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Les États-Unis et la Chine aux Jeux Olympiques

Anneaux olympiques

Selon toute vraisemblance, la Chine terminera premier au tableau des médailles aux Jeux Olympiques de Pékin. Je me suis demandé ce que cela pouvait bien représenter au niveau historique. Voici mes observations.

Les États-Unis aux Jeux Olympiques

Les États-Unis sont la puissance dominante dans l'histoire des Jeux Olympiques. En 25 Jeux Olympiques, ils ont terminé premier au tableau des médailles à 15 reprises, deuxième à 8 reprises, troisième une seule fois et ont boycotté les JO des Moscou en 1980.

C'est à Montréal que les États-Unis ont terminé troisième, derrière l'URSS et la République démocratique allemande (RDA).

Depuis 1912, il y a seulement deux pays qui ont détrôné les États-Unis pour le nombre de médailles (j'exclus les JO de Moscou en 1980, boycottés par les États-Unis):
* Allemagne: 1936
* URSS: 1956, 1960, 1972, 1976, 1988, 1992 (Équipe unifiée de l’ex-URSS)

La Chine aux Jeux Olympiques

Première apparition de la République de Chine aux JO: 1932

Il y eu de la chicane avec Taïwan après la révolution de 1949, ce qui fait que la République populaire de Chine ne sera présente qu'à partir des JO de Los Angeles en 1984.

À sa première présence aux JO, la Chine termina 4e au tableau des médailles avec un total de 32 (cette position élévée est due au boycott de ces JO par le bloc de l'est, notamment par l'URSS et la RDA).

En 5 JO, la Chine a dépassé le Canada pour le nombre des médailles obtenues, tout JO confondus (286 médailles pour la Chine, 242 pour le Canada).

La position de la Chine au tableau des médailles depuis 1988:
* 1988: 11ème 28 médailles;
* 1992: 5ème 54 médailles;
* 1996: 4ème 50 médailles;
* 2000: 3ème 59 médailles;
* 2004: 2ème 63 médailles;
* 2008: 1er? ?

La Chine a fait son apparition dans le top 3 du tableau des médailles en 2000. Selon toute vraisemblance, elle sera la troisième puissance à battre les États-Unis depuis 1912, après l'Allemagne et l'URSS.

L'Inde aux Jeux Olympiques

Un petit extra pour fin de réflexion.

L'Inde, le deuxième pays le plus peuplé de la planète, a participé à tous les JO depuis 1920. Elle a un total de 18 médailles en 22 JO, ayant obtenu au plus 2 médailles. Sur ces 18 médailles indiennes, 11 ont été gagnées au hockey sur gazon.

L'Inde est ainsi classé au 50ème rang dans le décompte des médailles olympiques par nations. Pour fin de comparaison, le Canada, avec une population Ô combien moindre, a obtenu 242 médailles durant cette période et est classé au 16ème rang.

C'est extrêmement peu de médailles pour une si grande population. Comment expliquer cela?

Références

Wikipédia:
* Jeux olympiques d'été;
* Inde aux Jeux olympiques;
* Décompte des médailles olympiques par nations

Les fournisseurs d'accès et le contrôle d'internet, une analogie

Nicolas Sarkozy l'a récemment suggéré pour la France. La Suède est en train d'étudier cette possibilité. Chez nous, Solange Drouin de l'ADISQ a demandé au CRTC de l'appliquer. Il s'agit de la suggestion de faire des fournisseurs d'accès internet (FAI) les responsables légaux de ce que circulent sur le réseau, notamment en ce qui concerne les oeuvres protégées par le droit d'auteur. Autrement dit, de faire des FAI les gendarmes d'internet.

C'est une très mauvaise idée. Voici pourquoi.

Le protocole à la base du réseau internet a été conçu de manière que, lorsqu'une communication est établie entre 2 ordinateurs, les noeuds par lesquels l'information transige n'effectuent aucun contrôle sur le contenu: ils ne font que transmettre aveuglément. C'est un des principes les plus importants d'internet: l'intelligence se situe aux bouts du réseau, pas à l'intérieur de celui-ci. Toutes les innovations qui sont apparues grâce à internet au cours des dernières années (pensez à google, wikipédia, YouTube!, ptaff.ca) l'ont été parce que les gens avaient le plein contrôle sur leur bout. Le protocole pour communiquer tous ces 0 et ces 1 lui, n'a pas changé d'un iota. Et, pour ce que l'on peut voir de l'avenir, ce n'est pas prêt de changer.

