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Billet sylvestre

On a tous dans notre imaginaire une image du bucheron qui fend son bois à la hache pour l'hiver qui s'en vient.

Mais qu'en est-il de nos jours? Une machine a-t-elle remplacé la hache? Eh bien oui!

La fendeuse a aujourd'hui remplacé la hache.

De Miami à Québec: Cape May Courthouse, NJ

Vu d’une entrée de tente avec une roue arrière de vélo, du gazon et une canette de boisson énergétique

De Miami à Québec est une série de 10 courriels écrits par Lino Tremblay lors de son périple en vélo entre ces 2 villes. Vous pouvez consulter la série complète des billets.

Cape May Courthouse, NJ est le cinquième billet de la série.

Date: Lundi 27 avril 2009 14:32:53 -0400
Sujet: Cape May Courthouse, NJ

Depuis mon dernier message, j'ai traversé la Virginie, le Maryland, le Delaware, et me voici au New Jersey. J'ai fait mon 2000e km depuis le début de ce voyage, et demain je ferai mon 3000e cette année. C'est un peu gênant, car depuis Miami, j'ai eu deux fois quinze minutes de pluie, et le vent dans le dos quasiment la moitié du temps.

La température est passée de confortable à frisquet à carrément torride depuis quelques jours (il fait 34 où je suis en ce moment). J'ai pris une journée de congé à Ocean City hier. Comme vous le devinez, c'était vraiment la grosse misère de devoir prendre un thé glacé à 5% d'alcool étendu sur la plage. C'était tellement chaud que j'ai dû retourner à ma chambre de motel écouter truTV. Comme la plupart des villes côtières que j'ai vues jusqu'a maintenant, Ocean City est hyper touristique. Il y avait déjà du monde partout, et on est hors saison. Je pense pas que j'aimerais être là en juillet.

J'ai dû aller faire changer un rayon tantôt, car mes roues ne semblent pas faites pour supporter autant de poids. J'ai aussi fait ajuster les vitesses car elles faisaient un bruit que j'aimais pas, mais ça, c'est comme un drap-contour: quand on ajuste d'un côté, c'est de l'autre que ça ne fonctionne plus bien. C'est encore pire quand on va dans un magasin de sport qui s'improvise marchand de vélos. Finalement, j'en ai profité pour acheter un nouveau casque, le vieux avait tellement vu de soleil qu'il était rendu plus fuchsia que rouge.

Je devrais être à New York demain ou après-demain. Ensuite, vu que je suis en avance sur l'horaire, je ferai peut-être une petite boucle vers Boston et le Maine, si la température est encourageante.

La partie culturelle du voyage maintenant. Depuis le début du voyage, je n'ai visité aucun musée ni aucune autre attraction touristique. J'ai bien fait un détour pour visiter un phare sur les Outer Banks, mais je suis reparti sans y entrer, car je trouvais que 7$ c'était pousser un peu fort juste pour monter dans un phare. Par contre, j'ai visite au moins 50 dépanneurs, tellement que je suis au bord de baptiser ce voyage "US East Coast Convenience Stores Tour". Entre autres, il y a les Hess (en vert), les BP (une sorte de soleil vert pale et vert), les 7-Eleven (rouge et orange) qui sont partout, les K et les Kangaroo Express (rouge), et depuis 2-3 jours des Royal Farms. Il y a des Shell, pas de Esso, mais des Exxon. Je n'ai pas vraiment de préférence, mais j'aime bien quand il y a des kiosques où on fait soi-même son hot dog. Pour ce qui est de la boisson, il n'y a pas vraiment de monopole ici. Il y a une assez grosse chaine (ABC) et des indépendants. Je ne vais pas vraiment dans ces magasins car une grosse cannette de Coors ou de Bud et un cooler à l'occasion me suffisent amplement.

C'est tout pour tu suite. Au prochain épisode, j'expliquerai les différents types de nuits, avec leurs côtes plates et incessantes.

L.

Pièces jointes:

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De Noir à Black

Carré noir et black

Il est politiquement correct d'identifier quelqu'un comme un Black alors qu'il est péjoratif de dire un Noir.

