche.

Ce qui est curieux, c’est qu’il y a une théorie qui veut que les journaux de Gesca, ou à tout le moins La Presse, soit déficitaire et que Paul Desmarais les utiliserait pour fins de propagande. La disparition des archives en ligne de Gesca est en opposition avec cette philosophie. Soit Gesca ne cherche pas à avoir le maximum de visibilité possible, ce qui correspond à leur agissement, ou bien le grand patron ne comprend pas ce que peut représenter le rayonnement sur la toile.

Y a quelqu’un qui a l’adresse courriel à Paul?

Trouvez l’erreur

Près de 33% de la population en est atteinte et principalement les femmes; soit une sur quatre.

De quelle manière une veine devient-elle une varice?, Journal le 24 heures, Montréal, 11 novembre 2008, p. 28

HDLC dans le National Post

Marianne White de canwest a publié un article, dans le National Post cette fois-ci (également disponible sur canada.com), à propos du billet de ce blogue où l’on peut télécharger le rapport de Santé Canada sur les changements climatiques.

Mise à jour: il semble que l’article n’est pas dans la version papier du journal.
Mise à jour 2: Le même article, dans l’Ottawa Citizen.

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