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Si t'as frette, va pisser

L'eau a une très grande capacité thermique. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'on s'en servait autrefois comme liquide de refroidissement pour les moteurs.

Le liquide que contient notre vessie, appelé urine, est maintenu à la même température que notre corps: 37°C. L'énergie que notre corps consacre à maintenir ce liquide à cette température ne peut alors être utilisée ailleurs, pour réchauffer nos pieds par exemple.

C'est pourquoi, lorsqu'on commence à avoir froid, le premier réflexe à avoir est d'aller vider notre vessie. Même si on n’a pas envie. C'est une attitude thermodynamiquement responsable.

Une conséquence pratique et immédiate pour les premières soirées agréables du printemps: lorsque l'on est sur une terrasse et que la température descend, une bonne pisse nous permet de rester environ 30 à 40 minutes plus longtemps dehors sans avoir froid.

Santé!

À qui appartient l'Okanagan Spring?

Assis en train de deviser de logique au Miss Villeray nouveau, je voyais les employés plier des cartons annonçant la bière « Okanagang Spring ».

Carton de l’Okanagan Spring

Après inspection du dit carton, il est impossible de voir d'où provient cette bière. Certes, l'usage du nom Okanagan laisse supposer qu'elle provient de la vallée du même nom, mais il ne faut pas toujours se fier à ses impressions, la bière St-Urbain nous l'a appris. Contrairement à cette dernière, la mention « EST'D 1985 » laisse présager que ce n'est peut-être pas une récente invention d'une mégabrasserie pour utiliser l'image des microbrasseries.

Bien. Investiguons.

Arrivé chez moi, je recours alors à ce qui est appelé internet pour en apprendre plus sur l'Okanagan Spring. Il s'agit en fait d'une microbrasserie de Vernon dans la vallée de l'Okanagan en Colombie-Britannique. Cette brasserie a été achetée par Sleeman en 1996, cette dernière ayant d'ailleurs elle-même été achetée par la Japonaise Sapporo.

L'Okanagan Spring a donc subit le même sort que la brasserie Unibroue.

Ceci apprit, je n'avais toujours pas goûté à ladite bière. Éthique professionnelle de blogueur oblige, je suis retourné au Miss Villeray une couple de jours plus tard et j'ai commandé une Okanagan Spring. Résultat: c'est ma bière en fût préférée au Miss Villeray (les autres étant la Sapporo, la U rousse, la Sleeman quelque chose, la Blanche de Chambly et la Guinness).

Question bonus: Qu'est-ce qu'une microbrasserie?

Toute cette histoire, en plus de me donner soif, m'a amené à me poser la question: coudon, c'est quoi une microbrasserie? Parce qu'une microbrasserie de Colombie-Britannique qui vend jusqu'au Québec dans les débits de boisson, peut-on encore appeler ça une microbrasserie?

Wikitionnaire et le grand dictionnaire terminologique (GDT) n'ont pas la même définition de ce mot. Le premier parle de part de marché alors que le GDT parle plutôt de production faible et artisanale. Pour ce qui est de faible part de marché, je suis certain que l'Okanagan Spring se classe comme une microbrasserie. Pour ce qui est de la fabrication faible et artisanale, je suis pas mal moins certain.

Quoi qu'il en soit, la définition de Wikitionnaire me semble erronée, parce que la même bière, si elle venait à prendre beaucoup de parts de marché, ne pourrait plus être classée comme provenant d'une microbrasserie. Le produit ne changerait pas, mais sa définition oui. De plus, si une microbrasserie était achetée par une plus grosse brasserie, comme ç’a été le cas avec l'Okanagan Spring, elle ne pourrait plus être une microbrasserie puisqu'elle ferait partie d'une entité qui a beaucoup de parts de marché.

Mais, si on accepte la définition de la production faible et artisanale, cela me semble exclure les brasseries comme Unibroue, Sleeman et McAuslan. D'ailleurs, sur la question le site festibieres.ca accepte aussi la définition du GDT et explique que:

Dans les faits, certaines microbrasseries s'éloignent de la définition en délaissant la production artisanale et la remplaçant par une production plus commerciale avec des volumes plus ou moins gros. Le terme microbrasserie est utilisé par certains avant tout pour se distinguer des plus gros brasseurs comme Molson et Labatt qui sont nettement plus gros. Quoi qu'il en soit, les produits des microbrasseries sont habituellement plus soignés et de meilleure qualité.

À votre santé!

Hyperonyme

Hyperonyme est un mot que j'ai découvert ce matin en cherchant la définition de microbrasserie.

Un hyperonyme est:

Mot dont le sens inclut celui d'un autre mot.
Fruit est un hyperonyme de pomme et de cerise.

De la même manière, brasserie est un hyperonyme de microbrasserie.

