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Une rue « Léo Major » à Montréal?

Rue Léo Major

La Ville de Montréal peut maintenant nommer une rue en l'honneur du héros de guerre Léo Major. En effet, suite à la démarche entreprise par M. Christian Élie Fournier, le Comité de toponymie de Montréal a accepté le 12 juin 2014 d'ajouter le nom de Léo Major dans la banque prévisionnelle de toponymie. Cependant, cela ne garantit pas son emploi pour la dénomination d'un lieu de la Ville de Montréal.

Ayant grandi sur la rue Frontenac dans le quartier du Centre-Sud à Montréal, Léo Major a joint les rangs du régiment de la Chaudière, a participé au débarquement de Normandie, à la bataille de la Normandie, ainsi qu’à la libération de la Belgique et de la Hollande. Ses faits d’armes incluent la libération à lui seul de la ville de Zwolle aux Pays-Bas pendant une nuit d'avril en 1945, la capture de 93 prisonniers de guerre pendant une patrouille à la bataille de l'Escaut (1944) et le maintient avec 18 hommes de la colline 355 contre des centaines de Chinois durant la guerre de Corée (1950-53).

Avenue de la ville de Zwolle nommée en l

Léo Major est l'un des trois seuls soldats du Commonwealth britannique, et le seul Canadien à avoir reçu deux Médailles de conduite distinguée (Distinguished Conduct Medal) et le seul soldat à les avoir reçues dans deux guerres différentes. Une avenue importante de la ville de Zwolle a été nommée en son honneur : « Avenue Léo Major - Premier libérateur canadien de Zwolle (1921-2008) » .

En ce 100e anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale et ce 70e anniversaire du débarquement de Normandie, voilà une occasion parfaite pour le maire de Montréal et de l'arrondissement Ville-Marie de rendre hommage à tous ces héros de guerre québécois qui, comme Léo Major, sont honorés en Europe, mais méconnus sur leur terre natale.

Bientôt une rue Léo Major à Montréal?

Observations d'un (nouveau) cycliste montréalais

Billet originalement publié sur le Huffington Post.

Depuis la fin avril, j'utilise le vélo comme moyen de transport pour me rendre au travail. De Villeray au centre-ville de Montréal, le parcours me prend trente minutes, tant à l'aller qu'au retour. C'est une première, car auparavant, la distance entre mon lieu de travail et ma résidence était trop grande pour ce moyen de transport.

Moi qui n'étais qu'un cycliste de fin de semaine, j'ai rapidement constaté que ce n'était pas la même chose d'aller à l'épicerie un samedi après-midi que de se rendre au centre-ville à l'heure de pointe.

La principale différence, c'est le respect de la signalisation.

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Pour les courts trajets hors période de pointe, le respect de la signalisation routière (arrêts, feu rouge) m'était optionnel et n'entraînait que rarement des problèmes. Or, le nombre de cyclistes sur la route du travail est si important qu'un certain ordre est nécessaire, notamment celui imposé par la signalisation. Les cyclistes sont donc nombreux à s'y conformer, même si cela ne les empêche pas de faire n'importe quoi à certains endroits précis.


Troisième différence, ce sont toutes les situations routières auxquelles je n'ai jamais été confronté auparavant et pour lesquelles je ne sais pas quelle conduite adopter. Exemple de questions auxquelles j'ai dû trouver une réponse:

  • Une brigadière fait traverser les gamins à une intersection, ai-je le droit de passer? Non.
  • Un autobus scolaire s'arrête et fait débarquer des gamins, puis-je continuer? Oui
  • Puis-je circuler dans la voie réservée aux taxis et aux autobus ? Non, mais il y a actuellement un projet pilote qui le permet sur la rue Viau.
  • Puis-je vraiment circuler sur les trottoirs? Non, sauf à quelques endroits à Montréal.
  • Puis-je passer à la lumière rouge si la traverse pour piéton est permise? Non.

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Étant cycliste du dimanche, j'ignorais ces règles et à voir le nombre de cyclistes qui les bafouent, par ignorance ou sciemment, je suis loin d'être le seul.

Ces observations, ajoutées aux nombres d'accidents impliquant des cyclistes à Montréal, me laissent croire que la game a changé sur les routes de Montréal: les usagers doivent changer leur conduite pour mieux partager la route.

Il y a bien sûr les cyclistes qui, comme je l'ai décrit, doivent apprendre à réagir aux nouvelles situations. Le code de la sécurité routière devra également être mis à jour pour tenir compte de la nouvelle popularité et les cyclistes devront surtout apprendre à le respecter. Il serait bien qu'une éthique entre cyclistes voit le jour, ne serait-ce que pour souligner les comportements délinquants. Un commentaire d'un cycliste est toujours mieux reçu que celui d'un automobiliste.

