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Une rue « Léo Major » à Montréal?

Rue Léo Major

La Ville de Montréal peut maintenant nommer une rue en l'honneur du héros de guerre Léo Major. En effet, suite à la démarche entreprise par M. Christian Élie Fournier, le Comité de toponymie de Montréal a accepté le 12 juin 2014 d'ajouter le nom de Léo Major dans la banque prévisionnelle de toponymie. Cependant, cela ne garantit pas son emploi pour la dénomination d'un lieu de la Ville de Montréal.

Ayant grandi sur la rue Frontenac dans le quartier du Centre-Sud à Montréal, Léo Major a joint les rangs du régiment de la Chaudière, a participé au débarquement de Normandie, à la bataille de la Normandie, ainsi qu’à la libération de la Belgique et de la Hollande. Ses faits d’armes incluent la libération à lui seul de la ville de Zwolle aux Pays-Bas pendant une nuit d'avril en 1945, la capture de 93 prisonniers de guerre pendant une patrouille à la bataille de l'Escaut (1944) et le maintient avec 18 hommes de la colline 355 contre des centaines de Chinois durant la guerre de Corée (1950-53).

Avenue de la ville de Zwolle nommée en l

Léo Major est l'un des trois seuls soldats du Commonwealth britannique, et le seul Canadien à avoir reçu deux Médailles de conduite distinguée (Distinguished Conduct Medal) et le seul soldat à les avoir reçues dans deux guerres différentes. Une avenue importante de la ville de Zwolle a été nommée en son honneur : « Avenue Léo Major - Premier libérateur canadien de Zwolle (1921-2008) » .

En ce 100e anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale et ce 70e anniversaire du débarquement de Normandie, voilà une occasion parfaite pour le maire de Montréal et de l'arrondissement Ville-Marie de rendre hommage à tous ces héros de guerre québécois qui, comme Léo Major, sont honorés en Europe, mais méconnus sur leur terre natale.

Bientôt une rue Léo Major à Montréal?

Gaston Tremblay, missionnaire

Logo de ptaff.ca

Il y a quelques années, j'eus la surprise d'apprendre qu'un de mes grands-oncles a été prisonnier de guerre en Malaisie pendant la Seconde Guerre mondiale. J'avais toujours vu ce conflit comme appartenant aux livres d'histoire, et jamais je n'aurais cru qu'un membre de ma famille ait pu y être impliqué aussi directement, encore moins fait prisonnier par l'ennemi.

Ce grand-oncle maternel, c'est Frère Gaston, missionnaire en Malaisie pendant 35 ans. Et heureusement pour la petite histoire familiale, il existe une version manuscrite de sa vie que nous avons retranscrite sur ptaff.ca.

Bonne lecture!

Article wikipédia de Léo Major: 12 juin 2011

What would Léo Major do?

L'article sur Wikipédia consacré à Léo Major est un d'un magnifique lyrisme. Ce ton n'est peut-être tout à fait pas approprié pour un article d'encyclopédie mais avec un homme comme Léo, qui a tout d'une légende excepté la notoriété, je crois qu'aucun autre style ne pourrait mieux décrire ses actes.

Afin de cristalliser cette version, j'en fais ici une copie avant qu'elle ne soit modifiée pour en faire un article neutre.

Léo Major

Léo Major, DCM avec agrafe (né le 23 janvier 1921 à New Bedford2, Massachusetts, et mort le 12 octobre 20083,4 à Longueuil, Québec) est un militaire québécois ayant servi dans le Régiment de la Chaudière des Forces canadiennes. Il s'est distingué par ses actes de bravoure lors de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée.

Seconde Guerre mondiale

Le débarquement allié en France

Léo Major s'enrôle en 1940 à l'âge de 19 ans. Il arrive en Écosse au début de l'année 1941. Il suit l'entraînement de commando en Grande-Bretagne avant le jour J.

Avec cinq autres soldats du régiment de la Chaudière, il participe à la capture de la Juno Beach en Normandie, et dès la première journée du jour J, il capture un véhicule blindé allemand (Hanomag Sd.Kfz 251), lequel contient du matériel de communication et des codes secrets de l'armée allemande.

Quelques jours plus tard, lors de sa première rencontre avec une patrouille SS, il tue quatre soldats, mais l'un d'eux réussit à enflammer un grenade phosphorescente. Avec l'explosion, Major perd un œil. Le médecin qui le soigne lui déclare : « Mon ami la guerre est finie pour vous. Vous allez retourner en Angleterre. », ce à quoi Major répond : « Pas du tout ! Désolé, mais j'ai une guerre à finir ». Il refuse d'être évacué.