Je l'ai réalisé par mon propre comportement lorsqu'en parlant d'un Noir j'ai dit, après hésitation pour ne pas paraître raciste, « regarde le Black là-bas ». Je n'ai pas dit le Noir, trop péjoratif, j'ai dit le Black. Ça sonne correct.

Ce qui a fini par me convaincre qu'il est de notoriété publique que le Black a remplacé le Noir, c'est lorsque j'ai entendu à la radio que le Festival du Film Haïtiens de Montréal était maintenant devenu Le Festival International du Film Black de Montréal. Mis à part le mot Black, tout le reste du site est dans un français impeccable.

Peut-être que le mot Noir a une charge historique trop grande dans notre langage, et que le remplacer par un mot d'une langue étrangère, quoique commune, retire une partie de cette charge. Faudrait demander à un Black.

Mise à jour
(~12 heures après publication): Ce matin, dans le livre La physique des catastrophes de Marisha Pessl, page 217, j'ai lu ceci:

[…] nous passions devant le videur, un grand Black qui nous dévisageait comme si on appartenait au spectacle de Disney on Ice et qu'on avait oublié d'enlever nos costumes.

La traductrice, une Française nommée Laetita Devaux, a choisi de traduire le mot Black, qui devait être celui de la version en langue américaine comme ils disent, par le mot… Black. La traduction date de 2007.

On a donc un grand Black au lieu d'un grand Noir. Je me demande si la version originale avait un B majuscule pour Black.

Texte du manifeste du FLQ

Beaucoup de bruit a été fait autour de la lecture du manifeste du FLQ qui a été élu lors du Moulin à paroles soulignant les 250 ans de la bataille des Plaines d'Abraham.

Mais que dit ce texte?

Voici la lecture du manifeste qui fut diffusé sur les ondes de Radio-Canada le 8 octobre 1970, deux jours avant l'enlèvement du vice-Premier ministre québécois; Pierre Laporte.

L'intégral du manifeste tel que recopié à partir de Wikisource. Curieusement, la lecture qui est faite sur les Radio-Canada ne correspond pas intégralement à ce texte. Un bon bout n'est pas dit (de Oui, il y en a des raisons, et les gars de la Lord les connaissent jusqu'à et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.).

Front de libération du Québec: Manifeste

Le Front de libération du Québec n'est pas le messie, ni un Robin des bois des temps modernes. C'est un regroupement de travailleurs québécois qui sont décidés à tout mettre en œuvre pour que le peuple du Québec prenne définitivement en mains son destin.

Le Front de libération du Québec veut l'indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les « big boss » patronneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse-gardée du cheap labor et de l'exploitation sans scrupule.

Le Front de libération du Québec n'est pas un mouvement d'agression, mais la réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l'entremise des marionnettes des gouvernements fédéral et provincial (le show de la Brinks, le bill 63, la carte électorale, la taxe dite de « progrès social », Power Corporation, l'assurance-médecins, les gars de Lapalme …).

Le Front de libération du Québec s'autofinance d'impôts volontaires prélevés à même les entreprises d'exploitation des ouvriers (banques, compagnies de finance, etc.).

«Les puissances d'argent du statu quo, la plupart des tuteurs traditionnels de notre peuple, ont obtenu la réaction qu'ils espéraient, le recul plutôt qu'un changement pour lequel nous avons travaillé comme jamais; pour lequel on va continuer à travailler.» - René Lévesque, 29 avril 1970.

La « democracy » des riches

Nous avons cru un moment qu'il valait la peine de canaliser nos énergies, nos impatiences comme le dit si bien René Lévesque, dans le Parti Québécois, mais la victoire libérale montre bien que ce qu'on appelle démocratie au Québec n'est en fait et depuis toujours que la « democracy » des riches. La victoire du Parti Libéral en ce sens n'est en fait que la victoire des faiseurs d'élections Simard-Cotroni. En conséquence, le parlementarisme britannique, c'est bien fini et le Front de libération du Québec ne se laissera jamais distraire par les miettes électorales que les capitalistes anglo-saxons lancent dans la basse-cour québécoise à tous les quatre ans. Nombre de Québécois ont compris et ils vont agir. Bourassa dans l'année qui vient va prendre de la maturité: 100 000 travailleurs révolutionnaires organisés et armés!

