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Mot du jour: spolier

splolier: verbe. Dépouiller par fraude ou par force. On l'a spolié de son héritage.
Étymologie: Prov. espoliar ; esp. expoliar ; ital. spogliare ; du lat. spoliare, dénominatif de spolium, qu'on rapproche du terme grec signifiant peau, dépouille.
Source: Le Littré

Exemple: Pour les indépendantistes que nous sommes, il est assez inconcevable qu’on puisse servir les intérêts d’une nation tout en travaillant ardemment à protéger des intérêts de multinationales étragères qui cherchent à spolier nos ressources naturelles. (Amir Khadir)

Mon dépanneur

Mon dépanneur, il a pour nom Yireh. Yireh, c'est un des noms de Dieu. En hébreu, ça veut dire Le seigneur qui pourvoit.

Dépanneur Yireh

Non, mon dépanneur n'est pas tenu par un juif, mais par une Salvadorienne. Elle a acheté il y a environ 10 ans cet établissement, alors sous un autre nom, à une Vietnamienne. C'est la propriétaire qui m'a confié ― je suis privilégié ― la signification de Yireh.

De toutes les femmes que je connaisse, c'est celle qui travaille le plus fort. Elle ouvre et ferme son dépanneur tous les jours, 7 jours sur 7, 264 jours par année (vous trouverez la porte close à Noël).

Le samedi après-midi, au dépanneur Yireh, c'est la Rumba du samedi qui joue à la radio. La fille, ou la nièce, de la propriétaire est souvent derrière la caisse. Les autres jours, elle écoute TVA en continu. Je l'ai d'ailleurs prévenu: « Tu vas finir par penser que le monde est une place dangereuse, si t'écoutes trop TVA ».

Pourquoi parler de mon dépanneur?

  • Parce que c'est, de loin, le commerce que j'ai fréquenté le plus assidûment dans les 10 dernières années.
  • Parce que ce n'est plus mon dépanneur depuis quelques semaines.
  • Parce que, lorsqu'une Salvadorienne me dit dans le creux de l'oreille la signification du mot hébreu qu'elle a choisi comme nom pour son dépanneur, je trouve que Montréal est le plus bel endroit au monde.
  • Parce qu'on y retrouve des flanneux de dépanneurs.
  • Parce qu'il y a un livre, que je n'ai pas lu, qui vient de paraître sur le sujet.

D'ailleurs, vous ai-je parlé de ma fruiterie? Elle est tenue par un Chinois marié à une Iranienne…

De l'efficacité des pneus gonflés à l'azote

Pneu à plat

Gonfler ses pneus avec de l'azote au lieu d'air est, selon toute vraisemblance, une dépense d'argent inutile. Voici pourquoi.

L'air est composé à 78% d'azote, 21% d'oxygène et 1% d'autres gaz. Pour un pneu d'automobile, 2 différences pourraient favoriser l'azote par rapport à l'air:
1- L'absence d'oxygène;
2- L'absence de vapeur d'eau.

Analysons l'influence de ces 2 facteurs.

1- Absence d'oxygène dans les pneus

L'oxydation

L'oxygène dégrade les matières avec lesquelles il est en contact: c'est l'oxydation. Pour les véhicules qui conservent les mêmes pneus pendant un grand nombre d'années, l'oxydation peut être importante. L'argument de vente utilisé mettant l'emphase sur cette propriété est l'identification de l'azote comme un gaz inerte, puisqu'il ne cause pas d'oxydation.

C'est surtout pour les camions qui ont des pneus gigantesques que cela a de l'importance. En effet, leurs pneus sont traités plusieurs fois, de nouvelles rainures sont creusées, augmentant ainsi leur durée de vie. Dans le cas des pneus d'automobiles, cela a très peu d'importance, ils ont une durée de vie trop courte.

Sources:
* http://home.comcast.net/~prestondrake/N2_FAQ_Q08.htm
* http://home.comcast.net/~prestondrake/N2_FAQ_Q06.htm

La dimension des molécules

La molécule d'azote, le diazote, est plus grosse que celle de l'oxygène, le dioxygène. Les molécules de dioxygène passent à travers le pneu plus rapidement que celles du diazote. Ce phénomène est appelé diffusion.

