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Stratégie inusitée pour un référendum

La saison s'y apprétant, je me suis mis à réfléchir politique, particulièrement concernant le débat sur l'indépendance du Québec.

Voila le résultat de ma réflexion:

Il semble de plus en plus probable que le parti Libéral du Québec ne sera pas réélu aux prochaines élections. Il semble aussi que nous aurons un référendum sur la souveraineté dans les premiers mois d'un gouvernement du PQ. La stratégie que le PQ prend pour atteindre ses objectifs me semble bonne et tenir la route. Par contre, la stragégie des libéraux me semble quant à elle, plutôt boiteuse et est même peut-être contre-productive et ne les aidera pas à atteindre leurs objectifs. Selon moi, les actions prises présentement par le gouvernement (bonnes ou mauvaises, ce n'est pas là le point de la discussion) ne vont pas contribuer à sa ré-élection.
Je me suis donc demandé quelle serait la meilleure stratégie à adopter pour les fédéralistes/libéraux du Québec, afin de réaliser leurs objectifs: c'est-à-dire gagner le prochain référendum. Évidemment, la meilleure facon pour les libéraux de gagner un référendum c'est de s'assurer qu'il n'aura jamais lieu mais soyons réalistes, on peut assumer sans risque de se tromper qu'il aura bel et bien lieu.

Commencons par poser les hypothèses de départ:

1. Le mouvement souverainiste va toujours continuer d'exister;
2. Le parti Québécois sera surement réélu un jour, c'est inévitable dans une démocratie, selon l'alternance naturelle des partis (même si ça peut prendre du temps parfois);
3. Le PQ va tenir un référendum s'il est élu, c'est évidemment une de leur priorité.

Mettons-nous dans la peau des Libéraux. La meilleure solution pour eux, ça ne serait pas plutôt de tenir eux-même un référendum? Tant qu'à laisser les péquistes le faire avec une question du genre de celle de 95, ne vaudrait-il pas mieux en tenir un avec une question choisie par des fédéralistes du genre: « voulez-vous que le Québec se sépare du Canada et devienne un pays indépendant? oui ou non. » ?

Il peut alors arriver deux choses, selon l'analyse que j'en fais:

Les forces fédéralistes gagnent le référendum

Avec une question du genre, ça serait surement dans les proportions de 55% pour le NON et 45% pour le OUI, plus ou moins 2 %. Suite à ce reférendum, les fédéralistes devraient immédiatement discuter constitution avec le reste du Canada, question de régler la question contitutionnelle, ça fait depuis 1982 que ca stagne. Avec ce genre de résultat, les fédéralistes auraient peut-être un meilleur rapport de force avec Ottawa. Car ils pourraient utiliser l'argument : « on a gagné pas mal juste avec une question très claire. Si vous (Ottawa) ne voulez pas répondre aux demandes traditionnelles du Québec, réalisez bien qu'un jour le PQ va faire un référendum avec une question moins claire et alors ça va passer et vous ne serez pas plus avancés ». Bon argument selon moi. À la limite ça pourrait même fonctionner et le Québec pourrait avoir quelque chose qui ressemble aux Accords de Meech et les 4 revendications traditionnelles de la province. (droit de veto pour les questions concernant le Québec, nomination de juges à la Cour suprême, contrôle de l'immigration, reconnaissance de la société distincte.)

Le référendum gagné par les fédéralsites, ça laisse alors peu de marge de manoeuvre pour le PQ pour un autre référendum car ils viennent d'en perdre un avec une question claire. Donc, les libéraux sortent gagnants.

Les péquistes gagnent le référendum

Si les péquistes gagnent un référendum organisé par des fédéralistes avec une question de ce genre, on peut donc tirer comme conclusion qu'il était inévitable qu'un jour le référendum soit gagné. Ça se serait fait de toute facon dans quelques années, dans un autre référendum cette fois organisé par le PQ.

Donc les libéraux se retrouveraient avec l'obligation de faire l'indépendance et c'est eux qui passent pour les bons gars dans cette histoire et sortent gagnants de l'affaire (ou alors ils se retrouvent dans l'obligation de démisionner, déclencher des élections et laisser les péquistes négocier l'indépendance).

Elle ne serait pas surprenante celle-la comme conclusion à tous ces débats? Personne ne l'aurait vu venir!
Ca rendrait la politique au Québec diablement exitante.