Pendant la bataille de Normandie, il détruit un char d'assaut Panzer dans le village de Rots.

Il continue son service comme éclaireur et tireur d'élite, en insistant sur le fait qu'il n'a besoin que d'un seul œil pour voir avec son arme. Selon lui, « il ressemblait à un pirate. ».

Pays-Bas, été 1944

Lors de la bataille de l'Escaut dans le sud de la Hollande, Léo Major capture 93 soldats allemands a lui tout seul.

Au cours d'une reconnaissance, seul, il repère deux soldats allemands marchant le long d'une digue. Comme le temps est froid et pluvieux, il se dit, « je suis gelé et mouillé à cause de vous, vous paierez. » Après avoir réussi à capturer le premier Allemand, il tente de l'utiliser comme appât pour se saisir du reste de l'unité. Le second soldat avait tenté d'utiliser son arme, mais il fut rapidement tué. Léo Major continue sa mission dans le but de capturer le commandant de l'unité et la forcer à se rendre. La garnison allemande se rend après que trois autres soldats sont abattus par Major. Dans un village voisin, des troupes SS voyant des soldats allemands escortés par un soldat canadien tirent sur leurs propres camarades, en blessant quelques-uns et en en tuant sept. Major méprise le feu ennemi et continue à escorter ses prisonniers à la première ligne canadienne. Il ordonne alors à un char canadien de tirer sur les troupes SS.

Il revient au camp avec près d'une centaine de prisonniers. C'est pour cette action qu'il est choisi pour recevoir une Médaille de conduite distinguée. Cependant il décline l'invitation à être décoré. En effet, c'est le Général Montgomery qui doit lui remettre la décoration, mais Léo Major, qui le juge militairement incompétent, la refuse.

En février 1945, Léo Major aide l'aumônier du régiment à récupérer les corps de soldats d'un char Tigre pour les mettre dans un véhicule de transport : un Bren Carrier. Après avoir fini de charger les corps, l'aumônier s'assoit près du conducteur, Major prend place à l'arrière. Le véhicule roule sur une mine antichar et l'aumônier et le conducteur sont tués sur le coup, alors que Léo Major est projeté en l'air, avant d'atterrir durement sur le bas du dos, qu'il se brise. Sans connaissance, il est placé derrière un camion par des médecins pour le transporter vers un hôpital de campagne situé à 50 km. Le camion s'arrête toutes les 15 min pour qu'on puisse lui injecter de la morphine et qu'il supporte la douleur. De nouveau on lui dit que la guerre était finie pour lui et qu'il serait rapatrié vers l'Angleterre en raison de ses fractures au dos en 3 endroits, en plus de deux chevilles et quatre côtes cassées. Une semaine s'écoule et Major a l'occasion de fuir. Il réussit à obtenir d'une jeep passante qu'on le conduise à Nimègue, une ville où il avait précédemment rencontré une famille hollandaise, les Slepenbeck. Il séjourne chez la famille près d'un mois avant de rejoindre son unité en mars 1945.

Première Médaille de conduite distinguée

Au début du mois d'avril 1945, le Régiment de la Chaudière approche de la ville de Zwolle au Pays-Bas. Cette ville fait l'objet d'une forte résistance des troupes allemandes, durant les mois de mars et avril, 50 soldats canadiens perdent la vie chaque jour. Afin de connaître la force et la position de l'ennemi, le commandant du régiment demande deux volontaires avant de donner l'ordre à l'artillerie de pilonner la ville. Léo Major et son meilleur ami, Wilfrid « Willie » Arseneault, se portent volontaires9. Afin de garder intacte la ville, le couple décide d'essayer de capturer Zwolle seul.

Ils partent à la tombée de la nuit et arrivent à la ferme Van Gerner où ils ont des difficultés à communiquer avec le fermier et sa famille qui tentent de leur dire, sans parler néerlandais qu'il y a beaucoup d'Allemands dans la forêt près de la ferme. Ils quittent la ferme vers 23 heures. Peu de temps après, Arseneault est tué par des tirs allemands après avoir accidentellement donné la position de l'équipe. Furieux, Léo Major répond en tuant deux Allemands, mais le reste du peloton fuit dans un véhicule. Il décide alors de poursuivre sa mission seul.