La bière gèle à -2°C

La question m’apparaissait pourtant simple: À quelle température la bière gèle-t-elle?

Je me suis lancé sur internet, pensant que quelqu’un allait avoir une réponse précise à cette question. Ça a été plus difficile que prévu.

Je n’ai rien trouvé de précis, ni en français, ni en anglais. Je me suis donc rabattu sur ce que je savais, à savoir que l’alcool que nous buvons sous forme liquide est de l’éthanol. J’ai donc cherché la formule pour calculer le point de fusion d’un mélange de substance pure, sachant que l’eau gèle à 0°C et l’éthanol à -114°C. Je considérais que c’était de niveau CEGEP, du cours chimie des solutions.

Or, il s’avère que c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Je n’ai pas trouvé une formule pour calculer le point de fusion d'un mélange de deux substances pures, j’ignore même si ça existe (j'en doute). Je me suis donc rabattu sur une table de valeurs expérimentales pour le mélange eau-éthanol pour répondre à ma question.

Pour une bière à 5% d’alcool, une bière standard disons, le point de fusion, aussi connue sous le nom de « la température à laquelle ça gèle » est d'environ -2°C. Pour la vodka et autres nectars à 40% d’alcool, c’est plutôt autour de -23°C.

Conclusions

1- Ne pas mettre la bière dehors si la neige ne fond pas. La neige fond à 0°C, je sais, mais si elle ne fond pas, il y a plus de chance que la température soit sous -2°C qu’entre 0°C et -2°C. Il faut être prudent lorsqu’il est question de boisson.

2- Soyez lousse avec la vodka et autres liquides à 40% d’alcool. C’est assez rare qu’il fasse sous -23°C et, si c’est le cas, vous boirez celle-ci rapidement pour vous réchauffer l’intérieur. Elle n’aura pas le temps de geler.

Le premier lustre de ptaff.ca

Ça vas-tu vite rien qu'un peu? ptaff.ca, ce projet collaboratif où nous mettons le meilleur de nous-mêmes, aura très bientôt 5 ans. ptaff.ca, c'est des centaines de milliers de visiteurs venant de partout sur la planète, des centaines de courriels et d'innombrables conversations enrichissantes.

Nous avons, pour cette occasion, créé un petit quiz intitulé « connaissez-vous votre ptaff.ca? ». Par ici pour connaître la réponse :
//ptaff.ca/lustre/1/quiz/

De plus, nous tenons à souligner ce premier lustre en vous invitant, vous chers amis et lecteurs, à venir nous serrer la pince le jeudi 24 janvier à 19 h au Tap Room, 500 Rachel E. Si vous avez des questions sur ptaff.ca, si vous vous ennuyez terriblement de nous ou que vous désirez simplement savoir si nous existons pour vrai, c'est l'occasion rêvée!

Vos héros du réseau,

Wayne et Miguel

La bière St-Urbain: authenticité simulée

Ce n'est pas que je veuille me faire une spécialité des bières sans site web (cf: La bière Gros Cochon: billet 1, billet 2), mais je me dois de parler de la bière St-Urbain.

La bière St-Urbain, nouvellement arrivée sur les tablettes des dépanneurs québécois, essaie d'avoir une apparence de bière de microbrasserie. Or, si vous cherchez une adresse, que ce soit sur la caisse ou sur les bouteilles, vous ne trouverez rien.

Une caisse et une bouteille de bière St-Urbain

Le paragraphe de texte sur le côté de la caisse est recopié ici:

St-Urbain est une bière de chez nous, fabriquée à partir des meilleurs ingrédients et dans le respect de nos plus belles traditions. Brassée sans compromis en petites quantités, cette lager des plus désaltérantes propose des saveurs et des arômes riches et distinctifs, un collet généreux et une texture veloutée.

C'est vide de sens en svp. Une bière de chez nous: où ça, chez nous? On ne peut même pas savoir où elle est fabriquée! C'est quoi en petite quantité?

Informations prisent (La gousse craintive, Le Monde des Bières), la St-Urbain est brassée par Labatt. Pourquoi ne pas l'écrire à quelque part, si ce n'est dans le but de dissimuler la méga-entreprise derrière une apparence de micro-brasserie?

Note: Parions que d'ici une semaine, une petite recherche sur la bière St-Urbain mènera directement ici.

La bière Gros Cochon: le site web

Finalement, après avoir étiqueté la campagne publicitaire de la bière Gros Cochon comme une campagne du XXème siècle, le Groupe Geloso nous offre un site web pour leur bière: www.bieregroscochon.com.

On pourrait s'attendre, avec une adresse pareil, que leur page web soit le premier résultat d'une recherche sur google avec les mots-clef "bière gros cochon" (sans les guillemets), et bien non!

