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Précipitation de neige à Montréal, observations et climatologie

Je me permets de recopier ici le commentaire de Jean-François qui répondait à celui de Matthias. sur le billet intitulé Climatologie de la neige au Québec.

Il y est question de l'abondance des précipitations de neige que nous connaissons cette année au Québec, plus particulièrement à Montréal. Le premier lien présente les observations pour les accumlations de neige pour l'hiver courant et le deuxième lien un graphique avec les accumulations historiques de neige pour chaque hiver depuis 1939.

À conserver dans ses signets, c'est certain que la question va revenir d'ici la prochaine semaine, le prochain hiver, la prochaine année, la prochaine décennie…

Salut Matthias,

Les chiffres officiels (en date d’aujourd’hui): Depuis le début [de] l’hiver 2007-08, Montréal a recu près de 260cm.

Si on fait le compte pour l’an 2007, donc de janvier à décembre, on arrive à “seulement” 320cm à Montréal. J’ignore d’où provient le 400cm…

Tu peux suivre l’évolution des accumulations de neige pour Montréal pour l’hiver en cours sur ce site: http://www.criacc.qc.ca/climat/suivi/quotidien/YUL_suiviClimatDly_f.html

Pour mettre les choses en perspectives, voici un graphique des accumulations de neige par hiver à Montréal depuis 1941 (les chifres pour l’hiver en cours n’ont pas été mis à jour): http://people.sca.uqam.ca/~caron/sommaires/neige.htm

Salutations,

Jean-François

Des nombres pour vos futures conversations enneigées!

Le redoux de janvier au Canada

Nous sommes au mois de janvier (2008), il fait chaud à Villeray (7°C), mais semble-t-il que c'est normal.

Ce n'est pas qu'on ne fait confiance aux spécialistes, mais c'est tellement plus agréable lorsque l'on peut voir. On veut du visuel! Je vous propose un tour d'horizon de la climatologie du mois de janvier de plusieurs villes du Québec et de quelques villes du Canada. Les données proviennent d'Environnement Canada, les graphiques sont une courtoisie de ptaff.ca.

Une petite explication des graphiques avant toute chose. Le bleu c'est pour le froid, le rouge c'est pour le chaud. Les lignes sont pour les moyennes et les points pour les records. Oublions les lignes vertes et brunes, vous êtes fins. L'axe horizontal représente le temps, l'extrême gauche du graphique étant le 1 janvier et l'extrême droite le 31 janvier.

Vous remarquerez que pour la plupart des villes du sud du Canada, il y a un réchauffement dans la troisième semaine de janvier, réchauffement que l'on peut distinguer par une petite remonté dans les lignes rouge et bleu.

Endroit: Bagotville
Période :Janvier 1942 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Bagotville
Endroit: Chibougamau
Période :Janvier 1942 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Chibougamau
Endroit: Gaspé
Période : Janvier 1965 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Gaspé
Endroit: Inukjuak
Période : Janvier 1921 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Inukjuak
Endroit: Kuujjuaq
Période : Janvier 1917 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Kuujjuaq
Endroit: Montréal
Période : Janvier 1942 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Montréal
Endroit: Sherbrooke
Période : Janvier 1962 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Sherbrooke
Endroit: Ottawa
Période : Janvier 1938 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Ottawa
Endroit: Timmins
Période : Janvier 1955 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Timmins
Endroit: Winnipeg
Période : Janvier 1938 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Winnipeg
Endroit: Régina
Période : Janvier 1937 — Décembre 2007
Climatologie de la température du mois de janvier pour Régina

Climatologie de la neige au Québec

Le moment me semble bien choisi pour s'attarder un peu sur la climatologie de la neige qui nous tombe, en moyenne, dessus.

J'ai fait le tour de la carte Chutes de neige de l'Atlas du Canada.

Puisque la Couronne me le permet, j'ai fait quelques saisies d'écran ne montrant que le Québec sur la carte, histoire de vous économiser du travail et une navigation inutile.