Yannick Lemieux

Mes plus belles découvertes sur Google Maps!

Je considère sérieusement Google Maps comme ma plus belle découverte à jamais sur le web. C'est ce que j'y ai vu qui m'a fait le plus comprendre le monde dans lequel j'habite. En observant surtout les photos satellites, on peut faire directement le lien avec l'histoire, l'actualité mondiale et les grandes questions environnementales.
En plus, on peut quelquefois y voir des choses vraiment inusitées. Il s'agit de savoir où aller chercher!

Je vous propose donc un petit top 10:

  1. Le site d'essai d'arme nucléaires américaines, au nord-ouest de Las Vegas, sur le "Nellis air force Range". Les multiples dépressions qu'on peut voir sont le résultat d'essai atomiques sous-terrain. Une belle relique de la guerre froide, une époque qui nous parait bien loin aujourdhui!
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=37.109408%2C-116.050644&spn=0.044543%2C0.084230&t=h&hl=en
  2. La bande Gaza. On peut voir clairement le "mur" ainsi que l'utilisation de la terre par les deux peuples. Saviez-vous que la bande de Gaza est un des endroit les plus densément peuplés de la terre?
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=31.355982%2C34.391327&spn=0.190787%2C0.336920&t=h&hl=en
  3. La déforestation de la forêt amazonienne, au Brésil.
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=-3.820408%2C-50.855713&spn=0.891673%2C1.347679&t=h&hl=en
  4. Dans le même ordre d'idée, la déforestation au Québec…
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=49.846839%2C-69.705505&spn=0.288134%2C0.673840&t=h&hl=en
  5. Un camp militaire Canadien en Bosnie-Herzégovine (Velika Kladusa).
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=45.167137%2C15.818124&spn=0.009845%2C0.021057&t=h&hl=en
  6. Le delta du Nil. On comprend pourquoi une civilisation a pu s'y développer.
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=30.382353%2C31.437378&spn=1.541848%2C2.695358&t=h&hl=en
  7. La zone démilitarisée séparant la Corée du Sud de la Corée du Nord.
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=37.958377%2C126.760511&spn=0.005505%2C0.010529&t=h&hl=en
  8. Le cratère du Nouveau-Québec.
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=61.264291%2C-73.659210&spn=0.429652%2C1.347679&t=h&hl=en
  9. Montréal l'hiver et l'été sur la même photo!
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=45.506227%2C-73.838253&spn=0.009786%2C0.021057&t=k&hl=en
  10. Pouvez-vous deviner ce qu'il manque sur cette photo??
    http://maps.google.com/maps?q=las+vegas&ll=40.711158%2C-74.013004&spn=0.005292%2C0.010529&t=k&hl=en

Yannick Lemieux

L'absence de réponse de PG Elections ou là où s'arrête la démocratie

10e billet d'une série de 12 concernant le vote électronique. Vous pouvez avoir accès au résumé des 12 billets ou encore à la liste de tous les billets concernant le vote électronique.

J'ai contacté le Directeur général des élections (DGE) dans un premier temps, puis la Ville de Montréal dans un deuxième temps. J'ai obtenu les réponses et les documents que j'avais démandés, le tout avec un service courtois et rapide.

J'en étais rendu à contacter PG Elections, conformément aux informations du DGE, pour obtenir « des renseignements techniques » sur les urnes électroniques. J'ai donc consulté le document envoyé par le DGE contenant les noms et coordonnées des fournisseurs des urnes et du matériel utilisées dans le cadre des « nouveaux mécanismes de votation ».

La première entrée concerne PG Election:

PG Élections
Madame Claire Gagnon
400, boul. Jean Lesage
Hall Est, bureau 330
Québec (Québec)
G1K 8W1

Téléphone : (418) 524-5734
Sans frais : 1-866-524-5734
Télécopieur : (418) 524-3587
Courriel : cgagnon(à)pgelections.com

Vendeur : Monsieur André Julien
Courriel : ajulien(à)pgelections.com

Lettres à PG Elections

J'ai envoyé un courriel à madame Claire Gagnon pour lui poser mes questions. J'ai mis en copie conforme la personne qui a répondu à mes questions de la part du DGE, Mireille Loignon.