Il entre dans la ville de Zwolle durant la nuit et il se met à attaquer les patrouilles allemandes et à courir dans les rues de la ville en mitraillant et lançant des grenades dans les maisons vides afin de faire croire à l'invasion de la ville par les troupes canadiennes. Une dizaine de fois, il surprend des groupes de 8 à 10 soldats allemands : une fois capturés, il les dirige hors de la ville près des positions du régiment et les remet aux soldats canadiens français, puis retourne vers la ville pour continuer sa mission. Quatre fois dans la nuit, il doit forcer quelques portes de maison pour pouvoir se reposer et faire le point. Il tombe aussi sur le quartier-général des SS, et livre un combat rapide avec 8 officiers supérieurs, mortels pour 4 d'entre eux, les autres étant en fuite2. Il met le feu au QG de la Gestapo.

Au petit matin, il se rend compte que les dernières troupes allemandes ont quitté la ville et que Zwolle est libérée. Il se met à frapper à plusieurs portes mais les habitants sont trop effrayés pour sortir. Finalement, il rencontre des membres de la résistance qui lui présentent une enseignante d'anglais. Léo Major lui demande d'annoncer à la radio que la ville est libérée des Allemands. C'est alors que les habitants commencent à sortir. Il repart récupérer le corps de Willie Arseneault et le remet au fermier qui le garde jusqu'à ce que le régiment de la Chaudière le récupère pour l'enterrer. Il est de retour au camp à 9 heures. La population accueille le régiment canadien qui entre dans la ville libérée.

Pour ces actions, Léo Major reçoit sa première décoration Médaille de conduite distinguée (DCM), l'une des principales décorations britanniques pour acte de bravoure. Wilfrid Arseneault reçoit le Lion de Bronze à titre posthume en 1970 par la reine Juliana.

Guerre de Corée et seconde DCM

Lors de la guerre de Corée, l'armée canadienne demanda à Léo Major s'il serait volontaire pour aller en Corée5 et qu'il serait le millième soldat à s'enrôler pour cette guerre. L'armée canadienne espérait ainsi inciter d'autres Canadiens à s'enrôler car un héros de la Seconde Guerre mondiale donnait l'exemple. Léo Major est alors caporal avec le Royal 22e Régiment. En Corée, les Américains avaient perdu une colline importante (la 355) lors d'une attaque. La 5ème division américaine forte d'environ 10 000 hommes, s'étaient repliée en laissant une importante quantité de matériel derrière elle. Ils tentèrent sans succès de récupérer la colline et demandèrent l'aide de l'armée canadienne. Le colonel demanda à Léo Major s'il pouvait faire quelque chose. Léo Major demanda qu'on lui laisse carte blanche, qu'on lui laisse choisir ses hommes et que chaque homme après cette mission recevrait une bouteille de rhum et une permission. Le colonel accepta et Léo Major partit à la tombée de la nuit avec un peloton qu'il avait lui-même entraîné. Au matin, la colline était aux mains de Léo Major et son équipe5. Les Chinois lancèrent deux de leurs divisions (la 190e et la 191e) environ 14,000 hommes, en contre-attaque sans succès. Léo Major faisant preuve de courage et de détermination donna l'exemple et permit à son peloton de résister et de repousser une attaque chinoise venant des 4 directions pendant 3 jours5 avant d'être remplacés par d'autres troupes canadiennes. Un soldat avait été blessé et Léo Major le descendit de la colline sur ses épaules (on ne doit pas oublier qu'il avait eu le dos brisé en Hollande). Pour cette action Léo Major reçu sa deuxième DCM.

Honneurs

Léo Major est l'un des trois seuls soldats du Commonwealth britannique, et le seul canadien à avoir reçu deux Médaille de conduite distinguée et le seul soldat à les avoir reçues dans deux guerres différentes. Il est aussi le seul soldat connu pour avoir libéré une ville à lui seul11.

Le régiment de la Chaudière a créé un trophée en l'honneur de Léo Major et remis annuellement à la compagnie la plus efficace12.

Il fut reçu le 14 avril 1970 par la reine Juliana. Il reçut le titre de citoyen d'honneur de Zwolle le 14 avril 2005 à l'âge de 84 ans.

Il est inhumé au Champ d'honneur national du Fonds du Souvenir à Pointe-Claire, Québec, Canada.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Léo Major de Wikipédia en français (auteurs)

Mascouche, 1778

Un billet publié sur P45.

Mascouche, ce n’était pour moi qu’une insignifiante petite ville au nord de Montréal. Une vieille ville entourée de nouveaux projets immobiliers, convertissant les terres agricoles en habitations pour migrateurs pendulaires. La banlieue, quoi.

C’était avant de découvrir qu’un événement d’une rare violence s’y est déjà déroulé.

Ça s’est passé en 1778.