Commençons d'abord par la quantité de neige que nous recevons habituellement dans une année:

Chute de neige moyennes annuelles

On voit que le sud du Québec se divise en 2 zones. La première est délimitée par la vallée du St-Laurent, jusqu'à la ville de Québec, la vallée de l'Outaouais et la vallée du St-Maurice. Cette zone reçoit entre 100 et 200 cm de neige par année. Le reste du sud du Québec est beaucoup plus enneigé habituellement, environ le double de la quantité de précipitation solide soit entre 200 et 400 cm.

L'épaisseur maximale de neige au sol. C'est la Côte-Nord, la Gaspésie et Charlevoix qui ont le plus de neige au sol au Québec.

Épaisseur maximale de neige au sol pour le Québec

En rafale, l'épaisseur médiane de neige au sol à diverses date.

15 novembre
Climatologie de l’épaisseur de neige au sol pour le 15 novembre
Montréal: 0 cm
31 décembre
Climatologie de l’épaisseur de neige au sol pour le 31 décembre
Montréal: 30 cm
15 février
Climatologie de l’épaisseur de neige au sol pour le 15 février
Montréal: 50 cm
31 mars
Climatologie de l’épaisseur de neige au sol pour le 31 mars
Montréal: 0-10 cm

Et finalement la date médiane de la disparition de la couverture de neige. On devrait voir nos dernières traces de neige quelque part entre le 1 avril et le 1 mai.

Date médiane de disparition de la couverture de neige

Ha, Montréal l'hiver!

Bonne année!

Climatologie de la foudre pour le sud du Québec

Jean-François Caron, chercheur post-doctoral à Environnement Canada, a fait un beau graphique de la climatologie de la foudre pour le sud du Québec.

Les graphiques indiquent le nombre d'événement de foudre par km² pour chaque année entre 1998 et 2006.

Vous pouvez voir le site où l'on retrouve ces graphiques ainsi que l'article de Jean-François concernant ce produit sur le forum meteocentre.

Pour les amateurs de foudre, un petit vidéo synthétique sur un orage, compliments de ptaff.ca.

L'approche balancée du gouvernement du Canada

La position du gouvernement du Canada concernant le logiciel libre par rapport au logiciel propriétaire est la suivante:

En juin 2004, le GdC a annoncé une nouvelle position concernant les logiciels libres. Elle se base sur une approche équilibrée afin de s'assurer que la politique et les lignes directrices gouvernementales ne favorisent pas un modèle de gestion logicielle plus qu'un autre (logiciels libres vs commerciaux vs code sur mesure).

Note: Dans la version anglaise de la page, on parle de balanced approach ce qui a été traduit par approche équilibrée.

La position du gouvernement du Canada concernant l'environnement par rapport à l'économie est la suivante:

"We are promoting a balanced international approach to emissions reduction that engages all major emitters while respecting the unique characteristics of their national economies."

Déclaration de Stephen Harper au sommet des Nations-Unis sur les changements climatique.

Source: The Canadian Press

L'introduction du Cadre de réglementation sur les émissions atmosphériques stipule que

Le plan représente une approche équilibrée, une approche qui offre le temps et les outils nécessaires pour parvenir à des améliorations environnementales réelles et tangibles de manière responsable sur le plan économique.

Dans les 2 cas, le gouvernement du Canada choisit une approche dite balancée.

Mais, cette approche soulève des questions:
*Qui possèdent déjà les lobbyes et les contacts avec les fonctionnaires?
*Quelle option a le plus de financement pour faire valoir son point de vue?
*Quel concept est privilégié par l'inertie?

Comment avoir une approche balancée s'il y a initialement un déséquilibre?

Les 10 plus grosses tempêtes de neige de Montréal

Au lendemain de la plus grosse tempête de l'hiver à Montréal cette année (2006-2007), avec un décevant 15 cm d'accumulation de neige, regardons un instant les 10 plus grosses tempêtes de neige qu'a connu Montréal (station d'observation de Dorval, CYUL) depuis 1953.