Date: Tue, 6 Dec 2005 12:15:25 -0500 (EST)
From: Miguel Tremblay
To: Claire Gagnon
Cc: Mireille Loignon
Subject: Demande d'informations sur l'urne électronique

Bonjour Mme. Gagnon,

Suite à un courriel du DGE, auquel je demandais comme fonctionnait les urnes électroniques lors des élections municipales dans ma circonscription le 6 novembre 2005, on m'a répondu que « Pour les spécifications techniques, il faut toujours se référer directement au fournisseur ».

En pièce jointe se trouvait la liste des fournisseurs de matériel pour les « nouveaux modes de votation » pour les élections municipales de novembre 2005 et, pour la Ville de Montréal, il s'agissait du système PERFAS-TAB de la firme PG Elections inc.

Je m'adresse donc à vous pour avoir une réponse à mes questions techniques.

—————————————————————————

Premièrement, quels sont les renseignements concernant les urnes électroniques qui sont disponibles pour les citoyens ?

Que pouvons-nous savoir sur leur fonctionnement ?

Est-il possible de voir, physiquement, à quoi ressemble une urne électronique de ce type ?

Dans le point 5 de l'ENTENTE CONCERNANT DE NOUVEAUX MÉCANISMES DE VOTATION POUR UNE ÉLECTION AVEC BUREAU DE VOTE INFORMATISÉ ET URNES « PERFAS-TAB », il est écrit:
5 PROGRAMMATION
Chaque carte de mémoire utilisée est spécialement programmée par la firme PG Elections inc. de manière à recevoir et compiler les bulletins de vote conformément aux termes de la présente entente.
Qui a vérifié cette programmation et comment l'a-t-il fait ? Est-ce possible pour une personne externe de vérifier cette programmation ? Cette vérification s'est-elle fait sans accès au code source ?

Pourriez-vous également me renseigner la régulartié des agissements d'une dame qui a pris la chemise de confidentialité de toutes les personnes votant et les a elle-même mis dans l'urne électronique ?

Si moi, ou n'importe quel citoyen, désirerait connaître ce qui arrive au bulletin de vote une fois qu'il est entré dans l'urne électronique, aurait-il le droit de connaître le fonctionnement physique et électronique de l'appareil ? Aurait-il le droit de vérifier lui-même le matériel (pas nécessairement avant le vote, ceci étant le rôle du président d'élection) ?
Si non, pourriez-vous indiquer ce que nous avons le droit de connaître et cequi nous est refusé ? Si oui, pourriez-vous m'indiquer comment je dois procéder pour avoir accès à ces renseignements ?

Merci de votre attention,

Miguel Tremblay
Citoyen de l'arrondissement Villeray - St-Michel - Parc-Extension, Ville de Montréal

N'ayant toujours pas reçu de réponse après 2 jours, j'ai envoyé un autre courriel à madame Gagnon dans l'espoir d'avoir une réponse, ne serait-ce qu'un accusé de réception.

Date: Thu, 8 Dec 2005 22:41:26 -0500 (EST)
From: Miguel Tremblay
To: Claire Gagnon
Subject: Demande d'informations sur l'urne électronique (bis)

Bonjour Mme. Gagnon,

Je vous envoyé un courriel, dont vous trouverez le texte à la fin de ce message, mardi le 7 décembre dans lequel je vous demandait s'il était possible d'avoir de l'information à propos des urnes électroniques que votre compagnie a fournies à la Ville de Montréal pour les élections municipales de novembre 2005.

Je n'ai toujours pas eu de réponse ni d'accusé de réception de votre part. Serait-il possible d'avoir une réponse à mes questions svp ?

En cas d'absence de réponse de votre part d'ici mardi le 13 décembre, je concluerai que vous répondez par la négative à cette question. Je m'adresserai par la suite au DGE pour savoir si j'ai d'autres recourts afin d'avoir des réponses de la part de PG Elections.

Merci de votre attention,

Miguel Tremblay

[Suit le texte du premier courriel que j'ai envoyé à PG Elections]

La fin des recours pour le vote électronique

L'échéance du 13 décembre étant arrivé, j'ai envoyé un courriel au DGE pour savoir si j'avais d'autres recours possibles pour connaître le fonctionnement des urnes électroniques:

Date: Tue, 13 Dec 2005 13:48:28 -0500 (EST)
From: Miguel Tremblay
To: Mireille Loignon
Subject: Demande d'informations sur l'urne électronique (bis) (fwd)

Bonjour Mme. Loignon,

J'ai envoyé 2 courriels (que vous retrouverez ci-bas) à PG Elections pour savoir, suite aux informations qui vous m'aviez fournies, s'il était possible d'avoir des renseignements sur les urnes électroniques vendues par leur compagnie et utilisées lors des élections municipales de novembre 2005.

