Publié par Miguel Tremblay le 18 octobre 2012 dans langage, montréal
Pizzo: (Figuré) Nom de l'impôt révolutionnaire exigé par la mafia.
Source: Wiktionnaire
Exemples: C’est à M. Milioto que M. Zambito remettait son « pizzo » de 2,5 % de la valeur de ses contrats ainsi qu’une ristourne de 3 % destinée à Union Montréal.Kathleen Lévesque, 17 octobre 2012.
Je parlais à ma mère au téléphone jeudi dernier. Suite aux bombes fumigènes lancées dans le métro de Montréal, elle m'a dit sur un ton survolté que « Montréal était pris en otage » par les étudiants.
Une couple de semaines plus tôt, suivant une publication de mon frère sur Facebook, un des ses amis Saguenéens a écrit que « Ouin c`est le pas le temp d`aller a mtl ,c`est le chaos ».
J'aimerais rassurer famille et amis au Saguenay: la grève étudiante ne change rien pour 99% des Montréalais, 99% de temps. La ville n'est pas en état de siège.
Pourquoi ma mère était-elle aussi effrayée? Probablement parce qu'elle a écouté la télévision pendant la journée, et qu'une meute de journalistes traitait le sujet comme une guerre civile. Il est certain que si on mitraille la rue à coup de vox pop pendant des semaines à la recherche d'automobilistes offusqués contre les étudiants qui font perdre de précieuses minutes aux honnêtes payeurs de taxe se rendant au travail, ils vont finir par en trouver.
Mais ces journalistes pourraient également faire des vox pop lorsqu'une voiture tombe en panne, ce qui survient quotidiennement, et cause un bouchon à un des principaux points d'entrée de l'île de Montréal. Ils pourraient s'acharner et demander aux automobilistes « que pensez-vous des personnes irresponsables qui n'entretiennent pas leur voiture et vous met en retard ce matin ? ». Les réponses seraient sensiblement les mêmes que pour la grève étudiante. Non, les gens n'aiment pas être retardés.
Oui, l'interruption de toutes les lignes de métro a causé des problèmes à des centaines de milliers de personnes. Mais l'impossibilité d'emprunter les transports en commun pour se rendre à son travail se produit toujours une ou deux fois par année. Là où cet événement revêt un caractère exceptionnel, c'est que toutes les lignes étaient touchées. Sans vouloir justifier le geste, on parle d'un arrêt de service de 200 minutes du métro, pas d'un acte de « terrorisme ». Aux deux stations que j'ai visitées ce matin-là, personne n'était effrayé. Certains ont même souri lorsque la possibilité que les étudiants en grève puissent être à l'origine de cette panne a été évoquée. C'est grave, oui, mais remettons les choses en perspective, le chaos ne s'est pas emparé de la ville.
Il est vrai que la grève étudiante a un certain impact économique sur la ville. On n'a qu'à voir le maire de Montréal gesticuler dans une sortie paternaliste pour s'en convaincre. Mais les coûts de ces émeutes ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan d'argent qui se brasse à Montréal. Les sommes dépensées jusqu'ici représentent 15 minutes du PIB de la ville (sources: 1, 2). Bref, ces sommes sont importantes dans l'absolu, plusieurs millions, mais une fois mises en perspective, on constate que ce n'est pas tant d'argent que ça.
Cela dit, amis Saguenéens, mon intention n'est pas diminuer l'importance des événements qui se déroulent en ce moment. Le Québec vit une crise sociale majeure, potentiellement la plus importante depuis des décennies. Mais les Montréalais n'en sont pratiquement pas affectés. Je me hasarderais même à avancer que la population en général n'est pas concrètement affectée. Ceux qui subissent directement les effets de cette crise, ce sont les protagonistes. D'abord les étudiants en grève, qui risquent de perdre une session, et d'autre part l'ordre établi. C'est surtout ça qu'on voit lorsque l'on ouvre la télévision, c'est l'ordre établi qui se défend. Pas le chaos, ni des Montréalais pris en otages.
Second tiret: Container sur un train sur le bord du fleuve.
Photo de droite: Saku Koivu, capitaine du Canadiens pendant 11-1 saisons du Canadiens, portait le numéro 11. Une fondation de l'hôpital Général de Montréal porte son nom. Ici, une photo du 11e étage de l'hôpital.
Luc Ferrandez est aujourd'hui un homme qu'une partie de la population québécoise se plaît à détester. La faute de ce politicien? D'abord, il est maire de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal, ce qui autorise les médias, surtout ceux à l'extérieur de Montréal, à déverser leur fiel sur une personne associée géographiquement à une gauche utopiste et dépensière. Deuxièmement, et c'est là son immense faute, Ferrandez s'est attaqué à une valeur cardinale de la société occidentale: la migration pendulaire motorisée. Ou en termes plus crus, aux chars.