Position Jour(s) Mois Année Accumulation (cm)
1 26-28 Décembre 1969 58,9
2 16-17 Février 1954 57,9
3 22-23 Mars 2001 50,2
4 26-27 Mars 1955 49,3
5 3-4 Mars 1971 47,0
6 13-14 Mars 1993 43,0
7 16 Décembre 2005 41,2
8 23-25 Février 1994 41,0
9 14-16 Janvier 1999 40,0
10 12-14 Février 1993 36,2

Quelques remarques:

  • La tempête du siècle, celle de 1971, n'est pas celle qui arrive en premier mais bien en cinquième position. Cette tempête a été exceptionnelle à cause des vents violents l'accompagnant et de l'étendu géographique de sa trajectoire: elle a fait des dégâts de Cuba jusqu'au Labrador.
  • Sur 53 ans d'archives (de 1953 à 2006), 6 des plus grosses tempêtes qu'a connu Montréal sont survenues après 1992. Ces années représentent 26% des données (de 1993 à 2006) mais ont 60% des plus importantes accumulations de neige.
  • Mars est le mois où l'on retrouve le plus de tempête parmi ce tableau (4), suivi de février (3), décembre (2) et finalement janvier (1).

Introduction sur le réchauffement climatique

J'ai lu relativement beaucoup de livres, textes, billets, et revues qui traitent du réchauffement climatique.

J'ai lu hier un article écrit par Kerry Emmanuel, professeur de météorologie au MIT, qui résume admirablement bien le sujet. Kerry Emmanuel couvre les différents angles de la problématique:

  • Historique de la prise de conscience du réchauffement climatique
  • Phénomènes physiques impliqués
  • Limitation des méthodes de simulation
  • Contribution de l'humain dans le réchauffement
  • Conséquences du réchauffement
  • La science, la politique et le traitement médiatique

Cet article est quand même assez long, une quinzaine de pages, mais il s'agit sans nul doute d'un incontournable pour quiconque s'intéresse à la question. Il s'agit d'un chef d'oeuvre de vulgarisation.

Petits bémols: l'article est en anglais et n'utilise que des degrés Fahrenheit.

L'article: Phaeton’s Reins

Billets de HDLC traitant plus en profondeur de sujets abordés dans l'article:

Le refroidissement global de la stratosphère

Ce que l'on nomme le réchauffement global ne touche que la couche de l'atmosphère la plus près de la Terre. Cette couche, d'une épaisseur variant entre 8 et 14 km selon la saison et la latitude, se nomme la troposphère.

Si la troposphère se réchauffe, la théorie veut que la couche directement au-dessus, la stratosphère, se refroidisse. Toutes les observations satellites de la température de l'air confirment le refroidissement de la stratosphère.

Conséquences du refroidissement de la stratosphère

Diminution de la couche d'ozone

La stratosphère est surtout connue à cause de la fameuse couche d'ozone, plus précisément du trou dans cette couche. C'est en effet à cet endroit que l'on trouve la majorité de l'ozone de l'atmosphère terrestre. Cette couche d'ozone fait office de filtre pour les rayons ultra-violets provenant du Soleil. La diminution de cette couche, constatée à la fin des années 70, était causée par une famille de gaz créé par l'homme et n'existant pas dans la nature : les chlorofluorocarbones ou CFC. Les scientifiques ayant constaté le lien entre ces gaz et la destruction de la couche d'ozone ont réussi à suffisamment conscientiser les gouvernements pour qu'en 1987 soit signé le Protocole de Montréal règlementant leur usage. Ce fut d'ailleurs un franc succès.


Décomposition de l'ozone dans la stratosphère

La couche d'ozone de la stratosphère se maintient grâce à des réactions chimiques plus ou moins complexes ayant lieu à cet endroit. Or, si la température à laquelle ces réactions chimiques ont lieu change, l'épaisseur de la couche d'ozone va varier elle aussi. Et plus il fait froid, plus elle diminue.

Réactions chimiques à l'origine de l'ozone (O3) stratosphérique:

O2 + rayonnement solaire -> O + O
O + O2 -> O3

Une première conséquence de ce refroidissement sera un amincissement de la couche d'ozone, non plus par des gaz la détruisant, mais bien par un débalancement de l'équilibre chimique étant à sa source.