Or, après 1 semaine, je n'ai toujours reçu aucune réponse ni même d'accusé de réception de la part de PG Elections.

Ai-je d'autres recours pour avoir des informations sur les urnes électroniques ou est-on soumis à la bonne volonté de PG Elections ?

Merci de votre attention,

Miguel Tremblay

[Suit le texte des 2 courriels envoyés à PG Elections]

La réponse du DGE m'est parvenue 2 jours plus tard. Ce courriel est très limpide et explique clairement où s'arrête les recours des citoyens pour savoir comment fonctionne le processus démocratique pour élire leurs dirigeants:

Date: Wed, 14 Dec 2005 11:59:00 -0500
From: Mireille Loignon
To: miguel.tremblay(à)ptaff.ca
Subject: Rép. : Demande d'informations sur l'urne électronique (bis) (fwd)

Bonjour monsieur Tremblay,

Nous regrettons que vous n'ayez à ce jour reçu aucune nouvelle. Vous comprendrez cependant que le Directeur général des élections du Québec n'a aucun pouvoir contraignant à cet égard.

Nous nous permettons cependant de vous suggérer d'utiliser les autres moyens disponibles pour communiquer avec eux (voir notre première réponse) dans l'espoir que l'un de ses représentants daigne vous répondre. Ultimement,vous pourriez solliciter l'aide d'un conseiller juridique afin d'identifier les outils légaux vous permettant de les contraindre à ce faire.

Mais avant, nous vous rappelons que chaque municipalité devra produire un rapport à la suite de l'utilisation d'un nouveau mécanisme de votation. La loi ne prévoyant pas un délai spécifique à la production de ces rapports et le protocole prévoyant un délai de 120 jours, dans le contexte particulier vécu par certaines municipalités lors de l'élection du 6 novembre dernier, le Directeur général des élections du Québec a demandé qu'ils soient produits pour le 21 décembre prochain.

Sans présumer de son contenu, le rapport qui sera déposé par la municipalité de Montréal pourrait contenir des pistes de réponses à vos interrogations. Dans ce sens, nous vous suggérons d'attendre son dépôt et de nous en faire une demande d'accès. Il est évidemment trop tôt maintenant mais dès que nous l'aurons obtenu nous pourrons valablement répondre à une telle demande.

Pour toute précision ou information complémentaire, n'hésitez pas à communiquer de nouveau avec nous.

Veuillez recevoir, monsieur Tremblay, nos salutations distinguées.

[Texte générique pour participer à un sondage]

François Simard
Préposé aux renseignements
Directeur général des élections du Québec
Fsimard(à)dgeq.qc.ca
1-888-ELECTION (1-888-353-2846)

Les autres moyens disponibles pour communiquer avec eux sont: le téléphone, le fax ou le courrier traditionnel. Dans tous les cas, je suis soumis à leur bon vouloir; s'ils ne veulent pas me répondre, je ne peux rien faire.

Ce qui me frappe particulièrement, c'est que non seulement le citoyen ordinaire ne peut rien faire pour obtenir ces renseignements, mais même le Directeur général des élections du Québec n'a aucun pouvoir contraignant à cet égard. Donc, si le fournisseur de matériel électronique refuse de fournir de l'information sur les mécanismes utilisés lors des élections, il n'y a rien qui puisse l'y forcer, même pas l'arbitre de notre système électoral et gardien de notre démocratie, le Directeur général des élections.

L'autre recours que j'ai est de contacter un conseiller juridique pour voir s'il y a un moyen légal d'obtenir ces renseignements. Même si cette possibilité existe, elle est réservée à la population qui a suffisamment d'argent pour se payer un juriste. On a donc un système démocratique où, au mieux, la connaissance du fonctionnement est réservée aux nantis et où, au pire, cette connaissance n'est accessible à personne sauf aux fabricants du matériel informatique.

J'ai bien hâte de lire ce fameux rapport sur l'utilisation des nouveaux mécanismes de votation pour voir si on y parle de cette privatisation du système d'élection (j'ignore si on peut encore parler de démocratie dans ce cas).