La Nouvelle-France n’est plus, conquise depuis huit ans déjà par les Britanniques. Aux côtés de l’occupant britannique, plus de 4000 mercenaires allemands. Les États-Unis, un pays depuis deux ans seulement, tentent d’envahir le Canada pour la seconde fois.

Au mois de mars, le gouverneur Carleton fait lever des troupes de Montréal à Trois-Rivières, afin d’être en mesure de repousser une attaque américaine dans la vallée du Richelieu. Partout, la réponse est rapide et positive. Partout, sauf à Mascouche.

Dans ce village, le capitaine de la milice locale essuie un refus de ses 32 hommes. Ces Mascouchois, de 16 à 60 ans, sont alors emprisonnés. Le commandant de Montréal envoie par la suite à Mascouche un détachement de troupes afin d’en faire un exemple pour toute la colonie. Ces troupes, en l’absence des hommes du village, pillèrent presque toutes les maisons et violèrent plusieurs filles et femmes.

On libéra ensuite les 32 habitants qui, retournant chez eux, trouvèrent leurs femmes et filles déshonorées. C’est le lieutenant-colonel Ehrenbrook, du régiment allemand de Rhetz, qui avait dirigé l’opération de répression de Mascouche.

Fin.

Référence:

Histoire populaire du Québec, tome 1 : des origines à 1791, Jacques Lacoursière, Septentrion, 1995, p. 440.

Les 3 petits cochons, version Seconde Guerre mondiale

Le court-métrage d'animation Blitz Wolf est une version des trois petits cochons de 1942.

Il y vrai qu'à bien y penser, entre une maison de brique et une division d'artillerie, il n'y a pas à hésiter.

Texte du manifeste du FLQ

Beaucoup de bruit a été fait autour de la lecture du manifeste du FLQ qui a été élu lors du Moulin à paroles soulignant les 250 ans de la bataille des Plaines d'Abraham.

Mais que dit ce texte?

Voici la lecture du manifeste qui fut diffusé sur les ondes de Radio-Canada le 8 octobre 1970, deux jours avant l'enlèvement du vice-Premier ministre québécois; Pierre Laporte.

L'intégral du manifeste tel que recopié à partir de Wikisource. Curieusement, la lecture qui est faite sur les Radio-Canada ne correspond pas intégralement à ce texte. Un bon bout n'est pas dit (de Oui, il y en a des raisons, et les gars de la Lord les connaissent jusqu'à et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.).

Front de libération du Québec: Manifeste

Le Front de libération du Québec n'est pas le messie, ni un Robin des bois des temps modernes. C'est un regroupement de travailleurs québécois qui sont décidés à tout mettre en œuvre pour que le peuple du Québec prenne définitivement en mains son destin.

Le Front de libération du Québec veut l'indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les « big boss » patronneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse-gardée du cheap labor et de l'exploitation sans scrupule.

Le Front de libération du Québec n'est pas un mouvement d'agression, mais la réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l'entremise des marionnettes des gouvernements fédéral et provincial (le show de la Brinks, le bill 63, la carte électorale, la taxe dite de « progrès social », Power Corporation, l'assurance-médecins, les gars de Lapalme …).

Le Front de libération du Québec s'autofinance d'impôts volontaires prélevés à même les entreprises d'exploitation des ouvriers (banques, compagnies de finance, etc.).

«Les puissances d'argent du statu quo, la plupart des tuteurs traditionnels de notre peuple, ont obtenu la réaction qu'ils espéraient, le recul plutôt qu'un changement pour lequel nous avons travaillé comme jamais; pour lequel on va continuer à travailler.» - René Lévesque, 29 avril 1970.

La « democracy » des riches

Nous avons cru un moment qu'il valait la peine de canaliser nos énergies, nos impatiences comme le dit si bien René Lévesque, dans le Parti Québécois, mais la victoire libérale montre bien que ce qu'on appelle démocratie au Québec n'est en fait et depuis toujours que la « democracy » des riches. La victoire du Parti Libéral en ce sens n'est en fait que la victoire des faiseurs d'élections Simard-Cotroni. En conséquence, le parlementarisme britannique, c'est bien fini et le Front de libération du Québec ne se laissera jamais distraire par les miettes électorales que les capitalistes anglo-saxons lancent dans la basse-cour québécoise à tous les quatre ans. Nombre de Québécois ont compris et ils vont agir. Bourassa dans l'année qui vient va prendre de la maturité: 100 000 travailleurs révolutionnaires organisés et armés!