Cependant, la diffusion n'est pas une source importante de perte d'air dans un pneu. Une différence dans la vitesse de celle-ci, fut-elle réduite à zéro, ne représentera qu'un gain marginal.

Source: http://blogs.consumerreports.org/cars/2007/10/tires-nitrogen-.html

L'oxygène, nourriture du feu

Dans un milieu sans oxygène, il ne peut y avoir de feu. Un avion s'est déjà écrasé suite à l'éclatement d'un pneu en vol. En effet, le pneu de l'avion étant remplie d'air, et non d'azote, l'oxygène présent dans ce pneu a nourrie un incendie s'étant déclaré à ce moment, ce qui causa la perte de l'aéronef. Triste histoire.

Si vous prévoyez voyager dans un milieu pauvre ou sans oxygène, la haute troposphère par exemple, les pneus gonflés à l'azote réduiront de beaucoup les risques d'incendie. Pour les automobiles à la surface de la Terre, cette raison semble un peu futile.

Source: http://www.straightdope.com/columns/read/2694/is-it-better-to-fill-your-tires-with-nitrogen-instead-of-air

2- Absence de vapeur d'eau dans les pneus

La rouille

La vapeur d'eau, présente dans un pneu rempli d'air, cause de la rouille sur la jante.

Plusieurs automobiles ont maintenant des jantes en alliage inoxydable. Donc pas de rouille. La jante peut aussi rouiller de l'extérieur, l'absence d'eau dans le pneu n'est donc pas un facteur prévoyant toute corrosion. D'autre part, la présence de rouille serait un facteur rarement évoquée pour justifier le changement de celle-ci.

Source: http://www.straightdope.com/columns/read/2694/is-it-better-to-fill-your-tires-with-nitrogen-instead-of-air

La variation de pression de la vapeur d'eau

La pression de l'air sec varie moins en fonction de la température que celle de l'air contenant de la vapeur d'eau. Comme la vapeur d'eau est retirée lors du processus purifiant l'azote, un pneu gonflé à l'azote bénéficie de cet avantage.

Certes, mais de façon imperceptible à de basse température; dans l'air, la vapeur d'eau se condense et l'air devient sec, tout comme l'azote. Par contre, pour des températures de l'ordre de 100°C, la différence peut être importante. C'est pourquoi les voitures de courses ont des pneus gonflés à l'azote. À moins donc de faire de la course automobile, les températures des pneus n'atteignent pas les valeurs où la vapeur d'eau fait une différence par rapport à l'air sec.

Source: http://home.comcast.net/~prestondrake/N2_FAQ_Q01.htm

Conclusions

Il existe plusieurs sites web, surtout en anglais, qui portent sur l'efficacité des pneus gonflés à l'azote. Avec quelques variantes sur les arguments, la grande majorité en arrivent aux mêmes conclusions:
1- Peu importe avec quoi le pneu est gonflé, il faut vérifier la pression des pneus à chaque mois;
2- Pour un véhicule standard, gonfler ses pneus à l'azote au lieu de l'air a un effet négligeable. Si c'est gratuit, allez-y, sinon gardez vos sous pour vous acheter des douceurs.

Notes:
* La meilleure référence que j'ai consultée pour l'efficacité des pneus gonflés à l'azote est celle de Mitchell P. Patrie.
* Curieusement, CAA-Québec en arrive à des conclusions différentes que celles de ptaff.ca.

De la Banque à la Caisse

Flèche partant du logo de la Banque Nationale du Canada et pointant vers le logo des Caisses Desjardins

J'étais avec la Banque Nationale depuis mon premier prêt étudiant, alors que j'étais étudiant au Cégep, ce qui ne me rajeunit pas.

Dernièrement, je me suis demandé pourquoi mon argent était à la Banque Nationale et non à la Caisse populaire. Curieusement, j'ai eu l'impression de dresser une liste des raisons pour arrêter de fumer.