L'invention de l'écriture

J'ai écris ce billet lorsque j'étais en pleine lecture de « Information Ages: Literacy, Numeracy, and the Computer Revolution » (référence 1 à la fin de ce billet). J'avais initialement l'intention de publier 2 billets, l'un relatant les débuts de l'invention de l'écriture et un second faisant un parallèle entre les révolutions reliées à l'écriture et le web sémantique.

Suite à mes réflexions, je me suis rendu compte que le deuxième billet devrait plutôt être de la taille d'un essai. Permettez-moi de me restreindre à la publication du premier.

L'enfance de l'écriture, le proto-cunéiforme (~ 3000 avant J.C)

Contrairement à ce qui trainaît dans mon imaginaire, il n'y a pas un gars qui s'est levé un matin et qui a pensé à un système pour transmettre de l'information par écrit. Non, ce n'est pas comme ça que ça c'est passé. C'est la fin d'un long processus qui s'est développé « naturellement ».

Au début, dans notre fameux Croissant fertile, plus précisément en Mésopotamie, est né ce qu'on appelle le berceau de la civilisation. Les terres étaient justement tellement fertiles et les pâturages si verts que les animaux et les denrées ne pouvaient plus se compter à l'aide des seules billes qui étaient alors utilisées. Ça faisait beaucoup trop de billes et en plus il fallait pouvoir différencier les espèces d'animaux entre elles, sans parler de ne pas les confondre avec ce qui poussait dans les champs.

Figurines d'argiles trouvées sur le site de l'ancienne ville de Susa (ajourd'hui en Iran). Ces figurines datent d'environ 3300 ans avant J.C.

Les habitants de cet endroit ont donc façonné des petites figurines en terre cuite qui représentaient des objets (image ci-haut). Un ovale représentait un poisson, un rond une vache, etc. (NDA: les associations sont fictives) Par la suite, ils ont inscrit des traits ou des formes à l'aide d'un objet pointu, le stylet, sur les figurines. Ces marques représentaient un nombre: un point représentait une dizaine, une barre une centaine, etc. À ce moment, vers 3300 avant Jésus-Christ, on venait d'inventer (de trouver ?) pour la première fois une représentation qui n'était pas une correspondance directe entre l'objet représenté et l'objet réel (une bille pour une vache, une figure pour un poisson).

Tablette avec de l'écriture proto-cunéiforme datant d'environ 3000 avant J.C.

Par la suite, les transactions se complexifiant à mesure que les villes croissaient (nous sommes toujours dans le Croissant fertile), le besoin est apparu, autour de 3200-3100 avant J-C, de comptabiliser des denrées de natures différentes (poisson ET vache) de manière concise. Alors, plutôt que d'utiliser des figurines, les habitants de la Mésopotamie à cette époque, les Sumériens, les dessinèrent tout simplement sur des plaques d'argiles divisées en petits rectangles en ajoutant un symbole, toujours à l'aide d'un stylet, indiquant le nombre. Les dessins des Sumériens se lisait de haut en bas (dans le sens des dessins) et de la droite vers la gauche. Cette technique passa par la suite, pour des raisons obscures, vers des dessins avec le haut orienté vers la droite et se lisant de la gauche vers la droite, le lecteur tournant la plaque de 90° dans le sens anti-horaire afin d'avoir les symboles dans le bon sens. On nomme cette écriture proto-cunéiforme (traduction de l'anglais proto-cuneiform).

L'écriture cunéiforme (~ 2600 avant J.C)

En 3000 ans avant J-C, à mesure que les villes florissaient, le nombre de personnes influentes, lire riches, augmentait lui aussi. Alors que les hommes les plus influents étaient reconnus par leur symbole, une quantité de plus en plus grande de gens plus anonymes faisaient du commerce et devaient être identifiés sur nos fameuses plaques d'argiles. Il était impossible aux gens d'alors de connaître tous les symboles les représentant, ils étaient trop nombreux. Comment procéder alors ? La solution utilisée par les Sumériens fut sûrement le rébus, c'est-à-dire la représentation phonétique de 2 objets combinés pour en identifier un troisième n'ayant aucun rapport avec les 2 autres. Un exemple de rébus en français peut être incarné par le dessins d'un sou et le dessin d'un grain de riz qui, une fois accolés et prononcés, donne le mot « souris » (sou+riz). Il est donc possible, avec ce stratagème, d'identifier les personnes par la façon dont leur nom est prononcé, et non de faire une association entre un sigle et une personne ou un objet. Cette astuce permet également, pour la première fois, de représenter des concepts qui ne sont pas nécessairement un objet, comme le fait qu'un pain soit cuit par exemple.