Visualisation des multiples chemins à travers une portion de l’Internet.

C'est ce principe-là que les politiciens et les gens de l'industrie de la propriété intellectuelle attaquent en voulant faire des FAI des contrôleurs de contenu. Les FAI ont été identifiés parce qu'ils sont la porte d'entrée sur internet. Ils possèdent des noeuds qui sont pratiquement incontournables pour le citoyen moyen qui veut accéder à internet. Ils ont donc été ciblés pour contrôler ce qui s'y passe.

Or, si les FAI doivent contrôler tout ce qui circule sur internet, cela pose d'énormes difficultés. C'est n'est pas pour rien que Solange Drouin de l'ADISQ a cité la Chine en exemple pour le contrôle d'internet. C'est que, pour exercer un contrôle qui est contre la nature du réseau, il faut avoir une approche, et les moyens, d'un système totalitaire.

L'analogie

Étudions l'ampleur de la tâche et les complications qu'entraînerait une telle décision au Canada. Pour ce faire, j'utiliserai l'analogie suivante:

  • les ordinateurs sont représentés par nos maisons;
  • internet est représenté par les routes;
  • les paquets de 0 et de 1 sont transportés les voitures;
  • posons que tous les ponts du Canada sont gérés par des compagnies privées (les FAI).

En dernier lieu, posons que l'alcool de contrebande pose un problème de société grave. Celle-ci est rendue monnaie courante, le gouvernement voit le revenu des taxes sur l'alcool fondre, les grands brasseurs du monde entier prétendent que la production d'alcool est menacée de disparaître si leur modèle de revenu n'est pas protégé (on aura reconnu les oeuvres protégées par le droit d'auteur). Pour combattre ce fléau, le gouvernement décrète que les compagnies privés qui sont en charge des ponts sont responsables si les véhicules qui circulent sur leurs infrastructures transportent de l'alcool de contrebande.

Bar dans une résidence de Villeray

Examinons les défis auxquels feront faces les compagnies privées qui gèrent les ponts.

Défi structurel

Bien qu'une certaine réglementation existe pour les véhicules qui circulent sur les ponts (limite de poids, type de véhicule, conducteur en état d'ébriété, etc.), cette réglementation est la même sur tout le réseau routier et le contrôle est effectué par les autorités responsables (police, ministères des transports, etc.).

Photo d’un poste de péage sur l’autoroute de l’État de Virginie

Avec cette nouvelle loi, les compagnies privées doivent contrôler tous les véhicules. Bien que certains ponts, pas tous, soient munis de guérites pour le péage, la plupart des gens y circulent sans s'arrêter (des cartes magnétiques permettent aux véhicules d'être identifiés, les propriétaires paient un montant mensuel ou reçoivent une facture à la fin du mois). Dorénavant, tous les véhicules devront être contrôlés. La circulation sur les ponts étant déjà problématique à cause des embouteillages, elle le sera encore plus puisque chaque véhicule devra s'arrêter à une guérite. Il faudra donc que les compagnies développent, testent et déploient ces systèmes. Comme il y a des centaines de compagnies différentes en charge des ponts, il y aura fort probablement des centaines de systèmes de guérites différents qui vont être mises en place. De plus les guérites devront aussi répondre aux critères de sécurité du gouvernement, ce qui fait que chaque modification du système devra être approuvée par des fonctionnaires, à moins que le gouvernement n'assouplisse la réglementation pour permettre d'effectuer plus rapidement des changements au système de guérite mais, ce faisant, ils diminuent la sécurité qu'ils sont supposés assurer.

Il y a, bien sûr, des véhicules qui pourront passer sans s'arrêter aux guérites. On pense aux ambulances, aux voitures des policiers, les camions de pompiers, les véhicules diplomatiques, militaires, etc. La compagnie en charge du pont pourrait même louer ou vendre des véhicules « autorisés », véhicules qui seraient dépouillés de toute installation permettant de transporter de l'alcool de contrebande ou, encore mieux, offrir un service d'autobus qui ne s'arrête pas aux guérites. Je reviendra sur ce système de transport plus loin.