Oui, il y en a des raisons à la victoire libérale. Oui, il y en a des raisons à la pauvreté, au chômage, aux taudis, au fait que vous M. Bergeron de la rue Visitation et aussi vous M. Legendre de Ville de Laval, qui gagnez 10 000 dollars par année, vous ne vous sentiez pas libres en notre pays le Québec.

Oui, il y en a des raisons, et les gars de la Lord les connaissent, les pêcheurs de la Gaspésie, les travailleurs de la Côte Nord, les mineurs de la Iron Ore, de Quebec Cartier Mining, de la Noranda les connaissent eux aussi ces raisons. Et les braves travailleurs de Cabano que l'on a tenté de fourrer une fois de plus en savent des tas de raisons.

Les « vaisseaux d'or »

Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Tremblay de la rue Panet et vous, M. Cloutier qui travaillez dans la construction à St-Jérôme, vous ne puissiez vous payer des « vaisseaux d'or » avec de la belle zizique et tout le fling flang comme l'a fait Drapeau l'aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu'il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère.

Oui, il y en a des raisons pour que vous Madame Lemay de St-Hyacinthe, vous ne puissiez vous payer des petits voyages en Floride comme le font avec notre argent tous les sales juges et députés.

Les braves travailleurs de la Vickers et ceux de la Davie Ship les savent ces raisons, eux à qui l'on n'a donné aucune raison pour les crisser à la porte. Et les gars de Murdochville que l'on a écrasés pour la seule et unique raison qu'ils voulaient se syndiquer et à qui les sales juges ont fait payer plus de deux millions de dollars parce qu'ils avaient voulu exercer ce droit élémentaire. Les gars de Murdochville la connaissent la justice et ils en connaissent des tas de raisons.

Oui, il y en a des raisons pour que vous, M. Lachance de la rue Ste-Marguerite, vous alliez noyer votre désespoir, votre rancœur et votre rage dans la bière du chien à Molson. Et toi, Lachance fils avec tes cigarettes de mari… Des tas de raisons Oui, il y en a des raisons pour que vous, les assistés sociaux, on vous tienne de génération en génération sur le bien-être social. Il y en a des tas de raisons, les travailleurs de la Domtar à Windsor et à East Angus les savent. Et les travailleurs de la Squibb et de la Ayers et les gars de la Régie des Alcools et ceux de la Seven-Up et de Victoria Precision, et les cols bleus de Laval et de Montréal et les gars de Lapalme en savent des tas de raisons.

Les travailleurs de Dupont of Canada en savent eux aussi, même si bientôt ils ne pourront que les donner en anglais (ainsi assimilés, ils iront grossir le nombre des immigrants, Néo-Québécois, enfants chéris du bill 63).

Et les policiers de Montréal auraient dû les comprendre ces raisons, eux qui sont les bras du système; ils auraient dû s'apercevoir que nous vivons dans une société terrorisée parce que sans leur force, sans leur violence, plus rien ne fonctionnait le 7 octobre!

Le fédéralisme « canadian »

Nous en avons soupé du fédéralisme canadien qui pénalise les producteurs laitiers du Québec pour satisfaire aux besoins anglo-saxons du Commonwealth; qui maintient les braves chauffeurs de taxi de Montréal dans un état de demi-esclaves en protégeant honteusement le monopole exclusif à l'écœurant Murray Hill et de son propriétaire-assassin Charles Hershorn et de son fils Paul qui, à maintes reprises, le soir du 7 octobre, arracha des mains de ses employés le fusil de calibre 12 pour tirer sur les chauffeurs et blesser ainsi mortellement le caporal Dumas, tué en tant que manifestant ; qui pratique une politique insensée des importations en jetant un à un dans la rue des petits salariés des textiles et de la chaussure, les plus bafoués au Québec, aux profits d'une poignée de maudits « money makers » roulant en Cadillac; qui classe la nation québécoise au rang des minorités ethniques du Canada.