Oui, il y en a des raisons à la victoire libérale. Oui, il y en a des raisons à la pauvreté, au chômage, aux taudis, au fait que vous M. Bergeron de la rue Visitation et aussi vous M. Legendre de Ville de Laval, qui gagnez 10 000 dollars par année, vous ne vous sentiez pas libres en notre pays le Québec.

Oui, il y en a des raisons, et les gars de la Lord les connaissent, les pêcheurs de la Gaspésie, les travailleurs de la Côte Nord, les mineurs de la Iron Ore, de Quebec Cartier Mining, de la Noranda les connaissent eux aussi ces raisons. Et les braves travailleurs de Cabano que l'on a tenté de fourrer une fois de plus en savent des tas de raisons.

Les « vaisseaux d'or »

Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Tremblay de la rue Panet et vous, M. Cloutier qui travaillez dans la construction à St-Jérôme, vous ne puissiez vous payer des « vaisseaux d'or » avec de la belle zizique et tout le fling flang comme l'a fait Drapeau l'aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu'il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère.

Oui, il y en a des raisons pour que vous Madame Lemay de St-Hyacinthe, vous ne puissiez vous payer des petits voyages en Floride comme le font avec notre argent tous les sales juges et députés.

Les braves travailleurs de la Vickers et ceux de la Davie Ship les savent ces raisons, eux à qui l'on n'a donné aucune raison pour les crisser à la porte. Et les gars de Murdochville que l'on a écrasés pour la seule et unique raison qu'ils voulaient se syndiquer et à qui les sales juges ont fait payer plus de deux millions de dollars parce qu'ils avaient voulu exercer ce droit élémentaire. Les gars de Murdochville la connaissent la justice et ils en connaissent des tas de raisons.

Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Lachance de la rue Ste-Marguerite, vous alliez noyer votre désespoir, votre rancœur et votre rage dans la bière du chien à Molson. Et toi, Lachance fils avec tes cigarettes de mari… Des tas de raisons Oui, il y en a des raisons pour que vous, les assistés sociaux, on vous tienne de génération en génération sur le bien-être social. Il y en a des tas de raisons, les travailleurs de la Domtar à Windsor et à East Angus les savent. Et les travailleurs de la Squibb et de la Ayers et les gars de la Régie des Alcools et ceux de la Seven-Up et de Victoria Precision, et les cols bleus de Laval et de Montréal et les gars de Lapalme en savent des tas de raisons.

Les travailleurs de Dupont of Canada en savent eux aussi, même si bientôt ils ne pourront que les donner en anglais (ainsi assimilés, ils iront grossir le nombre des immigrants, Néo-Québécois, enfants chéris du bill 63).

Et les policiers de Montréal auraient dû les comprendre ces raisons, eux qui sont les bras du système; ils auraient dû s'apercevoir que nous vivons dans une société terrorisée parce que sans leur force, sans leur violence, plus rien ne fonctionnait le 7 octobre!

Le fédéralisme « canadian »

Nous en avons soupé du fédéralisme canadien qui pénalise les producteurs laitiers du Québec pour satisfaire aux besoins anglo-saxons du Commonwealth; qui maintient les braves chauffeurs de taxi de Montréal dans un état de demi-esclaves en protégeant honteusement le monopole exclusif à l'écœurant Murray Hill et de son propriétaire-assassin Charles Hershorn et de son fils Paul qui, à maintes reprises, le soir du 7 octobre, arracha des mains de ses employés le fusil de calibre 12 pour tirer sur les chauffeurs et blesser ainsi mortellement le caporal Dumas, tué en tant que manifestant ; qui pratique une politique insensée des importations en jetant un à un dans la rue des petits salariés des textiles et de la chaussure, les plus bafoués au Québec, aux profits d'une poignée de maudits « money makers » roulant en Cadillac; qui classe la nation québécoise au rang des minorités ethniques du Canada.

Nous en avons soupé, et de plus en plus de Québécois également, d'un gouvernement de mitaines qui fait mille et une acrobaties pour charmer les millionnaires américains en les suppliant de venir investir au Québec, « la Belle Province », où des milliers de milles carrés de forêts remplies de gibier et de lacs poissonneux sont la propriété exclusive de ces mêmes Seigneurs tout-puissants du XXe siècle;

Les blindés de la Brinks

D'un hypocrite à la Bourassa qui s'appuie sur les blindés de la Brinks, véritable symbole de l'occupation étrangère au Québec, pour tenir les pauvres « natives » québécois dans la peur de la misère et du chômage auxquels nous sommes tant habitués;

De nos impôts que l'envoyé d'Ottawa au Québec veut donner aux boss anglophones pour les « inciter », ma chère, à parler français, à négocier en français : repeat after me: « cheap labor means main-d'œuvre à bon marché ».