Augmentation de la violence des phénomènes de convection

Les phénomènes de convection sont des phénomènes ayant lieu dans la troposphère amenant un brassage vertical rapide de l'air. Les orages et les ouragans en sont d'excellents représentants. L'air est chauffé à la surface de la Terre et monte ensuite verticalement. Cet air chaud monte jusqu'à la tropopause, nom de la zone limitant la troposphère et la stratosphère. Elle ne monte pas plus haut parce que la température de la stratosphère augmente avec l'altitude, à l'inverse de la troposphère. La stratosphère donne lieu à très peu de mouvement vertical d'air, elle est composée de « strates ».


Profil vertical de température dans l'atmosphère.

Puisque la stratosphère se refroidit, elle devient plus dense, plus lourde. En étant plus lourde, elle se déforme moins lorsqu'un phénomène « rebondit » sur elle, réfléchissant plutôt cette énergie vers le bas, dans la troposphère.
On peut dès lors prédire que les phénomènes convectifs (orages et ouragans) vont être, à énergie égale, plus violents si la stratosphère est plus froide.



Une petite analogie peut aider la compréhension de ce phénomène. On n'a qu'à penser à 2 pièces où se trouvent chacune 5 personnes qui discutent. Une des pièces a un plafond en tapis et l'autre a un plafond en ciment. Le niveau de bruit, à conversation égale, est beaucoup plus élevé dans la pièce avec le plafond en ciment puisque la grande majorité du son qui monte est réfléchie vers le bas.

Imaginez maintenant qu'une des pièces est l'atmosphère du temps passé (plafond en tapis) et que l'autre est celle du présent (plafond en ciment). Si l'on fait entrer 3 personnes de plus pour jaser dans la pièce en ciment (augmentation de l'énergie dans la troposphère due au réchauffement climatique), ça va être vraiment plus bruyant que celle avec le tapis.

Donc, pour l'avenir, on peut prévoir dès maintenant un plus grand nombre d'orages et l'augmentation en violence de ceux-ci. On ne s'ennuiera pas.

Références

Stratospheric cooling
http://www.realclimate.org/index.php/archives/2006/11/the-sky-is-falling/
http://www.atmosphere.mpg.de/enid/2__Ozone/-_Cooling_nd.html
http://www.sciencemag.org/cgi/content/full/314/5803/1253
http://en.wikipedia.org/wiki/Ozone_depletion

Pourquoi les routes du Québec sont-elles en pire état que celles de ses voisins?

Un soir de l'été 2006, on discutait un ami et moi sur mon balcon et le sujet de conversation, comme il est déjà arrivé tant d'autres fois, a bifurqué sur l'état des routes du Québec.

Mon ami prétendait que les Québécois étaient plus caves que leurs voisins parce que leurs routes sont en bien plus mauvais état. On n'a qu'à observer lorsque l'on arrive des États-Unis, la route de ce côté-ci de la frontière est beaucoup plus maganée.

Que non! Me suis-je écrié. La climat québécois est beaucoup plus rude que celui de ses voisins, vallée du Saint-Laurent oblige. Comme j'essaie parfois de documenter mes affirmations, j'ai, dans les jours suivant notre conversation, fait une revue de littérature sur la question.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me suis rendu compte qu'il n'existait absolument aucune étude sur la question. Rien!

Ne faisant ni une ni deux, j'ai décidé de faire moi-même une étude tout ce qu'il y a de plus sérieux sur la question. Quelques dizaines d'heures de travail plus tard, ça a donné l'article titré Étude de la fréquence des événements météorologiques précurseurs des nids-de-poule : le Québec un cas particulier?.

L'article se trouve à cette adresse:
//ptaff.ca/routes_du_quebec/

Note: Ceci n'est pas une lecture que l'on peut faire en prenant un 5 minutes de pause à son travail. Y a de la protéine pour la matière cérébrale!

Noël vert à Montréal

Préparez-vous, population de la grande région de Montréal, vous allez entendre jaser la famille sur le manque de neige de ce Noël 2006.

Nous allons aussi fort probablement ouïr que « dans le temps, c'était pas de même, il y avait toujours de la neige à Noël ».

Bien qu'effectivement les temps changent, attardons-nous un moment sur la page couverture de La Presse du samedi 12 janvier 1924.

Dans le temps aussi, ils avaient un dans le temps!

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