Nous en avons soupé, et de plus en plus de Québécois également, d'un gouvernement de mitaines qui fait mille et une acrobaties pour charmer les millionnaires américains en les suppliant de venir investir au Québec, « la Belle Province », où des milliers de milles carrés de forêts remplies de gibier et de lacs poissonneux sont la propriété exclusive de ces mêmes Seigneurs tout-puissants du XXe siècle;

Les blindés de la Brinks

D'un hypocrite à la Bourassa qui s'appuie sur les blindés de la Brinks, véritable symbole de l'occupation étrangère au Québec, pour tenir les pauvres « natives » québécois dans la peur de la misère et du chômage auxquels nous sommes tant habitués;

De nos impôts que l'envoyé d'Ottawa au Québec veut donner aux boss anglophones pour les « inciter », ma chère, à parler français, à négocier en français : repeat after me: « cheap labor means main-d'œuvre à bon marché ».

Des promesses de travail et de prospérité, alors que nous serons toujours les serviteurs assidus et les lèche-bottes des big shot, tant qu'il y aura des Westmount, des Town of Mount-Royal, des Hampstead, des Outremont, tous ces véritables chateaux forts de la haute finance de la rue St-Jacques et de la Wall Street, tant que nous tous, Québécois, n'aurons pas chassé par tous les moyens, y compris la dynamite et les armes, ces big boss de l'économie et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.

Nous vivons dans une société d'esclaves terrorisés, terrorisés par les grands patrons, Steinberg, Clark, Bronfman, Smith, Neapole, Timmins, Geoffrion, L. Lévesque, Hershorn, Thompson, Nesbitt, Desmarais, Kierans (à coté de ça, Remi Popol la garcette, Drapeau le dog, Bourassa le serin des Simard, Trudeau la tapette, c'est des peanuts).

Les grands maîtres de la consommation

Terrorisés par l'église capitaliste romaine, même si ça parait de moins en moins (à qui appartient la Place de la Bourse ?), par les paiements à rembourser à la Household Finance, par la publicité des grands maîtres de la consommation Eaton, Simpson, Morgan, Steinberg, General Motors…;

Terrorisés par les lieux fermes de la science et de la culture que sont les universités et par leurs singes-directeurs Gaudry et Dorais et par le sous-singe Robert Shaw. Nous sommes de plus en plus nombreux à connaître et à subir cette société terroriste et le jour s'en vient où tous les Westmount du Québec disparaîtront de la carte.

Travailleurs de la production, des mines et des forêts; travailleurs des services, enseignants et étudiants, chômeurs, prenez ce qui vous appartient, votre travail, votre production et votre liberté. Et vous, les travailleurs de la General Electric, c'est vous qui faites fonctionner vos usines; vous seuls êtes capables de produire; sans vous, General Electric n'est rien!

Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd'hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats; n'attendez pas d'organisation miracle.

Faites votre révolution

Faites vous-mêmes votre révolution dans vos quartiers, dans vos milieux de travail. Et si vous ne la faites pas vous-mêmes, d'autres usurpateurs technocrates ou autres remplaceront la poignée de fumeurs de cigares que nous connaissons maintenant et tout sera à refaire. Vous seuls êtes capables de batir une société libre.

Il nous faut lutter, non plus un à un, mais en s'unissant, jusqu'à la victoire, avec tous les moyens que l'on possède comme l'ont fait les Patriotes de 1837-1838 (ceux que Notre sainte mère l'Eglise s'est empressée d'excommunier pour mieux se vendre aux intérêts britanniques).

Qu'aux quatre coins du Québec, ceux qu'on a osé traiter avec dedain de lousy French et d'alcooliques entreprennent vigoureusement le combat contre les matraqueurs de la liberté et de la justice et mettent hors d'état de nuire tous ces professionnels du hold-up et de l'escroquerie: banquiers, businessmen, juges et politicailleurs vendus.