Grâce à une judicieuse utilisation du flash(tm) et une direction vers la page http://www.groupegeloso.com/microgroscochon/index.php?lang=FR, ils sont bons 6ème.

Ça vaut la peine d'aller faire son tour sur le site, ne serait-ce que pour leur petite toune qui joue en partant et pour les petits bruits de caps de bière qui tombent sur la table lorsqu'on promène le curseur de la souris sur les éléments de la table. On y passerait des heures. Il y aussi une description inachevée, tant dans la version française que dans la version anglaise, de la bière (mettez votre curseur au-dessus de "Gros Cochon"). Essayer de mettre votre curseur sur la description pour voir si on peut la faire défiler… Ha ha! disparue!

Messieurs du Groupe Geloso, bienvenues dans le cyberespace. Il ne vous reste plus qu'à maîtriser la technologie pour déclasser ptaff.ca dans les résultats de recherche sur votre produit.

Bonne chance là.

Note: Je viens relire le billet que j'avais écrit sur la bière Gros Cochon et on y retrouve la phrase suivante dans la note de bas de page:

Je prédis que dans quelques jours, nous sommes le 28 juillet 2006, c’est ce billet qui sera le premier résultat dans les moteurs de recherche avec les mots-clefs «bière Gros Cochon», à moins d’une offensive «non-flash» du groupe Geloso.

J'avais bien spécifié «non-flash»… J'imagine que le Groupe Geloso a un contrat avec des développeurs web qui font tout en flash.

La bière Gros Cochon: une campagne de publicité du XXe siècle

Habitant à Montréal et étant utilisateur du transport en commun, j'ai été exposé dans les dernières semaines à de nombreuses publicités annonçant la « bière Gros Cochon ».

Autobus avec une publicité de la bière Gros Cochon

Discutant de cette publicité avec des amis lors d'un souper, nous en sommes venus à nous demander quelle pouvait bien être la brasserie qui distribuait cette bière. Puisqu'il n'y avait aucune information à ce sujet sur la publicité, nous supputâmes qu'une grande brasserie, Molson ou Labatt, était derrière cette bière et, voulant passer pour une microbrasserie, dissumulait son nom trop connu.

Faisant suite à notre conversation, mon édimestre préféré a fait une recherche sur le web, recherche dont il publia les résultats sur la ptafflist. Il n'y a aucune publicité ou information aisément disponible sur cette bière sur le web. Elle est distribuée par le groupe Geloso et la page où on présente les bières distribuées par ce groupe ne contient même pas d'image ou d'information sur la bière Gros Cochon, sans parler du fait qu'étant codée en flash(tm), toute l'information qu'elle contient n'est pas archivée par les moteurs de recherche.

Une campagne de publicité qui, de par son ampleur, a dû coûter très cher mais fait fi d'une source où une population importante va quérir de l'information : le web. La stratégie choisie pour cette campagne publicitaire en est une que je qualifie du XXe siècle, c'est-à-dire ignorant totalement le web.

Revers de la médaille, étant donné que nous avons publié sur la ptafflist le courriel de Wayne intitulé « Bière Gros Cochon », une simple recherche sur le web avec ces mots-clefs nous mène, comme premier résultat, vers cette page.


Résultats d'une recherche dans Google avec comme mots-clefs «Bière Gros Cochon»

Le comble, c'est qu'un abonné de la ptafflist ayant goûté à cette bière, on peut lire son commentaire dans le résumé texte de la page sous le résultat dans Google, à savoir que :

J'ai eu le "plaisir" de déguster cette bière samedi soir après le souper. Disons que la "Gros Cochon" n'a rien qui la fait ressortir du lot. …

Je me suis rendu compte des résultats de cette recherche dans Google en consultant les statistiques de ptaff.ca. Nombre de gens arrivaient sur cette page avec comme mots clefs «Bière gros cochon» ou d'autres variantes de ces mots-clefs. Ce n'est donc pas de la spéculation : il y a déjà des gens qui se sont posés la question et qui sont allés faire une recherche sur le web.

En suivant ce modèle de publicité, que je qualifierais sans hésitation d'obsolète, cette campagne a fait en sorte que quiconque recherche de l'information sur le web sur cette bière tombe, en premier lieu, sur le commentaire qui dit que cette bière

[…]n'est pas trop mal lorsqu'elle est froide mais carrément imbuvable (imho) lorsqu'elle est "semie-tablette"[…]

Un oubli, messieurs du marketing?

Note
: Je prédis que dans quelques jours, nous sommes le 28 juillet 2006, c'est ce billet qui sera le premier résultat dans les moteurs de recherche avec les mots-clefs «bière Gros Cochon», à moins d'une offensive «non-flash» du groupe Geloso.