Défi juridique

Nos compagnies n'ont aucune expérience ni en contrôle ni en fouille de véhicules. Elles doivent maintenant recruter du personnel et faire en sorte que ceux-ci empêchent tout véhicule de transporter de l'alcool de contrebande sur leurs ponts. Nommons-les les gendarmes. Ces gendarmes ne sont pas des policiers, ils n'ont ni la formation ni le code déontologique de ceux-ci mais, sur le pont, ils auront maintenant les mêmes pouvoir qu'eux. Quelles sont les règles qu'ils utiliseront? Quels recours auront les citoyens contre ces gendarmes? Comment faire pour conjuguer la vie privée et les fouilles systématiques?

Encore une fois, puisqu'il y a des centaines de compagnies privées, il y aura aussi plusieurs façons de faire respecter la nouvelle réglementation. Y aura-t-il moyen de connaître exactement les moyens et politiques mis en place par les compagnies pour faire respecter cette loi? Les textes de loi du gouvernement sont publics et nous pouvons toujours utiliser la loi d'accès à l'information. Cette protection n'existe pas dans le cas des compagnies privées.

Les contenants

L'alcool de contrebande est, parfois, aisément identifiable à l'étiquette. Mais, il est possible de transférer le liquide dans un autre contenant. Les brasseurs ont promis de mettre au point un contenant scellé, inviolable, qui permettra aux gendarmes sur les ponts de l'identifier immédiatement. Nomme-le un contenant certifié.

Bouteille de Klein

Qu'adviendra-t-il des liquides dans les autres contenants? Seront-ils systématiquement saisis? Si oui, n'avantage-t-on pas ainsi les brasseurs commerciaux produisant les quelques contenants certifiés par rapport aux petits brasseurs et aux brasseurs artisanaux qui n'ont pas ces moyens? Si non, devra-t-on tester les liquides dans les contenants non certifiés avant de les laisser passer? Dans ce cas, quels seront les tests? qui sera en charge de l'analyse et comment pourra-t-on vérifier ou contester les résultats? Le conducteur ayant en main un contenant non certifié ne sera-t-il pas indûment ralenti dans ses déplacements?

De plus, si les contenants certifiés sont destinés à être ouvert pour en boire le contenu, comment peut-on s'assurer qu'un bricoleur n'inventera pas dans son sous-sol un bouchon permettant de mettre un autre liquide et de le reboucher? Ou encore d'imiter l'apparence du contenant certifié?

Le cas de la Chine

Voyons maintenant, tout en continuant notre analogie, pourquoi la Chine est en mesure d'effectuer ce contrôle.

Premièrement, le gouvernement chinois possède tous les ponts. Il n'y a donc qu'un seul type d'infrastructure à mettre en place.

Deuxièmement, le style de vie des Chinois est beaucoup moins axé sur les transports sur les routes que peut l'être celui des Canadiens. Cette réglementation touche donc, proportionnellement, moins de gens (quoique ce nombre soit sans cesse croissant).

Troisièmement, la Chine possédant tous les ponts, c'est sa propre réglementation qu'elle met en vigueur. Les Chinois possèdent donc les mêmes leviers contres les gendarmes des ponts que pour ceux des autres secteurs du gouvernement chinois, c'est-à-dire pas grand chose.

Donc, la réglementation peut être appliquée en Chine à cause du monopole étatique qu'il possède. Puisque les pays où ce contrôle est proposé (Canada, France, Suède) n'ont pas de monopole sur les ponts (les FAI) et qu'il est plus qu'improbable qu'il l'impose, la Chine n'est pas un exemple valable pour nos pays.

Notons que je n'ai pas eu à invoquer la liberté d'expression ou encore les droits de l'homme pour démontrer que la méthode chinoise ne peut s'appliquer ici. Je ne veux pas diminuer l'importance ou la valeur de ces arguments, seulement que je n'ai pas eu à les utiliser.

Anticipation

Tout en poursuivant la même analogie, supposons que, malgré tous les problèmes évoqués plus haut, le gouvernement décide tout de même d'aller de l'avant. Que se produira-t-il?