Les automobilistes et camionneurs devront accepter que la route serve au transport des biens et des personnes, et non pas à un type de véhicule en particulier. Le vélo a sa pleine et entière place, au même titre que les automobiles et camions. Et finalement, les piétons ont aussi leur bout de chemin à faire, ce sont les usagers les plus délinquants, traversant la rue n'importe où, à tout moment, et négligeant de prendre en compte les vélos.

Il est essentiel de mettre les moyens en place pour faciliter la transition vers un meilleur partage de la route. L'augmentation de la popularité du vélo fait partie d'un développement urbain durable, c'est la voie à suivre.

Lutter contre l'agrile du frêne à Montréal

Agrile du frêne

L’agrile du frêne est un insecte qui menace l’existence d’un arbre sur cinq sur l’île de Montréal. Si rien n’est fait, les 200 000 frênes de Montréal disparaîtront d’ici 10 ans.

Nous ne sommes pas la première ville d’Amérique du Nord à vivre ce phénomène. L’agrile a déjà tué des dizaines de millions de frênes aux États-Unis, sa progression est connue et documentée. Il n’existe à ce jour qu’un seul traitement pour protéger les frênes de cet insecte. Il s’agit d’un bio-pesticide nommé TreeAzin. Le traitement d’un frêne au TreeAzin coûte en moyenne 100$/année et il doit être appliqué avant l’arrivée de l’agrile pour être efficace.

Détection de l

Que font les autorités de la Ville de Montréal contre l’agrile du frêne? Pour le moment, des sommes d’argent sont prévues pour traiter 10 % des frênes, les autres n’étant pas protégés pour des raisons de « contraintes budgétaires ». Or, le temps presse, puisque les dommages causés par l'agrile sont exponentiels. Il ne reste probablement que deux ans pour traiter les frênes avant que l’agrile n’ait fait ses ravages partout sur l’île.

Il est clair que l’administration de la Ville de Montréal ne suffira pas à la tâche pour sauver tous les arbres en si peu de temps avec si peu de moyens. Que faire?

Trou causé par un insecte dans un frêne

Si vous détectez l'agrile du frêne sur un arbre de votre voisinage, vous pouvez appeler le 3-1-1 pour indiquer à quel endroit se trouve ce frêne.

Il faut faire pression dès maintenant sur les élus municipaux pour que plus de ressources soient consacrées à la lutte à l’agrile du frêne. Il est possible de le faire en se présentant au conseil d’arrondissement (liste ici) pour manifester son inquiétude (pour Villeray-St-Michel-Parc-Extension, joignez-vous à notre délégation mardi prochain le 6 mai à 19h).

Finalement, il faut offrir la possibilité aux citoyens de payer directement le traitement des arbres de leur rue, de leur quartier. Un flou légal existe pour cette solution, mais une fois cet aspect réglé, un site web pour amasser les contributions monétaires des citoyens pour traiter les frênes sur la voie publique devra être mis en place. Nous explorons présentement la possibilité de déployer un tel site web. Si vous êtes intéressés, une bonne avenue serait de commencer par adopter un frêne.

Il faut voir l’agrile du frêne comme un test pour notre collectivité. Ce problème est aisé à gérer :

  • La biologie, l’impact de l’agrile du frêne, la solution et le coût sont connus;
  • Il n’y a pas de puissant lobbys à affronter pour déployer la solution;
  • La période et les coûts de remplacement des frênes sont prévisibles;
  • Les décideurs vivent dans les quartiers affectés;
  • Un petit nombre de citoyens peut influencer les élus.

Si nous nous voulons être en mesure de lutter contre les changements climatiques, un problème plus complexe à tous les niveaux, nous devons régler haut la main les problèmes environnementaux simples comme celui posé par l’agrile du frêne. C’est un défi qui nous devons relever d’abord pour notre quartier, mais aussi pour se donner confiance en nos moyens lorsque viendra le moment d’affronter les grands problèmes.

Liens utiles

Mot du jour: pizzo

Pizzo: (Figuré) Nom de l'impôt révolutionnaire exigé par la mafia.
Source: Wiktionnaire

Exemples:
C’est à M. Milioto que M. Zambito remettait son « pizzo » de 2,5 % de la valeur de ses contrats ainsi qu’une ristourne de 3 % destinée à Union Montréal. Kathleen Lévesque, 17 octobre 2012.

Lettre aux Saguenéens

Je parlais à ma mère au téléphone jeudi dernier. Suite aux bombes fumigènes lancées dans le métro de Montréal, elle m'a dit sur un ton survolté que « Montréal était pris en otage » par les étudiants.