Après réflexion, je suis venu à la conclusion qu'il vaut mieux être à la Caisse populaire parce que:

  1. Les profits dégagés par l'administration de mon argent sont versés dans la communauté et aux membres, pas aux actionnaires.
  2. Les Caisses populaires permettent aux gens du milieu qu'il dessert de s'impliquer dans l'administration de ces institutions et de décider où et comment seront investis les profits.
  3. Je peux faire des investissements socialement responsable, ce type d'investissement n'étant pas disponible à la Banque Nationale.
  4. Comme c'est un mouvement coopératif, les Caisses n'ont pas pour mission de dégager le plus de profits possible, contrairement aux banques. Chaque Caisse a sa mission, celle de la mienne étant de contribuer «au mieux-être économique et social de ses membres et de sa communauté».
  5. C'est une institution unique au pays, résultat des efforts d'un visionnaire. Ça rend fier d'être Québécois.
  6. Il vaut mieux faire parti d'une institution dont on peut être fier, plutôt que d'une institution par laquelle on se sent abusé, pour ne pas dire volé, lorsqu'elle déclare des profits.
  7. C'est moi qui ai pris la photo de la maison d'Alphone Desjardins que l'on retrouve sur l'article qui lui est consacré sur Wikipédia.
  8. Les services aux clients qui sont offerts par les Caisses ou par les Banques me semblent en tout point comparables.

De la réflexion à l'action, il n'y a qu'un pas. Je l'ai franchi.

Une autre bonne affaire de faite.

À qui appartient l'Okanagan Spring?

Assis en train de deviser de logique au Miss Villeray nouveau, je voyais les employés plier des cartons annonçant la bière « Okanagang Spring ».

Carton de l’Okanagan Spring

Après inspection du dit carton, il est impossible de voir d'où provient cette bière. Certes, l'usage du nom Okanagan laisse supposer qu'elle provient de la vallée du même nom, mais il ne faut pas toujours se fier à ses impressions, la bière St-Urbain nous l'a appris. Contrairement à cette dernière, la mention « EST'D 1985 » laisse présager que ce n'est peut-être pas une récente invention d'une mégabrasserie pour utiliser l'image des microbrasseries.

Bien. Investiguons.

Arrivé chez moi, je recours alors à ce qui est appelé internet pour en apprendre plus sur l'Okanagan Spring. Il s'agit en fait d'une microbrasserie de Vernon dans la vallée de l'Okanagan en Colombie-Britannique. Cette brasserie a été achetée par Sleeman en 1996, cette dernière ayant d'ailleurs elle-même été achetée par la Japonaise Sapporo.

L'Okanagan Spring a donc subit le même sort que la brasserie Unibroue.

Ceci apprit, je n'avais toujours pas goûté à ladite bière. Éthique professionnelle de blogueur oblige, je suis retourné au Miss Villeray une couple de jours plus tard et j'ai commandé une Okanagan Spring. Résultat: c'est ma bière en fût préférée au Miss Villeray (les autres étant la Sapporo, la U rousse, la Sleeman quelque chose, la Blanche de Chambly et la Guinness).

Question bonus: Qu'est-ce qu'une microbrasserie?

Toute cette histoire, en plus de me donner soif, m'a amené à me poser la question: coudon, c'est quoi une microbrasserie? Parce qu'une microbrasserie de Colombie-Britannique qui vend jusqu'au Québec dans les débits de boisson, peut-on encore appeler ça une microbrasserie?

Wikitionnaire et le grand dictionnaire terminologique (GDT) n'ont pas la même définition de ce mot. Le premier parle de part de marché alors que le GDT parle plutôt de production faible et artisanale. Pour ce qui est de faible part de marché, je suis certain que l'Okanagan Spring se classe comme une microbrasserie. Pour ce qui est de la fabrication faible et artisanale, je suis pas mal moins certain.

Quoi qu'il en soit, la définition de Wikitionnaire me semble erronée, parce que la même bière, si elle venait à prendre beaucoup de parts de marché, ne pourrait plus être classée comme provenant d'une microbrasserie. Le produit ne changerait pas, mais sa définition oui. De plus, si une microbrasserie était achetée par une plus grosse brasserie, comme ç’a été le cas avec l'Okanagan Spring, elle ne pourrait plus être une microbrasserie puisqu'elle ferait partie d'une entité qui a beaucoup de parts de marché.