Dans un premier temps, ça ne fera pas l'affaire des compagnies privées responsables des ponts. Ce sont des experts en génie civil, pas en contrôle de véhicules. Mais, puisqu'ils y sont contraints, ils en profiteront pour faire des affaires, loi du marché oblige.

Les gens étant habitués à circuler librement et, surtout, rapidement, ils chercheront des moyens pour revenir à cette situation. Les compagnies possédant les ponts, sensibles à cette demande et aux opportunités commerciales, vont s'organiser en consortium pour proposer un système de transport efficace et rapide évitant les moyens de contrôle (pour l'autre côté de l'analogie, on parle ici de neutralité de réseaux). Ils auront ainsi un monopole, inévitable, sur les moyens de transport efficaces et auront ainsi tous les avantages que cette position implique dans un marché.

Il y aura aussi, bien sûr, un partenariat avec les grands brasseurs, les transporteurs vantant les mérites de ces produits, affichant de la publicité dans les autobus de la compagnie de transport, installant des magasins vendant ces produits aux terminus et aux gares routières.

Le summum de ce marché surviendrait si une même compagnie était un grand brasseur et possédait des ponts. Le potentiel commercial serait dès lors très, très intéressant.

Mais n'est-ce pas déjà le cas?

Up the Yangtze

Bruno B et moi avions décidé d'aller au cinéma dimanche soir. Parmi une liste de 6 films soumis par celui-ci, je choisi Up the Yangtze, un documentaire sur le fleuve Yangtsé, nom français pour Yangtze, et le barrage des Trois-Gorges en Chine.

Une fois sur place, quelle ne fut pas notre suprise lorsque Yung Chang, le réalisateur lui-même, s'avance à l'avant de la salle et nous présente le film. Nous étions à la première montréalaise!

Il a une moustache plus convaincante en personne que sur sa photo.

Le documentaire présente une famille de paysans qui squatte le rivage du Yangtsé. Le fleuve est appelée à monter, et pas juste un peu, ils seront chassés de leur cabane lorsque celle-ci sera innondée. Comme ils ne sont pas légalement établis, ils n'auront aucune compensation pour déménager. Pour avoir un peu d'argent, les parents envoient leur fille aînée travailler sur un bâteau de croisière pour touristes, occidentaux pour la plupart, qui navigue sur ce fleuve.

La photographie est superbe, montrant tout le long du Yangtsé, l'explosion urbaine de la Chine ainsi que la pauvreté des paysans qui vivent sur ses rives. On voit aussi jusqu'où montera le fleuve, une quantité d'eau impressionante.

Yung Chang est revenu à la fin du film pour répondre à nos questions. Il avait l'air visiblement heureux d'avoir pu présenter son film dans un multiplexe cinématographique, l'AMC Forum, et nous demandait sincèrement d'en parler le plus possible autour de nous pour lui faire de la publicité, puisque c'est sa propre équipe qui distribue le film.

Un gars qui me demande de l'aide comme ça parce qu'il fait les choses en parallèle du système, ça vient me chercher. Et comme le film est bon, ma description ne lui fait pas honneur, je lui fais le plaisir de lui faire un peu de publicité.

Les dates et les salles de cinéma où il sera diffusé sont sur leur site web. Pour Montréal, c'est à l'AMC Forum du 24 au 29 février et au Quartier Latin le 7 mars.

Bon visionnement!

La Chine (troisième et quatrième partie)

Le présentateur, pour la troisième et la quatrième conférences, était Peter Foggin, professeur au département de géographie de l'Université de Montréal.

Moins bon communicateur que Fred Bild, il a su montrer plus de 100 acétates en 120 minutes pour un total d'au moins 400 photos. Et ce à chacune de ses 2 représentations. J'ai vu du pays!

Bien que d'une vertu pédagogique discutable, cette manière de procéder m'a fait prendre conscience de toute la diversité du peuple et de la géographie chinoise. Le concept de « Chine » représente maintenant une complexité et une réalité qui ne peut être réduite aux images qui peuplaient auparavant mon imaginaire.