Une couple de semaines plus tôt, suivant une publication de mon frère sur Facebook, un des ses amis Saguenéens a écrit que « Ouin c`est le pas le temp d`aller a mtl ,c`est le chaos ».

J'aimerais rassurer famille et amis au Saguenay: la grève étudiante ne change rien pour 99% des Montréalais, 99% de temps. La ville n'est pas en état de siège.

Pourquoi ma mère était-elle aussi effrayée? Probablement parce qu'elle a écouté la télévision pendant la journée, et qu'une meute de journalistes traitait le sujet comme une guerre civile. Il est certain que si on mitraille la rue à coup de vox pop pendant des semaines à la recherche d'automobilistes offusqués contre les étudiants qui font perdre de précieuses minutes aux honnêtes payeurs de taxe se rendant au travail, ils vont finir par en trouver.

Mais ces journalistes pourraient également faire des vox pop lorsqu'une voiture tombe en panne, ce qui survient quotidiennement, et cause un bouchon à un des principaux points d'entrée de l'île de Montréal. Ils pourraient s'acharner et demander aux automobilistes « que pensez-vous des personnes irresponsables qui n'entretiennent pas leur voiture et vous met en retard ce matin ? ». Les réponses seraient sensiblement les mêmes que pour la grève étudiante. Non, les gens n'aiment pas être retardés.

Oui, l'interruption de toutes les lignes de métro a causé des problèmes à des centaines de milliers de personnes. Mais l'impossibilité d'emprunter les transports en commun pour se rendre à son travail se produit toujours une ou deux fois par année. Là où cet événement revêt un caractère exceptionnel, c'est que toutes les lignes étaient touchées. Sans vouloir justifier le geste, on parle d'un arrêt de service de 200 minutes du métro, pas d'un acte de « terrorisme ». Aux deux stations que j'ai visitées ce matin-là, personne n'était effrayé. Certains ont même souri lorsque la possibilité que les étudiants en grève puissent être à l'origine de cette panne a été évoquée. C'est grave, oui, mais remettons les choses en perspective, le chaos ne s'est pas emparé de la ville.

Il est vrai que la grève étudiante a un certain impact économique sur la ville. On n'a qu'à voir le maire de Montréal gesticuler dans une sortie paternaliste pour s'en convaincre. Mais les coûts de ces émeutes ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan d'argent qui se brasse à Montréal. Les sommes dépensées jusqu'ici représentent 15 minutes du PIB de la ville (sources: 1, 2). Bref, ces sommes sont importantes dans l'absolu, plusieurs millions, mais une fois mises en perspective, on constate que ce n'est pas tant d'argent que ça.

Cela dit, amis Saguenéens, mon intention n'est pas diminuer l'importance des événements qui se déroulent en ce moment. Le Québec vit une crise sociale majeure, potentiellement la plus importante depuis des décennies. Mais les Montréalais n'en sont pratiquement pas affectés. Je me hasarderais même à avancer que la population en général n'est pas concrètement affectée. Ceux qui subissent directement les effets de cette crise, ce sont les protagonistes. D'abord les étudiants en grève, qui risquent de perdre une session, et d'autre part l'ordre établi. C'est surtout ça qu'on voit lorsque l'on ouvre la télévision, c'est l'ordre établi qui se défend. Pas le chaos, ni des Montréalais pris en otages.

Montréal: 2011-11-11

Vendredi 11 novembre 2011. Ou le 2011-11-11. Quoi faire pour souligner cette journée, sinon que de parcourir Montréal pour l'illustrer.

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Photo de gauche: 11 secondes d'une traverse piétonière. Il faut se déphêcher pour ne pas se faire frapper!

Premier tiret: Autobus. Les transports en commun, présent et avenir de Montréal.

Photo du centre: Lampadaires du World Trade Center de Montréal. La référence par excellence au nombre 11.

Second tiret: Container sur un train sur le bord du fleuve.

Photo de droite: Saku Koivu, capitaine du Canadiens pendant 11-1 saisons du Canadiens, portait le numéro 11. Une fondation de l'hôpital Général de Montréal porte son nom. Ici, une photo du 11e étage de l'hôpital.

Luc Ferrandez

Luc Ferrandez est aujourd'hui un homme qu'une partie de la population québécoise se plaît à détester. La faute de ce politicien? D'abord, il est maire de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal, ce qui autorise les médias, surtout ceux à l'extérieur de Montréal, à déverser leur fiel sur une personne associée géographiquement à une gauche utopiste et dépensière. Deuxièmement, et c'est là son immense faute, Ferrandez s'est attaqué à une valeur cardinale de la société occidentale: la migration pendulaire motorisée. Ou en termes plus crus, aux chars.