Nous sommes des travailleurs québécois et nous irons jusqu'au bout. Nous voulons remplacer avec toute la population cette société d'esclaves par une société libre, fonctionnant d'elle-même et pour elle-même, une societe ouverte sur le monde.

Notre lutte ne peut être que victorieuse. On ne tient pas longtemps dans la misère et le mépris un peuple en réveil.

Vive le Québec libre !

Vive les camarades prisonniers politiques !

Vive la révolution québécoise !

Vive le Front de libération du Québec !

De Miami à Québec: Hampstead, NC

Vu d’une entrée de tente avec une roue arrière de vélo, du gazon et une canette de boisson énergétique

De Miami à Québec est une série de 10 courriels écrits par Lino Tremblay lors de son périple en vélo entre ces 2 villes. Vous pouvez consulter la série complète des billets.

Hampstead, NC est le quatrième billet de la série.

Date: Mercredi 21 avril 2009 20:54:57 -0400
Sujet: Hampstead, NC

Bonjour tous,

La vie est vraiment pas facile ici. En plus de faire dans les 25 degrés, il a venté dans la bonne direction ces derniers jours, ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai fait mes 168 km a 29,6 km/h de moyenne, même si j'ai perdu pas mal de temps à Wilmington, une des villes les plus lettes et les plus dangereuses pour les cyclistes que j'ai vues. C'est en arrivant là que j'ai eu ma 2e badluck de la journée (après avoir avalé une mouche un peu plus tôt): en descendant un viaduc, en passant sur une de ces mosus de traverse de métal, mon sac de guidon (que j'avais mal attaché) est tombé. Il était à moitié ouvert en plus. Résultat : j'ai dû ramasser une poignée de monnaie dans le sable, et mon iPod est pucké. Je vais attacher le sac comme il faut à l'avenir.

J'aurais roulé plus (dur d'arrêter quand le vent nous pousse à 35), mais j'ai rencontré un gars qui m'a invité chez lui. Il y a beaucoup de «cyclotouristes au repos» ici, alors les invitations viennent toutes seules quand ils nous voient avec le stock de voyage sur le vélo. Après Charleston, hier j'ai été invité avec Matthew (qui est parti vers l'intérieur des terres ce matin) à Conway (Caroline du Sud) par deux filles qu'on avait rencontrées deux jours avant dans un magasin de vélo où je suis allé chercher un pneu. Elles nous ont vus au bord de la route (elles passaient avec leur rutilant gros pick-up rouge) et elles ont arrêté pour nous inviter chez elles. Elles ont arrangé un souper assez cool, avec leurs amis. Je me doutais de rien jusqu'a ce que je vois leurs photos de mariage au mur, faut croire que j'ai pas l'oeil.

Tel que promis, voici la description d'une journée typique. Je commence habituellement à rouler entre 7h30 et 9h. Si le déjeuner est pas fourni où j'ai dormi, je mange au premier dépanneur que je vois. La plupart du temps c'est assez vite, mais une fois, ça a pris 20 km. Je prends un sandwich avec une danoise, qu'on fait descendre avec une canette d'energy drink (de préférence une qu'on a pas goutée encore). Je remplis les bidons de Gatorade. Des fois, il reste du liquide de la veille dans les bidons, ce qui fait qu'on peut se ramasser avec un mélange de Gatorade bleu, de Mountain Dew et de Powerade orange dans une seule bouteille. Même quand ça devient tiède, c'est le fun car on boit jamais la même chose. Entre midi et 1h, je dîne dans un autre dépanneur. Au menu, la même chose qu'au déjeuner, avec si possible un sandwich plus gros. Je repars et vers 3h, arrêt dans un autre dépanneur, je cale une limonade et je mange une sandwich à la crème glacée, car il parait qu'il faut des produits laitiers tous les jours. Vers 4h, je commence à me demander où je vais dormir. Je regarde sur le GPS (dont on devient rapidement accro, mon père l'avait dit) s'il y a une place où il n'y a pas trop de monde, entre deux villes. J'arrête acheter le nécessaire pour la soirée dans un dépanneur le plus tard possible (pour que la bière soit froide). En tout, je pédale entre 6 et 7h par jour (à environ 700 calories à l'heure) et j'ingurgite autour de 5000 calories par jour, plus 350-400 mg de caféine (l'équivalent de 4 cafés forts). Pour une bonne journée (pour l'instant, ça signifie 150 km ou plus), on peut prendre une chambre de motel. Ca permet aussi de laver les vêtements, car même si on s'y fait, porter les mêmes vêtements de vélo une deuxième fois crée une assez forte impression olfactive.