Les valeurs chinoises

Le sujet de la troisième conférence était les valeurs chinoises. Mr. Foggin ayant été appelé à remplacer un autre conférencier au dernier moment, il n'a pas eu le temps de préparer son sujet à fond. Il a choisit de nous parler des valeurs chinoises vu à travers le prisme de son domaine d'étude, la géographie culturelle. En fait, il nous a plutôt montré des photos de ses voyages, il est né en Chine et y est allé à chaque année depuis 1987.

Il a couvert 9 points en 60 minutes, ce qui a donné lieu à un foisonnement de petits faits et très peu de réflexions. Je ne raconterai que la catégorie « en vrac », n'ayant pas de fil conducteur sur ce sujet qui semblait pourtant prometteur.

  • La politique de l'enfant unique date de la fin des années 70. Bien qu'applicable en milieu urbain, il fut difficile de la faire appliquer à la campagne, la main d'oeuvre familiale étant capitale et on préférait, quitte à n'avoir qu'un seul enfant, avoir un garçon. Mao considérait une grande population comme une richesse et non comme un problème. C'est pourquoi il a fallu attendre sa disparition avant la mise en place de cette politique. Cette politique cassait l'unité familial; le droit d'avoir une famille est une valeur très importante pour les Chinois.
  • Certaines municipalités chinoises, de part leur immense population, ont le même statut politique que les provinces. Il s'agit des villes de Beijing, Shanghaï, Chongqing, et Tianjin. Il y a aussi des régions dites « autonomes » qui n'ont, à ce que j'ai compris, rien d'autonome du tout. Il s'agit en fait de régions où vivent des minorités ethniques. J'y reviendrai plus loin.
  • Les Chinois ont maintenant le droit de voyager à l'intérieur du pays. Ils voyagent donc de plus en plus.
  • Cette nouvelle permission a créé une nouvelle classe sociale urbaine. Il s'agit des gens des campagnes qui sont venu habiter en ville. Ils n'ont pas le droit de résidence et aux services auxquels les habitants « légaux » ont accès. Cette classe est très nombreuse, 150 millions de personnes à travers la Chine, et favorise la création de « ghettos » ethniques, les gens se regroupant et s'aidant selon leurs origines.
  • Il y a des problèmes de logement en ville. Le gouvernement encourage aujourd'hui les gens à acheter leur appartement, alors qu'ils étaient autrefois subventionnés à 100%.
    La retraite pour les hommes est à l'âge de 60 ans et de 55 ans pour les femmes. Jusqu'en 1994, une semaine était composée de 6 jours de travail et d'un seul jour de repos.
  • La Chine est devenu un immense marché de consommation. Les gens veulent s'enrichir par tous les moyens. Lorsque Mr. Foggin a montré une photo d'un Wallmart en Chine, la foule s'est écriée d'un grand « haaaaa » scandalisé, alors que s'ils s'étaient arrêtés à y penser un instant, ils se seraient rendus compte qu'en achetant au Wallmart, les Chinois encouragent leur économie locale.
  • Les religions connaissent une popularité croissante et le communisme une popularité décroissante.
  • Les Chinois connaissent de graves problèmes de déforestation et de pollution, ce qui en fait une population très conscientisée de l'environnement.

Les minorités en Chine

Le sujet de cette quatrième et dernière conférence sur la Chine était les minorités en Chine. Sujet fascinant qui révèle une fois pour toute, la grande complexité de ce pays.

La Chine est composée de 56 nationalités officielles, dont 55 minorités. Cette classification a été faite par des anthropologue au cours des années 60. La Chine est en fait constituée de centaines d'ethnies. La plus grande partie de la population, 91%, est formée par les Hans, les vrais Chinois si l'on peut dire. À l'intérieur même des Hans, il existe des sous-groupes qui se considèrent comme une ethnie à part entière, les Hakka par exemple. Les Hakka habitent une forme de maison très spéciale appelée tu lou qui consiste en un immense tore dans lequel peut loger jusqu'à 80 familles. Voir une photo d'un village formé de tu lou est très impressionnant.

Il y a plus de 18 minorités qui ont une population supérieure à 1 million d'habitants.