Également vers cette époque, les Sumériens cessèrent d'utiliser le stylet pour opter pour la pointe triangulaire, ce qui leur permettait de faire un trou plus ou moins creux et une ligne plus ou moins fine, ce qui permit d'augmenter le nombre de symboles par unité de surface à leur disposition. Ce sont les sigles dessinés avec la pointe triangulaire que l'on nomme écriture cunéiforme (voir l'image ci-dessous).

Tablette avec de l'écriture cunéiforme datant d'environ 2600 avant J.C

L'image ci-dessous représente l'évolution de 10 signes du proto-cunéiforme jusqu'au cunéiforme. De gauche à droite, la première colonne illustre l'origine proto-cunéiforme de ces signes, la deuxième leur rotation de la verticale à l'horizontale, les 2 deux dernières montrent la différence de représentation qu'a amené l'utilisation d'un stylet à pointe triangulaire.
Évolution de 10 signes cunéiforme

L'heureux mélange des Akkadiens et des Sumériens (~ 2300 avant J.C)

Vers 2500 avant J-C, des types connus sous le nom d'Akkadien sont venus s'établir dans le nord de la Mésopotamie. Ces gens parlaient une langue différente de celle des Sumériens. Commerce obligeant, il fallut reproduire les sons que les Akkadiens utilisaient afin de composer des rébus, pour pouvoir écrire leur langue. Éventuellement, les rébus représentant des sons dans une langue qui n'était pas la leur, les Sumériens reconnurent les symboles comme représentant le concept, et non la phonétique du mot. Le rébus consistant en un dessin de sou et un dessin d'un grain de riz n'aurait, par exemple, aucun sens pour un anglais (penny et rice), alors qu'avec l'usage, ils finiraient par assimiler le lien entre ces dessins et la souris, une mouse pour lui. Les gens qui possédaient les connaissances suffisantes pour pouvoir décoder et écrire ces concepts sont ceux que l'on nomme scribes.

La langue des Akkadiens comporte des inflections sur la fin des mots, comme la conjugaison des verbes par exemples, ce qui n'était pas le cas de la langue sumérienne qui était plutôt basée sur des mots monosyllabiques. Une fois que les Akkadiens eurent maîtrisés l'écriture et imposés leur contrôle sur la région, vers 2300 avant J-C, ils la dévelopèrent afin qu'elle puisse bien représenter leur langue polysyllabique.

Comme on peut le constater, les premiers textes écrits n'étaient pas en fait ce que l'on nomme aujourd'hui de la littérature mais plutôt des listes; liste d'objet, de possession, de transaction, de prières. Il faudra attendre la rencontre des Phéniciens et des Grecs pour qu'un autre niveau puisse être atteint, mais ça c'est une autre histoire.

Références

La première référence indique le livre que j'ai utilisé pour ce billet. Les images de ce billet ont été numérisées à partir d'illustrations dans ce livre. Elles proviennent respectivement des pages 58, 59, 61 et 60.

La deuxième référence pointe vers une revue qui traite du même sujet. Quoique moins intéressante, la revue est plus abordable (monétairement) et a la qualité d'être en français. Il doit présentement, décembre 2005, être disponible dans toute la francophonie.

  1. Information Ages, Literacy, Numeracy, and the Computer Revolution, Michael E. Hobart and Zachary S. Schiffman, The John Hopkins University Press, 1998, ISBN 0-8018-6412-7
  2. L'écriture depuis 5000 ans; HORS SERIE LES COLLECTIONS DE L'HISTOIRE N°29, octobre-décembre 2005

Le Jeep Commander, le JEEP qu'y a pas peur de TOÉ!

La publicité du Jeep Commander qui passe présentement à la télévision m'irrite au plus haut point. Je trouve paradoxal que d'un côté les médias n'en finissent plus de couvrir la conférence de Montréal, le protocole de Kyoto et de façon générale le réchauffement global, et que d'un autre côté l'on fasse hommage à l'incarnation de la réussite sociale par le subtil déambulement de quelques mètres cubes d'acier dans les rues de nos villes.