Mais, si on accepte la définition de la production faible et artisanale, cela me semble exclure les brasseries comme Unibroue, Sleeman et McAuslan. D'ailleurs, sur la question le site festibieres.ca accepte aussi la définition du GDT et explique que:

Dans les faits, certaines microbrasseries s'éloignent de la définition en délaissant la production artisanale et la remplaçant par une production plus commerciale avec des volumes plus ou moins gros. Le terme microbrasserie est utilisé par certains avant tout pour se distinguer des plus gros brasseurs comme Molson et Labatt qui sont nettement plus gros. Quoi qu'il en soit, les produits des microbrasseries sont habituellement plus soignés et de meilleure qualité.

À votre santé!

Cochonnet entier

Au marché Jean-Talon, il est possible d'acheter un cochonnet entier dans un sac de plastique sous vide. Prix de détail: 115$

Cochonnet entier dans un sac plastique sous vide

Ça fait bizarre de voir un animal entier au comptoir à viande. On n'est pas habitué de les reconnaître aussi aisément.

Les caméras sont partout

Les caméras sont partout

Photo prise au IGA de mon quartier . Non, il n'y eut personne pour m'avertir que je n'avais pas le droit de prendre de photo. La situation aurait été particulièrement cocasse.

Le nouveau dépanneur

Le dépanneur est un endroit où, tout comme vous probablement, je me retrouve pratiquement quotidiennement pour tous mes petits achats. C'est au coin de la rue, c'est pratique et il y en a partout.

Or, depuis mai (juin?) 2008, le look du dépanneur a énormément changé. Il y a deux choses qui sont survenues, pratiquement en même temps.

Les panneaux gris dissimulant les cigarettes

Les paquets de cigarettes sont maintenant dissumulés de la vue du client, obligeant le caissier à faire une quête en soulevant multiples panneaux de plastique gris pour trouver la marque demandée par le client.

En même temps que les cigarettes ont disparu de le vue des clients, des écrans plats qui tentent de nous vendre un petit extra ou d'autres produits de Loto-Québec sont apparus. Est-ce une tactique marketing de Loto-Québec pour passer inaperçu et éviter un débat? Pourrait-on vraiment croire que la simultanéité de ces deux événements est due au hasard? N'est-ce pas justement là l'expertise de Loto-Québec, de prévoir le hasard?

Écran plat de Loto-Québec pour de la publicité

Je doute que notre dépanneur du coin subisse un changement d'une aussi grande ampleur dans les prochaines décennies.

La neutralité de réseaux: un faux débat

La neutralité de réseaux est à la mode depuis quelques mois, voire quelques années. Et pour cause. La question est maintenant arrivée au Canada et, bien qu'elle soit, comme la plupart des questions légales reliées à la technologie, surtout discuté dans les milieux spécialisés, ce débat touche toute la population qui a accès à internet.

Papier pH

Dernièrement, cette discussion est entrée par la grande porte au Canada, notamment parce que les grands fournisseurs d'accès internet (FAI) du pays, notamment Bell et Rogers, ont commencé à étrangler les données transitant par leurs infrastructures (voir la note de traduction dans le billet Bell Sympatico contrôle votre vitesse pour la définition d'étranglement).

Les pressions se font grandes pour que le parlement canadien légifère sur la neutralité des réseaux, c'est-à-dire pour qu'il force les FAI à accorder la même priorité aux paquets, peu importe leur origine, leur destination ou encore le protocole utilisé.

Or, la neutralité des réseaux est un faux débat. Voici pourquoi.

Le contexte

La bande passante est limitée. Certes elle peut être augmentée avec des investissements dans les infrastructures, physiques et logicielles, mais il ne saurait être question de la multiplier par 10 d'une manière simple. À tout moment, la bande passante disponible est finie.

Pilone

Il y a quelques années, la bande passante était sous-utilisée. La somme des octets transitant sur internet était, sauf pour certains sites particulier lors d'événement précis (le site du Directeur général des élections la journée des élections par exemple), inférieure à ce que le réseau pouvait digérer sans problème. Puisqu'il y avait de l'espace disponible, des technologies et des habitudes utilisant cet espace ce sont développées. Pensons à la lecture vidéo en transit (YouTube!, Vimeo) ou encore à l'échange de fichiers immenses, comme les vidéos encore une fois, utilisant les protocoles comme BitTorrent.

Donc, peu importe la bande passante disponible, l'utilisation qui est faite par les gens et les logiciels s'adaptera pour profiter à plein de cette bande passante.