Le drapeau de la Chine, bien qu'il n'existe pas d'interprétation officielle, représenterait certaines ethnies de la Chine: la grande étoile représenterait l'ethnie majoritaire, les Hans, alors que les 4 petites étoiles représenteraient les minorités Mandchous, Tibétains, Mongols et Huis.

Les minorités occupent des parties différentes de la Chine. Elles sont parfois très dispersées sur un grand territoire et d'autres fois extrêmement regroupé géographiquement. La grande majorité des minorités a une espérance de vie très faible, entre 40 et 50 ans, due à une mortalité infantile très élevée, allant jusqu'à 400/1000. Elles ont aussi un revenu moyen beaucoup plus faible, ce sont ces minorités qui forment la Chine pauvre. Plus une minorité est assimilée aux Han, plus elle a une condition économique élevé.

À l'intérieur d'une même ethnie, il y a souvent plusieurs langues qui sont très différentes. La langue principale de la Chine est le mandarin et elle existe sous 4 formes, celle du nord de la région de Beijing étant la langue nationale. Bien que s'exprimant sous diverses formes, toutes les formes de mandarin ont la même écriture.

La Chine (deuxième partie)

La démocratie est-elle possible en Chine ?

Le thème de cette deuxième conférence sur la Chine était « La démocratie est-elle possible en Chine ? ». Elle a été présenté par Fred Bild, dont j'ai fais une description la semaine dernière, qui cette fois arborait un joli noeud papillon.

En fait, selon les dires de Mr. Bild, la vrai question n'est pas si la démocratie est possible mais plutôt quelle forme elle va revêtir. Chose certaine, elle ne ressemblera à rien de ce que nous connaissons et ce seront les Chinois eux-mêmes qui décideront de sa forme, pas les étrangers. La Chine n'est plus une communiste, au sens économique du terme. Ce n'est plus à l'État de contrôler tous les moyens de productions. Bien sûr, l'État s'est gardé certains domaines de contrôle comme l'énergie et les matières premières mais pour ce qui est de l'économie, elle est, dans sa grande majorité, libéralisée. Cette libéralisation a donné naissance à une nouvelle «classe moyenne» (20% de la population gagne environ 10 000 $US/année), dans la mesure ou le Chinois moyen peu exister, classe qui bien qu'ayant amassé de l'argent, ne peut influencer d'aucune manière les décisions qui l'influence directement qui sont prisent par le gouvernement. Ils n'ont pas de député, de compté, ils doivent s'en remettre au Parti Communiste (60 millions de membres), seul et unique parti politique permis par la loi.

Il y a donc d'une part cette nouvelle classe, vivant pour la majorité dans la moitié sud-est de la Chine où l'on trouve 88% de la population de ce pays, et d'autre part la classe des paysans (50 à 60% de la main d'oeuvre chinoise est toujours agricole), car les paysans là-bas forment une classe sociale et non une profession, par oppostion à l'agriculteur de l'Occident. Les paysans, grâce aux réformes de Dang Xiaoping au début des années 80, avaient réussi a augmenter leur productivité à la hauteur de 7% par année, ce qui fit de la Chine un pays autosuffisant en nourriture pour la première fois depuis 200 ans. Ces paysans se retrouvèrent par la suite étouffés et exploités par les dirigeants, souvent local, de l'immense appareil d'état, immense puisqu'il faut bien trouver du travail aux millions de membres du parti. Les taxes levées par les dirigeants pour profiter de la nouvelle abondance des paysans ont fini par gruger leurs profits, de telle sorte que de nouveau la productivité agricoles a baissé, rendant la Chine encore une fois dépendante des pays extérieurs pour son approvisionnement en nourriture.

Il faut se souvenir, n'est-ce pas, que tous les empires de Chine sont tombés suite à une révolte paysanne. D'ailleurs, le nombre d'incidents dans les campagnes est soigneusement répertorié par le Parti pour avoir un indice de l'agitation. Ces incidents étaient au nombre de 10 000 en 1990 et de 74 000 en 1994. Ce sont les chiffres officiels du Parti qui sont rendus publics. Pourquoi le Parti divigulgerait-il ces nombres? une fois publiés, ne favorisent-ils pas un soulèvement global ? Il faut savoir que la valeur la plus importante pour le peuple Chinois, c'est la stabilité politique et sociale (les Chinois sont friands de sondages auprès de leur population depuis déjà quelques temps). En rendant ces chiffres publics, les dirigeants sensibilisent la population aux troubles présent, non pas pour qu'elle en cause plus mais pour qu'elle soit consciente des implications que ses gestes pourraient avoir.