La partie culturelle au prochain épisode, je sais pas quand.

Mon programme pour les prochains jours: après avoir traversé Jacksonville (NC), je vais aller au large de la Caroline du Nord, où il y a une série d'îles dont on m'a parlé plus d'une fois. Il y a des phares, des parcs et tout. Je devrais y arriver demain après-midi. Ça va sûrement être plus intéressant qu'aujourd'hui, j'avais l'impression de rouler sur l'accotement de la 20, avec tout le trafic qu'il y a dessus.

L.

Pièces jointes:

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De l'anglais en réunion

Il est de la langue anglaise comme d'une goutte de colorant dans l'eau. Il suffit d'une seule goutte pour que l'ensemble en prenne la couleur.

Cette frustration d'être en réunion où une majorité écrasante des participants a comme langue maternelle le français, mais que la présence de quelques anglophones, voire d'un seul, suffit à faire de l'anglais la langue de conversation de toute la réunion, est partagée par plusieurs personnes. Certes, puisque je travaille au gouvernement du Canada, ceci fait en sorte que je suis régulièrement confronté à cette situation. Mais elle est loin d'être unique à ce milieu.

Ceux qui travaillent dans des milieux où la présence d'anglophones est chose commune, que ce soit dans une compagnie multinationale, dans un milieu où les partenaires d'affaires parlent cette langue, ou que quelques participants soient de langue maternelle anglaise (même s'ils sont bilingues) peuvent aussi témoigner de cette réalité.

En écoutant Éloge du chiac, film qui se déroule au Nouveau-Brunswick en 1968, j'ai entendu Suzanne, une petite Acadienne d'une dizaine d'années, qui témoigne aussi de ce fait (4:35).

Consternation. Ce fait transcende donc l'espace, le temps et les générations. Une réflexion s'impose.

Lors des réunions internationales auxquelles j'ai participées, la langue utilisée était bien sûr l'anglais. Certes, cette langue est la langue maternelle des Américains et des Anglais présents autour de la table, mais même s'ils avaient été absents, l'anglais aurait été la langue utilisée. Le choix de cette langue ne dépend pas de leur présence. Ce qui n'est pas le cas lors d'une réunion au Québec.

La conversion à la langue anglaise lors des réunions pourrait être une conséquence de la force des francophones du Canada: ils ont historiquement toujours été plus bilingues que leurs compatriotes de langue anglaise (référence: Site de l’aménagement linguistique au Canada). La langue anglaise, de par son importance mondiale qui s'accroit depuis des décennies, fait de cette langue un incontournable pour tout ceux, francophones ou autres, qui veulent communiquer avec l'extérieur. Ceci est doublement vrai au Canada, c'est la langue de la majorité en plus d'être la lingua franca internationale.

Cependant, l'analyse ne résiste pas lorsqu'appliquée au Québec. En effet, les Québécois ayant l'anglais comme langue maternelle sont en proportion plus souvent bilingues que leurs compatriotes ayant le français comme langue maternelle (66,1% contre 33,6%, données de 2001). Ce devrait donc être une réalité canadienne et non québécoise.

Pourquoi donc l'anglais prend-il toujours le dessus dans les réunions?

Le fait que les francophones doivent utiliser une langue seconde pour discuter afin qu'une petite minorité de participants puissent suivre a ceci d'aliénant: notre langue maternelle, et donc celle avec laquelle nous avons le plus de précision et le plus d'éloquence, celle avec laquelle nous sommes le plus efficace, est oblitérée afin de pouvoir faire participer un petit nombre qui eux, bénéficient ainsi de cet avantage que nous concédons.