Qu'un seul homme soulève l'ire d'autant de gens simplement en inversant le sens du trafic sur quelques rues - ce qui relève d'ailleurs des pouvoirs qu'il possède - est paradoxal. Un politicien s'attaque dans un quartier à notre représentation de la société contemporaine, et on assiste à une mobilisation grégaire des survivants du XXe siècle pour s'opposer à ce comportement hérétique. Le Québec désire des politiciens qui feront « de la politique autrement », mais attention! il faut que cela se fasse sans toucher notre mode de vie. Du changement, mais sans que ça change.

L'humanité sera confrontée à moyen terme à des défis qui nécessiteront des changements beaucoup plus radicaux que d'inverser le trafic d'une rue sur 1000 mètres. Or, la réaction contre Ferrandez laisse songeur quant à la capacité des Québécois d'entreprendre les actions qui seront nécessaires dans un futur pas très lointain. Il ne sert à rien d'avoir des politiciens visionnaires si la population refuse de voir les choses autrement. Accepter qu'un maire de quartier puisse prendre des décisions sur le sens de trafic me semble un point de départ accessible.

Le mur carmélite

Remontant la rue Henri-Julien jusqu'à la voie ferrée par un beau soir d'été, nous croisâmes un mur de pierre de 10 mètres de haut entourant une série d'édifices.

Mur du Carmel de Montréal

Bien que nous doutant qu'il s'agissait d'une institution religieuse, nous nous sommes demandé ce qui pouvait bien justifier la présence d'un mur aussi imposant. Servait-il à la protection contre les attaques des Indiens? Des Anglais? Des Américains?

Recherches effectuées, ce mur et ces établissements sont de style médiéval ont été construits en 1895-1896 (en seulement deux ans!) et constituent le Carmel de Montréal.

Le style utilisé a été développé 500 ans plus tôt sur un autre continent et répond à des critères, dont celui de défense contre l'ennemi, qui sont peu justifiés une fois transposés sur la rue Henri-Julien à la fin du XIXème siècle. La seule fonction du mur qui pouvait être utile à l'époque de sa construction est celle d'isolement de la communauté face au monde extérieur. On peut dire que la communauté est, effectivement, cloîtrée.

Il y aurait sûrement eu moyen d'avoir un cloître avec des murs moins hauts et atteindre le même but, comme l'on fait les moines à Oka à la même époque. Mais pour les Carmélites, l'architecture typique de leur ordre religieux importait plus que l'optimisation des ressources nécessaires pour s'isoler. L'identité historique de leur ordre étant lié à cette architecture, ils ne se sont peut-être même pas posé la question.

Comme quoi, parfois, le symbole est plus important que la fonction.

Balançoires sur la promenade des Artistes

Diptyque inspiré de l'Ascenseur analogique, une vue de l'extérieur et de l'intérieur des balançoires sur la promenade des Artistes.

Balançoires sur la promenade des Artistes, partie 1: Extérieur

Balançoires sur la promenade des Artistes, partie 2: Intérieur

Montréal: Variation mensuelle des températures

Quels sont les mois où la température se réchauffe le plus à Montréal?

Le tableau suivant indique la variation de la température entre la fin et le début de chaque mois de l'année à Montréal, selon les températures mesurées à l'aéroport de Dorval de 1941 à 2009.

Variation mensuelle des températures pour Montréal

Mois Différence (⁰C)
Janvier -0,9
Février +4,0
Mars +7,8
Avril +7,8
Mai +6,0
Juin +3,7
Juillet +1,2
Août -3,6
Septembre -6,0
Octobre -6,0
Novembre -7,3
Décembre -6,7

On note que les mois de mars et avril sont tous deux à égalité pour l'augmentation de la température avec +7,6 ⁰C. En moyenne, il fait donc 15⁰C plus chaud le 30 avril que le 1er mars!

Le mois de novembre, le mois des morts, est celui qui voit la plus grande diminution de température, -7,3 ⁰C.

Si on regarde ces données dans une représentation graphique, on peut dénoter une ressemblance entre la variation de la température et la variation de la durée du jour à Montréal (cliquez sur le graphique pour une plus haute définition).

Graphique de la variation mensuelle de températures pour Montréal
Graphique de la variation de la durée du jour pour Montréal

Comme quoi, toute est dans toute.

Remarque: La variation mensuelle de température entre le début et la fin du mois est définie ici par la moyenne de l'augmentation de la température minimale et maximale, entre le premier et le dernier jour du mois.

Source des données

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