Les dirigeants Chinois sont conscients de ces tensions et savent qu'ils doivent moderniser le fonctionnement de l'État. La question est de savoir comment ils vont s'y prendre.

Informations en vrac:

  • Le premier et dernier vote libre en Chine a lieu en 1912 (gagné par Sun Yat-sen). Que feront les Chinois pour le centenaire de cet évènement en 2012 ?
  • La Chine est le seul pays à être demeuré le même géographiquement tout au long de son histoire;
  • Pour devenir mandarin (grand conseiller) dans la Chine impérial, il fallait passer un test et ce test était ouvert à toute la population, peu importe la classe sociale, pourvu que c'était un garçon;
  • Dans les années 80, l'armée chinoise était dans tous les domaines: hôtellerie, commerce de détail, bordels, antennes paraboliques, etc. 80 % du budget militaire provenait de l'économie civile.
  • Le gouvernement chinois a défait ce pouvoir de façon pacifique;
  • Jusqu'en 1994, les autorités chinoises décidaient de pratiquement tout dans la vie des citoyens: domaine d'étude, travail, lieu de résidence, si vous pouviez vous marrier.
  • Wal-Mart s'approvisionne à 80% en Chine.
  • 20% à 30% de l'humanité s'est toujours trouvé dans la région des côtes chinoises.
  • Le revenu moyen d'un Chinois est de 3 $US/jour.
  • Même si les régions rurales connaissent aussi un progrès, celui-ci est moins marqué qu'en ville et, comme la croissance en ville est de plus de 10 % par année, l'écart économique entre la région rurale et la ville ne cessent de s'accroître.
  • Même la croissance d'après-guerre du Japon n'était pas aussi grande que celle des Chinois présentement (2005).
  • Il y a maintenant libre circulation des personnes en Chine. Les paysans le sont maintenant par choix, ils peuvent toujours partir s'installer en ville.
  • Ce que le pouvoir Chinois craint le plus, ce sont les syndicats indépendants, ça pourrait d'ailleurs être une des causes qui auraient déclanchées le massacre de Tiananmen, des syndicats indépendants se seraient manifestés dans la foule et les autorités auraient pris peur.
  • La Chine pourrait suivre le modèle de développement de Taïwan, qui s'est développé économiquement sous un régime central omniprésent et qui par la suite a dérivé tranquillement vers la société démocratique qu'elle est aujourd'hui. Si la Chine suit ce modèle et adopte le même type de démocratie que Taïwan, ne sera-t-il pas possible que le 2 pays se réunissent par la suite ?

La Chine (première partie)

La politique étrangère de la Chine

Une des choses qui m'avait étonné lorsque j'ai assisté à un des débats de la course à la chefferie du Partie Québécois qui portait sur le développement durable, c'est la présence de la Chine dans les discours de tous les candidats.

Voulant en savoir plus que ne pourrait jamais m'en apporter un topo de 5 minutes que l'on nous présente à la télé et nous faisant croire que nous sommes informés, je me suis inscrit a une série de conférences sur la Chine présenté dans le cadre des Belles Soirées de l'Université de Montréal.

La première conférence portait sur la politique étrangère de la Chine et le conférencier invité était Fred Bild, ambassadeur du Canada en Chine de 1990 à 1994 et professeur invité au Centre d'études de l'Asie de l'Est de l'Université de Montréal. Je me propose de vous faire l'énumération de ce j'ai appris dans cette conférence.

En introduction, plutôt que de résumer les quelques millénaires de l'histoire chinoise, Fred Bild a commencé son exposé en nous parlant de Zheng He, grand explorateur du XVe siècle. Zheng He effectua 7 voyages, de 1405 à 1433, dirigeant une flotte de 300 navires et d'environ 30 000 hommes. Il explora toutes les côtes de l'Asie du Sud-Est, toutes les îles de l'océan Indien et se rendit même jusqu'en Afrique d'où il ramena un girafe. Tout ça 70 ans avant Christophe Colomb.