La frustration vient surtout du fait que l'utilisation de la langue seconde est, sauf rarissime exception, à sens unique. C'est toujours le francophone qui s'efface pour faire place à l'anglais.

Faisons-nous assez d'efforts pour, au moins, tenter de parler en français et d'offrir aux anglophones présents de participer dans cette langue s'ils sont bilingues? Par expérience, non.

Avons-nous ce comportement par politesse? Par goût de montrer que nous savons parler anglais? Par habitude de toujours parler en anglais en présence d'un anglophone? Par réflexe d'effacement du Canadien français devant l'anglais?

Vraiment je l'ignore, mais ça m'achale.

De Miami à Québec: Charleston, SC

Vu d’une entrée de tente avec une roue arrière de vélo, du gazon et une canette de boisson énergétique

De Miami à Québec est une série de 10 courriels écrits par Lino Tremblay lors de son périple en vélo entre ces 2 villes. Vous pouvez consulter la série complète des billets.

Charleston, SC est le troisième billet de la série.

Date: Lundi 19 avril 2009 13:25:51 -0400
Sujet: Charleston, SC

Jeudi dernier, j'ai eu une méchante frousse en traversant ce pont:

http://www.crazyguyonabike.com/doc/page/pic/?o=3Tzut&pic_id=439336&v=3f&size=large

http://www.crazyguyonabike.com/doc/page/pic/?o=3Tzut&pic_id=439337&v=3a&size=large

Le pont est super haut, il ventait fort et le parapet a 2-3 pieds de haut. Heureusement, avec la direction du vent, j'avais plus de chances de me faire écraser par les autos que pousser en bas. Après, j'ai passé une nuit paisible dans un cimetière près de Brunswick (GA). C'était vraiment agréable de dormir sous les pins et se réveiller au son des oiseaux.

Vendredi, j'ai dormi dans une espèce de communauté religieuse basée sur la Bible, à Savannah, une vieille ville. Les gens étaient vraiment très gentils. Ils sont une trentaine repartie dans 3-4 maisons. Celle où j'avais mon lit avait pas mal de cachet. Je suis bien tombé, car le vendredi est leur seule soirée festive de la semaine. Le reste du temps, leur vie semble assez monotone. J'ai dit à Ron (qui m'accueillait) que je pensais pas être capable de vivre avec du monde partout toute la journée, et il m'a expliqué que Dieu nous avait crée pour vivre tous ensemble de cette façon. Une autre chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi la majorité des enfants sont blond platine, alors qu'aucun adulte n'a les cheveux de cette couleur dans toute la maison (Ron est roux et sa femme est brune). En tout cas, c'est le fun de voir qu'il y a d'autres modes de vie.

J'ai fait changer des pièces dans cette ville (le bottom bracket et le pédalier, je suis rendu avec un braquet de 44 en avant au lieu de 42, ce qui me donne un peu plus de puissance), et mon vélo va mieux que jamais. Hier j'ai aussi trouvé un pneu de remplacement assez slick (l'autre est mort), ce qui permet d'aller plus vite.

Je suis rendu à Charleston, en Caroline du Sud. J'ai fait mon 1000e km hier comme prévu. Depuis une semaine, j'ai eu de la pluie seulement une fois, et ça n'a pas duré longtemps. Il fait beau ici. Le matin c'est un peu frisquet, alors je porte mon coupe-vent presque chaque jour. Vers la fin de l'avant-midi, j'enlève les manches, et un peu plus tard, la veste. Hier en fin de journée, il faisait tellement chaud que j'ai même enlevé mon jersey, la grande classe. En arrivant ici, alors que je cherchais un magasin de vélo, un gars (Matthew, les photos plus haut viennent de son site) m'a interpellé. Il traverse les États unis à vélo dans tous les sens et il a arrangé les choses pour que je dorme chez Patricia, qui accueille pas mal de monde. Je vais profiter de l'occasion pour visiter la ville et prendre une journée de congé, histoire de reposer mes cuisses, mes genoux et mes fesses (le reste est encore intact, pour celles que ça inquiète). Après, retour sur la cote Atlantique jusqu'à New York. J'ai jasé avec Matthew et un autre gars qui voyagent à vélo. Ils font en deux jours la distance que je fais en une journée, mais ils visitent plus de choses. Pour ma part, rouler au soleil
me satisfait, j'ai pas besoin de plus.