Ça me fait penser aux images que l'on voit parfois d'une personne fumant une cigarette dans un hôpital dans les années '50. On ne peut alors s'empêcher d'avoir un réflexe de surprise et de remettre les choses en contexte en se disant « à l'époque ils ne savaient pas à quel point c'était nocif ». Bien là on sait fait qu'on agit. Comment se fait-il qu'un conducteur de Hummer puisse encore se promener la tête haute dans la rue sans se faire huer par la foule ? C'est une personne qui empiète sur un bien commun, l'atmosphère, au mépris de la santé de toute une planète.

C'est un symbole me direz-vous, ce n'est pas parce qu'il n'y a plus de VUS que nous inverserons le réchauffement global. Je répondrais que c'est un symbole, que si l'on veut vraiment inverser le type de consommation que nos sociétés ont, il faut d'abord changer les images que nous véhiculons comme facteur de réussite. Et ça commence en traitant leurs propriétaires d'irresponsables et d'irrespecteux envers ce qui appartient à tous les êtres vivants, pas en en faisant l'éloge à grand coup de 30 secondes à toutes les 5 minutes.

Quand j'entends la publicité sur le Jeep Commander, je ne peux m'empêcher de penser à l'excellente capsule de Macadam Tribus, capsule qui vente les mérites du « 4X4 COMMANDO, le TRUCK qui a pas peur de TOÉ! (l'hyperlien ne fonctionnait malheureusement pas au moment de la publication) qui illustre parfaitement le ridicule de ce genre de véhicule.

Classement des sites webs des partis politiques fédéraux

Amusons-nous un peu. Regardons le PageRank et le classement d'Alexa pour les différents partis politiques des élections fédérales du 26 janvier 2006 au Canada.

Le PageRank va de 1 à 10, 1 étant médiocre et 10 extraordinaire.
Le classement Alexa représente la popularité d'un site web (selon Alexa), 1 étant le site web le plus visité au monde, 100 le 100e site, etc. Plus le score est bas, plus c'est bon.

Résumons: Gros PageRank = bon, petit score Alexa = bon. Ok, on est prêt.

Méthodologie

  • J'ai pris la liste des partis politiques sur ce site. Si vous constatez des omissions, laisser un commentaire et je vous arrange ça.
  • La position est basée sur le classement Alexa puisqu'avec seulement 10 niveaux, le PageRank n'a pas assez d'échelons pour départager les concurrents.
  • Lorsque le classement Alexa n'est pas disponible pour le site web du parti, j'ai inscrit le mot Niet.
  • Lorsque la version française n'avait pas de classement, j'ai indiqué (en) et fait un hyperlien vers la page utilisée.
  • Pour fin de comparaison, le site de ptaff.ca a un PageRank de 5 et un classement Alexa de 936 636.

Classement des pages webs des partis politiques du Canada

Parti politique PageRank Alexa Position
Parti conservateur du Canada 5 146 824 (en) 1
Nouveau Parti démocratique du Canada 6 191 509 (en) 2
Parti Libéral du Canada 6 213 448 3
Parti vert du Canada 7 308 094 4
Bloc Québécois 6 718 601 5
Parti Libertarien 6 739 075 6
Parti Action Canadienne 6 1 239 533 7
Parti Progressiste-Canadien 5 1 442 063 8
Parti de l'Héritage Chrétien du Canada 6 1 515 318 9
Parti Marijuana 6 2 135 383 10
Parti communiste du Canada 6 2 701 998 11
Parti marxiste-léniniste du Canada 5 4 260 425 12
Parti de la Liberté du Canada 5 Niet 13
Parti Populaire des Putes 5 Niet 13
Western Canada Concept 5 Niet 13
Grey Party of Canada 4 Niet 16

Remarques

  • Les 3 principaux partis du pan-canadien occupent les 3 premières places.
  • Le Parti Conservateur a un PageRank de 5, ce qui détonne par rapport à son excellent classement Alexa.
  • Le Bloc Québécois, bien qu'étant le troisième parti quant au nombre de députés élus, ne peut faire mieux qu'une cinquième place, avec un score vraiment au-dessous de ce que l'on aurait pu attendre.
  • Le Parti vert du Canada s'en tire avec une mention très bien, étant le seul parti à avoir un PageRank de 7 et ayant un bien meilleur classement Alexa que le Bloc Québécois qui lui, quant à ce pointage, se compare plutôt… au Parti Libertarien.
  • Je déduis que le Western Canada Concept, bien qu'ayant eu une grande visibilité médiatique, n'a pas encore ce poids sur la toile. Peut-être plus tard dans la campagne ?