Pour éviter la congestion du réseau il faudrait donc que les FAI soient toujours en avance sur la demande et qu'ils investissent constamment pour augmenter la bande passante. Bien que théoriquement possible, on ne peut forcer les compagnies de télécommunication dans cette logique expansionniste infinie. Il est donc normal, à moyen terme, que le réseau devienne congestionné.

Les opposants classiques

La question est dès lors, comment doit-on gérer cette congestion? Les tenants de la neutralité optent pour, comme sont nom l'indique, que tous les paquets soient traités sur le même pied d'égalité. Les FAI, quant à eux, font la sourde oreille et préfère être eux-mêmes les gestionnaires de ce qui peut passer rapidement et de ce qui est ralentit sur le réseau.

Dans le premier cas, c'est la congestion assurée. Si tout le monde doit aller à la même vitesse et que la capacité de la bande passante est saturée, tout le monde ira lentement. Les services nécessitant une certaine qualité de bande passante ne pourront alors plus exister. Ce n'est pas une solution viable.

Congestion

Dans le deuxième cas, les FAI pourront favoriser qui bon leur semble. Comme ceux-ci sont, surtout dans le cas canadien, également des fournisseurs de services et de contenus transitant sur internet, il y a tout à penser qu'ils se favoriseront eux-mêmes. Les services n'appartenant pas au FAI ou encore les compagnies n'ayant pas une entente avec eux auront un net désavantage compétitif. Les FAI qui possèdent les infrastructures matérielles sur lesquelles transitent les octets d'internet, forment un oligopole qui aura dès lors toute la marge de manoeuvre pour fixer des prix prohibitifs. L'internet canadien subira alors le même manque de compétition qu'il existe présentement dans le domaine des téléphones portables. Avec les mêmes conséquences.

La solution

Mais alors, quoi faire? De façon générale, les lois doivent s'appuyer sur des principes et non sur des technologies. Il existe déjà une loi qui empêche de profiter de ce genre d'avantage: la loi canadienne sur la concurrence.

Il faudrait donc faire en sorte que cette loi puisse s'appliquer au FAI sur internet. Comment? C'est tout simple. Forcer les FAI à divulguer les règles qu'ils suivent pour faire de l'étranglement.

De cette façon, la loi canadienne sur la concurrence pourra alors s'appliquer. Cette loi ne peut être appliquée en ce moment puisque tout se fait derrière des portes clauses. Les FAI ne pourront plus de cette façon se favoriser eux-mêmes aux détriments des autres. Il sera aussi possible de choisir son FAI en fonction de sa politique d'étranglement. Certains besoins pourront alors se cantonner sur certaines architectures (un FAI pourrait se spécialiser sur la disponibilité 24/7 alors qu'un autre pourrait offrir un service garantit lors des périodes de pointe plus ponctuelles).

balance.jpg

QuebecTorrent est mort…

Vous avez sans doute entendu parlé de la défaite en justice de QuebecTorrent qui faisait l'object d'une poursuite pour violation de droits d'auteurs par une poignée d'ayant droits de l'industrie. Je leur avais d'ailleurs écrit une lettre ouverte après avoir expliqué l'utilisation que je faisais de ce site.

Le 9 juillet 2008, la Cour supérieure du Québec a émis une injonction permanente ordonnant à son administrateur, Sébastien Brûlotte, de fermer boutique.

Étant membre de QuébecTorrent, j'ai reçu ce courriel de Sébastien Brulotte, que je récopie ici afin de publier tous les côtés de l'histoire. Les hyperliens sont de moi.

Le 11 juillet 2008

Chers Membres,

C’est avec regret que nous avons décidé de consentir à l’injonction qui visait notre site torrent, notre entreprise et moi-même en tant que président de Québectorrent.com Inc.

J’ai pris l’initiative du présent communiqué afin de vous remercier pour votre appui et votre support depuis l’ouverture du site, ainsi que tout au long des procédures judiciaires. Sans vous, toute cette aventure n’aurait pas été aussi enrichissante. Ensemble nous aurons ainsi permis de donner une visibilité à nos artistes auprès de notre communauté en leur rendant disponible une plateforme alternative de diffusion moins coûteuse et tout aussi efficace, pour un plus grand rayonnement de leurs œuvres.