Bon, je vais arrêter ici pour tu suite. Je décrirai une journée typique et la partie culturelle et alimentaire de mon voyage une autre fois.

L.

Pièce jointe:

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Un jeu si simple

Logo du Canadien de Montréal

Le Canadien de Montréal est une institution, ne serait-ce que par l'importance qu'il a dans le coeur des Québécois. Cette organisation a aussi une histoire extraordinaire, qui remonte cette année à plus de 100 ans.

Le film Un jeu si simple de Gilles Groulx, fait vivre un retour historique d'une trentaine de minutes, afin d'y rencontrer le Canadien des années 1950-1960. À l'époque où on pouvait fumer un cigare dans le premier rang au Forum, où le filet du gardien était lousse, où le demi-cercle du gardien était un carré et où l'on parlait non pas de «jeu de puissance» mais bien de «jeu de punition».

De l'apparitation du feu sur la Terre

Le feu est apparu sur la Terre il y a environ 400 millions d'années ― on en trouve les preuves dans les couches géologiques. Le feu est apparu à ce moment et de cette manière parce que la vie était en train de coloniser la terre et avait créé suffisamment d'oxygène dans l'atmosphère pour permettre la combustion. À ce moment, la foudre pouvait fournir une étincelle de telle sorte que l'oxygène de l'atmosphère et les hydrocarbures sur la terre pouvaient interagir. Le feu est donc littéralement une création du monde vivant. Présentement, un de nos échecs est notre incapacité d'apprécier jusqu'à quel point le feu est biologiquement construit. Ce n'est pas seulement un événement qui affecte les écosystèmes comme un ouragan ou une inondation. C'est quelque chose qui se nourrie de, qui est littéralement soutenue par, une matrice biologique. Vous pouvez avoir un ouragan sans aucune vie autour, mais pas un feu.

Extrait d'une entrevue avec Stephen J. Pyne, Cabinet, Issue 32, Winter 2008-2009, Fire. The Great Integrator: An Interview with Stephen J. Pyne, Jeffrey Kastner and Stephen J. Pyne, Fire in North America, p. 81.

De Miami à Québec: Sud de la Géorgie

Vu d’une entrée de tente avec une roue arrière de vélo, du gazon et une canette de boisson énergétique

De Miami à Québec est une série de 10 courriels écrits par Lino Tremblay lors de son périple en vélo entre ces 2 villes. Vous pouvez consulter la série complète des billets.

Sud de la Géorgie est le deuxième billet de la série.

Date: Jeudi 16 avril 2009 13:25:51 -0400
Sujet: Sud de la Géorgie

Bonjour tous,

Après avoir dormi dans le plus bruyant camping que j'ai jamais vu (il était a côté d'une base militaire, et trois hélicoptères ont tourné autour en permanence, jusqu'à 10-11h, j'ai quitté la Floride il y a quelques heures. Le sud-est de la Georgie est très pauvre et très religieux, il y a plus d'églises que de dépanneurs.

Il n'y a pas vraiment eu de pépins depuis le début, les routes sont belles et plates, alors c'est facile de faire 150 km par jour. Pour ceux pour qui ça a une signification, je devrais avoir fait 1000 km uniquement cette semaine, avec plus de 50 livres de stock. Je me suis rendu compte que je ne servais jamais du kit à bouffe (je suis tellement mort/vache le soir que j'aime mieux manger les raviolis froids, à même la canne, ce qui me fait juste une fourchette à laver), alors je vais le shipper au Québec pour alléger mes bagages.

Aujourd'hui je vais essayer de me rendre a Savannah, qui est encore à un bout, alors je vous écrirai un roman et répondrai a vos messages plus tard, ce soir peut-être si je me rends a Savannah.

L.

Pièces jointes:

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