Qu'un seul homme soulève l'ire d'autant de gens simplement en inversant le sens du trafic sur quelques rues - ce qui relève d'ailleurs des pouvoirs qu'il possède - est paradoxal. Un politicien s'attaque dans un quartier à notre représentation de la société contemporaine, et on assiste à une mobilisation grégaire des survivants du XXe siècle pour s'opposer à ce comportement hérétique. Le Québec désire des politiciens qui feront « de la politique autrement », mais attention! il faut que cela se fasse sans toucher notre mode de vie. Du changement, mais sans que ça change.
L'humanité sera confrontée à moyen terme à des défis qui nécessiteront des changements beaucoup plus radicaux que d'inverser le trafic d'une rue sur 1000 mètres. Or, la réaction contre Ferrandez laisse songeur quant à la capacité des Québécois d'entreprendre les actions qui seront nécessaires dans un futur pas très lointain. Il ne sert à rien d'avoir des politiciens visionnaires si la population refuse de voir les choses autrement. Accepter qu'un maire de quartier puisse prendre des décisions sur le sens de trafic me semble un point de départ accessible.
Remontant la rue Henri-Julien jusqu'à la voie ferrée par un beau soir d'été, nous croisâmes un mur de pierre de 10 mètres de haut entourant une série d'édifices.
Bien que nous doutant qu'il s'agissait d'une institution religieuse, nous nous sommes demandé ce qui pouvait bien justifier la présence d'un mur aussi imposant. Servait-il à la protection contre les attaques des Indiens? Des Anglais? Des Américains?
Recherches effectuées, ce mur et ces établissements sont de style médiéval ont été construits en 1895-1896 (en seulement deux ans!) et constituent le Carmel de Montréal.
Le style utilisé a été développé 500 ans plus tôt sur un autre continent et répond à des critères, dont celui de défense contre l'ennemi, qui sont peu justifiés une fois transposés sur la rue Henri-Julien à la fin du XIXème siècle. La seule fonction du mur qui pouvait être utile à l'époque de sa construction est celle d'isolement de la communauté face au monde extérieur. On peut dire que la communauté est, effectivement, cloîtrée.
Il y aurait sûrement eu moyen d'avoir un cloître avec des murs moins hauts et atteindre le même but, comme l'on fait les moines à Oka à la même époque. Mais pour les Carmélites, l'architecture typique de leur ordre religieux importait plus que l'optimisation des ressources nécessaires pour s'isoler. L'identité historique de leur ordre étant lié à cette architecture, ils ne se sont peut-être même pas posé la question.
Comme quoi, parfois, le symbole est plus important que la fonction.
Publié par Miguel Tremblay le 30 mars 2011 dans climat, montréal
Quels sont les mois où la température se réchauffe le plus à Montréal?
Le tableau suivant indique la variation de la température entre la fin et le début de chaque mois de l'année à Montréal, selon les températures mesurées à l'aéroport de Dorval de 1941 à 2009.
Variation mensuelle des températures pour Montréal
Mois
Différence (⁰C)
Janvier
-0,9
Février
+4,0
Mars
+7,8
Avril
+7,8
Mai
+6,0
Juin
+3,7
Juillet
+1,2
Août
-3,6
Septembre
-6,0
Octobre
-6,0
Novembre
-7,3
Décembre
-6,7
On note que les mois de mars et avril sont tous deux à égalité pour l'augmentation de la température avec +7,6 ⁰C. En moyenne, il fait donc 15⁰C plus chaud le 30 avril que le 1er mars!
Le mois de novembre, le mois des morts, est celui qui voit la plus grande diminution de température, -7,3 ⁰C.
Si on regarde ces données dans une représentation graphique, on peut dénoter une ressemblance entre la variation de la température et la variation de la durée du jour à Montréal (cliquez sur le graphique pour une plus haute définition).
Comme quoi, toute est dans toute.
Remarque: La variation mensuelle de température entre le début et la fin du mois est définie ici par la moyenne de l'augmentation de la température minimale et maximale, entre le premier et le dernier jour du mois.
Quoi de mieux, par un beau dimanche après-midi ensoleillé de février, que d'emprunter le funiculaire de la tour de stade olympique, pour aller admirer Montréal du haut des airs.
Il ne fait pas souvent -30°C à Montréal. Il y a eu seulement 27 jours avec une température de -30°C ou moins depuis 1953 (la température la plus froide enregistrée pendant cette période a été de -37,8°C le 15 janvier 1957). Ça fait 0,47 jour/année, ou encore une journée à tous les 2 ans.
Sauf que la dernière fois que c'est arrivé, c'est en 1994. Il y a 16 ans. Est-ce l'effet du réchauffement climatique? Probablement. Surtout si on tient en compte que le principal effet du réchauffement climatique est de rendre les températures minimales de moins en moins froides. Et les températures minimales à Montréal, c'est pas mal -30°C.