Je désire aussi vous expliquer ma décision de ne pas contester les procédures d’injonction permanente nous ayant été signifiées et contre lesquelles nous avons toujours manifesté notre désaccord. Les bouleversements qu’ont provoqués les sites de type « torrent » et « p2p » ont eu un impact important sur le commerce et la distribution de la musique, des films et de toute œuvre protégés par des droits d’auteurs.

Au moment où nous avons dû prendre une décision quant à la défense de nos intérêts devant les tribunaux, nous avons constaté que tant l’industrie du disque et du film, représentée par l’ADISQ et l’APFTQ, que les utilisateurs et opérateurs de sites de type « torrent » et « p2p », étaient régis par des lois désuètes et manifestement non-adaptées au contexte actuel et à la technologie moderne.

Nous invitons d’ailleurs nos gouvernements à intervenir dans ce domaine et à légiférer de façon à tenir compte des réalités et besoins actuels de sa population. Il va sans dire que cette réalité ne concerne pas seulement les intérêts et besoins des entreprises de distribution, lesquelles devront inévitablement s’ajuster au marché. Elle concerne plus que jamais les consommateurs de musique et de films, sans qui cette industrie ne serait pas aussi bien nantie aujourd’hui. Le législateur doit être à l’écoute de ces consommateurs qui constituent une partie importante de la population.

De plus, je me dois de réagir à la façon dont l’ADISQ a commenté le jugement rendu par la Cour.

La vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ, Mme Solange Drouin, a commenté qu’il « s’agissait d’une première victoire majeure pour l’industrie locale contre un site torrent et que d’autres poursuites contre de tels sites de téléchargement pourraient être envisagées. »

À l’époque où les procédures nous ont été signifiées, nous avions retenu les services d’un procureur qui, pour des raisons de santé, a dû cesser de nous représenter en mars dernier. Par la suite, au début du mois de mai, nous avons retenu les services de la firme d’avocats Fetch Légal Ltée. pour nous représenter. Nos procureurs nous ont alors indiqué que l’état d’avancement du dossier était limité, et que nous devions requérir du tribunal un délai afin de leur permettre de mettre la cause en état, et de bien nous positionner dans le cadre de notre défense. Une expertise était nécessaire pour contrer celle de l’ADISQ et de l’APFTQ, et une défense devait être produite au dossier. Il ne restait que deux mois avant l’audition. Nos procureurs nous ont recommandé de présenter une requête pour remise de l’audition. L’ADISQ et de l’APFTQ se sont opposées à cette requête. Conséquemment, et suivant les arguments de l’ADISQ et de l’APFTQ, le tribunal a refusé notre demande de remise, et a ordonné la tenue du procès tel que prévu en juillet 2008.

Devant cet état de fait, dans le meilleur intérêt des membres qui nous ont supportés financièrement et de la cause des sites de type « torrent » et « p2p », nous avons préféré ne pas présenter de défense plutôt que de nous défendre de façon inadéquate. Il va de soit que notre intention était d’éviter qu’un précédent juridique nuise aux litiges éventuels de la même nature. Nous croyons avoir pris la bonne décision sur cet aspect, comme le souligne avec justesse Tristan Péloquin dans son blogue du 10 juillet dernier. Nous sommes étonnés de la position de l’ADISQ et de l’APFTQ à l’effet que ce jugement constitue un précédent, puisque dans les faits, il n’y a jamais eu de débat au fond quant aux questions soulevées par le litige.

En définitive, il n’a jamais été de notre intention, dans le cadre de l’exploitation de notre site, de permettre la violation des droits d’auteurs, comme le prétendaient les allégations contenues dans les procédures judiciaires. Nous sommes convaincus que la Cour aurait pu rendre une décision intéressante dans le dossier si elle avait eu à jauger de positions contradictoires, ce qu’elle n’a pas eu à faire…

Nous avons malgré tout l’intention de respecter les termes de l’injonction émise contre nous, mais tenions à rectifier certaines affirmations faites publiquement au cours des derniers jours.

Sébastien Brûlotte, président de Québectorrent.com

Rappelons que Mme Solange Drouin de l'ADISQ est la visionnaire qui avait donné la Chine comme exemple à suivre pour le contrôle d'internet.

Suite du billet: …vive les fichiers torrent du Québec!

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