Des promesses de travail et de prospérité, alors que nous serons toujours les serviteurs assidus et les lèche-bottes des big shot, tant qu'il y aura des Westmount, des Town of Mount-Royal, des Hampstead, des Outremont, tous ces véritables chateaux forts de la haute finance de la rue St-Jacques et de la Wall Street, tant que nous tous, Québécois, n'aurons pas chassé par tous les moyens, y compris la dynamite et les armes, ces big boss de l'économie et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.

Nous vivons dans une société d'esclaves terrorisés, terrorisés par les grands patrons, Steinberg, Clark, Bronfman, Smith, Neapole, Timmins, Geoffrion, L. Lévesque, Hershorn, Thompson, Nesbitt, Desmarais, Kierans (à coté de ça, Remi Popol la garcette, Drapeau le dog, Bourassa le serin des Simard, Trudeau la tapette, c'est des peanuts).

Les grands maîtres de la consommation

Terrorisés par l'église capitaliste romaine, même si ça parait de moins en moins (à qui appartient la Place de la Bourse ?), par les paiements à rembourser à la Household Finance, par la publicité des grands maîtres de la consommation Eaton, Simpson, Morgan, Steinberg, General Motors…;

Terrorisés par les lieux fermes de la science et de la culture que sont les universités et par leurs singes-directeurs Gaudry et Dorais et par le sous-singe Robert Shaw. Nous sommes de plus en plus nombreux à connaître et à subir cette société terroriste et le jour s'en vient où tous les Westmount du Québec disparaîtront de la carte.

Travailleurs de la production, des mines et des forêts; travailleurs des services, enseignants et étudiants, chômeurs, prenez ce qui vous appartient, votre travail, votre production et votre liberté. Et vous, les travailleurs de la General Electric, c'est vous qui faites fonctionner vos usines; vous seuls êtes capables de produire; sans vous, General Electric n'est rien!

Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd'hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats; n'attendez pas d'organisation miracle.

Faites votre révolution

Faites vous-mêmes votre révolution dans vos quartiers, dans vos milieux de travail. Et si vous ne la faites pas vous-mêmes, d'autres usurpateurs technocrates ou autres remplaceront la poignée de fumeurs de cigares que nous connaissons maintenant et tout sera à refaire. Vous seuls êtes capables de batir une société libre.

Il nous faut lutter, non plus un à un, mais en s'unissant, jusqu'à la victoire, avec tous les moyens que l'on possède comme l'ont fait les Patriotes de 1837-1838 (ceux que Notre sainte mère l'Eglise s'est empressée d'excommunier pour mieux se vendre aux intérêts britanniques).

Qu'aux quatre coins du Québec, ceux qu'on a osé traiter avec dedain de lousy French et d'alcooliques entreprennent vigoureusement le combat contre les matraqueurs de la liberté et de la justice et mettent hors d'état de nuire tous ces professionnels du hold-up et de l'escroquerie: banquiers, businessmen, juges et politicailleurs vendus.

Nous sommes des travailleurs québécois et nous irons jusqu'au bout. Nous voulons remplacer avec toute la population cette société d'esclaves par une société libre, fonctionnant d'elle-même et pour elle-même, une societe ouverte sur le monde.

Notre lutte ne peut être que victorieuse. On ne tient pas longtemps dans la misère et le mépris un peuple en réveil.

Vive le Québec libre !

Vive les camarades prisonniers politiques !

Vive la révolution québécoise !

Vive le Front de libération du Québec !

Le deuxième et le second

V sign

Peu de gens le savent, mais il y a une différence entre la signification du mot second et du mot deuxième.

Certes, les 2 mots indiquent ce qui suit le premier.

Cependant, le terme second n'est employé que lorsqu'il n'y a que 2 éléments. Dans ce cas, second équivaut à dire dernier, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de troisième.

Dans le cas où il y a plus de deux éléments, on utilisera le terme deuxième. On peut déduire que si l'on utilise le terme deuxième, c'est qu'il y a un troisième.

Il est intéressant de noter que pour le cas de la guerre de 1939-45, les 2 termes sont acceptés: Seconde Guerre mondiale et Deuxième Guerre mondiale. Les optimistes peuvent opter pour le terme Seconde, les pessimistes pour Deuxième.

Non, il n'y a pas de terme neutre.

Source: Grand dictionnaire terminologique

Le Sri Lanka et les trois règles pour gagner une guerre contre-insurrectionnelle

Tigre

Le Sri Lanka vient de vaincre les Tigres Tamouls, après une guerre sanglante qui durait depuis des dizaines d'années. Ce conflit a la particularité d'être un exemple d'une armée conventionnelle qui a défait un mouvement de guérilla. Ces exemples ne sont guères nombreux.