On remarque une tendance semblable pour les jours où il fait plus froid que -25°C.
Idem pour les jours où il fait plus froid que -10°C.
Mais si on regarde sur une carte, on voit que ce n'est pas à Montréal que le réchauffement va être le plus marqué. Plus on monte vers le nord, plus le réchauffement sera grand.
Anomalies de température par rapport à la moyenne pour 2010
S'il fait plus chaud sur la basse Côte-Nord et dans le golfe, par exemple, ça pourrait donner des printemps hâtifs où il n'y a pas de couverture de glace. Comme l'an dernier.
Quand un phénomène est global, c'est qu'on peut distinguer ses effets partout. Le Québec ne fait pas exception.
Le guide présente des cartes de la région de Montréal qui illustrent la pauvreté des familles avec des enfants pour chacun des quartiers et des sous-quartiers.
Commençons par la première carte, celle de la ville de Montréal (cliquez sur la carte pour une plus haute définition):
Bien sûr, le premier réflexe est de consulter la carte de son quartier. Voici donc Villeray:
On se demande par la suite quel quartier est tout en rouge. Je vous présente Parc-Extension:
Et, allons faire un tour dans l'ouest de l'île pour voir un joli vert uni, quasiment pastoral. Je vous présente Beaconsfield:
Pour les cartes des autres quartiers de Montréal, je vous invite à consulter le document pdf d'où sont tirés ces cartes. Les cartes se trouvent de la page 25 à la page 67, la table des matières est à la page 23.
Je recopie ici l'explication tirée du document de l'indice illustré sur les cartes.
La carte de la défavorisation 2008 du Comité de gestion de la taxe scolaire de l’île de Montréal présente, à l’aide de six couleurs, le niveau de défavorisation des familles avec enfants de moins de 18 ans. Les couleurs varient du rouge brique, pour une concentration importante, au vert foncé, pour une présence minime de la défavorisation. Une concentration de la défavorisation doit être considérée comme étant plus problématique que sa seule présence, puisqu’elle se réfère à des valeurs d’indice plus élevées.
L’indice global de défavorisation se compose de quatre variables : le faible revenu, la scolarité de la mère, la monoparentalité féminine et l’activité économique des parents. Les données à la base du calcul de l’indice global de défavorisation proviennent du recensement de 2006 de Statistique Canada et ont été obtenues auprès d’un échantillon de 20 % des ménages.
Faible revenu
La variable «faible revenu», traduite en indicateur, correspond au pourcentage de familles à faible revenu parmi les familles avec enfants de moins de 18 ans. Le revenu total après impôt sert de base à l’établissement de cette variable.
Statistique Canada détermine les seuils en dessous desquels une famille est considérée à faible revenu. Ces seuils varient selon le nombre de personnes dans la famille et la taille de la communauté du secteur de résidence. Un seuil correspond au revenu en deçà duquel une famille est susceptible de consacrer une part plus importante de son revenu à l’alimentation, au logement et à l’habillement, qu’une famille moyenne. Une famille onsacrant 63 % ou plus de son revenu à ce type de dépenses est considérée comme étant à faible revenu.
Scolarité de la mère
La variable « scolarité de la mère » est mesurée par le pourcentage de familles dont la mère n’a aucun diplôme du secondaire ou l’équivalent parmi les familles avec enfants de moins de 18 ans. Un diplôme du secondaire peut aussi être une attestation, un certificat, un diplôme d’études professionnelles ou d’une école de métiers.
La scolarité des parents, particulièrement celle des mères, fait partie des prédicteurs efficaces de la réussite scolaire.
Monoparentalité féminine
L’indicateur de la monoparentalité féminine (gynoparentalité) correspond au pourcentage de familles monoparentales dont le chef est une femme parmi les familles avec enfants de moins de 18 ans. Une famille monoparentale peut aussi être composée d’un grand-parent vivant avec un ou plusieurs de ses petits-enfants dans un ménage où les parents sont absents.
Activité des parents
La variable «activité des parents» correspond au pourcentage de familles dont aucun des parents ne travaille à temps plein parmi les familles avec enfants de moins de 18 ans. S’il s’agit d’une famille monoparentale, c’est uniquement l’activité du parent seul qui est prise en compte.
Indice global de défavorisation
L’indice global de défavorisation synthétise, en une seule mesure, les valeurs obtenues par chacune des quatre variables retenues. La méthode utilisée pour calculer l’indice accorde à la variable «faible revenu» un poids plus important qu’aux autres variables. De fait, le poids de la variable «faible revenu» représente la moitié du poids total, soit 50 %, alors que les trois autres variables se partagent l’autre moitié à part égale, soit 16,67 % du poids total chacune.