Qu'est-il arrivé à la flotte chinoise ? À partir de 1433, la Chine se replia sur elle-même et décida de vivre en autarcie. Elle brûla sa flotte militaire et, bien qu'ayant toujours des navires marchands, n'aura aucune force maritime digne de ce nom avant le XXe siècle. C'est pourquoi en 1840, la guerre de l'opium fut un succès pour les puissances occidentales tentant d'ouvrir le marché chinois. N'ayant presqu'aucun navire pour se défendre, les européens pouvaient naviguer à leur guise sur les rivières. Il faudra attendre ensuite en 1949 pour que Mao Zedong arrive à Pékin et puisse dire que la Chine de tient debout. Les Chinois sont présentement en train de se construire une vrai force maritime, ce qui n'est pas sans inquiéter ses voisins qui n'ont pas eu à tenir compte de cette force depuis 600 ans.

Après cette introduction qui plante le décors, on en arrive à la présente politique de la Chine. Commençons d'abord par introduire l'Organisation de Coopération de Shanghai, une réunion de 6 pays ( Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizie, Tadjikistan, Ouzbékistan) créée à l'initiative de la Chine ayant pour buts de »combattre le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme ». Il s'agit d'un premier effort de la Chine pour participer à une organisation multilatérale, auparavant elle préférait plutôt les négociations bilatérales, avec l'exception notable de l'ONU.

La Chine a aussi maintenant son propre sommet de Davos, sauf qu'il est à Shanghai. Et on peut être certain qu'aucune méga-corporation du monde ne manque un sommet économique qui a lieu en Chine.

Cette nouvelle orientation de la Chine laisse penser qu'elle adopte un virage dans sa politique étrangère. Elle veut s'intégrer pleinement au mode de politique occidentale, aux règles qui lui sont imposée de force depuis le XIXe siècle. Elle espérerait ensuite, une fois son influence établie, pouvoir les changer de l'intérieur.

Cette manière occidentale de concevoir les états et le droit international permet aux nations de faire ce qu'ils veulent sur leur propre territoire. Cette vision fait en sorte que la Chine peut, du moins essai, d'éviter la question du Tibet et surtout l'épineux problème de Taïwan.

Parlant de Taïwan, le détroit de Taïwan qui sépare l'île et le continent sert de voie maritime aux superpétroliers qui vont approvisionner le Japon et la Chine en pétrole. Il y a un chapelet de superpétroliers dans cette zone, un à tous les 3 km. Tout conflit sur cette île barrerait ce passage, ayant des conséquences énormes sur ces 2 pays. On peut donc penser que les protagonistes éviteront tout excès dans cette zone. Les États-Unis ayant un traité de défense du territoire Taïwanais et protégeant le Japon, la situation pourrait facilement dégénérer.

Le 28 février 1947 eu lieu à Taïwan un grand massacre (appelé l'incident du 228, pour le 28 du 2e mois) dont peu ont entendu parler. Ce massacre a fait entre 10 000 et 30 000 morts. La population Taïwanaise s'était rebellée contre le nouveau pouvoir du Kuomintang, fraîchement débarqué du continent en fuyant les troupes de Mao. Le Kuomintang a simplement tiré dans la foule et a ensuite interdit de parler de cet événement.

Beaucoup font un parallèle entre la présente croissance économique de la Chine et celle du Japon au début du XXe, rappelant que cette dernière est ensuite devenu une puissance impériale aux visées expansionnistes. On peut par contre difficilement comparer les présente forces armées du Pakistan, de l'Inde et de la Russie à celles des îles entourant le Japon au début du siècle dernier.

La croissance annuelle de la Chine est de 9,5% et ses dirigeants espèrent pouvoir la contenir à 7,5%. Cette croissance fantastique entraînera une pression incroyable sur la demande de toutes les matières premières. Cette demande mènera à une inflation planétaire sur ces matières, la plus sensible étant le pétrole et on peut dire que l'inflation a déjà commencée. Par rapport au présent poids économique de la Chine, je vous invite à lire un précédent message sur la ptafflist: Le monde est pointu

La ville avec le plus grand nombre de Chinois hors de l'Asie est Toronto.