Le Sri Lanka y a réussi parce qu'il a appliqué 2 des 3 règles pour gagner guerre contre-insurectionnelle

La règle numéro 2 stipule que pour vaincre un mouvement de guérilla, il faut mettre des forces suffisantes en place et occuper le terrain. Dans les dernières années, le Sri Lanka a appliqué cette règle religieusement. Voyant que le conflit s'était enlisé depuis des décennies, le Sri Lanka pris les grand moyens. Il a entre autre doublé la grosseur de ses forces armées à 190 000 hommes.

En même temps, le Sri Lanka a tissé des liens étroits avec le Pakistan et la Chine. Voyant l'aide de l'Ouest diminuer pour causes de violations humanitaires, le Sri Lanka a décidé d'acheter des quantités importantes d'armes de pays qui sont beaucoup moins stricts concernant ce genre de violations (sources: Los Angeles Time, Times Online).

Grâce à cet arsenal, le Sri Lanka a débuté une longue offensive en 2007 visant a conquérir le territoire tenu par l'adversaire. Changement important de stratégie, l'armée nationale se concentrait désormais à occuper le terrain gagné et ainsi réduire petit a petit le territoire tenu par les tigres Tamouls. Fini les offensives éclairs et les replis stratégiques.

Ceci nous mène à la règle numéro 1: isoler le champ de bataille.

Equipé d'avions de combats chinois, et de navires de patrouilles très performants, le Sri Lanka a réussi à fermer le détroit séparant l'île, de l'Inde, par où passait la grande majorité de l'approvisionnement en armement des Tigres. Depuis l'assassinat de Rajiv Ghandi par les Tigres Tamouls, le support de l'Inde aux Tigres avait en effet grandement diminué, malgré une forte population tamoule sur le continent indien. La coopération "passive" de l'Inde sur ce point fut cruciale. Autre facteur important, les images satellites fournies par une grande puissance occidentale (!) aidèrent grandement la cause Sri Lankaise. Ainsi donc, les Tigres, privés de leur approvisionnement, ont perdu graduellement leur territoire depuis les 2 dernières années, jusqu'à l'effondrement final il y a quelques jours.

Le Sri Lanka n'a pas vraiment eu besoin d'appliquer la règle 3, offrir à la population une alternative pacifique au changement, mais si leur offensive militaire avait été supportée après une forte offensive de propagande, les résultats auraient sûrement été beaucoup plus rapides et moins coûteux en vies humaines. L'armée nationale aurait perdu près de 7000 hommes dans les 2 dernières années.

Ce billet est publié sous licence Creative Commons BY-SA.

Étendue géographique des attaques des pirates somaliens

Les cartes suivantes montrent l'évolution du problème de la piraterie en Somalie. De 2005 à 2007, le problème n'était pas très répandu et les opérations des pirates s'effectuaient plutôt près des côtes.

Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2005
Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2005
Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2006
Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2006
Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2007
Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2007

Il semble que c'est en 2008 que se produit le plus grand changement. À partir de cette année, la majorité des attaques se produisent dans un secteur bien déterminé, entre le Yémen et la Somalie. On peut déduire qu'à partir de ce moment, ce qui était une activité locale commence à s'organiser. On peut présumer qu'avant 2008, les actes de pirateries étaient commis par des pécheurs désoeuvrés. Puis, à partir de 2008, le tout s'organise, un peu comme une grande entreprise. Les pirates acquérant de l'expérience, ils décident de cibler une zone particulièrement riche en objectifs.

Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2008
Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2008

Puis en 2009, c'est le choc. La piraterie côtière prend le large! Il semble que les pirates opèrent maintenant à partir de vaisseaux-mères qui naviguent au large pour plusieurs jours. Ces navires lancent des petites embarcations d'attaques rapides sur les objectifs. L'avantage est que la portée des attaques en est décuplée. Aussi le territoire devant être couvert par les forces navales internationales devient de plus en plus grand, diminuant donc les risques pour les pirates.

Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2009
Carte des attaques de pirates dans le golfe d’Aden pour 2009

Ces derniers démontrent d'excellentes capacités d'adaptation. Chapeau.

Lire aussi Comment régler le problème des pirates en Somalie?

Référence

* Piracy Map 2008, de l'International Maritime Bureau Piracy Reporting Centre

Comment régler le problème des pirates en Somalie?

Pirates somaliens

Le problème de la piraterie dans le golfe d'Aden est couvert d'une manière plutôt sommaire par les anciens médias. À leur défense, il est en effet plutôt difficile de se rendre au Somaliland ou au Puntland afin de conduire une enquête en profondeur sur le terrain, le contexte de sécurité ne s'y prêtant pas.

On nous dépeint les pirates de la Somalie comme des criminels de la pire espèce. Mais pourquoi y a-t-il des pirates dans cette région du monde? La présence des pirates sur la côte somalienne est une conséquence directe de l'absence d'autorité étatique sur ce territoire. Cette absence d'autorité a comme conséquence que la Somalie ne peut ni défendre ses côtes ni assurer sa souveraineté maritime. Cet état de fait a eu pour conséquence de laisser le champ libre, depuis plusieurs années, aux pêcheurs asiatiques et européens qui ont dépouillé la côte somalienne de tout poissons. De plus, on a retrouvé sur les côtes somaliennes de mystérieux barils remplis de matières toxiques et radioactives. La mafia italienne (qui est souvent dans le business du « recyclage ») s'est servie de cette côte comme véritable dépotoir.

Ceci à pour conséquence que le pêcheur somalien n'a plus de revenu et doit trouver une méthode alternative pour gagner de l'argent. La piraterie s'impose rapidement comme une solution possible.

Y-a-t-il des solutions à ce problème? Évidemment, mais comme pour bien des problèmes, il s'agit avant tout d'une question d'intérêts, d'économie et de motivation. Le règlement du problème en vaudrait-il les coûts humains et financiers? Pour qu'il y ait intervention, il faut qu'il y ait bénéfice pour celui qui la mène. Ce bénéfice peut être économique ou géostratégique. Il pourrait même être au niveau de l'image et de la perception. Imaginez les grands titres: « Le Québec indépendant règle définitivement la question des pirates somaliens ». Belle opération de relations publiques.

Voici donc je crois les grandes lignes pouvant mener à la solution du problème.

1. La solution « beau, bon pas cher »

Augmenter les patrouilles maritimes de la région. Les Combined Task Forced 150 et 151, patrouillent dans la région depuis quelques années déjà. Ceci assure un minimum de présence, mais bien des pirates vont continuer de passer entre les mailles du filet.

2. La solution musclée

Il s'agit d'armer les navires. Les navires commerciaux est bien entendu. Cette décision relève de chaque compagnie maritime. Ça revient donc à comparer les coûts d'assurances au coûts pour engager une petite équipe de contractuels en sécurité (des gros bras!). Quoiqu'il en soit, le problème n'est pas réglé à la source et les pirates se tourneraient vers les navires non armés, cette solution n’est pas globale mais seulement limitée à une compagnie qui prend cette décision.

3. L'invasion!

Envahir et occuper la côte somalienne. Pour éliminer la menace, il faudrait sans aucun doute priver les pirates de leurs bases arrières en Somalie (voir les 3 règles pour gagner une guerre contre-insurrectionnelle). Ça a le mérite d'être diablement efficace! Par contre, la liste des pays ayant la capacité et la volonté de mener des opérations de combat en Somalie semble bien courte, sinon vide.

4. La solution « tous azimuts »

Aider le gouvernement somalien à rétablir son autorité sur le pays et à se développer. Évidemment, ceci serait la meilleure solution, reconstruire un pays est un noble but. Par contre, la liste des « success story » de reconstruction dans les dernières années est bien mince. Nous reste-t-il des milliards pour la Somalie?

5. La solution dite: « romantico-libertarienne »

La publication de lettres de marque. Une solution qui a le mérite d'être originale! Une lettre de marque ou lettre de course est une lettre patente d'un souverain permettant à un capitaine et son équipage de rechercher, attaquer, saisir et détruire les navires ou les équipements d'une nation adverse dans les eaux territoriales internationales ou étrangères. En 1856, le Déclaration de Paris mit fin à cette pratique pour beaucoup de pays, avec la notable exception des États-Unis. À cette époque, la marine américaine étant très petite, le gouvernement voulait se garder l'option d'utiliser cette méthode dans une éventuelle guerre (comme en 1812). Le pouvoir d'émettre des lettres de marque est même enchâssé dans la constitution américaine. À noter, ce pouvoir est détenu par le Congrès américain, non par le Président. Eh oui, il s'agiterait d'un retour au temps romantique des corsaires! Comme une intervention par des citoyens privés se ferait en eaux internationales, nous nageons (!) ici dans un joli flou juridique.

Références

*You are being lied to about pirates, The Independant.
*The two piracies in Somalia: why the world ignores the other? de Mohamed Abshir Waldo.

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